‹ D'un phénomène stéthoscopique propre à certaines formes d'hypertrophie simple du cœurChapitre 5 sur 7 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Nous donnons ici, autant que possible dans l’ordre de classification adopté dans le dernier chapitre, les ob servations qui n’ont pas trouvé place dans notre texte. Sauf pour les premières, auxquelles l’autopsie donne une valeur particulière, nous nous bornerons à résumer les faits qui ont trait directement à notre sujet, signalant simplement l’existence du bruit de galop, lorsque celui-ci n’offrira pas de modifications spéciales. Nous placerons en dernier lieu l’observation comparative d’hypertrophie simple du cœur sans bruit de galop et sans albuminurie, d’où nous avons tiré les tracés II et IV.

Ohs. XII (Rendu et Exchaquet). — Néphrite interstitielle chronique.

Hypertrophie du cœur sans lésions d’orifices. Bruit de galop. Mort.

Autopsie.

Jean B...., âgé de 70 ans, tailleur, entré le 15 novembre 4874 dans le service de M. Potain, salle Saint-Louis n° 23. C’est un homme vigoureux, habituellement bien portant, il a eu en 1850 des douleurs rhumatismales ; jamais de rhumatisme aigu, pas d’antécédents goutteux ou alcooliques.— Depuis troisans le malade s’est aperçu qu’il urinait davantage, il est obligé de se relever plusieurs fois par nuit pour uriner. Depuis trois mois environ il se sent oppressé, dort mal, la marche provoque facilement des accès d’oppression; les jambes sont enflées depuis cinq à six jours et la dyspnée est devenue très-pénible.

' A son entrée la dyspnée est extrême, pas de toux, pas d’expectoration. Le cœur est gros, 17 cent, sur 12, bat dans le sixième espace intercostal, on entend un bruit de galop qui n’est pas constant :on ne trouveaucun souffle, aucun signe de lésion d’orifices ; les battements du cœur sont irréguliers et présentent quelques intermittences. Congestion pulmonaire de deux côtés, à droi te

épanchement pleural remontant au milieu de la poitrine. Foie gros (17 cent, dans la ligne mamillaire) et douleureux à la percussion. Le malade rend en 24 heures environ 1,800 cc. d’urine, contenant une petite quantité d’albumine. (Ventouses sèches. Eau de Sedlitz. Régime lacté).

Pendant tout le mois de décembre, l’état général s’améliore lentement. l’épanchement disparaît; au commencement de janvier, la respiration est assez calme, mais le malade continue à se plaindre de temps en temps d’accès d’oppression et de douleurs dans la région précordiale. Le malade urine 600 à 800 gr. par jour, l’urine donne toujours, par la chaleur, un léger nuage persistant malgré l’addition d’acide acétique. L’épanchement se reproduit à droite au milieu de janvier sans dépasser le tiers inférieur de la poitrine, et pendant quelques jours le malade est très-oppressé. Dans les derniers jours de janvier il se fait une poussée de congestion pulmonaire et de bronchite (crachats sanglants, râles crépitants et sous-crépitants), le cœur mesure 18 et 15 cent.; l’urine est de plus en plus rare (digitale). Sous l’influence du traitement la diurèse s’élève à un litre par jour (albumine); le bruit de galop continue à être entendu avec netteté pendant tout le mois de février.

Au commencement de mars le malade éprouve des symptômes de digitalisme, le 9 mars on ne sent au pouls que 40 pulsations par minute, le bruit de galop a disparu.

Au milieu de mars survient une nouvelle poussée de congestion pulmonaire, puis à partir du commencement d’avril l’état général s’aggrave en même temps que l’anasarque se généralise. Au milieu du mois apparaît sur les jambes très-distendues une poussée d’eczéma aigu (eczéma rubrum), qui se généralise rapidement et disparaît au bout d’une quinzaine. L’urine rare (400 à 500 gr. par jour) contient beaucoup plus d’albumine. Le malade succombe le 8 mai après avoir présenté, dans les quinze derniers jours de sa vie des symptômes d’urémie lente; somnolence et délire

A l’autopsie on trouva le cœur hypertrophié (épaississement manifeste des parois de l’oreillette et du ventricule gauche); les valvules fonctionnent bien et ne présentent comme altérations qu’un léger épaississement de leur bord libre. La dimension des orifices sont les suivantes : orif. tricuspide 14 cent., orif. pulm. 9 cent., orf. mitral 11 cent., orif. aortique 77 rnilim.^

Athérome de l’aorte et des artères coronaires, l’artère coronaire antérieure très-rétrécie.

Les reins sont atrophiés, pèsent H8et 122 gr.; l’atrophie porte surtout sur la substance corticale. L’examen microscopique lait par M. Malassez, montre partout des altérations de cirrhose. Les glomérules sont les uns complètement fibreux; sur d’autres on voit du tissu conjonctif à l’état embryonnaire. Hypertrophie générale du tissu conjonctif interstitiel et infiltration d’éléments jeunes dans les pyramides de terrain, autour des glomérules. Mêmes altérations dans la substance pyramidale.

