‹ D l'histoireChapitre 21 sur 40 · LOUIS XIV · texte numérisé non relu

LOUIS XIV

Une observation qui n'a pas été assez faite, — peutêtre parce qu'elle était trop facile à faire, — c'est que, placés à tant d'années déjà du xvni^ siècle, nous n^avons pas encore son histoire. Nous avons bien des histoires de France^ dues à des plumes de notre temps plus ou moins habiles, et dans lesquelles le xvin^ siècle est traversé et jugé, en passant, comme les autres siècles qui forment la longue vie de la monarchie et de la société françaises. Nous avons aussi des histoires dans l'histoire du xvm* siècle. Ainsi, ne l'oublions pas et mettons-la au premier rang, Thistoire de la Régence, par Lemontey, cet esprit profond dans la finesse comme il y a des esprits fms dans la profon-

1. Ernest Moret. Quinze ans du règne de Louis XIV : 1700-1715. {.Pays, 1 iuin 1853.)

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deur. Mais Thistoire intégrale du xvm® siècle, une histoire allant d'une seule et forte venue d'une extrémité à l'autre de ce siècle, qui s'ouvre en 1700 aux affaires de la succession d'Espagne et qui se ferme en 1800 aux affaires d'une bien autre succession, — la succession de la Révolution française, — une pareille histoire, on la cherche en vain. Il n'y en a pas I

Ce n'est pourtant pas l'amour ou la préoccupation du xvra* siècle qui nous a manqué pour l'écrire. Nous ne l'avions que trop. Dieu nous fasse merci I Obstiné revenant, il a, depuis vingt ans (Ij, assez dressé sa face de momie, peinte à l'égyptienne, dans toutes les œuvres de la littérature française, dans toutes les glaces où nous nous mirions. Drames, romans^ comédies, anecdotes, biographies, et jusqu'aux modes (si souvent le mensonge des mœurs), tout n'a-t-il pas été et n'est-il pas encore rempli des souvenirs et 4es reflets de cet éternel xvin* siècle? Naguère, on y tendait comme à ridéal, car l'Idéal, c'est pour les peuples ce qui leur manque et le contraire de ce qu'ils ont. Il faut être juste : la philosophie, qui se moque des hypocrites religieux et qui a les siens, les révolutions, qui ont détruit les grandes fortunes et rendu la vie si exiguë, ne devaient-elles pas arriver à ce résultat de nous pousser l'imagination, de toute la force de l'ennui enragé qu'elles ont créé pour les peuples modernes, vers le

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