‹ D'un phénomène stéthoscopique propre à certaines formes d'hypertrophie simple du cœurChapitre 6 sur 7 · litres et demi d’urine. Albumine 6gr. 59 par litre · texte numérisé non relu

litres et demi d’urine. Albumine 6gr. 59 par litre

20. L’urine est beaucoup moins sanglante, la diurèse toujours tort abondante (3 litres). Le scrotum est considérablement désenllé.

21. L’urine ne renferme plus que 1 gr. 60 d’albumine par litre.

23. L’état général est bon, les urines, encore foncées, ne renferment plus de sang et ne contiennent presque plus d’albumine. Le bruit de galop a disparu. La respiration est libre, sans râles. 11 ne reste au malade qu’une grande faiblesse.

Le malade part pour Yincennes le 28 juin, il ne reste plus dans les urines que des traces insignifiantes d’albumine.

Übs. XXVI. — Néphrite subaigub à marche lente. Albuminurie légère.

Convalescence très-longue; Etat chlorotique, par M. Rendu.

Léontine P..., âgée de 23 ans, infirmière, entre, le 8 juin 1874, dans le service de M. Potain. Pas de maladie antérieure. Depuis deux ans, troubles de la menstruation et fonctions digestives languissantes.

L’affection actuelle a débuté il y a trois semaines, sous forme d’un embarras gastrique; malgré un ipéca et deux purgatifs, la malade continue à éprouver de la fatigue, de la courbature, des maux de reins et de la céphalalgie. Elle a, depuis le début des-

accidents, de l’œdème des jambes et de la face, éprouve quelques étourdissements et quelques troubles de la vue.

Le cœur (15 4/2 cent im. de longueur) ne présente pas une impulsion très-intense; on entend un bruit de galop assez régulier; pas de souffle.

Pas de dyspnée marquée, rien aux poumons.

L’urine est fortement albumineuse. Souffle jugulaire taible et

sibilant. , , , .

Du 40 au 45 juin, la malade a, tous les jours, des épistaxis, assez

intenses le 12, pour nécessiter le tamponnement antérieur, et accompagnées d’une métrorrhagie légère. Le souffle jugulaire s accentue, et on voit apparaître à la base du cœur un souffle systolique très-léger. 1-4' l'f

A la fin de juin, la céphalalgie diminue, 1 œdeme a complètement disparu. L’urine (1800 gr.) ne renferme plus, le 25, que 1 gr. 45 d’albumine par litre.

"fie 29 juin, un refroidissement amène une légère recrudescence des douleurs de reins et de tête et un peu de fièvre. Il v a une notable quantité d’albumine dans l’urine; mais l'amélioration se fait rapidement; à partir du 6 juillet, on ne trouve plus aucune trace d’albumine. Les troubles anémiques persistent; mais, peu à peu, les fonctions digestives reprennent leur activité et la malade quitte le service, le 22 août, en assez bon état.

Obs. XXVI). — Anasarque scarlatineuse. Endocardite. Albuminurie légère. Redoublement du premier bruit du coeur. Guérison, par M. Landouzv.

L. (Gabriel), âgé de 8 ans, entre, le 29septembre 187-4, dans le service de M. Labric, aux Enfants-Malades. Il a eu, au commencement de septembre, une scarlatine légère, ne s’est pas alité, mais a été pris, douze jours avant son entrée à l’hôpital, de malaises généraux, deux ou trois jours plus tard de bouffissure. A l'entrée, on trouve une anasarque généralisée, température élevée (40), un peu d'œdème pulmonaire et un souffle d’endocardite au premier temps et à la base. L’urine rare ne contient ni albumine ni éléments figurés.

L’amélioration se fait rapidement; les bruits du cœur deviennent réguliers, et toute trace de souffle disparaît.

15 octobre. L’anasarque a complètement disparu, et l’enfant semble en pleine convalescence; pendant toute cette période, on ne trouve aucune trace d’albumine dans l’urine.

Le 28. L’enfant éprouve du malaise, de la céphalalgie, ne veut nas manger, etc.; le lendemain la langue est sale, le ventre tendu. L’urine de vingt-quatre heures est tombée de 800 ou 900 gr. a 850 grammes et donne, à la chaleur, un léger nuage albumineux. Le soir on entend un dédoublement du premier bruit du cœur.