Obs. XIII (Rendu et Exchaquet). — Hypertrophie et Dilatation du cœur sans lésions d'orifices. Axystolie. Ascite. A l’autopsie lésion de néphrite interstitielle.

Pauline Y..., 48 ans, blanchisseuse, entrée, le 14 novembre 1874, dans le service de M. Potain, dans un état d’asystolie complet. Il y a un an elle eut une attaque de rhumatisme articulaire aigu, depuis six mois elle éprouve de l’oppression et les troubles fonctionnels d'une affectation cardiaque. OEdème des jambes depuis trois mois, actuellement anasarque généralisée et ascite considérable. Le cœur volumineux bat régulièrement, l’impulsion se fait sentir sur une large surface, on ne trouve aucun bruit de souffle, mais on entend un bruit de galop assez prononcé ayant son maximum au voisinage de la pointe près du bord gauche du sternum. Veines du cou distendues sans pouls veineux, congestion pulmonaire. Albumine dans l’urine.

Le lendemain de l’entrée on ponctionne l’ascite, la dyspnée étant devenue extrême. Le sur lendemain (17 nov.) apparaît sur les cuisses un érysipèle qui s’étend les jours suivants aux jambes et auitronc; cependant, depuis la ponction, sous l’influence d’un traitement approprié (Régime lacté. Eau de vie allemande. Tisane d’uva ursi) l’état général s’améliore et les bruits du cœur, toujours réguliers et lents, deviennent complètement normaux. A partir du commencement de décembre, la diurèse devient abondante (digitale) et l’œdème des jambes diminue, mais l’ascite augmente et se reproduit rapidement après la ponction qu’on est obligé de repéter le 16 décembre; d’ailleurs l’appétit et le sommeil sont conservés, la respiration est facile, le cœur tranquille sans bruit anormal.

Le 2 janvier 1875, on entend de nouveau un bruit de galop trèsmanifeste, mais la diurèse diminue et le pouls reste fréquent (102 et 108) malgré l’emploi de la digitale Une ponction le 9 janvier, (10 litres), reproduction rapide de l’épanchement et deuxième ponction dans les premiers jours de février. — Le bruit de galop continue à être entendu jusqu’à la lin de la vie ; l’urine toujours peu abondante contient pendant toute la dernière période une forte proportion d’albumine. Mort le 21 février.

A l’autopsie on trouve, avec un épanchement ascitique abondant des traces de péritonite, quelques adhérences intestinales.

Le foie est petit, résistant, sa capsule épaissie. Les lobules hépatiques, jaunâtres à la périphérie, rouges et semi-transparents au centre, présentent, à l’examen microscopique, des lésions de dégénérescence graisseuse périphérique (Malassez).

Les reins arrivés au dernier degré de l’atrophie pèsent 55 et 60 grammes. La capsule épaissie est très-adhérente; au-dessous on trouve un type de rein granuleux et atrophié, parsemé de quelques petits kystes superliciels, et présentant à la coupe quelques petits grains durs et jaunâtres. La substance corticale est jaunâtre et décolorée, les pyramides ont une teinte rosée. Les vaisseaux, très visibles, paraissent hypertrophiés.

Le cœur est globuleux, contracté et dur, sans augmentation notable de volume. Le cœur droit est normal, l’orifice tricuspide mesure 12 cent., l'orifice pulmonaire 8 cent, de circonférence. Les parois du ventricule gauche sont épaissies et paraissent par places fibreuses, elles ont une épaisseur de 14 à 15 milliui. Les valvules paraissent fonctionner normalement; on ne constate qu’un léger épaississement du bord libre de la valvule mitrale. L’orifice mitral mesure 9 cent., l’orifice aortique 72 milim. de circonférence. Les valvules sigmoïdes sont saines.

Les poumons sont sains, mais œdématiés.

L’examen histologique des reins, fait par M. Malassez, montre qu’il s’agit bien d’une cirrhose rénale (néphrite interstitielle). On constate dans la substance tubuleuse une hypertrophie du tissu conjonctif; les tubes eux-mêmes sont en partie malades, quelquesuns sont remplis de matière colloïde, d’autres présentent des traces de desquamation épithéliale, d’autres sont atrophiés et aplatis.

Dans la substance corticale, on constate également l’hypertrophie du tissu conjonctif des pyramides de terrain; les glomérules de Malpighi sont granuleux, quelques-uns complètement fibreux. Les tubes interpyramidaux sont gros et dilatés.

Les vaisseaux présentent des lésions d’end artérite.

Obs. XIV (par M. Rendu). — Néphrite interstitielle. Affection cardiaque. Bruit de galop et congestions viscérales. Améliorations par le bromure de camphre. Régime lacté et digitale non tolérés. Rechute. Mort. Autopsie.

