I.INIVERS ET LES MONDES
quelque peu de cette règle, tournent en effet autour du Soleil comme des toupies sur un sol plat, ou des billes sur un billard.
Ces H planètes principales, sans compter les 800 petites planètes dont nous avons parlé — astres minuscules situésentre Mars et Jupiter, — ne sont pas les seuls corps soumis à l'attraction solaire.
Regardons attentivement et nous verrons l'espace sillonné de nuages blanchâtres, flocons légers en comparaison des planètes : ce sont les comètes qui, en approchant du Soleil, deviennent souvent visibles à l'oeil nu.
Au premierabord,on pourrait les prendre pour des étrangères venant rendre visite à notre Système. C'est qu'en effet elles se cantonnent rarement dans le voisinage du plan qui contient les planètes; elles nous arrivent de tous les points de l'espace, décrivant des ellipses tellement allongés parfois
qu'il est impossible de prédire le moment de leur retour. En outre, le sens de leur
Vue télescopique de la planète Mars.
mouvement est indifféremment direct ou rétrograde.
Orbites décrites par les comètes périodiques.
Nous enconnaissonscertainesqui accomplissent leur tour entier en quelques années et d'autres en trois quarts de siècle : on les appelle comètes périodiques. Mais la plupart ont une période — intervallequi sépare deux apparitions consécutives — beaucoup plus longues, quatre ou cinq siècles et même davantage.
Il sera intéressant avant de clore ce chapitre, d'appliquer à ces vagabondes célestes la comparaison qui nous a servis pour la distance des planètes.
En supposant toujours la même réduction du système adopté pour les planètes, la comète d'Encke, qui s'éloigne le moins du Soleil, décrirait une ellipse allongée dont le grand axe n'aurait pas moins de 480 mètres.
La comète de Halley, qui revient tous les 76 ans (retour en 1910), s'éloignerait à plus de 4 kilomètres et dépasserait l'orbite de Neptune.
Et ce sont là des comètes à courtes périodes; mais les autres vont beaucoup plus loin. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, la comète découverte par Messier en 1763 s'éloignerait à 88 kilomètres de notre sphère représentant le Soleil.
L'attraction de cet astre se fait sentir bien au delà de ces distances, quelque grandes
qu'elles nous paraissent. Et cependant les nombres précédents, si nous les comparons à l'éloignement des étoiles, ne sont absolument rien.
En voulez-vous un exemple?
Gardons toujours nos mêmes proportions et cherchons à quelle distance nous devrions dans ce cas placer l'étoile la plus voisine, Alpha du Centaure, dont nous avons déjà parlé. — Devinez ?
Le calcul est assez simple puisque nous savons que la lumière met 4 ans et 128 jours pour nous venir en droite ligne de ce soleil voisin.
Si vos opérations sont bien conduites, vous trouverez que la plaine sur laquelle vous avez installé votre système solaire en miniature ne sera pas assez vaste pour vous permettre de placer Alpha du Centaure à une distance convenable.
La grandeur de l'Europe ajoutée à celle de l'Asie ne suffirait pas encore; cette distance dépasserait de beaucoup le diamètre de la Terre et il faudrait installer notre •étoile voisine à près de 33 milliers de kilomètres!
L'étoile polaire devrait être portée à une distance dix fois plus grande.
Vous touchez du doiu maintenant les