I. AVENIR DU SOLEIL
Type de tache solaire en voie de décroissance. (Dessin de l'abbé Th. Moreux.)
1293000 kilogrammes par myriamètre cube. Dans la nébuleuse primitive, telle que nous venons de la supposer, on n'en trouve plus, pour un même volume, que 5217 grammes, que l'on rendrait toutefois parfaitement visibles en y lançant un jet puissant de lumière électrique.
Cependant, même dans un milieu aussi rare, l'attraction conserve ses droits. Grâce à elle, le travail de la condensation se poursuit lentement; la température s'élève, et, quand le Soleil s'est trouvé réduit à ses dimensions actuelles, un calcul fort simple de thermodynamique montre que le total de la chaleur développée a été de 25oooooo de fois la dépense annuelle du Soleil d'aujourd'hui. Autrement dit, par le seul fait de sa condensation progressive, la masse solaire a dû gagner assez de chaleur pour alimenter sa radiation
actuelle pendant 25 millions d'années.
Cette théorie, due à Helmholtz, est universellement admise aujourd'hui. D'après elle, une contraction de 76 mètres par an dans le diamètre du Soleil suffirait à soutenir la radiation solaire actuelle. Dans ces conditions, il faudrait environ dix mille ans pour réduire le diamètre apparent du Soleil d'une seconde d'arc, de sorte que, en ce qui concerne du moins l'observation télescopique, la théorie de la contraction est parfaitement admissible, puisqu'un changement de 1/10 de seconde dans le diamètre solaire ne pourrait être reconnu.
D'après les calculs de Newcomb, le Soleil, pour maintenir sa radiation actuelle pendant encore 7000000 d'années, devrait se contracter à la moitié de sa grandeur présente. Comme cette contraction ne peut
OU ALLONS-NOUS
se poursuivre indéfiniment, et que, pour cette raison, la provision de chaleur solaire n'est pas infiniment grande, nous devons à ce point de vue regarder la durée de la vie dépendant des rayons du Soleil comme ayant eu un commencement dans un passé plus ou moins éloigné. Pour la même raison, il est certain qu'elle tend vers une fin dans un avenir relativement proche.
Cette action, d'ailleurs, est relativement lente, et depuis les temps historiques, nos observations n'ont pu déceler quoi que ce soit en faveur de la théorie.
« Depuis l'invention du thermomètre, on a recueilli, dit M. Faye, de longues séries d'observations sur une infinité de points du globe. Résultat général : depuis cent ans, les climats n'ont pas varié, et comme la température superficielle de notre globe dépend presque exclusivement de la radiation solaire, depuis cent ans celle-ci est restée la même.
» Les végétaux sont des témoins tout aussi délicats, tout aussi irrécusables de la température, etleurs indications remontent bien plus haut que celles du thermomètre. Il y a des limites que chaque espèce ne franchit pas. Ainsi la culture de l'olivier, comme arbre de rapport, est restée confinée aujourd'hui en France entre les mêmes limites qu'au temps où Jules César guerroyait dans les Gaules. En Egypte, en Palestine, la culture du dattier donne des fruits mangeables; mais un degré de moins dans la température de l'été ferait rejeter ces fruits. La vigne y donne encore du vin, mais un degré de plus ferait abandonner cette culture. Eh bien! les choses en étaient au même point du temps des Pharaons. Conclusion : aussi loin que remontent les témoignages historiques, la chaleur du soleil n'a pas varié. »
Il ne faudrait pas en conclure, néanmoins, qu'il en a toujours été ainsi. îBien
La grande tache solaire du 2 février igo5. 180200 kilomètres de diamètre.
Cette tache, la plus grande que l'homme ait contemplée depuis l'invention des lunettes,
a été découverte par l'abbé Moreux à son Observatoire de Bourges.