Joseph M..., âgédeSl ans, cordonnier, entré le 15 octobre 1874 dans le service de M. Potain, souffre, depuis 1870, d’une oppression presque continuelle; l’an dernier pleurésie gauche, ponction et guérison. Depuis quatre mois les signes fonctionnels d’une affection cardiaque s’accentuent davantage, et depuis huit jours les jambes sont œdématiées. Faciès pâle sans bouffissure avec quelques varicosités aux joues. Le cœur est volumineux (17 et 12 cent.), la pointe bat dans le sixième espace intercostal en dehors du mamelon. On entend un bruit de galop très-fort; le premier choc est perçu à la fin de la diastole et précède le bruit systolique qui est fort, mais sourd; le deuxième bruit est sourd et mai frappé. — Veines jugulaires dilatées, avec des battements marqués.

Le foie énorme remplissant le tiers de la cavité abdominale présente également des battements; mais son affaissement coïncide avec la pulsation artérielle. — Congestion pulmonaire aux deux bases, surtout à gauche. — La présence de l’albumine dans l’urine est constatée depuis plusieurs mois. — On trouve, en l’interrogeant, qu’il éprouve depuis bien des années de la polyurie, mais n’a pas eu jusqu’ici de tendances aux hydropisies.

Traité d’abord par la digitale et le régime lacté, le malade n’éprouvé aucune amélioration; sous l’inlluence du bromure de camphre (40 à 60 centigr.) il y a au bout de quelques jours séda-

tion notable de tous les accidents. Les battements veineux et le battement diastolique du cœur disparaissent; le choc du ventricule qui constituait le premier temps du bruit de galop lui-même a presque disparu. — Le 5 novembre on ne trouve plus des symptômes indiqués que la congestion du foie, on ne trouve plus d albumine dans l’urine. — Le malade quitte l’hôpital le 15 novembre conservant un peu d’oppression quand il monte les escaliers, on entend encore le bruit de galop, mais moins marqué.

11 rentre dans les derniers jours de décembre dans un état d asystolie que le traitement ne réussit pas à dissiper et meurt au commencement de janvier.

L’examen histologique des reins qui, à l’œil nu présentaient les lésions de l’atrophie scléreuse, a été fait par M. Malassez. On constate partout des altérations de cirrhose, hypertrophie du tissu conjonctif interstitiel dans la substance tubu leuse et la substance corticale; dégénérescence des glomérules de Malpighi, les uns granuleux, d’autres fibreux. Lésions d’endartérite.

Obs. XV (D’après les notes de notre collègue et ami M. Cuffer). — Néphrite interstitielle chronique (rein contracté). Dilatation du cœur.

Bruit de galop. Pleuro-pneumonie et péricardite. Mort. Autopsie.

Adèle R.,., âgée de 49 ans, entre dans le service de M. Potain le 12 juin 1873. Elle a eu il y a deux ans une pneumonie et a été dès lors sujette à l’oppression et à la toux ; depuis trois mois l’oppression est continuelle et les jambes sont enflées (pour la première fois) depuis trois semaines. Elle a éprouvé, il y a quelque temps, des troubles de la vue survenus brusquement. Pas d’appétit, constipation, quelques vomissements. Congestion pulmonaire aux deux bases.

Le cœur est augmenté de volume et fait entendre un bruit de galop. L’urine est albumineuse.

Les jambes sont œdématiées, pas d’ascite.

La malade présente, dans les jours qui suivent son entrée, quelques épistaxis.

Le 17 juin, on entend le bruit de galop moins nettement qu’à l’entrée; son maximum est situé près du mamelon au niveau de la partie moyenne de la matité précordiale ; le rhvthme du galop est nettement perceptible à la palpation. Le pouls est à 92 pulsations, très-dur.

^L’œdème et l’oppression augmentent, et la malade succombe le 27 juin, avec des signes de pneumonie et de péricardite constatés dans les trois derniers jours de la vie.

Autopsie. Traces de péricardite récente, adhérences et fausses membranes. Le cœur mesure 12 cent, de la naissance de l’artère pulmonaire à la pointe, même dimension transversalement. — Dilatation de l’oredleite droite, valvule tricuspide saine, valves à peine un peu épaissies par places; la circonférence mesure 11 centim .

Orifice pulmonaire normal, valvules sigmoïdes saines. Les parois ventriculaires fermes ont une épaisseur de 7 millim.

Üreillettegauche très-volumineuse distendue par un caillot mou, parois épaisses.

Ventricule gauche, parois pâles, fermes, épaissies (2 cent.).

Valvule nitrale suffisante. Epaississement du bord libre. Circonférence, 9 cent. — Orifice aortique, cire. 75 millim.

"Valvules sigmoïdes saines, plaques d’athérome assez nombreuses dans l’aorte; l’orifice des artères coronaires est libre, celles-ci sont très-athéromateuses mais perméables sans trace de rétrécissement.

