ARMAND SILVESTRE
Jamais s Tuile ui per ture a rs de te jour t le fai
rche ca e miroi nade, 1 gner d’ Bcadero hs le pt rdillé d es maur sait à ti miroite És à réjc o des b.
ent — tranq!
eints à 1 cheur t d'eau
Jamais l’adorable panorama qui, de la terrasse s Tuileries se déroule aux yeux du promeneur ui permet d'embrasser comme sur quelque miture aux tons fins la partie la plus coquette du rs de la Seine, ne m'avait autant séduit qu'en te journée de mars. Un joli coup de soleil dotle faîte du Palais-Bourbon, puis suivant 1la rche capricieuse des nuages s'en allait tantôt e miroiter par delà les vastes espaces de l’Esnade, le dôme chamarré des Invalides, tantôt gner d’une lumière étrange les campaniles du Dcadero — où s'évoquait un peu de l'Orient bs le profil nettemert posé sur le ciel à peine rdillé de légers cirrus des minarets aux dentees mauresques. Un lambeau du fleuve m’appasait à travers les balustres et les platanes dans miroitement continu, une orgie de reflets vioés à réjouir l'âme d’un impressioniste. Tout le y des berges, des chapelets de pêcheurs se lient — les beaux jours enfin revenus, — à tranquille passion et les bateaux-mouches, eints à neuf, éblouissants, d’une grâce et d’une cheur de cygne évoluaient avec un bruisset d'eau, un froufrou joyeux que la pureté de
l'air apportait jusqu’à moi. Au loin, vers la Mo naie,un remorqueur aboyait, demandant l'éclus En face, les ruines de la Cour des Comptes o vraient sur l’azur des carrés béants où passaie] des vols de corneilles et sur ma droite le Cours} Reine allongeait sa perspective de décor aimab avec un gai mouvement de tramways, de cavalie et d'équipages. La longue terrasse était presql déserte, animée seulement de la bousculade quelques babys courant après un ballon. Sur à des bancs circulaires, tout près de l’orangerie. | groupe de nounous commérait tandis qu'anpuérités » au garde-fou, deux pioupious béaient, contemp tifs au spectacle de la place de la Concorde etre d'ex retournaient de temps à autre avec de gros rir& L'heure était exquise et cette harmonie discri des couleurs, ce fondu des nuances qui sont grand charme des paysages parisiens exerçai sur moi l'attrait irrésistible « de leur élégance
tous les cue le m érative., Z ouvais me
ierre qui Instinctivement, des ébauches de sonnets, js résolu! musique d’alexandrinsme montaient aux lèvres. CGncentr
je rêvais de mettre quelques chose de l’admi tion émue qui m'envahissait. Tout en m'imp gnant ainsi des beautés du paysage j'oubliais | quiétude à laquelle raisonnablement j'aurais dü en proie.L'instant,en effet, n'étais pas aux grise! du pittoresque. Je me rendais chez mon oncle. On a beaucoup écrit sur les oncles, Aris — universel génie, encyclopédiste avant la le dut leur consacrer, ainsi qu'aux chapeaux un pitre qui s’est perdu. Perte regrettable car 1} aurions pu juger, par comparaison, si l’état neveu valait au temps de l'hégémonie mact nienne ce qu'il vaut aujourd'hui. J'ai tou/j( aimé à me figurer le « nepos » antique se ren
Je metr avais le ct st la poësi i terrestr
aissance, n ES — ce « finée par « oir ; me v jeu subtil ait, en ou pnscrit, de ilitaire de
bez l« avunculus » le chef couronné de roses, ne harmonieuse ode d'Horace toute prête dans a mémoire en guise de compliment et à la main
lea coupe règlementaire de Falerne. Il devait en
Btre zinsi à ces époques délicieuses que l'humaité ne revivra jamais, âges d'or où l'on n'avait oint encore inventé cette chose étroite et géante qui s’appelle ja morale. Or, c'était justeent pour in’entendre faire — de la morale —- que
