‹ D'où venons-nous?Chapitre 15 sur 85 · LES PREMIERS I TRES · texte numérisé non relu

LES PREMIERS I TRES

hauteur leurs nombreux rameaux terminés par d'énormes intumescences semblables à la fleur du chardon.

D'immenses Sigillaires de trente mètres de haut s'élèvent en colonnes pressées. Tantôt leur forme rappelle un champ d'asperges fantastiques préparées pour un repas de Titans; tantôt leurs extrémités s'entr'ouvrent comme de gros balais de joncs. On les dirait alors plantées çà et là prêtes à nettoyer un ciel trop chargé de nuages sombres et livides.

Des Calamités, sortes de Prèles géantes, atteignent quinze mètres de hauteur, et les Sphénophylles étalent au milieu des forêts leurs frondes rameuses.

Seuls, les Cycas aux branches recourbées, élégantes et largement découpées, viennent, avec les Araucarias géants, apporter une note d'esthétique plus humai ne dans ce grandiose décor.

Sous le couvert de ces arbres herbacés s'étalent d'énormes champignons de trente mètres de tour.

Au milieu de clairières transformées en fangeux marécages poussent de jeunes fougères, des nymphéas, des joncs, des roseaux, des plantes aquatiques rappelant nos nénuphars.

Oui, vraiment, c'est un étrange paysage que celui que nous avons sous les yeux. Sommes-nous sur un monde géant ou sur notre minuscule planète? Les fleurs aux teintes vives et brillantes ne sont pas là pour égayer le paysage et former un agréable contraste avec cette sombre ver-

Graptolythes du Silurien inférieur.

(Premiers organismes ayant laissé des traces dans les terrains géologiques.)

dure. Le chant des oiseaux ne se fait pas encore entendre.

Un morne silence enveloppe la Terre, et cependant l'atmosphère lourde et humide est habitée. Voyez plutôt : à la lueur pâle du Soleil qui monte lentement à l'horizon, nous apercevons une nuée d'insectes ailés. Nul ne pourrait s'y tromper : ce sont des Libellules: grandes comme nos mouettes actuelles, elles descendent dans un bruis-

Empreinte d'un Graptolithe du Silurien.

sèment d'ailes largement ouvertes. Puis voici des Sauterelles géantes, des Arai-

Limule actuelle

ou crabe des Moluques.

(Longueur : o^.o;.)

Trilobite.

(Longueur : om,i5.) ■

(Animal des temps

primaires ressemblant

à nos limules actuelles.)

Quellerichesse de vie règne déjà sur la Terre!

Avant de quitter ce jour de l'époque primaire, rapprochons-nousdurivage; quel changement depuis notre dernière visite ! Des reptiles s'enfuient à notre approche.

Des Batraciens à grosses têtes comme le Protriton dorment au Soleil. Un Archégosaure, semblable à un gros lézard,

Œil d'insecte.

Les cellules visibles sur la gravure contiennent chacune une lentille donnant une image.

Terres émergées pendant la période carboniférienne.

gnées, des animaux ressemblant à nos Scorpions avec leurs pinces et leurs dards à venin, des Mille-Pattes gigantesques.

Autre genre de Trilobites dont l'un est enroulé. (Longueur : om,07.)

guette un { Tilanophasme dévorant une branche. Les eaux se peuplent d'animaux bizarres, les Ostracoder?nes ; ces derniers ressemblent tellement à des poissons que longtemps les géologues les placeront dans leurs vitrines à côté de ces hôtes marins. Leur corps allongé est recouvert d'écaillés comme les crustacés, et cependant leur colonne vertébrale rappelle celle du poisson. Dans quelle classe les ranger? On dirait que la nature hésite à produire nos espèces actuelles. Et cependant tout est merveilleusement adapté pour le milieu dans lequel vit l'animal : la fonction qui crée l'organe, la lutte pour la vie, la sélec-

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