Hein gauche petit, peu déformé, marbré de taches jaunâtres, substance corticale atrophiée et jaunâtre, pyramides injectées, artère rénale athéromateuse.

Hein droit. Même volume que le gauche; capsule adhérente par places, surface inégale et jaunâtre. — Congestion plus marquée qu’à gauche. Foie muscade volumineux, rate grosse, ferme. Epanchement abondant dans la plèvre gauche, pneumonie de tout le lobe inférieur du poumon gauche.

Obs. XVI. — Néphrite parenchymateuse et interstitielle. Bruit de galop pendant la vie. Autopsie. Note de M. Rendu.

L’an dernier, M. Delpech fit appeler, un matin, M. Potain, pour une malade de son service, âgée de 19 ans, qui avait tous les symptômes d’un œdèmede la glotte survenu dans le cours d’une maladie de Bright. Il n’y avait guère que six semaines qu’elle était malade, et les accidents avaient suivi une marche aiguë. D’ailleurs rien ne manquait au tableau : urines pâles, peu abondantes, contenant des flots d’albumine ; cylindres hyalins et granulo-graisseux innombrables mêlés à du sang en petite quantité; anasarque généralisée, bouffissure des paupières, troubles de la vue, céphalée habituelle, inappétence et parfois vomissements, tels étaient les symptômes observés. De plus, elle éprouvait depuis trois jours de la gêne de la déglutition et les accidents de la laryngite œdémateuse s’étaient de plus en plus caractérisés.

En l’examinant attentivement, M. Potain me fit remarquer qu’il existait chez cette malade un bruit de galop des plus prononcés; or, elle n’avait jamais eu le moindre symptôme d’affection cardiaque.— Quelques jours après, la malade chez laquelle était survenu de l’hydrothorax succomba dans un accès de suffocation.

L’autopsie montra des lésions rénales représentant trait pour trait, à l’œil nu, la description classique du gros rein blanc de la néphrite parenchymateuse.

Les reins étaient gros, anémiques, translucides et en apparence manifestement graisseux, avec congestion des pyramides. Or, à l’examen microscopique, on trouva non-seulement des lésions épi • théliales dégénératives, mais encore une prolifération interstitielle des plus complètes dans la région corticale et les glomérules. En

un mot, la néphrite était surtout interstitielle à évolution aiguë. Le cœur n’était pas d’un volume excessif et ne présentait pas d’altérations marquées.

Obs. XVII (par M. Rendu). — Aortite chronique. Hypertrophie et dilatation du cœur consécutives sans insuffisance tricuspide malgré des battements jugulaires et hépatiques fort apparents. Accès de suffocation douloureux. Mort. A l’autopsie rétrécissement excessif de l’artère coronaire gauche.

Jules F..., âgé de 50 ans, paveur, entre dans le service deM.Potain le 14 avril 1874.

Depuis plusieurs mois, il éprouve de l’oppression et a eu plusieurs fois les jambes enflées. A son entrée, il présente une dyspnée extrême avec toux fréquente et quinteuse; on constate des signes d’emphysème et de bronchite.

Le cœur est dilaté, bat dans la 6e espace, l’impulsion est faible; on entend un bruit de galop très-net ayant son maximum d’intensité à la région de la pointe, il n’existe aucun souffle cardiaque. — Le foie est gros, douloureux à la percussion. Battements trèsmarqués des jugulaires et du foie, les traces sphygmographiques montrent que ces battements se font suivant le rhythme normal avec la double dépression habituelle, il n’v a pas d’insuffisance tricuspide. — L’oppression persiste, le malade ne peut pas rester couché, il existe un peu d’œdème autour des malléoles. — A la fin du mois surviennent des accès de suffocation intense accompagnés d’une angoisse extrême et de douleurs thoraciques très-vives. Ce qui caractérise surtout l’affection, c’est la prédominance du bruit de galop qui est très-accusé et s’entend jusqu’à la fin de la vie du malade. Les accès de suffocation fort douloureux se répètent de plus en plus souvent.

A partir du 6 mai, le malade est obligé de passer ses nuits dans un fauteuil, vers le 10 mai des signes d’asystolie plus prononcés se déclarent, le malade tombe dans une somnolence interrompue par des crises de dyspnée et meurt le 13 mai.

Autopsie le 15 mai. Le cœur est énorme et pèse près d'un kilog. Les cavités sont très-distendues surtout au cœur gauche, mais les valvules paraissent fonctionner normalement. L’oreillette gauche est hypertrophiée, mais beaucoup moins distendue que l’oreillette droite qui contient facilement le rein du sujet. — L’aorte, uniformément dilatée, atteint près de 10 cent, de largeur. La crosse est couverte de plaques d’athérome, les valvules sigmoïdes sont épaissies mais ferment bien l’orifice aortique. L’artère coronaire droite est lâche, l’orifice de l’artère coronaire gauche est, au contraire, si étroit, qu’il admet à peine l’extrémité d’un stylet. Le myocarde est mou et manifestement graisseux. — Poumons œdématiés sans autres altérations. Foie muscade volumineux. Reins congestionnés volumineux ne présentant des traces de néphrite appréciables qu’au voisinage de quelques glomérules.

