‹ D'où venons-nous?Chapitre 19 sur 85 · LES I.TRES GÉANTS DE L EPOQUE SECONDAIRE · texte numérisé non relu

LES I.TRES GÉANTS DE L EPOQUE SECONDAIRE

Le Stégosaure, animal mesurant 10 mètres de longueur.

pect fantastique. Edgar Pcë, avec son imagination en délire, n'a rien trouvé de semblable ni de plus horrible, et nous n'avons pas tout vu. Sa queue, cachée dans les hautes herbes et qui sert de contre poids à un corps trop lourd, est hérissée d'épines pointues, grosses comme un bras. Tout cet ensemble, qui fait penser à un animal moitié lézard moitié scorpion, appartient au Stégosaure. Tous ces troupeaux vivent en bonne intelligence et n'ont qu'un désir, manger cette végétation luxuriante, dépouiller la planète de cette parure de verdure qui menace de tout envahir. Jour et nuit ils dévorent, rasant tout sur leur passage, abattant les troncs des frêles Calamités, des Prêles géantes, des grandes Sigillaires, s'ouvrant une véritable route au milieu des immenses forêts, puis cherchant avec avidité les grands lacs, les marécages boueux où leur corps, soutenu par l'élément liquide, s'allonge paresseusement, tandis que leurs mâchoires travaillent sans cesse, mangent toujours sans trêve ni repos.

Mais au moment où tout est calme, où des centaines d'animaux sont là étendus

sous ce chaud soleil des tropiques, la forêt s'est agitée de nouveau, les hautes fougères ont secoué leurs bouquets de palmes, les tiges droites des Sigillaires se sont inclinées : nouvelle invasion d'affreuses bêtesapocalyptiques, hôtes des grands bois. Mais ceux-là apportent avec eux la guerre et le carnage.

Voyez plutôt cette horde pressée de Cératosaures et de Loelaps : ce sont des carnivores en quête de chair fraîche. Ceux-là justifient bien cette fois leur titre de lézards terribles. Du lézard, ils n'ont d'ailleurs que la tête et le milieu du corps. Ils s'avancent en courant, droits sur leurs pattes de derrière que terminent des griffes pointues et acérées. Leur gueule entr'ouverte et fortement musclée est armée de dents formidables, un éperon osseux termine leur museau.

Déjà ils se sont élancés sur le paisible troupeau des Brontosaures et des Diplodocus sans défense. D'un seul mouvement de leur mâchoire puissante, ils ont écrasé le crâne étroit de leurs adversaires. La curée va commencer. De leurs griffes d'aigles et de leur corne tranchante, ils ouvrent les

Cératosaure dépeçant une proie.

(L'un des plus terribles carnassiers de la période jurassique.

Longueur : 6 mètres.)

entrailles de leur proie et s'apprêtent pour ce lugubre festin.

Mais Triceratops et Stegosaures, un moment surpris et hébétés, se sont précipités sur les féroces carnassiers, et, cette fois, Lœlaps et Cératosaures auront affaire à gibier moins patient. La lutte recom-

mence avec les Stegosaures, et c'est un spectacle merveilleux en vérité que de voir ces géants, pesant chacun plus de dix tonnes (soit dix mille kilogrammes), se précipiter l'un contre l'autre dans un combat sans merci.

A nouveau les Triceratops en furie sonnent la charge; ils accourent de toutes parts, leurs cornes déchirent la chair de leurs ennemis moins protégés.

D'immenses gueules s'entr'ouvrent et se referment avec fracas, des os se broient, des membres se brisent, d'énormes masses roulent enlacées dans la boue qui jaillit sous ce choc impétueux; et, dans cette mêlée titanesque, tous les adversaires se confondent bientôt en une masse informe de chairs pantelantes, de torrents de sang, de ventres ouverts, d'entrailles

Le Ptérodactile, gui mesurait, les ailes déployées, 8 mètres d'envergure.

Page 1