matin même une lettre aigre-douce m'avait andé près de mon oncle pour y ouïir « quelques érités ». Euphémisme que les gens mal élevés aduisent librement par « recevoir un poil ». Ce enre d'exercice manque de charmes j'en appelle tous les neveux. Mais l’injonction épistolaire SÆçue le matin même était explicite autant qu'imérative. Aucune issue ne m'était permise. Je ne ouvais me dérober. Je descendis les marches de ierre qui conduisent de la terrasse au quai et je Bis résolument le cap sur le Trocadéro. Mes idées concentraient peu à peu sur la situation délicate ù je me trouvais. On a sans doute deviné que avais le culte de cette consolante musique qui st la poësie et de ces grands charmeurs de l'eni terrestre qui sont les poëtes. Or, mon oncle, core que causeur plein d’esprit et lisant dans ur texte les galants ciseleurs italiens de la Reaissance, mon oncle adorant la société des femes — ce qui est l'indice certain d'une nature finée par ces temps malappris où règne le fujoir ; me voyait d'un œil attristé me complaire
jeu subtil des assonances et des rythmes. Il ait, en outre, pour principe de me traiter en bnscrit, de conserver vis-à-vis de moi la rigidité ilitaire de l’officier ; rudesse apparente qui ca-
chait un cœur de papa et, d’ailleurs, ne rempla çait-il pas dans ma propre affection un père aimé Hélas, si tôt perdu!... Mais telle était la tactiqu de « mon oncle Vincent ». Sa bonté, son indul gence même se couvraient d’un masque de sévé rité et c'était en cachette qu'il nourrissait les ser timents paternels qui l’animaient vis-à-vis de mo Pour rien au monde il ne leur eut donné la becqué en ma présence. Au demeurant je le craignai
mais je l'adorais.fl avait une manière de ine pinc4
l'oreille qui m’eut fait aller au bout du monde. Le shampoing que j'appréhendais ce jour-
paraissait devoir être sérieux. Journaliste de pr
fession, mon inexactitude aux diverses feuilles 0 je collaborais risquait de devenir proverbiale. M directeurs poussaient de ce fait des cris de Mél sine dont l'écho arrivait parfois jusqu'à mon 0! cle. Sans nul doute c'était quelque aubade sur | sujet douloureux que réservait à son Télémaq de neveu l'oncle Mentor. J'allais passer un do quart d'heure ! ,
Ce fut donc la mine « déconficte » que jen présentai au Cours-la-Reine à l'hôtel de ce Prin
‘savant quiest aussi un prince charinant et que
Tout-Paris qui travaille connait beaucoup pl que le Tout-Paris qui persille. J’ai nommé Prince Roland Bonaparte. Mon oncle rempliss auprès de ce grand seigneur érudit d’important fonctions, il les remplissait même sur le prof bureau de Napoléen à l'île d'Elbe, meuble super orné des plus beaux cuivres impériaux que 1 vus de ma vie. , Je frappai. J'entrai. Le bureau était là.
Sphynges aux dorures mates me regardaient,n quoises, de leurs yeux sans prunelles. Derrièr®æ
ureau, i 1e redin, 1irassieri — Ah, Ces pré rribles.
eu dissi es. Je ré eusemen — En eff Et j’ajou — Com — Àh,a sme mép cle » au vons de Ï — Vous:
— Qui so ires.. tu en qu'un.
— Parlez bint. Quar la dérob — Halte un coup d la, Au lie:
s directeu ureux dan — De cart — Tu po:
ou, — Ah! si vois, troi
er produit
rrière la b:
IMPRESSIONS D'AMÉRIQUE 17 em pla ureau, il y avait un gentleman correct pris dans 41m, e redingote impeccable comme un capitaine de CU ;:assiers dans sa tunique. C'était mon oncle. indul — Ah, te voilà, garnement, débuta-t-il ! > SES Ces prémisses, eut dit un logicien, n'étaient pas es SM ribles. J'eus le temps d’apercevoir un sourire de Mu dissimulé courant sous deux fortes mousta- CAR cs. Je répondis, ce qui, en l'espèce était prodi- 804 Beusement inutile.
> PINS En effet, c’est moi.
onde. Et j’ajoutai.
JOUR ___ Comment allez-vous, mon cher oncle?
de Pr __ Ah, ah, ricana la redingote avec un sardo- 1illes ne méphistophélique nous sommes le « cher ale. ME aujourd'hui. Or ça, monsieur, nous en le MélE ns de belles!
mon ‘__ Vous savez des histoires ?.….
€ SU D Qui sont de vos façons, non des plus mérilémaQires.. tu vois que je tiens mon Ruy-Blas aussi un doBs qu'un homme du monde !
-— Parlez fis-je, j'attends Matalobos et le pourbint. Quant à la caisse des gabelles.. Hélas. si la déroba je n’y fus pour rien!