Obs. X\ III (personnelle). — Dégénérescence amyloïde des reins chez

un tuberculeux. Albuminurie. Bruit de galop. Phénomènes urémiques.

Mort. Autopsie. Dégénérescence amyloïde et lésions scléreuses des

reins.

Jean M..., âgé de 41 ans, scieur de pierre, entre dans le service de M. Potain le 7 mai 1875.

Il présente des antécédents de tuberculose héréditaire et tousse contnuellement depuis six ou sept ans. Il a eu pour la première lois, pendant le siège, de la bouffissure delà face et de l’œdème fugacede différentes parties du corps; ces accidents se sont reproduits dès lors à différentes reprises sans que son état général en souffrît. Il y a deux ans troubles de la vue. Depuis quelques mois, il éprouve des palpitations et souffre d’accès d’étouffements revenant au moindre effort. Les membres inférieurs se sont œdématiés depuis une quinzaine ; les fonctions digestives ont conservé leur intégrité.

Malade amaigri et anémié mais non cachectique ; on constate au sommet du poumon droit des phénomènes cavitaires, lésions moins avancées au sommet gauche. Le cœur mesure 16 et 11 cent., son impulsion est très-faible; cependant on entend un bruit de galop prononcé. L’urine contient beaucoup d’albumine. — L’œdème augmente rapidement, gagne le scrotum et les parois abdominales. L’urine ( 1 ,500 à 1 ,600 gr, par jour) contient beaucoup d’albumine et 4 à 5 gr, d’urée par litre. Le 11 mai, le malade est pris de céphalalgie avec vomissements abondants et diarrhée, ces symptômes disparaissent au bout de deux jours, mais le 16 mai le malade esi pris d’un délire tranquille, un état de torpeur interrompu de temps à autre par un cri, cet état comateux persiste, s’accentue, sans autres phénomènes, et le malade meurt dans la soirée du 17 mai.

Autopsie le 19 mai. Adhérences des poumons, caverne à droite, foyers caséeux disséminés, œdème et congestion hypostatique. Foie mou et gras.

Cœur flasque et mou, dilaté sans épaississement des parois. Les valvules, normales, fonctionnent bien et leur mensuration ne montre pas de dilatation des orifices.

Les reins pèsent 250 et 225 grammes. La capsule s’enlève bien ; leur surface extérieure est pâle et lisse; à la coupe, on voit la sublance corticale envahie par un tissu lardacé résistant, les pyramides paraissent relativement saines. — L’examen microscopique, dû à M. Malassez, montre, outre la dégénérescence amyloïde des glomérules et d’un certain nombre de vaisseaux de la substance pyramidale, une infiltration d’éléments embryonnaires nombreux autour de quelques glomérules superficiels.

Obs. XIX (personnelle). — Rétrécissement et insuffisance mitrale.

Bruit de galop. Albuminurie. Accidents probablement urémiques.

Mort. A l’autopsie atrophie et sclérose probable des reins.

A. F.. ., âgée de 5a ans, femme de ménage, entre dans le service de M. Potain le 25 février 1870. Ne présente aucun antécédent morbide ou héréditaire à noter. Depuis dix-huit mois elle s’affaiblit et a dû cesser de travailler depuis six mois; pas de toux, pas de diarrhée, ni de vomissements; elle éprouve surtout de la faiblesse des jambes, qui sont souvent enflées, et des accès d’oppression de plus en plus fréquents depuis quelques mois, mais sans palpitations.

Malade amaigrie, pâle et d’aspect cachectique ; un peu de congestion pulmonaire aux deux bases sans lésions pulmonaires appréciables. Le cœur, un peu gros, présente des signes de rétrécissement et insuffisance mitrale, frémissement, souffle présystolique léger et souille systolique à la pointe. Après avoir été un peu mieux pendant quelques jours, elle tombe le 4 mars dans un état de prostration extrême qui persiste les jours suivants, c’est à peine si on parvient â éveiller l’attention de la malade et à lui arracher quelques réponses dépourvues de sens. La nuit elle est agitée, cherche à se lever et présente un délire manifeste.

Le 6 mars, cet état persiste; on entend au cœur un bruit de galop assez marqué; l’urine obtenue par le cathétérisme est trouble et contient beaucoup d’albumine; au microscope, on y trouve des globules de pus et des globules rouges en assez grand nombre.

Du 9 au 11, toute trace de cet état comateux disparaît, la malade ma^ge, s’assied seule sur son lit, parle avec facilité, ne souffre pas delà tête et n’a pas grande oppression.

Dans la nuit suivante, le délire reparaît avec une agitation extrême; le 12, elle est dans un coma complet qui persiste et la mort survient le 14 à dix heures du soir.

