CL' ALLONS-SOUS
aussi bien en France et en Angleterre qu'aux États-Unis et au Canada, les résultats furent partout négatifs. On s'attendait si bien à voir quelque chose d'anormal, qu'on en conclut aussitôt que la Terre, en réalité, n'avait pas traversé la queue de la comète de Halley dans la nuit du 18 au 19 mai, ni même à une date ultérieure.
Et maintenant, pourquoi le phénomène attendu ne s'est-il pas produit? Pourquoi la queue de la comète, au lieu de rester droite et unique, se brisa-t-elle dans la nuit du 18 au 19, en sorte qu'un de ses fragments resta à l'Est dans le ciel du matin, perdant à peu près son éclat, tandis que l'autre queue — ou une portion de la première — se montra à l'Ouest dans le ciel du soir? M. Innés a proposé l'explication suivante : Nous avons vu que toute comète, sous l'influence des rayons solaires, chasse vers le Soleil des corpuscules que cet astre repousse à son tour; ce sont
OU ALLONS NOUS
ces corpuscules lumineux qui forment la queue. Ce phénomène se produit même lorsque la distance du Soleil à la comète surpasse la distance du Soleil à la Terre. Si les planètes inférieures à la nôtre n'ont pas de queues, c'est que depuis longtemps elles ont dispersé et perdu leurs corpuscules. En résumé, une comète et une planète, sous l'action rayonnante du Soleil — et
Terre est, elle aussi, bombardée de corpuscules, qui, repoussés à la fois par notre planète et par le Soleil, doivent former une faible queue à l'opposite de l'astre du jour. C'est précisément ce que nous observons dans le phénomène désigné sous le nom de Gegensheim , sorte de tache visible à l'opposé du Soleil. Cette simple théorie explique tous les faits.
Comète de Halley en i835.
d'ailleurs le Soleil lui-même — repoussent les corpuscules en question.
On conçoit donc que notre globe ne puisse traverser la queue d'une comète : il la repousse simplement; et, par conséquent, au lieu de passer à travers, il produit une rupture au moment où le passage doit avoir lieu, de sorte qu'une partie de la queue de la comète de Halley en particulier est restée à l'Est, tandis qu'une nouvelle queue s'est développée à l'Ouest dans le ciel du soir.
Nous pouvons donc conclure que la
Mais nous voilà, par la même occasion, rassures pour l'avenir. Jamais nous ne pourrons savoir ce qu'une queue de comète pourrait produire sur des êtres vivants, puisque jamais elle ne pourra atteindre la Terre.
Reste à imaginer ce qui se passerait au cas où la Terre rencontrerait, non la queue impalpable d'une comète, mais son noyau lui-même.
Et notez que le fait est loin d'être irréalisable.
Il n'y a pas bien longtemps encore,