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CHAPITRE IX

LES AGES RECENTS

ARRÊTONS-Nousaumilieude notre voyage à travers les temps qui ont marqué le développement de la vie et jetons un regard d'ensemble sur les espèces qui ont peuplé le Globe terrestre.

La flore commencée sur les îlots à peine émergés a tout d'abord été rudimentaire. Dans un milieu que se disputaient tour à tour les mers et les continents sont nées les plantes les plus simples. Champignons, Algues, Mousses, ont primitivement couvert les lagunes, les rivages et les fonds marins.

Au Silurien toute une faune déjà diversifiée apparaît subitement : Protozoaires, Echinodermes, Polypiers, Mol-

La Terre au commencement

de l'époque Tertiaire.

(Période Eogène.)

lusques de toutes sortes, des Crustacés mômes envahissent les eaux tièdes.

Le Dévonien marque le premier épanouissement des vertébrés avec les curieux poissons que nous avons décrits.

Déjà les plantes s'organisent sur des terrains peu stables.

Pendant la période carboniférienne, les continents sont soudain envahis par une luxuriante végétation. Les insectes abondent dans les grandes forêts, les amphibies apparaissent, et la période permienne marque la naissance des premiers reptiles, ceux qui vont régner en maîtres durant toute l'époque secondaire.

Reptiles marins, reptiles terrestres, reptiles volants se disputent, en effet, l'empire de notre planète depuis le Trias jusqu'au Crétacé.

Mais l'apparition des saisons dès la fin du Jurassique annonce déjà la mort des animaux à sang froid.

Les grands sauriens vont disparaître, remplacés par les oiseaux et par les mammifères à sang chaud, dont le développement avait été jusqu'ici comme frappé d'arrêt.

Cette faune nouvelle, très rapprochée de la nôtre par différents types, sera favorisée par l'extension très importante des continents. L'Europe, en particulier, formée d'îlots plus ou moins étendus, va

Paléothérium, mammifère de VEocène.

(Hauteur : i mètre)

se dessiner peu à peu. En France, la période tertiaire donnera à notre territoire l'aspect que nous lui connaissons actuellement.

Pendant l'Eocène, les terres de notre continent sont envahies par une végétation nouvelle ; une flore tropicale ressemblant à la nôtre se mêle aux Palmiers, aux Fougères et aux Séquoias géants de la période précédente.

Les arbres à feuilles caduques relégués sur les hauts sommets descendent dans les plaines et deviennent partout assez abondants pour révéler une saison fraîche sinon froide. Sur les bords des grands lacs poussent les Figuiers, les Lauriers, les Camphriers, les Canneliers. Tout cet ensemble, où nous voyons apparaître les Chéries, les Acacias et les Erables, ne se retrouve plus actuellement que dans les contrées plus rapprochées de l'équateur.

Peu à peu les graminées envahissent

les plaines où les fleuves ont roulé d'abondants limons. Ces gras pâturages, qui alternent avec les épaisses forêts sont prêts à recevoir de nouveaux hôtes. Ce sont des Oréodons, sorte de porcs ruminants qui errent en troupes nombreuses sur les bords des grands lacs ; des Paléothériums, au corps de cheval, à la tête de tapir; des Xiphodons, élancés comme nos gazelles.

Les Antilopes, les Girajes, les Hipparions vivaient en troupeaux innombrables au milieu des savanes d'une exubérante végétation.

Les sauriens ne sont plus représentés que par des types dégénérés : les Gavials,

Le Xiphodoh, mammifère de l'Eocène avant la taille d'une chèvre.

Anoplothérium, mammifère de l'Eocène, de la taille d'un âne.

les Crocodiles, les Alligators, ressemblent à ceux de notre époque.

Par contre, les mammifères atteignent leur plein développement avec des animaux comme le Dinothérium. La hauteur de ce monstre n'était pas inférieure à cinq mètres. Sa tête seule mesurait plus d'un mètre et demi; elle était encore allongée par deux énormes défenses implantées dans sa mâchoire inférieure.