— Halte commanda mon oncle en se levant un coup de reins militaire. Il ne s’agit pas de la, Au lieu d'élaborer les articles que tu dois à s directeurs... vous... tu fais des vers petit mal-
ejen e Prin et que Dup pl mmé pliss
ortaNE ireux dans des journaux de carton !
P'OR— De carton est dur, gémis-je |
SUPER Tu ponds des sonnets pour des feuilles de que ‘ou
| — Ah! si seulement elles étaient de chou.Mais là. Œvois, trois fois hélas! que vous lûtes mon derout er produit. Recevriez-vous donc la « Muse de MI Srrière la butte » !
— Je reçois tout ce qui parait, dit sévèreme®S y, mon censeur habituel, même cette Muse dont Æ __M parles et qui paraît, dit le sous-titre, à des dat@® 4, excessivement irrégulières. — No
— Ce n'est pas sa faute, plaidai-je. = tes
— Non, mais qu'est-ce que ce sonnet qui JE __ Rie bute ainsi: — Mai
—- Pai; Lorsqu’emmy les linceulx vous reposez mignonne e la trad Et que le doux sommeil a fermé vos grands yeux omédie Dites en quel pays bizarre et merveilleux Ce fut Eclôt le rêve auquel votre esprit s'abandonne ! ole que ts point
— Eh! clamai-je, soudain ravi, vous le sav erspicaci par cœur... Donc vous êtes... auteurs «
— Très mécontent. J'ai rêvé pour toi un au, tantes avenir que celui de Gilbert. Je ne tiens pas àkB + ovun voir exhaler ton âme futile sur un lit d'hôpité;jais at Tiens, pourquoi n'écrirais-tu pas un livre... 54 on impressions de voyage... par exemple! eue et :
Cette petite phrase qui n'avait l'air de rien Æ,e Corte rait dû me donner l'éveil. Elle était inattendé prer Je répliquai : outre me
— Des impressions de voyage !...Mais pour {4 ;ssurer s un civet, mon oncle, il faut un lièvre, or, jl brgnon. I]
qu'ici je n'ai guère pérégriné qu'à travers nur lire c beau pays de France, région découverte dep
longtemps. Il n’y a plus rien à faire. Croyez-m Mo la beauté et l'harmonie des vers. Le génie « -— Ah! trancha brusquement mon oncle at'iand, est un petit geste impatient. Je vais te la confisq Btion. Sach moi... et bientôt... ta lyre d'occasion. orable je — D'occasion sanglotai-je, une lyre qui nn à
presque pas servi.
— Tant mieux, elle ne servira pas du tout.
— Tiens,
remet — Vous m'inquiétez... que voulez-vous dire P dont'Æ __ Mai... oh! rien!
es dat@ __ Auriez-vous une lettre de cachet ?
; #, EX 1e.
M} Fe À
— Non,malheureusement! D'ailleurs tu verras.
— Je verrai quoi?
quid®S - Rien.
— Mais encore!
—- Paix, te dis-je, fit mon oncle, avec un souci onne Me la tradition moliéresque qu'un sociétaire de Ja yeux omédie Française eut adiniré sans réserve.
Ce fut sur cette dernière et peu rassurante pa- : ole que je partis, très intrigué. Une pluie de pe-
Mits points d'interrogation dansaient devant ma le sav erspicacité en défaut. Je regagnai rêveur les auteurs de Batignolles-Monceau où la meilleure un AUBes tantes (car décidément j'étais gâté sous le raps pas àDort avunculaire) veillait aux apprêts du diner. d'hôpit@'allais attaquer distraitement le potage familial re... Œuand on sonna. Un petit bonhomme à la livrée eue et noire du télégraphe parut. Il me tendit
e rien Æne carte que je décachetai fébrilement. attend® Du premier coup d'œil jeté sur le rectangle
‘outre mer une émotion me secoua. Jj’eus peine Dour fa assurer sur mon nez l'équilibre instable de mor
Of, Jbrgnon. Il me fallut le secours de « Tante Marie »
ers NOBour lire ce qui suit:
e dep
yez-m Mon cher neveu,
Le génie de l'homme, a dit quelque part Châteaucle atriand, est vraiment trop grand pour sa petite habibnfisq ation. Sache donc que t’appliquant cette parole méhorable je vais élargir le cercle de tes destinées. Au ontraire de Papilius, la limite que tracera ma dextre
4% a d’un monde à l'autre.
tout. K — Tiens, ponctuai-je, mon oncle qui s'exprime
maintenant en paraboles ...., comme Jésusest de Christ... ‘rspecti ur lui, ‘ures le jsent le
… Tu vas partir pour l'Amérique.
