CHAPITRE III
grondée. Où avez-vous pris, s’il vous plaît, l’idée que je vous ai oubliée, et que je ne vous aime plus ? Je n’aurois jamais pu m’imaginer que pareil fantôme se présentât à votre imagination. Je vous prie de l’en débusquer et de ne lui permettre à l’avenir aucun accès dans votre petite caboche.
Votre fils est arrivé jeudi dernier. M. Zucadou lui donne à peine le temps de respirer et le fait partir demain pour Norwich. Il est venu à la campagne avec nous, où il ne s’est pas trop bien amusé, parce qu’il faut savoir l’anglois dans ce pays. Je ne doute pas que votre fils ne l’apprenne très-bien pendant les deux années qu’il doit passer chez M. Maleby; il paroît désirer d'apprendre et l’allemand l’aidera beaucoup. Je trouve qu'il ressemble beaucoup à son père et point du tout à vous. L’on me dit que Charles (le troisième) ne vous ressemble pas non plus; il a grand tort. Je laurois aimé beaucoup plus encore s’il eût été votre portrait. Vous l’envoyez à Aarau apprendre à parler suisse: car pour l'allemand, c’est tout un autre langage. On l’écorche abominablement dans tous les treize cantons.
Je vois avec peine que le frère Naville continue languissant ; dites-lui, s’il vous plaît, bien des choses pour moi. Je désire que la belle saison le rétablisse parfaitement.
Je pense que le frère de La Gara est en route pour Bourbonne, et j’apprendrai avec grande satisfaction que les eaux lui font du bien. Je compte l’inviter de passer ici en automne pour que Bath complète sa guérison.
Je vous prie d’embrasser ami Galiffe pour moi. Cette commission ne vous sera pas désagréable. J’ai reçu sa lettre avec la vôtre, et comme vous n’êtes qu’un, je vous réponds conjointement.
Ma femme et toute ma famille vous embrassent. Votre fils me dit que vous avez l'intention de venir en Angleterre l’an-
née prochaine. Si vous faisiez cela, je vous aimeroïis encore plus que je fais; ainsi venez, ma nièce, si cela est possible, et j'aurai un appartement prêt pour vous bien recevoir, Nous avons presque toujours quelques-uns de vos concitoyens ici: actuellement M. Sarasin et M. Aubert, de la maison Lullin, sont ici; ainsi vous trouverez des connoissances.
Bonjour, ma chère nièce, aimez-moi toujours, et sur toute chose ne vous imaginez plus que je vous oublie, parce que je serai toute ma vie
Votre très-affectionné serviteur et oncle PIERRE THELLUSSON. »
De Thomas Dwall, ancien maître d'anglais à Genève, alors à Zurich, poète auteur et traducteur en anglais et en français, — à la même, à Genève, son ancienne écolière, et qui lui avait procuré d'avance, pour son retour, un grand nombre de leçons parmi les filles de ses amies de société; de Zurich, 14 août
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€ En vérité, Madame, si je n’avois pas eu le bonheur de vous voir, je croirois que vous êtes ce que l’on nomme aujourd’hui de la vieille roche. En ma qualité d’auteur, je ne puis laisser échapper l’occasion de vous débiter à ce sujet une petite pièce sur ce (temps d'autrefois, » que j'ai lue, il y a environ dixhuit mois, au Musée de Paris.