Une trompe puissante lui permettait d'arracher et de saisir les végétaux dont il faisait sa nourriture. On eût dit un gigantesque éléphant, mais, par sa conformation anatomique, il tenait plutôt du Kangourou, du Tapir et du Lamentin.

Puis voici le Brontops et le Mastodonte. Tous deux sont encore comparables à d'énormes éléphants dont le

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QQ

type est représenté par un spécimen mesurant plus de cinq mètres de longueur, sans compter les défenses : c'est Y Eléphant méridional, dont on peut voir le squelette au Muséum d'Histoire naturelle de Paris.

Pendant toute la période tertiaire, les herbivores prennent un développement considérable. C'est une proie facile et abondante pour les carnassiers qui ne font point défaut. Jugez-en par cette sorte de tigre gigantesque : le Machœrodus.

Embusqué dans les hautes herbes qui bordent les marécages, il s'attaque même aux pachydermes dont il déchire le cuir

Le Dinothérium de la période Miocène.

(Hauteur : 5 mètres.)

épais à l'aide de ses puissantes canines, longues comme des poignards.

Puis voici des Ours redoutables, des Chats sauvages énormes, comparables à nos jaguars et à nos panthères; des Loups, des Chacals et des Hyènes.

La classe des Rongeurs est représentée par des Ecureuils, des Lièvres, des Chauves-Souris; celle des Insectivores par des Taupes et des Hérissons.

De nombreuses espèces de Singes, qui atteignent leur plus grand développement au milieu du Tertiaire, parcouraient les forêts de l'Europe occidentale.

Sur les bords des grands lacs où s'ébattent les crocodiles, pèchent les Ibis, les Pélicans, les Flamants et les Marabouts. Les Perroquets et les Couroucous

Le Dinoceras de la période Eocène.

(Longueur : 2m,5o.)

peuplent les forêts profondes. De grands

oiseaux comme le Gastornis rappellent

encore les types du Secondaire, mais

leurs espèces se font de plus en plus

rares.

Les mammifères régnent en maîtres sur les océans : ce sont des Dauphins et des Cétacés.

Partout la vie animale prend une ampleur, une richesse, une variété incomparables, dont les types représentent presque toujours, sinon les mêmes espèces, du moins des genres analogues à ceux de notre faune actuelle.

SPtt^ Cependant de grands changements sont survenus dans la structure des continents. L'activité interne endormie en Europe pendant presque toute la durée des temps secondaires se réveille et donne lieu sur toute la surface du globe à des manifestations grandioses. Une série de plis gigantesques se dresse pendant l'époque tertiaire depuis

ie Miocène.

l'Espagne jusqu'aux Indes Orientales contre le bord de l'ancien continent septentrional. Ce sont les Pyrénées, les Apennins, la chaîne des Alpes, le Massif de l'Himalaya.

En même temps la Terre prend à oeu près l'aspect qu'elle a aujourd'hui. Mais ces changements de configuration vont avoir une influence considérable et

presque soudaine sur la climatologie de notre planète. Jusqu'alors les contrées les plus boréales mêmes avaient joui d'une température très clémente. Pendant la période Miocène, c'est-à-dire au milieu de l'époque tertiaire, la température équivalait à une différence de latitude de 25 à 3o degrés. Dans ces conditions le climat du Groenland devait cor-

Le Mastodonte, mammifère de la période Miocène. (Hauteur : 2m,5o.)

respondre au climat actuel des régions situées entre le 40e et le 45e parallèle, au climat du Sud de la France, par exemple, et le climat du Spitzberg, à celui de l'Angleterre méridionale.

La vie pouvait donc se manifester librement jusqu'au pôle, et, de fait, les Tulipiers, les Platanes, les Noyers, la Vigne, les Cyprès, poussaient en abondance sur le sol d'Islande. On trouve des mines de houille dans le Spitzberg, et dans les grès ferrugineux de cette région on re-

connaît des Hêtres, des Peupliers, des Aunes, des Noisetiers, des Séquoias, des Magnolias, des Pruniers et de nombreux conifères.

