SUR L ŒUVRE SCIENTIFIQUE DE M. L'ABBÉ MOREUX
Nous ne songerons pas à citer ici ni même à rappeler tous les comptes rendus élogieux qui saluèrent l'apparition de chacun des trois ouvrages de M . l'abbé Moreux : D'où venons -nous ? Qui sommes-nous?
Où sommes-nous? et qui accueilleront, nous en sommes assurés, avec les mêmes louanges et lemême bonheur, le quatrième de la série : Où allons-nous ? Mentionnons seulement quelques extraits :
De Romans-Revue (février 19 12) :
Le nom de M. l'abbé Moreux est bien connu dans le monde des savants et particulièrement dans celui des astronomes. De nombreux travaux ont consacré sa réputation scientifique : qu'il me suffise de citer parmi les principaux ses recherches sur le problème solaire, sur les taches du soleil et leurs conséquences météorologiques, sur la planète Mars... sans parler d'une foule d'observations journalières sur les mondes de l'espace.
L'éminent directeur de l'Observatoire de Bourges a bien voulu sortir de ce domaine exclusivement scientifique, et il a commencé d'entr'ouvrir au grand public les trésors de sa science, accumulés pendant tant d'années. Il a eu l'heureuse pensée d'iniiier les masses aux mystères de la « Grande Enigme», aux questions angoissantes que soulèvent les problèmes de l'astronomie. La plupart des hommes, en effet, même dans les milieux les plus instruits, vivent sur la terre comme des oiseaux en cage, ignorants, pendant toute la durée de leur existence, de ce qu'ils sont, des immensités où ils se trouvent jetés et des grandes lois qui régissent l'univers. « Un enfant qui sort de nos écoles
n'en sait pas plus sur le ciel que s'il eût vécu du temps de la Grèce antique. »
« Et cependant toutes les acquisitions de l'esprit humain convergent à l'heure actuelle vers l'astronomie qui relie toutes les sciences en une grandiose synthèse. »
L'œuvre de M. Moreux est donc utile et bienfaisante : le succès de ses livres montre du reste qu'ils répondent à un besoin. Je me souviens de l'enthousiasme que manifestait à leur égard un de mes amis, assez loin par tempérament et par profession des questions scientifiques; il les dévorait avec passion et ne tarissait point d'éloges. Je les ai, moi aussi, trouvés plus attachants que les meilleurs romans.
Conçus dans une forme très vivante, imagée et démonstrative, appuyés sur une documentation que l'on sent abondante et forte, écrits dans un style facile, dans une langue agréable et claire, ils constituent une lecture palpitante d'intérêt et pleine de profit. Aucune aridité dans les aperçus scientifiques : ils sont effleurés avec tant d'adresse et résolus avec une si élégante simplicité 1 Le souflîe vivifiant du Divin anime ces discussions : à chaque page, on touche du doigt la nécessité et la réalité d'un Dieu créateur, Architecte tout-puissant de cet univers dont les dimensions nous épouvantent et dont la merveilleuse harmonie nous confond.
Je n'ose qualifier une telle œuvre de vulgarisatrice : le mot me semble insuffisant pour son mérite. Ce serait la rabaisser au niveau de tant d'Astronomies populaires, vraiment par trop vulgaires et par trop indigentes : pauvres de documents, pauvres d'imagination, pauvres d'idées surnaturelles. Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament publie la magnicence de ses œuvres.
QUELQUES APPRECIATIONS
M. l'abbé Moreux a groupe ses nouvelles publications en deux collections principales... La première, la plus ancienne, a été éditée à la Bonne Presse; elle comporte actuellement trois volumes sur quatre à paraître... Ces éditions sont soignées, la première surtout; une foule de figures, de photographies, de dessins, pour la plupart originaux, illustrent le texte et en rendent la lecture plus agréable. Leur prix vraiment modique en rend la pénétration facile dans tous les milieux.
« A côté des grandes Pyramides, les Égyptiens, ces merveilleux savants de l'antiquité, ont élevé un monument presque impérissable: colossale statue que les siècles ont respectée. Le regard tourné vers le désert, de ses yeux perçants la tête interroge l'immensité. »
« C'est le Sphinx, qui déjà, avant l'aube des temps historiques, posait au ciel les trois énigmes, celles qui seules méritent d'occuper l'homme, ce roseau pensant. »
« D'où venons-nous? Où sommes-nous?
Où allons-nous ? »
D'où venons-nous ? M. l'abbé Moreux répond d'abord à la première de ces questions. Il commence par nous situer dans cet univers immense dont les dimensions sont effarantes, comparées à notre petitesse, et dans lequel notre système solaire tout entier tient si peu de place. Puis il aborde le problème de la genèse des mondes.