Le 30. L’enfant se dit mieux, l’œdème n’a pas reparu. Urine 250 gr., pas d'albumine. Bruit de galop.

Le 31. Bruit de galop des plus nets, nuage albumineux mani>. teste dans 1 urine; on prescrit à Tentant 15 gouttes de teint, de digitale dans une potion; le soir prolongement du premier bruit à la base, dédoublement à la pointe.

1^ novembre. Le bruit de galop a son maximum d’intensité entre la base et la pointe. La pointe bat fortement sur le bord supérieur de la cinquième cote. Urine 550 gr., pâle; très-léger nuage d’albumine. L’état général reste assez bon. Le 2. 300 gr. d’urine sans albumine, bruit de galop. Le 3. Même rhythme cardiaque, 450 gr. d’urine donnent un très-léger nuage à la chaleur. Le 4, on n’entend plus le bruit de galop; urine 600 gr. sans albumine; aucun de ces deux signes ne reparaît, et l’enfant sort complètement guéri le 3 décembre.

Obs. XXVIII. — Néphrite scarlatineuse subaiguë. Rechutes. Guérison, par M. le D1' Mahomed (Med. chir. Transactions, 1874, p. 209.)

G. A., employé, entre au Loudon, fever Hôpital, ie 25 janvier 1874, au second jour d’une scarlatine avec éruption profuse qu arriva rapidement à la période de convalescence sans autre complication qu’une constipation opiniâtre, combattue par remploi répété de purgatifs. Le vingtième 'jour de sa maladie on trouve, dans l’urine, un peu d’albumine et la réaction bleue de l’hémoglobine (traitée par le gaïac). Le jour suivant la constipation continue, mêmes réactions de l’urine. Le tracé sphygmographique montre une élévation considérable de la tension artérielle. Le malade n'a, du reste, aucun des symptômes généraux de l’albuminurie : ni céphalalgie ni douleurs lombaires. Le jour suivant (après l’emploi d’un purgatif énergique), on ne trouve que des traces d’albumine, la réaction bleue est plus distincte, mêmes caractères du pouls. La réaction bleue persiste les jours suivants (neuf jours en tout); l’albumine ne s’est montrée que pendant (rois jours et une fois seulement en quantité un peu considérable. Le tracé sphygmographique pris tous ies jours indique une diminution graduelle de tension et revient à la forme normale.

On observait, dans ce cas, les signes ordinaires de l’élévation de tension artérielle indiqués [ ai* M. Sibson : choc du cœur violent et soutenu, le premier bruit sourd et prolongé, redoublé près de la pointe, mais éloigné et indistinct à la base; second bruit fort et vibrant. Très-léger œdème des jambes et œdème de la conjonctive, l’appétit resta bon.

L’albumine reparut à différentes reprises, parfois précédée d’un frisson, à la suite d’imprudences, pendant un certain temps, chaque fois qu’il se levait; l’apparition de l’albumine coïncidait toujours avec une diminution de l’urée. Il sortit en mars, mais rentra au bout de quelques jours, l’albumine ayant encore reparu et ne sortit définitivement guéri que cinq mois après son entrée à l’hôpital.

Obs. XXIX. — Maladie de Bright aiguë. Bruit de galop, note de M. le Dr Sibson Mémoire cité, The Lancet, 1874, p. 438.)

Un malade est admis à Saint Mary’s Hospital en août 1870, trois semaines après le début d’une maladie de Bright aiguë (frisson, dyspnée, douleur lombaire, anasarque aiguë). Un mois après, lorsque je vis le malade pour la première fois, le pouls était plein, la pointe battait dans le cinquième espace en dedans du mamelon.' Le second bruit cardiaque était fort et vibrant, suivi, à droite de la partie supérieure du sternum, d’une pulsation aortique sensible à la main; le premier bruit faible et redoublé. L’urine pâle contenait quelques globules rouges.

Une semaine après, le dédoublement du premier bruit était encore bien marqué, mais on ne le percevait que dans un espace très-limité au voisinage du mamelon. Le malade quitta l’hôpital, | ■guéri, trois semaines plus tard.

