‹ D'un pays lointainChapitre 7 sur 40 · LA INIETAMORPHOSE DE DIANE · texte numérisé non relu

LA INIETAMORPHOSE DE DIANE

Quand il vit la lune pâlir et trembler dans le ciel pur, voile égarée sur le bleu des mers, Héliodore eut peur d'un tel présage et, se dressant, les bras levés, il prononça des mots conjuratoires.

En vain. Les dieux fuyaient, oreilles sourdes ; et, de leurs lèvres si éloquentes et si riches en sagesse, il ne tombait plus dans le sanctuaire que des oracles brisés par d'invisibles et nouvelles foudres.

Héliodore reprit sa place sur le banc de pierres, au seuil du temple. Le vent du soir était triste comme un adieu ; on n'entendait d'autres bruits que le sanglot des roseaux ;

il pleura comme les roseaux, tout uni d'amour au deuil des choses et des dieux.

Il pleura longtemps, puis il s'endormit, à ce seuil, toujours gardien et toujours prêtre: des cris le réveillèrent et des lueurs de torches. Des gens s'avançaient, petits, demi-nus, ceints de cuirs mal grattés, avec de longs cheveux huilés, aux mains des épieus et des branche-s de pin qui tlambaient et fumaient dans la nuit. Le chef laissa tomber son épieu sur la tête d'Héliodore, et le prêtre, lié de courroies, fut jeté parmi les sanglots des roseaux ; ensuite, on pilla avec soin le sanctuaire de Diane aux genoux blancs.

Ces barbares avaient un pouvoir destructeurs vraiment divin ; ce que les liommes avaient mis des siècles à construire, ils le démolirent en quelques heures de nuit, et, tous les ors enlevés et chargés sur des chariots, ils s'excitèrent par dérision à traîner hors du temple l'Artémis inviolée dont le marbre, par sa candeur surhumaine, étonnait la piété des pèlerins. Ils voulurent encore, sans doute pour iiire «*4j:i'c4i>ies à leur dieu psu-î^iculiep,

Page 1