De même, les fossiles trouvés sur la côte occidentale du Groenland témoignent d'une végétation qui rivalisait par sa richesse avec la flore des régions tempérées les plus favorisées de notre époque.

Malheureusement les changements survenus dans la topographie du globe allaient bouleverser toute la climatologie

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de l'hémisphère Nord. Avant même la fin du Pliocène, des glaciers recouvraient les districts montagneux de l'Ecosse et de la Scandinavie, le massif des- Alpes et un grand nombre de points de l'Allemagne et de l'Angleterre. C'est pendant l'époque Quaternaire que ces glaciers atteignirent leur plus grande extension.

Une immense calotte glaciaire occupait les régions boréales et recouvrait le Nord de l'Europe et de l'Amérique.

Mais le phénomène n'était pas continu; on areconnu quatre périodes principalesd'extension desglaces, et chacune.d'ellesa certainement comporté des oscillations de moindre amplitude.

Les deux premières invasions glaciaires se sont

produites à une époque où la topographie du massif des Alpes était très différente

Le Mésopithèque, singe de la période Miocène. (En haut, la iclc vue de face.)

pierres striées et de boue déposées sur le

parcours même du glacier, mais encore

par des amoncellements spéciaux de cail-

loutis dus à l'action des eaux

torrentielles s 'échappant de

l'extrémité du glacier. Lescail-

loutis correspondant à ces deux

périodes sont aujourd'hui

extrêmement altérés, mais ils

formaient primitivement des

nappes largement étalées sur

le flanc des vallées. On leur a

donné le nom de nappe des

hauts plateaux et de nappe des

bas plateaux.

Les deux dernières invasions glaciaires ont également leur cailloutis propre que l'on reconnaît sur le flanc des vallées sous la f o r m e de hautes et de basses terrasses.

Entre chaque phase de pro-

Les mers à la fin de époque Néogène.

de ce qu'elle est aujourd'hui. Leur présence est attestée non seulement par les moraines, c'est-à-dire par les masses de

gression des glaces il existait une période interglaciaire pendant laquelle les rivières recommençaient à rouler des allumions dans leurs lits entièrement débarrassés de glace.

11 est évident qu'un tel changement dans le climatde nos régions a dû amener une révolution complète dans la distribution de la faune et de la flore. Pendant la marche en avant des glaciers, la température devait s'abaisser beaucoup; nous voyons alors apparaître à la place des palmiers, des camphriers, des lauriers, une flore toute boréale avec les Bouleaux nains, caractéristiques des régions froides. De même certains animaux émigrent vers le Sud, mais d'autres en quantités considérables périssent sous la rigueur du climat. Ce fut le sort de Y Eléphant an tique, qui existait au début des temps

quaternaires et qui ressemblait aux éléphants actuels; du Mammouth, si abondant pendant les périodes glaciaires dans toute l'Europe et le Nord de l'Amérique et de l'Asie.

Ce dernier animal était pourtant joliment taillé pour la résistance. Son corps, de cinq mètres de longueur, était recouvert d'une épaisse toison de poils bruns que les glaces de la Sibérie, où nous le trouvons enfoui actuellement, ont merveilleusement conservés. Dans les mêmes régions vivaient aussi de redoutables carnassiers : Y Ours des cavernes, plusgrand et plus fort que l'ours actuel ; Y Hyène des cavernes, le Machœrodus de l'ère tertiaire, qui subsiste jusque dans les temps historiques.

A côté de ces farouches animaux vivaient des hôtes moins dangereux, comme le Rhinocéros tichorhinus, dont la peau était recouverte d'une épaisse fourrure et dont les narines étaient séparées complètement par une cloison osseuse portant deux cornes bien développées; le Cerj mégaceros, dont les bois, extraordinairement développés, atteignaient quatre mètres d'envergure.

D'autres espèces, au contraire, comme Y Hippopotame, le Rhinocéros, Y Eléphant, ont reculé devant l'invasion des glaces et

Europe pendant la seconde époque glaciaire.

se sont retirés vers le Sud afin d'y trouver une température plus douce.