Obs. XXX. — Hypertrophie du cœur. Affection cardiaque, sans lésions d’orifices, probablement consécutive à une affection rénale. Albuminurie. Mort dans le marasme, par M. Rendu.

Eugène M., menuisier, entre, le 2 juillet 1874, dans le service . de M. Potain; il semble atteint d’une affection cardiaque avancée et a l’aspect amaigri d’un tuberculeux. Il tousse peu et n’a pas une dyspnée excessive quand il est assis et tranquille, mais le décubitus dorsal est impossible. Les jambes sont excessivement œdématiées et éléphantiasiques, le scrotum, les parois abdominales distendues, un peu d’ascite, œdème du dos des mains, le reste du corps d’une maigreur excessive. Le cœur est volumineux, la pointe bat dans le septième espace, impulsion faible à l’auscultation; battements réguliers assez précipités, sans soufïle ni bruit anormal. Pas de signes locaux de tuberculose pulmonaire. L’étiologie de l’affëction est obscure. On ne trouve aucun antécédent morbide, si ce n’est une polyurie ou une soif continuelle, remontant à plusieurs années. L’urine, actuellement rare, est légèrement albumineuse et contient un peu de sucre. Le lendemain, à la visite, on constate un bruit de galop très-prononcé.

Le cœur présenta, jusqu’à la lin, les mêmes caractères, battant lentement et régulièrement sans souffle.

Il alla en s’affaiblissant, vomissant tout ce qu’il prenait, et mourut le 12 août, sans complications pulmonaire ou cardiaque. L’autopsie n’a pas pu être faite.

Obs. XXXI. — Hypertrophie du cœur. Insuffisance mitrale, léger degré d’insuffisance aortique. Bruit de galop et albuminurie. Affection rénale probable, par M. le Dr Rendu.

Antoine G., âgé de 48 ans, jardinier, entré, le 28 mai 1874, dans le service de M. Potain, n° 14, salle Saint-Lois. Homme robuste 1 n’a jamais eu de rhumatismes; depuis quatre ans, quelques palpitations sans oppression ni toux.

Depuis le mois d’octobre dernier, il a commencé à tousser et à se sentir oppressé; il lui est survenu, à cette époque, des accès de suffocation, surtout la nuit, et un peu d’œdème des malléoles. Eu février les accidents augmentent, il fait un premier séjour de trois semaines à l’hôpital; il n’a pas pu dès lors reprendre son travail, l'œdème des jambes, la dyspnée et l’insomnie ont été en croissant de jour en jour.

On constate, à l'entrée, de l’emphysème avec œdème et congestion pulmonaire aux deux bases.

Le cœur est gros, la pointe bat en bas et en dehors, l’impulsion cardiaque est forte, sans frémissement cataire. La mensuration donne 18 centim. de longueur sur I4centim.de largeur. Ou entend un bruit de galop et, à la pointe, un souille systolique assez fort se propageant vers l'épigastre, pas de signes d’insuffisance tricuspidienne.

L’urine contient de l’albumine en grande quantité, ainsi que le bruit de galop le faisait prévoir.

Diagnostic: Insuffisance mitrale et dilatation cardiaque consécutives a une affection rénale. Asystolie et congestion pulmonaire. (Digitale.)

Le bruit de galop disparut après les premiers jours; le 4 juin, on constata, à la base, un souffle très -faible d’insuffisance aortique.

Le 8 juin, point de côté, puis développement graduel malgré les diurétiques et les drastiques d’un épanchement pleural double plus fort à droite, dyspnée croissante. Le malade succombe le 22 juillet. L’autopsie n’a pas été faite.

Obs. XXXÎI. — Néphrite interstitielle avec hypertrophie du cœur et bruit de galop. Poussée aiguë de néphrite. Phénomènes d’urémie lente, par M. le Dr Rendu.

Marie B. ... Agée de 45 ans, entre dans le service de M. Gubler, le 14 avril 1875. Depuis six mois elle présente des symptômes de polyurie, elle a eu au début un peu d’œdème au bas des jambes. Il y deux mois, sans cause connue, frisson violent, état fébrile pendant deux jours, anasarque aiguë généralisée disparaissant en trois semaines. Nouveau frisson il y a quinze jours avec vomissements, dyspnée, céphalalgie. A son entrée, la dyspnée et la céphalalgie persistent. Les membres inférieurs sont œdématiés jusqu’à la racine des cuisses.