L'unité de la matière, admise déjà par saint Bonaventure, a été vraiment démontrée en 1908 par sir Ramsay. L'étude des nébuleuses permet de comprendre la formation de l'univers. L'auteur décrit les principales, insiste sur la forme spiraloïde de certaines d'entre elles en voie de condensation et donne les diverses théories imaginées successivement par les savants. L'hypothèse du colonel de Ligardès parait la meilleure à M. Moreux, qui la reprend à son tour pour exposer les origines de notre Soleil.
Chapitres remarquables entre tous, que je ne puis malheureusement analyser comme il convient. Avec une logique implacable, l'auteur recule progressivement les bornes du problème pour nous amener à cette conclusion nécessaire, indiscutable, d'un Dieu éternel et infini.
On lira encore cette admirable page de la naissance de la terre que la comparaison avec le spectacle actuel de Jupiter rend démonstratives. Et l'on admirera cette description fantastique et passionnante de la solidification lente d'un océan de feu.
l.cs premiers êtres apparaissent au fond des mers siluriennes : les cryptogames commencent à pousser sur les continents émergés. Et, chemin faisant, l'auteur ruine sans effort les trois principes du darwinisme et la thèse du transformisme.
L'étude de la période secondaire est tout aussi curieuse avec sa flore tropicale et sa faune gigantesque. Le diplodocus, le brontosaure, le tricératops, le ptérodactyle se disputent l'empire du monde. Progressivement, la terre prend l'aspect que nous lui connaissons, bouleversée à plusieurs reprises par les invasions glaciaires. L'homme apparaît, et c'est l'occasion pour M. Moreux de donner un résumé remarquable des opinions des géologues.
Et tout naturellement se trouve amenée l'importante question du « Problème de la Vie », la différence profonde entre l'Esprit et la matière, l'impossibilité radicale de passer de l'une à l'autre, du monde inorganique à l'animal, de l'animal à l'homme.
Qui sommes-nous? M. l'abbé Moreux reprend d'ailleurs cette notion capitale dans le second de ses volumes qui devient ainsi en quelque sorte un prolongement du premier. Il montre le fossé profond qui sépare le singe de l'homme, fossé infranchissable, puisque jamais il n'a été possible de trouver le chaînon intermédiaire. Il narre avec humour, mais avec toute la précision scientifique désirable, l'amusante histoire du pithécanthropus, d'ailleurs débaptisé et appelé maintenant plus modestement Homo javaniensis primigenius, et la bonne mystification du crâne de Calaveras.
Savez-vous, du reste, d'après la science officielle, quelle est la principale cause de l'inintelligence des singes? C'est leur mâchoire... Vous ne saisissez probablement pas bien le rapport... ? Oyez ceci. Les muscles masticateurs très développés des singes provoquent, le long de leur ligne d'attache, des crêtes osseuses puissantes. Ces crêtes se dressent sur les sutures du crâne et s'opposent à sa distension, en même temps que les muscles masticateurs euxmêmes, en se contractant, compriment énergiquement les os pariétaux. Toute extension de la cavité crânienne, tout développement du cerveau devient dès lors impossible, et c'est pourquoi l'intelligence des singes ne peut se perfectionner, et c'est pourquoi ils deviennent, en vieillissant, bêtes et méchants.
Vous avez compris, n'est-ce pas ? Et quand je vous aurai dit que ces pauvretés se trouvent
ioô
OU ALLONS-NOUS
Sous la signature d'un membre de l'Académie des sciences, vous aurez surtout compris combien M. l'abbé Moreux a raison d'écrire ses ouvrages.
Mais revenons à notre étude. On trouve des vestiges nombreux de l'homme dans le Quaternaire. Et c'est une occasion pour l'auteur de décrire la vie de nos ancêtres, d'abord errants, puis vivant dans les cavernes, se fabriquant des outils de plus en plus perfectionnés, dessinant sur les parois des grottes d'intéressantes reproductions d'animaux, ensevelissant leurs morts suivant les rites funéraires religieux. Il y a loin de cet homme, si primitif qu'il fût, aux singes les plus perfectionnés. L'homme a toujours été dans son essence tel que nous le connaissons : venu de Dieu, il retourne à Dieu.
Où sommes-nous?1 Dans ce troisième volume, M. Moreux étudie la géographie du ciel. Il montre la terre se balançant dans l'espace, cherchant sans cesse son équilibre et subissant des oscillations au moindre souffle. Il fait une étude fort intéressante, parce que peu connue, des treize mouvements principaux qu'elle présente.
Puis il aborde la description de la « famille solaire ». Une série de tableaux pittoresques, d'une imagination féconde et d'un réalisme troublant, nous montre l'état actuel des différentes planètes qui nous entourent et nous indique les conditions de vie à leur surface. Les méthodes photographiques viennent ensuite à notre aide pour explorer les espaces stellaires et jauger le ciel. Les distances y sont effrayantes, puisque le rayon lumineux qui part de l'étoile polaire mettrait quarante-six ans à nous parvenir.
