‹ D'un siecle à l'autreChapitre 104 sur 253 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

pourroit suffire, aux frais de la publication de mes ouvrages (dussent ces frais tomber tous sur moi, et ne me rentrer en tout ni en partie); sans que pour cela je fusse privé de mon vrai nécessaire physique et social: De sorte que je ne suis pas obligé non plus; de ménager les Préventions du Publie, sur leur fond ni sur leur forme. Enfin; telle est ma patience et ma résignation, en fait de Réputation littéraire: que je suis déjà tout préparé, à supporter les dédains (et même les persiflages) de mes Contemporains; auxquels je ne répondrai, que par de nouveaux Présents. |

Quant aux Critiques proprement dites, mon Arsenal est trop bien fourni pour que je les redoute. Et quant aux Imputations odieuses: Je les préviens complétement ; en ne touchant pas le moins du monde au Gouvernement ni à la Religion. Cependant je ne me refuserai pas à de petits ménagemens et à des lettres honnêtes: Quand il ne faudra que cela; pour procurer à quelques-uns de mes Opuscules, l'entrée des Recueils propres à répandre et à accréditer les Vérités que jy expose, en m'épargnant les frais d'impression de ces opuscules-là.

.... Leroide Prusse en accordant à M. (Pierrre) Prevost la démission de sa chaire (de Philosophie morale et d'histoire de ancienne philosophie) l’a prié de se chercher un successeur. J'imagine que vous n’avez pas besoin des émoluments attachés à une telle gène. »

De Pierre Naville, ancien auditeur, du Conseil des LX, etc., à son beau-frère Pierre de Thellusson, celui du fameux testament, père du premier lord Rendlesham, etc., en Angleterre, de Genève, août 1785.

« Je suis, mon cher ami, si persuadé de ta disposition à me

faire plaisir, que je devrois me contenter de te confirmer tout

ce que mon neveu Pictet te marque de mon cher petit-fils et filleul Pierre Galiffe; mais l'amitié que je lui porte (et qu’il mérite à tous égards) est si vive que je ne puis me dispenser de te prier en mon particulier de lui rendre tous les services qui dépendront de toi, soit en le plaçant dans une bonne maïison, soit en lui servant de père pendant son séjour à Londres. Je le regarde comme mon enfant, et je pense que je ne puis le remettre en de meilleures mains que les tiennes. Je ne te dirai point combien je te serai obligé d’avoir égard à ma recommandation ; je me flatte, mon bien cher ami, que tu ne m'as pas oublié et que tu es bien convaincu que je n’ai jamais cessé de prendre le plus vif intérêt à tout ce qui pouvoit regarder, toi et les tiens.

Ma femme te fait ses tendres amitiés; elle est depuis cinq à six mois dans un état d’infirmité qui ne lui permet pas d’être aussi utile à ta chère fille qu’elle le désireroit; ! nous avons le plaisir de la voir quelquefois, mais pas aussi souvent que nous le souhaiterions. S'il plaisoit à Dieu nous rendre la santé à l’un et à l’autre, nous pourrions nous procurer cette satisfaction plus souvent; elle seroït d'autant plus grande pour nous que nous pourrions au moins te témoigner par là notre entier dévouement, et moi en particulier le tendre attachement avec lequel je suis

Tout à toi. »

De M. Pierre Thellusson, le destinataire de la lettre précédente, à Mme Galiffe-Naville, sa nièce, à Genève; de Londres, le 26 août 1785.

« En vérité, ma petite nièce, vous méritez d’être bien

1 Madame Naville, dont il est ici question, n’était pas la première femme de Pierre Naville, Anne-Sara de Thellusson, morte déjà en 1749, mais sa seconde

‘ femme, Z.-C. Aubert, que, du reste, la famille avait complétement adoptée. J.- Pierre Galiffe est celui qui fut ensuite lieutenant-colonel au service d'Angleterre.

Pet

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