— Hein! bondis-je,
purs, et .… Apprends en effet, mon coquin de neveu, qu'i Pizarr ma demande le prince Roland Bonaparte qui s'ej bien voulu rappeler quelques unes de tes études hist Au ] riques de l'E*** et de la F*** te fait l'honneur de t'e Ouv mener avec lui au pays d'Edison. Demain matin so La
trés exactement, à sept heures,sur le quai de la ga Saint-Lazare. Tu y trouveras une partie de t compagnons de voyage MM. Léandri et de Pierrefe plus le docteur Topinard dont la sollicitude t'est dé longtemps acquise, mais qui veillera strictement MI était « ce qu'aucun prurigo poëtique te démange pendant vins «€ au : excursions. m'interc
ppelaien — Prurigo:... O irrespect des chose d’Apollofher trog
La carte se terminait par quelques recommat}jis et not dations affectueuses. Mon oncle m'avertissait GÆngoler e nous trouverions au Hâvre, sur le pont même dendre d La Bretagne, le Prince Roland parti l'avant-veillBignais à en compagnie de sa mère, la princesse Pierre Œmatique de sa fille. Lui-même s’y tiendrait ainsi que le br sous le bliothécaire du Prince, M. Escard. Bref, jusqu'au, d’aille départ du paquebot nous allions être entouri ‘y prêtai d'amis, perspective agréable. xions iné
La missive portait en posé-scriptum la fameu® peu « r interrogation de Talma dans Monlius. « Qu'ŒÆyage. Ils dis-tu ? » e quantite
Ce que j'en disais! Des joies convulsives %h aller bi heurtaient dans ma poitrine. J'étais ravi. Demandes div der à un fervent de Richepin et de Hérédias’il foyen d'h plait de contempler les « vierges Amériques Re tout cel
Jésus-Mest demander à l'ombre du baron Brisse si la -spective d'un fin repas eut quelque agrément ur lui. Aidé de ma tante j'accomplis en trois ‘ures le tour de force d’être prêt « paré », comme jsent les matelots, pour un voyage au long burs, et je m’endormis en rêvant de Christophe,
eu, qu'i Pizarre, de Cortès et de Magellan.
qui s c$ Les hist Au large, au large, Conquistador!
Aa t'e Ouvre, comme une aile de Condor atin 0! La voile noire des caravelles !
e la ga
de t % Pierrefe .?
t'est dé
tement Ml était sept heures du matin quand après de ndant vins « au revoir » à mon excellente « tantan », m'intercalai dans un fiacre dont les galeries ne ppelaient que de fort loin celles d'Apollon. Un Apollo®@cher trognonnant m'aida à hisser mes divers ommatlis et nous dégringolâmes la rue de Rome. Déssait d'Sngoler est vrai. Le cheval était d’une instabilité ême rendre des points aux choses humaines et je nt-veillignais à chaque cahot de voir le plafond pro- Pierre Smatique de ce véhicule nonagéraire s’effonue le Der sous le poids de mes malles. La voiture avait jusqu au, d’ailleurs, brinqueballer d’inquiétante façon, entour@n'y prêtais guère attention, envahi par les rékions inévitables que fait naître dans tout esprit
fameu® peu « rêvasseur » la perspective d’un long « Qu Æyage. Il semble que le fait même d’arpenter e quantité considérable de milles terrestres, de
sives Mn aller bien loin par delà l'horizon, vers des Demandes divers, où l'on sera pour un tem£s le conia s’il Moyen d'hommes inconnus, il semble, dis-je, iques Re tout cela ouvre le cerveau,comme le forceps
RATE TA aMear Re area gene ohne nn von à me ee ue
de quelque Vulcain et en fasse Jjaillir un mondŒune a de pensées nouvelles d’une infinie variété. Dtre ma
1l fallu. le heurt brusque des roues de mon vel — Ah hicule contre le refuge 4e la gare de l’Ouest poule traita me tirer de ma rêverie. Revenu au sentiment d@lez me la réalité, j’ouvris la portière, je sautai à terre dis arriv me sentis aussitôt saisi par deux bras vigoureupnt bie En même temps, la bonne et Rabelaisienne figudut à l’a de mon ami, le docteur Topinard, m’apparaissailfriver. le regard abrité derrière une broussaille phéndrveiller ménale de sourcils, le nez orné d’une énorniMelquefo paire de lunettes et le pli de sa bouche ironiquh-— Il pa s’allongeant au-dessus d'un menton rasé de frallfend peu jusqu'aux favoris, ces favoris professionnels q@— Ne pl révélaient l’anthropologiste. hi reçu d
— Comment va my dear ? ccompli
-- Ah! cher docteur, chantonnai-je sur ul pas déc phrase de la Damnation. Dire que je suis ém— Jepr. n'est pas assez ; je suis bouleversé, agréablemenMus voule
il est vrai, mais bouleversé par cet événemel— Excel inattendu, ce bolide traversant la paisible trajdlnez.