Autopsie le 16 mars. Pas de lésions pulmonaires notables. Le cœur est assez volumineux, mais mou et. flasque. La valvule tri— cuspide est à peine épaissie et mesure 11 cent. La valvule mitrale présente la forme classique en entonnoir du rétrécissement avec insuffisance ; son orifice n’a que 7 cent. Le ventricule gauche est dilaté; orifices artériels sains; athérome de l’aorte. Foie muscade.

Reins petits et mous. A gauche, la capsule est très-adhérente, la surlace granuleuse et ferme; la substance corticale est atrophiée, les pyramides un peu injectées. A droite, capsule moins adhérente; le bassinet et Furèthre présentent une injection très-marquée.

Obs. XX (personnelle). — (Bulletin soc. anat.. 1875, p. 18.) Pleurésie et

péricardite aiguës. Bruit de galop. Albuminurie. A l’autopsie, néphrite

interstitielle. Absence du rein de l’ovaire et de la trompe gauche.

U... (Marie), âgée de 62 ans, entre dans le service de M. Potain le 2 janvier 1875. Elle présente une oppression considérable sans

douleur localisée ; on trouve à la base du poumon droit de la matité et une respiration rude.

Le 3 janvier, à la visite, on trouve la malade dans le coma, la face et les extrémités cyanosées. Souille à la base du poumon droit et frottement péricardite aigu. On entend de plus au cœur un bruit de galop qui, avec l’état comateux, fait diagnostiquer à M. Potain l’existence d’une néphrite interstitielle chronique avec péricardite aiguë. Le lendemain on obtient par le cathétérisme un peu d’urine contenant une légère proportion d’albumine. Le coma persiste et la malade meurt le 4 janvier dans la soirée.

A l’autopsie on trouve adroite des adhérences pleurales anciennes, un épanchement séreux peu abondant et de l’hépatisation du lobe inférieur.

Au cœur quelques plaques de péricardite récente ; le cœur droit est dilaté et aminci; lecœur gauche présente un degré moyen d’hypertrophie. Les valvules fonctionnent bien; on trouve sur les valvules sigmoïdes aortiques et certains points de la valvule mitrale, de petites végétations rougeâtres et un léger épaississement qui paraissent dépendre d’un processus récent.

Le rein unique occupe à droite la position ordinaire du rein droit; il est long de près de 14 cent, et pèse environ 200 gr. La surface après ablation de la capsule est parsemée de petits kystes très-nombreux. La coupe montre une sclérose considérable de la plus grande partie de l’organe; la substance corticale est résistante et parcourue par des traînées blanchâtres.

On ne distingue plus que deux ou trois pyramides volumineuses et fortement congestionnées.

Le rein et l’urèthre, l’ovaire et la trompe gauches manquent complètement.

Obs.XXI. — Maladie de Bright. Bruit de galop. Dyspnée urémique. Apoplexie pulmonaire. Aphasie. Hémiplégie faciale droite. Hydro pneumothorax. Mort. Autopsie, par M. leD' Hervey, (Bulletin de la soc. anat.,

Le nommé Rambourg, âgé de 50 ans, cordonnier, entre dans le service de M. Potain le 13 novembre 1873. Il arrive en proie à une dyspnée extrême; malade depuis trois semaines environ, a les iambes enflées depuis deux jours et urine à peine depuis trentesix heures; l’urine est notablement albumineuse. On ne trouve pas d’antécédents bien nets; Congestion pulmonaire; constipation; cœur de volume à peu près normal (14 et 12 1/2 cent.) Bruits du cœurs faibles, mais normaux.

2G novembre. On entend au cœur un bruit de galop assez prononcé; l’œdème augmente; l’urine est peu abondante. Le malade meurt le 7 décembre, après avoir présenté la série d’accidents énumérés dans le titre de l’observation.

Autopsie. — Cœur : l’oreillette gauche est modérément spacieuse, remplie de caillots mous; 1 oreillette droite est dilatée, laige et renferme des caillots anciens assez adhérents. L’orilice tricus-

pide dilaté mesure 12 cent.; les parois du ventricule droit ont 12 mil 1 . d’épaisseur. .

L'orifice mitral sain mesure 10 cent. ; les parois du ventricule gauche sont épaisses (cœur d’atrophie rénale); elles mesurent 18 mill. d’épaisseur. .

Les reins sont atrophiés; le gauche mesure 10 cent., le droit 9. La capsule est adhérente et entraîne avec elle le tissu de la substance corticale ; la surface de celle-ci est inégale, un peu granuleuse. La substance corticale a une coloration gris jaunâtre ; en plusieurs points, elle a presque disparu à la base de quelques pyramides.

Obs. XXII. — Symptôme de polyurie ancienne. Début aigu de néphrite

prenant rapidement les allures d’une maladie de Bright, ( par M. le

Dr Rendu.)