Cependant quelques espèces, hôtes habituels des régions froides, envahirent au moment des périodes glaciaires le territoire de la France et de l'Europe centrale, puis gagnèrent les contrées polaires quand la température fut moins rigoureuse : ce sont YElan, le Glouton et surtout le Renne.

Mais le grand fait caractéristique de l'époque quaternaire, c'est l'apparition de Y Homme.

On ne retrouve, en effet, aucune trace certaine de sa présence avant cette période géologique.

On a cherché à faire remonter son existence jusque dans les temps tertiaires, mais les preuves mises en avant ne

Le Mégalhérium de l'époque Quaternaire.

(Hauteur : 2»)25.)

supportent pas un examen attentif et impartial.

Les transformistes, dans la circonstance, ont fait cause commune avec les esprits acharnés contre le dogme catholique; et si la question présente à leurs yeux un intérêt aussi capital, c'est que dans les milieux même instruits on s'imagine que la doctrine et la foi catholique sont en jeu dans une question qui est véritablement du ressort de la science.

Quel intérêt y a-t-il pour l'Eglise, je vous le demande, que l'homme soit tertiaire ou quaternaire ? Aucun, assurément. Jamais l'Eglise n'a eu l'idée de fixer en x siècles ou en millésimes la date de la ■jji naissance, l'état civil de l'humanité. On objecte la chronologie biblique, mais la Bible ne nous offre aucun élément de cette nature.

Les chiffres que l'on y trouve, ce n'est un secret pour personne, ont été matériellement altérés par les copistes et dif-

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fèrent suivant les manuscrits; il est donc impossible de se baser sur ces documents pour en faire le point de départ d'une théorie quelconque. Ni le dogme ni la morale n'y sont d'ailleurs intéressés.

L'histoire des différents peuples n'est pas plus précise. Elle nous enseigne simplement que quatre ou cinq mille ans avant notre ère, certains peuples, comme les Chaldéens, étaient déjà en pleine civilisation; mais elle ne nous apprend rien sur la date de l'origine de l'humanité.

C'est donc à la Géologie qu'il faut nous adresser pour la solution de ce problème.

Et d'abord, à quel moment précis trouve-t-on les premières traces certaines de l'homme?

Nous avons vu que la période glaciaire peut se diviser en quatre phases principales séparées par des phases interglaciaires où la température était au moins aussi élevée que celle de notre époque.

Il ne reste plus maintenant pour résoudre la question de l'ancienneté de l'homme qu'à rechercher dans lequel de ces dépôts on découvre les premières traces de l'industrie humaine associées à des débris d'ossements caractéristiques.

Partout où l'homme a vécu, nous retrouvons en effet le produit de son travail, de son art, de son industrie : silex taillés, os façonnés en poinçons, en aiguilles et en harpons; colliers et pendeloques dont il se servait comme ornements; dessins d'hommes et d'animaux gravés sur les os de rennes, de cerfs ou de chevaux ; amoncellements des débris de sa chasse et de sa nourriture dans les grottes où il cherchait un asile; traces de feu sur les silex éclatés ou sur les parois des cavernes; dessins à l'ocre sur les murailles naturelles de ses abris primitifs.

L'étude des divers gisements laissés par les anciens habitants de nos contrées

a permis d'établir une classification archéologique, ne s'appliquant d'ailleurs qu'à une contrée déterminée.

Après l'âge de la pierre — que les sauvages actuels ont à peine dépassé — vint l'âge de bronze, puis celui du fer; l'âge de la pierre a été lui-même subdivisé en trois périodes : la période éolithique ou de la pierre éclatée, paléolithique ou de la pierre taillée, néolithique ou de la pierre polie.