toire de mon existence. Mon esprit s’était accolAyant pr tumé à considérer Levallois-Perret comme I avec 11
bornes de tout déplacement possible, et volls-perdus. que dans huit jours nous serons à New-York. [Ette obser:
— Dans quinze à Washington, dans un moidli déjà de San Francisco, dans deux à Chicago, et dans trabile vis: à Québec ou à Boston. Nous allons tracer uMWacité s’e parabole, dit le docteur, dont les points prin@ie de sor paux seront : New-York, déjà nommée, Said fort cali Louis, Salt-Lake-City, Vancouver, Winipelforis, les Montréal et Saint-John.… ‘ ste etborr
— Arrêtez, m'écriai-je, je ne supporterais pdocteuru une ville de plus. Ménagez mon estomac. Deplintes fois seize heures, mon cœur bat à se briser. J'ai pi M. Floq
mondäMune affection cardiaque... Tenez, donnez-moi ptre main...
non vil — Ah ça, gronda mon cher ethrographe, qui
e traitait volontiers en malade imaginaire, vous lez me f... la paix! Parlons d'autre chose. Je his arrivé le premier, mais nos deux compagnons bnt bientôt poindre. Montons ; nous serons là aut à l'abri des courants d'air et nous les verrons river. À propos, votre oncle m’a prié de vous rveiller étroitement, il paraît que vous fates elquefois des vers. ironiqui — Il paraît, dis-je, est cruel. Après tout on les , de fralend peut-être pour dela prose.
nels qi Ne plaisantez pas, fit en souriant M.Topinard, di reçu d’un ami une mission de confiance ; je ccomplirai sans faiblir. Vous me promettez de sur un pas déchaîner d’alexandrins pendant ce voyage.
st pou nent d@ terre oureu re figur araissail > phén
énorm
suis ém@—- Je promets tout, criai-Je, et plus encore, si blemeïrus voulez.
énemel— Excellente disposition, fit le docteur, allons,
le trajenez.
it accoMAyant pris ie bras de l’anthropologiste je m’en mme là avec lui le long de cette immense salle des et vols perdus. Je l’observais du coin de l'œil, et ork. WMtteobservationne portait pas sur un sujet banal. in moisi déjà dépeint en deux touches son large et dans trabile visage, où deux yeux d’une infatigable acer umacité s'embusquaient derrière la double barrits prin@ie de sourcils invraisemblables et de lunettes Le, Said fort calibre. La bouche limitée par de courts inipel oris, les cheveux rejetés en arrière, le front ste etbombé, tout l’ensemble du visage donnait erais ! docteur une ressemblance frappante et d’ailleurs . Deplintes fois constatée avec le masque bien connu J'ai p@ M. Floquet. Le costume de mon savant ami,
sés, ne manquait pas non plus d'originalité. | portait en bandoulière une série d’objets dive dant la prévoyante sollicitude de Mme Topinar l'avait abondamment pourvu.
En outre, dans ses poches apparaissaient de gibbosités d’un eftet très pittoresque. Je cons tatai plus tard que si ces bosses rendaient le do teur un peu dur au contact, elles renfermaienti petits instruments d'étude bien précieux et | compris pourquoi il avait ainsi négligé sa prop esthétique pour ne penser qu'à la science.