Julien B..., âgé de 56 ans, garçon de chantier, entre le 27 mars 1875, dans le service de M.Gubler. C’est un homme fortement constitué, n’a jamais été malade ; pas de rhumatisme ni d’alcoolisme.

Depuis six à huit mois il était obligé de se relever deux ou trois fois la nuit pour uriner, mais sans que sa santé en souffrît.

Il y a quinze jours, frisson violent, courbature. Dès le lendemain œdème de la face et céphalalgie intense qui dure quatre ou cinq jours, puis l’œdème, qui dominait à la face, apparaît aux membres inférieurs.

A son entrée à l’hôpital, B... ne se plaint que d’une oppression considérable et de l’œdème des jambes.

L’examen du cœur montre que l’organe est assez volumineux ; pas de souffle apréciable, mais le premier bruit est manifestement double, bruit de galop prolongé. Ce signe fait examiner les urines . qu’on trouve nettement albumineuses et même un peu purulentes.

Les poumons présentent des signes de congestion à la base des deux côtés. Le foie est gros, sensible à la pression.

Diagnostic. — Néphrite interstitielle ancienne, poussée aiguë récente. (8 ventouses scarifiées, régime lacté, tannin, chiendent nitré.)

Le 29. La dyspnée persiste; anasarque sensible; un peu d’ascite.

Le 31. Amélioration sensible; pas de fièvre, moins de dyspnée; ce matin on ne constate plus le bruit de galop.

A partir du commencement d’avril, l’état du malade va en s’aggravant; l’œdème prend des proportions considérables aux membres inférieurs et au scrotum ; l’ascite augmente rapidement ; vers le milieu d’avril apparaît un léger épanchement pleural à gauche. Le bruit de galop est encore entendu à différentes reprises. On épuise successivement la série des diurétiques : oxymel diurétique, digitale, vin diurétique, jaborandi. Les urines se maintiennent toujours entre 1,000 et 1,200 grammes et contiennent des flots d’albumine. L’œdème augmente à la partie inférieure du corps ; cependant, malgré la quantité de liquide infiltré dans l’abdomen et les membres inférieurs, la face et les bras ne sont pas tuméfiés

et la vue n’est pas troublée. Mais le malade n’a aucun appétit; de temps à autre il éprouve des nausées, de la céphalalgie, il est surtout profondément découragé et a la nostalgie de l’hôpital.

Il demande sa sortie le 5 mai.

Obs. XXIII (personnelle). — Bruit de galop. Albuminurie légère.

B..., âgé de 30 ans, employé au chemin de fer, se présenta le 20 mars 1870 à la consultation de M. Potain à l’hôpital Necker. Depuis (juelque temps il se fatigue vite et a presque continuellement une sensation d’oppression, mais surtout la nuit; a conservé son appétit. La face est pâle, légèrement boutlie, les jambes ne sont pas œdématiées, mais Pont été ces derniers jours.

A l’auscultation du cœur, on trouve les bruits réguliers, en général normaux, de temps en temps le premier bruit est un peu retardé, donne à l’oreille la sensation d’un choc graduel autant que d’un bruit, le rhytlime est celui du bruit de galop, maisà peine esquissé. L’urine, rendue sur place, donne un léger précipité d’albumine.

Le malade reparaît à la consultation le 25 mars; il a toujours de l’oppression, mais se trouve un peu plus fort et dort mieux. La face est moins bouflie. Pouls réguliers et lent(60). Les battements du cœur ont encore le même caractère, le premier bruit est précédé d’un bruit vague, mal défini, l’urine apportée par le malade contient une quantité très-faible d’albumine. — A partir de ce jour on n’a plus de ses nouvelles.

Obs. XXIV. — Congestion pulmonaire liée à une poussée de néphrite aiguë. Urines rares et albumineuses. Persistance du bruit de galop cardiaque tout le temps que dure la néphrite. Guérison, par M. le Dr Rendu.

Marie D..., âgée de 73 ans, femme robuste et sans antécédents morbides notables, entre le 30 mars 1875 dans le service de M. Gubler à l’hôpital Beaujon. Après 7 ou 8 jours de maladie, elle a été prise il y a 4 jours d’un frisson avec point de côté à gauche et entre avec les signes rationnels d’une pneumonie dont aucun signe local accentué n’affirme l’existence. Constipation opiniâtre, langue saburrale, T. 39°. P. 100, dur, un peu inégal et irrégulier, pas de souffle au cœur. — Le lendemain on constate un bruit de galop manifeste. Les urines rares, chargées, renferment une assez forte proportion d’albumine.

Le 8 avril la fièvre est tombée, le cœur bat régulièrement. J’urine ne renferme qu’une quantité insignifiante d’albumine.

Le 12 on note un peu de fièvre, pouls dur, le bruit de galop reparaît plus marqué, l’urine est notablement albumineuse. & J] se fait à partir de ce moment une amélioration progressive ; le 19 les urines sont au chiffrede 1500 gr. par jour et ne contiennent plus trace d’albumine. Le bruit de galop a presque totalement disparu, on en retrouve à peine quelque vestige de temps à autre en auscultant avec beaucoup d’attention.