Le cœur est volumineux, l’impulsion forte, sans frémissements; à l’oreille bruit de galop très-intense surtout prononcé à la pointe, sans souille. Congestion pulmonaire. Urine pâle, abondante (1,600 à 1,800 grammes par jour), contenant des flots d’albumine et un peu de bleu. Quelques jours après l’entrée, la diurèse devient moins abondante et on observe des symptômes urémiques, céphalées, vomissements puis plus tard diarrhée persistante avec amélioration de l’état général. L’urine est toujours riche en albu-

mine, et le bruit de galop continue à être entendu lorsque la malade quitta l’hôpital au milieu de mai.

Obs. XXXIII. — Néphrite subaiguë. OEdème d’abord limité aux membres

supérieurs puis disparaissant complètement. Phénomènes d’urémie

lente. Passage à l’état chronique, par M. le Dr Rendu.

Jean-Baptiste R..., âgé de 43 ans, charretier, entre le 24 mars 1875 dans le service de M. Gubler, présentant l'aspect général d’un cardiaque, teint légèrement subictérique, injection veineuse des joues, œdème des jambes sans anasarque ni ascite, etc. Depuis un mois il urine beaucoup, est obligé de se relever la nuit, depuis une quinzaine il est oppressé, courbaturé; il a eu il y a huit jours de l’œdème de la face. L’urine trouble contient des urates en grande quantité et des Ilots d’albumine. Le cœur est notablement hypertrophié ; le 29 mars on entend manifestement à la pointe un bruit de galop qui va en diminuant pendant les premiers jours d’avril, en même temps que la quantité d’albumine qui n’existe plus le 12 avril qu’à l’état de traces.

Le 26 avril, survient une poussée aiguë avec frisson, malaise, etc., burine est de nouveau fortement albumineuse, l’amélioration se fait rapidement, mais le 3 mai surviennent tle nouveau vomissements avec céphalalgie, regardés comme urémiques.

Le malade sort le 18 mai, en meilleur état, mais les urines contiennent encore beaucoup d’albumine ; la maladie a pris les allures de la malade de Bright, chronique.

Obs. XXXIV. — Albuminurie. Hypertrophie du cœur. Bruit de galop,

par M. le Dr Cuffer.

La nommée F..., âgée de 41 ans, entre dans le service de M. Potain le 3 septembre 1873. Elle souffre depuis deux ans de palpitations avec accès d'oppression, vertiges, œdème des jambes, etc., depuis deux mois diarrhée persistante. La malade est alitée depuis six semaines et souffre beaucoup plus depuis huit jours. Face pâle, aspect cachectique, œdème des membres inférieurs, pas d’as^te. Pas de signes d’altérations pulr. onaires. Le cœur est volumineux (18 et 13 centimètres), la partie découverte a 8 centimètres de diamètre. Pouls régulier, petit, 104 pulsations. Bruits du cœur énergiques, le second exagéré; à la pointe on entend le bruit de galop. Pas de souffle. L'urine contient un peu d’albumine.

Son état va en s’aggravant; à la lin de septembre, l’oppression est très pénible, mais on ne trouve pas de.lésions pulmonaires. La face est cyanosée. L’urine rare contient toujours de l'albumine. M. Potain pense qu’il s’agit d’accidents urémiques à forme dyspnéique. La malade meurt le 2 octobre avec des phénomènes d’asystolie.

Opposition à l’autopsie.

Obs. XXXV. — Bruit de galop, par M. Rendu.

Zélie G..., âgée de 16 ans, née à Boursay (Loir-et-Cher), issue de parents se portant fort bien, a été constamment bien portante jusqu’à l’âge de 15 ans. 11 n’y a pas de maladies de cœur dans sa famille.

Depuis un an elle est souvent fatiguée, sans cœur à l’ouvrage, se plaint de courbatures. Dans le village on la considère comme paresseuse.

Ele a présenté il y a six mois quelques phénomènes dyspnéiques. Dès lors ces malaises ont été de plus en plus accusés, céphalées fréquentes accompagnées parfois de vomissements et regardés comme des migraines par la malade et par le médecin.

