DEPUIS L'AVÈNEMENT DE JACQUES II
Il est des livres qui entrent si naturellement dans le torrent des idées et la civilisation générale que, quels que soient le pays et la langue dans lesquels on les publie, ils tombent forcément sous le regard de toute Critique qui n'a pas seulement pour objet les questions de forme littéraire^ mais les questions d'idées... et telle est V Histoire d'Angleterre {^) de Macaulay. Elle attire donc l'attention à plus d*un titre. Sans être marquée de ce cosmopolitisme du génie quirendies grandes œuvres justiciables de la critique de tous les pays et en fait I une acquisition pour le monde, cette histoire, que Ma-
^ 1. Macaulay. Histoire d'Angleterre depuis ^anènement de
1 Jacques II. Traduction du baron Jules de Peyronnet. {Pays,
26 avril 1853.) 2. Perrotin.
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caulay s'est engagé à continuer jusqu'à nos jours, est, dans la pensée du célèbre écrivain, le monument de sa gloire future, ce point central sur lequel, quand on a quelque renommée, on veut en ramener les rayons. Il semble même s'être attendu pour l'écrire, mais, tout en s'attendant, il a montré dans une grande quantité d'écrits de ces qualités de vue, de groupement et de style, qui pouvaient faire tout espérer quaqd il s'agirait d'une composition plus vaste, ayant ses détails, ses faces multiples et son unité. Si, d'un côté, les opinions connues de Macaulay, devenu, grâce à sa plume^ un homme politique important et un ministre d'État, disaient assez nettement d'après quelles tendances et dans quel système cette histoire d'Angleterre serait conçue et réalisée, d'un autre, les articles de la Revue d'Edimbourg^ qui avaient commencé et fixé la réputation de l'auteur, et dont quelques-uns sont des chefs-d'œuvre, ne disaient pas avec moins d'autorité qu'à part ces opinions premières qui pèsent sur tout ce qu'on écrit et y impriment la marque de leur vérité ou de leur erreur relatives, qu'à part enfin le joug des partis si dura secouer dans les pays fortement classés, il y aurait, du moins, dans l'histoire écrite par une telle main, le talent, mûri par les années et par l'étuàe, de l'homme qui avait tracé des pages si animées et si réfléchies en même temps sur Warren Hastings, lord Burghley et le comte de Chatham I De ces deux promesses du passé, on ne se doutait guères qu'il y en