Exchaquet. h

Le mieux s’accentue, mais le départ de la malade est retarde par l’apparition d’une névralgie faciale très-intense qui persiste pendant une quinzaine ; elle quitte l’hôpital, guérie, le 12 mai.

Obs. XXV. — Néphrite aiguë a frigore : Dyspnée albuminurique. Urines sanglantes. Guérison rapide, par M. le Dr Rendu.

Emile M..., âgé de 28 ans, employé, entre le 8 juin 187-4 dans le service de M. Potain, salle Saint-Louis n° 18. Il n’a jamais été malade jusqu’ici, travaille dans un bureau fermé; il se rappelle avoir eu froid étant en sueur après une course rapide ; il lut pris à la suite d’une douleur lombaire avec une sensation de barre sur l’épigastre et de constriction à la base du thorax. En même temps, céphalalgie vive, agitation et même délire la nuit. Ce n’est que vers le troisième jour que son affection a pris une tournure grave et qu’il a été pris de dyspnée et d’anasaïque.

Etat actuel, huitième jour. Pâleur des téguments : boullissure de la peau du tronc, à ia face. OEdème blanc non douloureux. — Pyspnée extrême allant à l’orthopnée; toux assez fréquente, expectoration pénible, peu abondante, sans caractères particuliers.

Battements du cœur violents et précipités, mais sans bruit anormal.

Subinatité aux deux bases du thorax : diminution des vibrations thoraciques, respiration faible, quelques râles (oedème et congestion pulmonaire).

Céphalagie persistante, mais assez modérée depuis une épistaxis assez forte qui l’a beaucoup soulagé, aucun trouble de la vue.

Pas de vomissements, inappétence.

Pouls à 96 puis, dépressible, temp. à 39°5, resp. 48. Urines assez rares, elles ont été au début semblables à de l’eau de café, actuellement elles sont encore brunes, fétides et rares, contiennent des flots d’albumine.

Diagnostic. Néphrite aiguë à frigore. Dyspnée albuminurique. (8 ventouses scarifiées à la région lombaire).

9 juin. Soulagement considérable à la suite des ventouses. Le pouls est à 80°, la température tombée à 38°2. Les bruits du coeur sont nets, sans modification du rhythme, pas d’augmentation de la matité précordiale, l’anasarque est modérée. (10 ventousesscariliées. Régime lacté exclusif. Tisane d’uva-ursi. 3 pilules Bontius.)

L’urine contient 21 grammes d’albumine nar litre, on y voit au microscope du sang et des cylindres hyalins en grande quantité.

Le soir l’amélioration persiste. P. 90°. Temp. 38u7. Resp. 30°. Les douleurs des reins ont en partie disparu, le murmure vésiculaire reste encore très-affaibli aux deux bases.

Léger bruit de galop au cœur.

10. P. 84°. T. 37°8. 1t. 30°. — Expectoration assez abondante de crachats grisâtres. Urine 1 litre, noire et bourbeuse, déjà fortement ammoniacale. 17 gr. d’albumine par litre.

Bruit de galop assez prononcé, palpitations moins fortes.

Soir. Moins d’expectoration, crachats encore purulents, mais moins grisâtres, respiration absolument normale (16 R.) peu de toux, moins de bouffissure. P. 68°, T. 38°4.

1 1 • Le bruit de galop persiste quoique atténué, il s’entend surtout au commencement de l’inspiration. L’urine toujours en petite quantité est très-rouge, mais moins ammoniacale qu’hier. Albumine 9 grammes seulement par litre. P. 08°, T. 37°2. Soir, P. 72° T. 37°6.

12. Albumine 3 gr. par litre. Dans la journée épistaxis. P. 60u T. 36°8. - Soir, P. 60°. T. 37°2.

13. Les urines sont plus abondantes, encore très-foncées et sanglantes, contiennentcependant peu d’albumine(4 gr. par litre). Le soir la température monte à 38°.

14. Sous l'influence du froid la néphrite paraît avoir subi une recrudescence. Les urines sont encore rouges et très-manifestement sanglantes. 2 litres d’urine, 6 gr. d’albumine par litre.

15. Augmentation notable de la proportion du sang dans l’urine qui est d’une couleur groseille très-nette. 2 litres et demi d’urine avec 10 gr. d’albumine par litre, l’état général n’est pas plus mauvais ; l’anasarque a diminué notablement sur le tronc et les membres, mais le scrotum et le fourreau de la verge sont plus œdématiés que jamais. L’oedème pulmonaire diminue considérablement, la respiration s’entend bien il y a encore quelques râles.

16. Même état. Urines un peu moins sanglantes, pourtant encore très-colorées (2 litres dans les 24 heures 8 gr. 90 d’albumine par litre). La température qui s’élevait à 38° le soir depuis trois jours reste aujourd'hui à 37°2.

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