EXPOSÉ DE LA MÉTHODE
Pour localiser un projectile de guerre ou même un corps étranger quelconque, nous allons nous proposer d’en donner une projection définie sur la peau, ainsi que sa profondeur à la peau suivant cette projection.
Nous avons done deux opérations importantes bien distinctes à faire :
a) La première et c’est là tout le nouveau de notre méthode sera de localiser le projectile à repérer dans un cadre fixé et délimité sur la peau du blessé et cela suivant une projection bien déterminée.
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Fig. I
Pour cela nous nous servons d’une grille fenêtrée (fig. 1, 1,) en métal rigide sous une faible épaisseur, et non transperçable aux rayons, grille de 10 centi-
mètres de côté et divisée en cent fenêtres carrées de: 9 millimètres environ de côté.
Cette grille sera supportée au moyen d'un collier de serrage (fig. 1,2) par une tige horizontale (fig. 1,3}
Fig. IL:
qui vient coulisser sur un pied-support vertical (lg. 2, 1), gradué en millimètres et prenant point d'appui sur la table radiographique par une pince étau (fig. 2, 2) qui nous permettra de le fixer à l’endroit convenable suivant la partie du corps où se trouve le projectile que nous aurons à localiser.
b) La deuxième opération quinous dounera la profondeur du projectile à la peau au niveau de sa projection dans la grille sera basée sur le procédé de déplacement des images de l'objet sur la plaque sensible quand on déplace la source lumineuse (c’està-dire dans le cas qui nous intéresse, le tube radiographique), d’une grandeur connue, dans n'importe quel sens, mais en ayant toujours soin d'effectuer ce déplacement dans un plan parallèle à celui de la plaque. Procédé employé par MM. Carpentier et Roland à l’hôpital militaire de Saint-Maurice dès octobre 1914. Dans ce cas, plus le projectile sera éloigné de la plaque sensible, plus le déplacement de son image sera grand, plus il en sera près moins le déplacement sera grand ; le déplacement de l’image variera donc suivant les positions respectives du projectile au tube radiographique et à la plaque, par conséquent suivant sa profondeur ou bien suivant sa distance au plan de la plaque.
Ceci dit, nous allons maintenant vous exposer le modus faciendi de notre méthode et en même temps vous donner de plus ampies renseignements.
Nous diviserons alors noire recherche en plusieurs temps.
PREMIER TEMPS. — Aadiographie préliminaire. — Nous ferons une radiographie ou une radioscopie préliminaire qui nous renseignera au préalable sur la présence d'un corps étranger et sur sa situation approximative que nous marquerons avec soin soit au crayon dermographique, soit à l'encre. C'est
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alors seulement que la méthode devient intéressante.
DEUXIÈME rEMPs. — Mise en place de la plaque, du sujet, de la grille, et du tube radiographique. — Le blessé est couché sur la table radiographique qui n’est qu'une table ordinaire (fig. 2, 3) ou plutôt il est placé dans la position la plus convenable suivant la région qui nous intéresse et de manière à le maintenir le plus possible immobile. Nous glissons une plaque sensible (fig. 2, 3) sous la partie du corps occupée par le projectile et que nous connaissons approximativement. Nous fixons au moyen de son support notre grille à la table, nous l’abaissons jusqu’au contact du plan cutané antérieur du corps, tout en ayant soin de la maintenir parallèle au plan de la table, par conséquent à celui de la plaque sensible et Juste au-dessus de cette dernière, tel que le représente la figure 2.
Nous notons avec soin la distance de la grille à la plaque, chose facile au moyen du pied-support de la grille graduée en millimètres. Cette distance nous donnera le diamètre antéro-postérieur du corps ou plutôt de la région du corps du blessé au niveau de la région qu'occupe le projectile, distance qui nous sera utile tout à l'heure.
Nous marquons au moyen du crayon dermographique le contour de la grille sur la peau et il ne nous reste plus qu’à faire la première radiographie. Mais pour cela nous aurons quelques règles à observer.
L’ampoule sera maintenue à une distance exactement repérée de la plaque radiographique, distance que nous prendrons toujours de 5o centimètres de l’anticathode à la plaque et que nous pourrons aisément mesurer avec un simple mètre. Nous aurons soin aussi de faire coïncider le centre du porte-tube approximativement avec le centre de la grille.
TROISIÈME TEMPS. — rise des deux radiographies pour fixation en hauteur. — Ceci fait, nous faisons une première impression radiographique qui nous donnera sur la plaque :
1° Une image de la région qui contient le projectile ;
2 Une image de notre grille ;
3° Une image du projectile à localiser, image qui sera encadrée dans un ou plusieurs carrés de l’image de la grille.
Cette première épreuve étant faite, nous recommandons au blessé de ne faire aucun mouvement, nous enlevons notre grille et nous déplaçons le portetube dans un plan parallèle au plan de la plaque dans n’importe quelle direction, mais d’une longueur donnée et que nous avons choisie de 10 centimètres pour faciliter les calculs. Nous le ferons facilement et rapidement, le porle-tube se déplaçant suivant deux axes, l’un vertical (qui d’ailleurs ne nous intéresse plus) et l’autre horizontal, axes qui, pour la commodité des opérations, peuvent être gradués auparavant, mais que l’on peut très aisément déplacer
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d’une longueur donnée en appliquant contre eux un simple décimètre ou un mètre.
Ceci fait nous faisons sur la même plaque que nous avons eu soin de ne pas déplacer une deuxième impression radiographique, nous retirons la plaque après avoir fait enlever le blessé, et nous la développons.
Nous aurons donc dessus la projection de la grille et deux images du projectile : la première correspondante à la première impression et correspondante à un certain nombre de carrés de la grille ; la deuxième, image homologue de la première, qui pourra même empiéter sur elle, et qui se trouvera par rapport à elle dans un sens opposé au sens de déplacement du tube que nous aurons eu soin de noter. Nous distinguerons donc aisément la première de la deuxième image.
Et maintenant nous avons toutes les données nécessaires pour trouver immédiatement la distance du projectile à la plaque au moyen du calcul suivant:
Calcul de la profondeur du projectile
Représentons par A la première position de l’anticathode, par P la position du projectile, par A’ la deuxième position de Panticathode par O et O° les deux images successives du projectile sur la plaque, nous obtenons un schéma des opérations successives que nous venons de faire, schéma dans lequel nous
trouvons deux triangles semblables, triangles opposés par le sommet et dont les bases sont parallèles ;
ce sont les triangles APA? et OPO’, dans lesquels AA représente donc le déplacement du tube radio-
Fig. III
graphique et OO” celui de l’image du projectile, triangles semblables dans lesquels nous avons la relation suivante :