Au début de la période paléolithique, le silex était grossièrement taillé; c'était

L'Elasmothérium, curieux mammifère de l'époque Quaternaire. (Longueur : 4 à 5 mètres.)

un instrument massif en forme de coup de poing amygdaloïde; il était toujours fortement roulé par suite du transport qu'il avait subi sur le lit des rivières : c'est le type de l'industrie chelléenne. On le trouve associé à des restes d'animaux qui avaient besoin pour vivre d'un climat plus chaud que le nôtre : ce sont Y Eléphant antique, le Rhinocéros et Y Hippopotame.

Immédiatement au-dessus des dépôts chelléens apparaît l'industrie acheuléenne, caractérisée par des coups de poing plus perfectionnés, de forme régulièrement ovale ou amygdaloïde, moins épais que ceux de Chelles. Leur aspect extérieur indique que l'homme a déjà acquis une plus grande habileté.

Cette industrie acheuléenne est associée

Squelette de Mammouth,

contemporain de l'homme

à l'époque quaternaire.

(Hauteur : 3",5o )

à une faune quelque peu différente de la première.

Elle est contemporaine du Mammouth aux poils longs et abondants, à la crinière épaisse; le Rhinocéros à narines cloisonnées de la même époque possédait une chaude toison laineuse. Ces quelques détails montrent que notre climat s'était évidemment refroidi.

Dans la période suivante — industrie moustérienne — les types de la faune ne subissent guère de modifications, mais les fleuves et les rivières diminuent de débit, la vitesse de leur courant s'affaiblit peu à peu.

Les outils de silex ne sont plus des cailloux roulés, ils offrent une surface recouverte d'une patine blanchâtre. Le coup de poing est moins gros, il est lancéolé à la pointe et prend une forme triangulaire. Les instruments se multiplient, les éclats de silex deviennent des pointes à main, des grattoirs, des lames, des racloirs, etc.

Avec la période solutréenne, la taille du silex se perfectionne encore. Les lames possèdent de fines retouches, les formes sont plus élégantes. L'homme emploie pour la première fois des aiguilles d'os ou de corne. Le cheval et le renne font leur apparition dans nos régions, et pour la

première fois aussi on retrouve sur leurs ossements des essais de sculpture.

Enfin apparaît l'époque magdalénienne avec ses outils d'os et d'ivoire, ses harpons, ses agrafes ornées de sculptures ou décorées de représentations d'hommes et d'animaux.

La faune, caractérisée par Y Antilope saïga, le Renne et une foule de rongeurs, nous montre que le climat se fait de plus en plus rude ; l'homme doit chercher un abri dans les cavernes.

C'est la fin des temps paléolithiques; les glaciers remontent lentement vers le Nord, la température devient plus clémente; des pluies abondantes favorisent le développement des forêts où abondent les cerfs. Nous allons entrer dans la période de la pierre polie, pendant laquelle l'homme s'acheminera peu à peu vers l'époque actuelle.

A quel moment de l'époque glaciaire doit-on faire remonter le début des temps paléolithiques? D'après M. Penck, l'industrie chelléenne et avec elle la faune chaude, celle de Y Eléphant antique, daterait de la phase interglaciaire qui a séparé la seconde extension des glaces de la troisième. L'homme aurait donc subi entièrement la troisième et la quatrième extension, ainsi que deux périodes inter-

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io5

Renne courant.

Dessins paléolithiques gravés sur les parois de la grotte de Combarelles (Dordognei.

glaciaires, sans compter les temps postglaciaires.

Toutes ces considérations militeraient donc en faveur d'une théorie qui reculerait bien loin l'apparition de l'homme. Il nous est difficile, après les travaux récents de M. Obermaier, d'accepter de semblées conclusions.

Ce savant a déduit, en effet, d'une étude très approfondie des glaciers pyrénéens et de stations nombreuses dans cette région, que l'industrie chelléenne est apparue après la fin de la troisième phase glaciaire et pendant la période interglaciaire. Cette dernière extension des glaces aurait coïncidé avec le développement de l'industrie moustérienne, de sorte que le solutréen et à plus forte raison le magdalénien, sont postglaciaires, comme l'avait déjà montré M. Boule, le savant professeur du Muséum.