Il y a deux mois, attaque subite de dyspnée qui prend en quelques jours une gravité excessive. Un médecin du pays constate de la submatité aux deux bases et considère le fait comme une pneumonie double (vésicatoires).

Quelques jours plus tard, crachats sanglants d’apoplexie pulmonaire ou, tout au moins, forte congestion du poumon.

A partir de ce moment, la malade soullre très-souvent d’unedispnée revenant par accès moins forts cependant que le premier. Palpitations cardiaques continuelles; léger œdème des jambes.

Le médecin d’un chef-lieu de canton voisin est appelé et considère l’affection comme cardiaque, à cause d’un rhythme anormal qu’il perçoit et qu’il compare à une mesure à trois temps, toutefois il ne trouve pas de souffle.

A mon passage dans ie Perche, ces jours derniers (juin 1875), il me fait prier de venir voir la malade. Je trouve un bruit de galop des plus nets, un cœur gros, sans lésions d’orifice, une anasarque modérée, quelques troubles de la vision survenus depuis quelques jours et des flots d’albumiue dans l’urine. L’alTection était certainement rénale, et les accidents observés devaient être rapportés à l’urémie lente.

j’ai suivi la malade pendant douze jours; les phénomènes d’auscultation cardiaque sont restés identiques, le bru(t de galop est toujours prononcé. Urines rares, 300 à 400 grammes au plus par 24 heures ; accès de céphalée intense, vomissements quotidiens, jne seule fois diarrhée accompagnée de soulagement passager.

L’enfant a ôté soumise au régime lacté, au vin diurétique et au ;annin, mais jusqu’ici sans succès. Le pouls faiblissait notablement lans les derniers jours où j’ai pu l’observer.

)bs. XXXVI. — Hypertrophie du cœur sans lésions d'orifices. Bruit de

galop. Albuminurie. Troubles cérébraux. Mort, par M. Rendu.

Agathe T. . ., âgée de 63 ans, entre le 19 mai 1875 dans le serice de M. Guble'r, présentant les signes d’une affection cardiaque rrivéeâ la période d’asystolie; polyurie datant de plusieurs années, uelques palpitations et accidents dyspnéiques.

Le cœur est volumineux, bat dans le sixième espace intercostal. L’auscultation fait entendre un bruit de galop ; on ne trouve pas de souffle. Emphysème pulmonaire et congestion aux deux bases, sans épanchement. Dyspnée extrême, cyanose, accès de suffocation très-fréquents, foie gros et douloureux, battements hépatiques peu prononcés. Urines rares, épaisses, chargées de sels, contenant une notable quantité d’albumine.

La cyanose persiste et s’accentue, les mouvementsdu cœur sont irréguliers, mais sans bruit anormal. La malade tombe au boutde quelques jours dans un délire tranquille et presque continuel ; elle répond parfois correctement aux questions qui lui sont posées, puis prononce tout d’un coup des paroles incohérentes. Les idées de persécutions prédominent. Le délire persiste jusqu’à la fin de la vie; on entend toujours le bruit de galop, le cœur est évidement énormément dilaté.

Mort le 30 mai. Opposition à l’autopsie

Obs. XXXVII. — Néphrite interstitielle. Hypertrophie du cœur. Bruit de galop. Néphrite aiguë intercurrente. Hvdropisies et anasarque. Guérison par le régime lacté : rechute par suite d’écarts de régime, par M. Rendu.

Jean P..., âgé de 39 ans, journalier entre dans le service de M. Potain le 26 septembre 1874. Polyurie ancienne (5 ou 6 ans), sans troubles fonctionnels appréciables.

Il y a un mois réfroidissement coryza et bronchite puis, peu après céphalalgie intense et, au bout de quinze jours, anasarque devenant considérable en 4 ou 3 jours. A l’entrée, l’anasarque est excessive, les téguments pâles, pas de fièvre, peu d’ascite; léger épanchement dans les deux plèvres et œdème pulmonaiie. Peu de troubles digestifs, pas de vomissements, constq ation habituelle. Cœurmanilestement hypertrophié sans bruitde souffle, bruit de galop trèsnet à la pointe. Urines légèrement brunâtres, comme sanguinolentes, ammoniacales et fétites au moment même de l’émission (pas de cystite), contenant 12 à 15 grammes d’albumine par litre. Au microscope on y voit des globules de pus, quelques globules rouges, et de très-rares cylindres hyalins (Régime lacté, ventouses, etc.) Les jours suivants, l’urine reste fétide et abondante (2 1|2 à 3 litres), mais contient beaucoup moins d’albumine (2 gr. 5 le 5 octobre).

