CHAPITRE III
L HOMME DESCEND-IL DU SINGE t
Il n'existe donc pas vraiment de différences essentielles entre les races humaines : toutes peuvent être ramenées à une même famille originelle, et nous allons voir cette conclusion prendre un caractère autrement net dans les pages qui vont suivre.
La question de l'unité de l'espèce humaine laisse subsister tout entière celle que nous nous sommes posée au débutdece chapitre.
Peut-on rattacher le corps de l'homme à celui d'un mammifère? Les singes, par exemple, pourraient-ils être regardés comme nos ancêtres?
Cette dernière proposition, ainsi que nous l'avons dit, se retrouve encore dans certains livres de vulgarisation, bien que depuis fort longtemps les paléontologistes soient unanimes à nier pour l'homme une origine simiesque.
C'était, en effet, l'opinion de Darwin et de son école. Cependant, même pour les darwiniens, il est incontestable que notre ancêtre ne ressemblait à aucun des singes vivants ; c'était un catarrhinien à queue, appartenantà une famille simiennede l'ancien continent et dont la caractérisque était d'avoir des narines « ouvertes en dessous ».
« Il n'y a aucun doute, dit Darwin, que l'homme ne soit un embranchement de la souche simienne de l'ancien monde, et qu'au point de vue généalogique il ne doive
être classé dans la division catarrhinienne.
» Les simiadés se sont séparés en deux troncs; les singes du nouveau et ceux de l'ancien monde ; et c'est de ces derniers qu'à une époque reculée a procédé l'homme, la merveille et lagloire de l'univers... mais, il faut le dire, d'origine peu noble. L'homme descend d'un mammifère velu, pourvu d'une queue et d'oreilles pointues, qui, probablement, vivait sur les arbres et habitait l'ancien monde. Un naturaliste qui aurait examiné la conformation de cet être l'aurait classé parmi les quadrumanes. »
Cependant, comme nous le verrons bientôt, le problème est loin d'être résolu; car ceux mêmes qui admettent l'origine animale de l'homme ont bien soin d'aller au-devant de certaines objections très probantes et insolubles.
Lisez plutôt ce qu'écrivait récemment le Dr H. Klaatsch, partisan convaincu de l'évolution des espèces :
« A vrai dire, l'espoir ne se réalise pas de voir sortir à nouveau du sein de la terre et d'une manière non équivoque les ancêtres fossiles de notre espèce. Reconnaîtrionsnous d'ailleurs réellement les restes de nos ancêtres provenant des périodes les plus anciennes? La chose est douteuse. Plus on recule en arrière, plus il devient difficile d'établir le rapport qui existe entre les restes fossiles et des formes déterminées du temps