La durée de l'existence de l'homme se

trouve ainsi très diminuée, mais peut-on en faire une évaluation quelconque? Doiton admettre les chiffres énormes proposés par certains savants?

Pour toute réponse on me permettra de citer l'opinion du professeur Klaastsh, qu'on ne saurait taxer de partialité pour nos doctrines.

« Il y a, dit-il, un grand danger à jongler avec quelques centaines de milliers d'années là où, avec la meilleure volonté, nous ne pouvons émettre d'évaluations même approximatives. Mortillet a essayé, et quand il admet environ 200 000 ans, il eût tout aussi bien pu mettre 100000 ans de plus ou de moins, car il nous manque simplement un point de départ pour apprécier les espaces de temps qu'il a fallu pour les grands changements climatériques.

» La seule notion qui soit, jusqu'à un certain point, accessible à l'examen, nous

iob

est fournie par le recul définitif des glaciers. Les géologues suisses en placent le commencement à au moins 20000 ans avant notre chronologie. La présence du mammouth dans l'Europe centrale et en Angleterre montre que la séparation de ce dernier pays ne s'est effectuée qu'à la fin ou après l'époque glaciaire. »

Bien plus, certains géologues sérieux, se basant sur les vitesses d'érosion du Niagara, du Mississipi ou de certaines cascades de Scandinavie, estiment qu'il faut admettre une dizaine de milliers d'années au grand maximum depuis le recul définitif des glaces. En réalité, les phénomènes sur lesquels on s'appuie ont pu varier d'intensité, et, dès lors, nous sommes réduits à de simples conjectures.

Resterait maintenant à déterminer la longueur de la période glaciaire et de la phase interglaciaire l'ayant immédiatement précédée. M. de Lapparent a tenté de résoudre le pro -

blême en ce qui concerne la dernière invasion glaciaire.

Une étude approfondie des conditions des glaciers actuels l'a conduit à la conclusion suivante : « En résumé, de l'exposé qui précède, nous nous croyons pleinement autorisé à conclure que la dernière invasion glaciaire, celle dont nos ancêtres paléolithiques ont connu et subi les vicissitudes, peut très bien avoir été enfermée dans un petit nombre de milliers d'années. Vouloir dépasser cette approximation serait illusoire; d'autant mieux que nous avons raisonné comme si les conditions mises en évidence par l'observation naturelle n'avaient jamais changé durant cette période. Or, une

L'Europe pendant la quatrième et dernière époque glaciaire.

aggravation momentanée du régime des neiges aurait pu accélérer le travail de la glace. Il ne serait pas sage de vouloir étendre à une trop longue période les résultats d'observations qui n'embrassent encore qu'une aussi courte durée. Dès lors, ne cherchons pas, pour l'instant, une précision impossible à atteindre, et contentons-nous d'avoir montré qu'en enfermant la dernière invasion glaciaire dans un nombre de dizaines de siècles peu considérable, on a des chances d'être beaucoup plus près de la vérité que ceux qui lui attribuent libéralement plusieurs centaines de mille années. »

On a beaucoup parlé en ces derniers temps de l'homme tertiaire; or, il faut le dire très ouvertement, les traces de squelette humain dans le tertiaire n'existent pas; personne du moins ne les a encore trouvées jusqu'à ce jour.

Lesthéorieséchafaudées à grand'peine pour soutenir la présence de l'homme à cette époque reposent plutôt d'ailleurs, sur des trouvailles de silex assez semblables aux silex taillés : on leur a donné le nom d'éoliikes.

Or, ces silex, rappelant les échantillons de Thenay, ne sont, au regard des archéologues les plus célèbres, que des pierres éclatées naturellement, sous l'action des variations delà température, par exemple. En tout cas, ces silex manquent absolument de la marque caractéristique des pierres travaillées, nous voulons parler du bulbe de percussion qui persiste toujours à l'endroit où a porté le coup produisant la brisure.

L'ère des « bluffs scientifiques » est passée. Si les « intellectuels » modernes

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