L’anasarque va en diminuant et a totalement disparu le 26 octobre. Le malade se lève, son pouls est régulier à 84, le bruit de galop est devenu à peine perceptible. Il y a moins de pus dans l’urine, toujours un peu d’albumine (4 gr. par litre).

Au milieu de novembre, la quantité d’urine est revenue au taux normal ( 1 ,500 gr.) contenant 2 gr. 30 d’albumine. Le cœur paraît peu volumineux (14 et 12 centig.). Les oscillations des veines jugulaires sontencore très-prononcées, maissans pouls veineux vrai. — Le 19 novembre, frisson, céphalalgie, lièvre, urine, 1 litre à peine, brunâtre; un peu d’amélioration les jours suivants ; sort sur

sa demande Je 25 novembre. On apprend que, depuis une quinzaine, il commettait en cacîiette des écarts de régime qui expliquent le retour des accciilents.

Obs, XXXVIII. — Hypertrophie de la prostate. Rétention d’urine. Hypertrophie du cœur. Bruit de galop.

J’ai eu occasion d’entendre le bruit de galop sur un malade de 08 ans, entré dans le service de M. le Dr Guyon au mois de janvier 1875, pour y être traité d’une rétention d’urine due à une hypertrophie de la prostate. Depuis deux mois environ, il urinait par regorgement sans vider sa vessie. L’observation, prise lors de son entrée, note l’existence de battements de cœur dont le malade souffrait de temps en temps depuis longtemps.

Lorsque je le vis, avec mon collègue M. Kirmison, burine contenait beaucoup de pus et était habituellement alcaline; la température s’élevait tous les soirs aux environs de 38°.

Les artères étaient très-athéromateuses; l'hypertrophie du cœur manifeste; le pouls battait en dehors du mamelon, dans le cinquième espace ; la matité précordiale mesurait 17-13 centimètres, la pailie découverte du cœur était de 6 à 7 centimètres.

Les bruits énergiques, clairs, sans bruit de souffle, étaient accompagnés d’un bruit anormal présystolique sourd, mais très-net, le rhythme du galop était des plus marqués.

Obs. XXXIX. — Contusion rénale ancienne. Gravelle et polyurie. Coliques néphrétiques. Symptômes de pyélo-néphrite chronique. Amélioration, par M. Rendu.

Etienne B..., âgé de 57 ans, entre dans le service de M. Gubler, le 3 lévrier 1875. 11 n’a jamais eu de maladies, sauf une pneumonie datant de vingt ans; il a reçu autrefois une contusion grave delà région lombaire droite ; ce côté serait, d’après lui, resté plus faible que l’autre. Depuis vingt ans, signes de polyurie; il y a huit mois, il commença à souffrir habituellement du côté droit et eut des coliques sourdes suivies de l’expulsion d’urine trouble, même parfois de petits graviers. En août ou septembre, l urine devint, pour la première fois, trouble pendant quelques jours. En novembie, à la suite d’un accès beaucoup plus violent, il commença à rendre du pus en abondance. Dès lors, il a été en s’affaiblissant, souffre continuellement dans l’hypochondre droit et urine du pus à certains moments,

Il arrive à l’hôpital très-amaigri et débilité, sans autres troubles fonctionnels; il est obligé de se relever sept ou huit fois par nuit pour uriner. On ne trouve pas de signes de phlegmon périnéphrétique. Au cœur, on entend un léger bruit de galop, plus marqué pendant l’expiration qu’à l’inspiration. Pas d’hypertrophie sensible du cœur.

(Térébenthine, acide benzoïque.) L’état du malade s’améliore progressivement, et lorsqu’il quitte l’hôpital, le 5 mars 1875, ses urines contiennent beaucoup moins de pus.