Le spectroscope nous permet d'ailleurs de pousser plus loin l'analyse et de présumer l'âge des étoiles. Et, de déduction en déduction, M. Moreux en arrive à nous donner des aperçus fort originaux sur l'unité de la matière, d'où dériveraienttous les corps existants, même les plus simples en apparence.
Ce volume se termine par une étude d'ensemble sur la Voie lactée et sur la structure de l'Univers. Un quatrième fascicule doit répondre, ainsi que je l'ai dit, à cette dernière question : « Où allons-nous?... »
De la Revue bibliographique belge, J. Van den Gheyn, S. J., au sujet de : D'où venons~ nous ? :
On a répété à satiété que la science a fait justice des antiques croyances sur l'origine et les destinées de l'homme. Des âmes simples
ont été dupes de ces affirmations et d'autres ont cherché, dans cette assertion, l'apaisement de la conscience pour la foi perdue par d'autres causes. Eh bien! voici un livre de science, de pure, de profonde et sincère science, écrit par un homme dont personne ne récuse la haute autorité et la spéciale compétence, et ce livre démontre qu'aucune donnée scientifique ne contredit les enseignements de la foi. Aussi, la portée apologétique du li vrede M. l'abbé Moreux est-elle immense. Légitime fierté pour le savant catholique, qui peut hautement revendiquer la vérité de la croyance; pour tous, paix de l'esprit par cette péremptoire démonstration que les travaux des savants ne portent aucune atteinte au dogme. Telles sont les salutaires impressions qui se dégagent de l'œuvre de M. l'abbé Moreux. Bref, ce livre prendra place dans la bibliothèque de tout homme cultivé. Si quelquesunes des considérations très savantes et très spéciales de l'éminent astronome dépassent un peu les connaissances générales, tous en emporteront la conviction que la science tapageuse qui prétend saper nos croyances a depuis longtemps, quoi qu'on en dise, fait une retentissante faillite.
De la Galette de France :
... L'auteur excelle à rendre accessible au grand public la plus attrayante, mais en même temps la plus difficile des connaissances humaines. Il faut louer le savant prêtre d'abaisser sa haute science au niveau des intelligences de la foule. Grâce à lui, le grand nombre peut se familiariser avec les fascinants problèmes du radieux cosmos. L'abbé Moreux oblige l'homme contemporain à relever la tête vers le ciel :
... Coelumque tueri » Jussit erectos ad sidéra tollere pultus.
C'est bien, en effet, vers les astres, plus haut que les fragiles véhicules de l'aviation, que l'astronomie contraint l'humanité à porter ses regards. Et comme l'on comprend bien ce titre : Où sommes-nous ? lorsque, en parcourant ces pages rapides, on apprend que notre terre appartient à la famille solaire; qu'elle est elle-même un fragment de l'immense pléiade des mondes en mouvement, évoluant en une portion d'espace que nous ne saurions mesurer, mais dont nous savons qu'il est clos par la giration de cette spire sans bornes dont la Voie lactée semble le cercle enveloppant. Chose étrange l cette question du mouvement spiraliforme semble hanter de plus en plus les bons esprits
QUELQUES APPRÉCIATIONS
et l'on a, à lire M. l'abbé Morcux, comme une vague prévision que l'esprit humain frôle les limites d'une découverte cosmogonique, dont les systèmes de Copernic, de képlcr et de Newton n'auront été que des jalons...
Du Bulletin des Œuvres et Missions bénédictines au Brésil et au Congo :
D'où venons-nous? Qui sommes-nous ? Les troublantes questions ! Toute brochure qui promet d'y répondre a par avance notre sympathie et nos attentions. Mais, hélas! dès les premières pages, la désillusion attend d'ordinaire le commun des mortels. Ou bien la réponse est banale et frelatée, ou bien défense est faite aux profanes d'aller plus avant sur les chemins réservés .
Ici, au contraire, la science reprend des dehors
condescendants, elle se fait aimable, elle ne rebute personne. Histoire des mondes et de notre planète, apparition de la vie, descendance de l'homme, prétendus conflits entre science et religion, etc., etc., autant de cénacles dont ces pages nous livrent l'accès. On y pénètre sans le moindre effort, on en revient l'âme indignée contre certains intellectuels qui, exploitant notre bonne foi, avaient osé nous en dire tout ce qui leur plaisait...
L'illustration est nombreuse, soignée. Comment l'auteur, a-t-il pu concilier une telle puissance évocatrice, un tour si alerte, un courant si continu d'animation et de vie, avec tant de données positives qui n'y perdent rien de leur précision ? C'est son secret à lui. Félicitons-le d'avoir mis ce secret au service d'une si belle mission.
TABLE DES MATIÈRES
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