Intellectuelle ment le professeur n'était passe leinent un original parfois étincelant d’espri c'était un laborieux et un érudit d’inlassable p tience. Ancien préparateur, élève chéri et pl tard successeur de Broca à son musée d’anthr pologie, Paul Topinard avait à son actif une 1 de travail et de recherches. Resté jeune et prod gieusement actif cet homme de soixante ans av
le tro prtait s
gardé la rapidité de pensée et d'action d’un été
diant de première année. Armand Silvestre l’av comparé, -- un Jour qu'il assistait à l’une des conférences — à un gros bourdon. Physiqueme c'était bien l'impression qu’il donnait; mais d: le domaine de l'intelligence, c'était une utile précieuse abeille qui, pieusement et vaillammel avait défendu l'œuvre de Broca, laquelle du re était un peu la sienne. Je l’aimais beaucoup, lui trouvant qu’un seul défaut, son matérialisn L'irréductible idéaliste que je portais dans m âme ne transigeait pas là-dessus. De rares et vi passées chamailleries naissaient partois de ce entre nous, |
Comme nous allumions une cigarette une v
tmatérie ent sur bmme M par del.
ostics m
par las et J’estin » AUX tra
uperpolibrte au timbre légèrement méridional nous hêla alité. Île troisième voyageur parut. M. de Pierrefeu, s divetlibrtait sur toute sa personne l'empreinte de son opinarligine provençale. De taille moyenne, bien mpé, le coup d'œil vif et la parole brève le ient ddMbuveau venu était bien le type pur de cette race Je condlkerte mi-grecque, mi-gauloise du littoral marseilt le dodis. J’affirmais parfois en manière de plaisanterie aaient dB il descendait du fameux Gyptis, l’homme à la ‘ux et Mupe : lui se contentait de descendre d’une des sa propiilleures familles du Midi. La teinte de ses yeux, e. ose assez rare, n'était pas exactement la même t passeur ses deux prunelles et l’un d'eux surtout posd'espri Jait cette teinte verte que prennent souvent les ssable Pix des marins. Ajoutons tout de suite que M. de ri et pliirreteu avait éte officier de marine et qu'il adod’anthr@t son ancien métier. Aussi la seule idée de reif une vindre la mer l’enchantait. En dehors des mé- : et prodMs de son érudition spéciale M. de Pierrefeu > ans avait un algébriste fervent toujours prêt à résoudre d'un étiléquations les plus difficiles ; il était comme ses tre l’av@patriotes persuadé que sa montre, son baro- «ne de dre de poche, et ses divers instruments de physiquemee étaient d’une indiscutable infaillibilité. Le mais dalliteur ayant un peu la même opinion de son ne utilelMit matériel scientifique d'’amusantes discussions jlammetient surgir de cette innocente rivalité. e du refpmme M.'de Pierrefeu scrutant l'horizon au coup, @ par delà le pont de l'Europe se livrait à des érialisniostics météorologiques, le quatrième et derdans mMvoyageur fit son apparition. C'était M. Léandri es et viÆtaire particulier du prince; il devait me de- de ce { par la suite un ami bien cher. Je connaissais et J’estimais grandement ce Corse robuste et une v®, aux traits fins, un des derniers héros de
roman de notre époque prosaïque. Jadis en but à d'’intolérables persécutions politiques il av: lui, ce garçon élevé dans toute la douceur de
s-je at EWE —
vie bourgeoise, pris le mâquis et couché sur l'atrr dure. Il avait donné pour ses idées autre cho t"€: que des paroles et, en son temps, ses aventur — Nou dans l’inextricable brousse des montagnes Cor Parc avaient fait du bruit. Aujourd’hui sa fougue s'ét Het: calmée : du farouche partisan d'autrefois, il MF''ume restait plus qu’un excellent camarade d’une in Depuis térable bonne humeur. pw-Vor lurisconsulte de talent il allait remplir aup Dada du prince les véritables fonctions d’un chef ER b protocole. En attendant il s'occupait, tout Pour nous serrant la main, de donner des ordres © Sc fidèle Charles, le valet de chambre du Pri Fes Roland, gaillard d'une taille et d’une force to. Quoi fait rassurantes dans une aussi longue promen pndri dé et auquel incombait la surveillance assez com ForoLO
e sous Ie mal de Le m:
marine.
quée de nos bagages.