Obs. XL (personnelle). — Hyrertrophie du cœur sans lésions d’orifices.

Bruit d*e galop. Albuminurie.

Marie K..., âgée de 67 ans, hollandaise, entre dans le service de M.Potain, le 46 juin 1875.

Depuis plusieurs années la malade dort mal et a des signesde polyurie, se relève deux ou trois fois par nuit pour uriner. Il y a deux ans, elle a eu de l’œdème des jambes qui a persisté deux mois sans troubles fonctionnels marqués; depuis lors, elle souffre d’accès d’oppression revenant irrégulièrement, sans toux ; depuis trois mois, l’oppression est habituelle; elle a de fréquents maux de tête, ne mange plus et s’affaiblit. Pas de vomissements ni de troubles oculaires.

La malade est pâle, maigre, présente un arc sénile très-marqué. Le cœur est très-volumineux (49-13 centimètres); la pointe bal dans le sixième espace; la partie découverte du cœur est de 11 centimètres. Battementsréguliers, bruits un peu sourds, sans souffle, bruit de galop. Battement des jugulaires précédant le battement carotidien. Foie volumineux présentant des battements obscurs, Œdème modéré des membres inférieurs. L’urine donne un léger nuage d’albumine. (Digitale.)

Les jours suivants, la malade urine de 600 à 800 grammes par vingt-quatre heures.

21 juin. Le bruit de galop a disparu, l’urine ne contient plus que des traces d’albumine, l’oppression et l'œdème diminuent, le sommeil revient.

Le 28. On ne trouve plus trace d’albumine.

Le 30. Dicrotisme cardiaque accentué, dilatation considérable du cœur ; souffle systolique, d’insuffisance relative. (Suppression de la digitale.) Le soufffe disparaît le 2 juillet.

3 juillet. La malade n’est plus oppressée, mais se plaint encore d’une céphalalgie continuelle, pas de bruit de galop ni d’albuminurie.

Le 16. La malade est oppressée de nouveau depuis deux jours et n'a pas dormi; le bruit de galop est entendu de nouveau très- 1 faiblement; l’urine donne un léger nuage d’albumine. On recommence l’emploi de la digitale.

Obs. XLI. — Alcoolisme. Atliérome généralisé. Hypertrophie du cœur. !

Dyspepsie et gastralgies. î;as de bruit de galop. Pas d’albuminurie.

Jean G.,. 58 ans, tourneur en cuivre, entre le 10 juin 1875 dans' le service de M. Potain.

Habituellement bien portant, le malade avoue des habitudes alcooliques anciennes, et présente l’aspect général et les signes habituels de l’alcoolisme chronique : tremblement, insomnie, dyspepsie habituelle, pituite, etc. Depuis quelques semaines il éprouve, de plus, des douleurs sourdes à l’épigastre et des coliques sourdes sans diarrhée, avec perte complète de l’appétit.

En l’examinant, on constate une dégénérescence athéromateuse

très-marquée et généralisée; les artères radiales, llexueuses, roulent sous le doigt comme des cordonsrésistants.

Le cœur est volumineux, la pointe bat dans le cinquième espace, en dehors du mamelon, le elioc est brusque et fort. La percussion donne, comme dimension, 16-13 centimètres. Les bruits sont nets, bien frappés, ont une résonnance métallique, on n’entend ni soeftle ni bruit anormal.

Le tracé du cœur et du pouls (tig. IV] n’indique que les modifications habituelles du pouls dans l’athérome. On cherche également à obtenir le tracé de la jugulaire assez distendue, mais ne présentant pas de battements. O11 n’obtient, comme le montre la ligure II, qu’un tracé absolument analogue à celui du pouls et qui représente, en effet, le soulèvement passif dû au battement carotidien.

L’urine, examinée immédiatement après l’émission, donne, par la chaleur, un nuage assez opaque, qu’une goutte d’acide acétique fait disparaître instantanément, il s’agit donc de phosphates; du reste, aucun des réactifs habituels (acide picrique, acide azotique) ne décèle la moindre trace d’albumine.

Un ou deux purgatifs salins, quelques bains sulfureux, le repos et l’absence des excitants alcooliques, suffisent pour rétablir rapidement le malade, qui sort guéri le 26 juin.

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