Les présentations faites et les bonjours éci gés, J'élevai dans un geste héroïque mon rif vers le plafond de la gare et j'entonnai le réci
de rigueur : Com | Oui, a Avant qu'aux espagnols, nos éternels rivaux... Ml de me ‘une farc M. de Pierrefeu qui savaitson Meyerbeer cover rouli feu Scribe continua : Et cer . Le voil Colomb ouvrit un monde et des trésors nouveaulk, ordeau; LS ; ui . MCOognac — Ainsi, messieurs,nous voici sur le palier! ous patrie, dans huit heures un bateau colossal, =, : Ne ji c boscidien des espaces maritimes, va nous entr de del a
vers ces pays féeriques... Souftrez, mon capi R D Co
IMPRESSIONS D’AMÉRIQUE 27 n but
il avi ur de jé sur re cho iventur es Cor que S'ét ois, il ’une in
s-je au lieutenant de vaisseau que je vous interewe — habitude de métier — sur l'état prochain l'atmosphère. M. de Pierrefeu tira son baroètre.
— Nous sommes au beau fixe, dit-il.
__ Pardon, interrompit le docteur, au variable utau plus, voyez vous-même. Et il tendait son strument.
Depuis 1872, fit le marin, où je l’ai acheté, à bw-York, dans une des meilleures maisons de oadway, jamais ce baromètre n'a erré.
ir au ide . es ir h ; Eh bien aujourd’hui il erre fortement. e Re NES ! s Pourquoi, émit M. de Pierrefeu, voulez vous ou :
b e ce soit le mien qui se trompe.et non le ordres du Pi tre.
De : - Quoi qu'il en soit se hâta de formuler M. | ce , » + .» .
PE ; andri désireux d'éviter un choc entre les deux
me n Q . , Q pe é téorologistes, le ciel est beau; l'Océan doit
co L % 4 ] de e sous le charme et tout me porte à croire que
" mal de mer...
s écl | PUTS ‘D Le mal de mer n'existe pas, posa l'officier mon fil :
| , marine.
i le réci
Comment,criâmes-nous ? Oui, dit notre méridional compagnon. Le aux. M de mer est un mythe. La cuvette symbolique une farce. Avec un peu d’énergie chacun peut beer cofver roulis et tangages. D'ailleurs, j'ai le remède. Et ce remède?
Le voila : cinq plats à déjeuner, six à diner, LouVeAl bordeaux de choix, de suffisants petits verres
.… Mocognac âgé, une pipe solide — en merisier > palier @:: que possible — et un bon paquet de cablossal, al,avec cela vous braverez tous les mauvais ous ent
ps de la terre. Ne pas manger, avaler de la e,se coucher, respirer de l’éther... voilà ce
on CAP!
qui cause le mal de mer. D'ailleurs, la raison! dit. Un navire qui n'est pas lesté ne saurait teni le flot. Il en est de même de notre estomac.
Notre conversation s’interrompit soudain.
fidèle Charles accouru au trot, nous pressa. acte — Messieurs, vite ! on va partir sans vous. ans la & Nous nous ruâmes dans la salle d'attente q Lôleur : nous traversâmes d'unejoyeuse galopade et bient( ccomp: le valet de chambre nous désignait le compart Laaurs ment dans lequel nos valises marquaient dé SHkeo nos places respectives. Nous nous installâmes. D ice La machine déjà soufflait bruyante, prête à ns, et ] course. À peine étions nous assis qu'un gentlem: ilway r grand, roux, aux traits imprécis et nuls vint prep; dre place à nos côtés et s'approprier les cases . 4. de restaient inoccupées. Il dispersa ses colis avec à. leo sans-gêne qui suait littéralement l'égoiïsme et à}, D parfait mépris des aïises d'autrui. Ayant ainsi 1: combré l'autre partie du wagon de manièrekE,., de nous réduire à notre minimum de confortable unâtre fit monter après lui une fillette d’une dizai t, puis d'années. Rose et poupine,ressemblant à son pè pnne all par l'insignifiance des traits, cette enfant, 1 quettes fois assise se mit avec une voracité parfaite Figurez engloutir de copieux sandwiches que recélait di, venu
space nent. À Moce an op de
ses flancs, un sac énorme, posé près d'elle. faillible Elle ne s'intéressait, du reste, qu'à cette opél éntion ue ss : + tion ingurgitative et ne parlait que par mon k il: revol labes pour ne point troubler, sans doute, la réife hac larité de sa mastication. Elle s'assit près de % k, po père tandis que celui-ci avec ‘une insouciang:... fe . . . , belle de cynisme, fumait, crachait, mangeait, & Pates
ganisait des courants d'air, débouchait des fioh,]. das de mäuvais parfums exotiques et semblait — pd tchose f, quatre heures qu'il allait passer dans cet ét paralyse
aison | ait ten AC.
dain.