‹ D'un siecle à l'autreChapitre 176 sur 253 · SOLTLAIV EC EE D MEME · texte numérisé non relu

SOLTLAIV EC EE D MEME

On à vu que la police secrète de Soulavie s’étendait également sur les correspondances particulières de Genève avec la

Suisse. Au nombre des lettres saisies de cette façon et que le résident communiqua aux Comités réunis, il s’en trouva une de Z.-F. Lombard, sautier de la République, à son ami M. de Saint-Saphorin à Aubonne, et dont Lombard, présent à la séance du Comité, n’hésita pas un instant à s’avouer l’auteur. À l’instigation du résident, il fallut voir des sympathies contre-révolutionnaires dans les épanchements, tout confidentiels d’ailleurs, qu’elle contenait, et punir l’auteur en conséquence. Ce fut à ce propos que Soulavie déclara au Grouvernement, très-fâché de cette intervention, «que les dénonciateurs pour la cause de la liberté étant sous la protection spéciale de la France, on n’avait pas à ‘se préoccuper de ceux qu’il employait. »

De la même à la même à Préverenges; de Céligny, 11 novembre 1793.

€ . . . . . Je fus vendredi dernier à Genève, je fis quelques affaires et fus coucher chez les Fazy. Ces pauvres gens sont bien malheureux: une maison de commerce à Bordeaux qui est sens dessus-dessous et sous la verge de fer des Sans-Culottes, ils n’en ont plus de nouvelles depuis longtemps, de même que de leur maison de Montpellier. Ensuite à Lyon, leur blancherie a été consumée pendant le siége, et la fabrique a assez souffert des boulets; les Sans-Culottes y ont mis les scellés. Juge ce que c’est qu'un commerce arrêté net, des paîments à faire à Genève, et les papiers, titres, lettres de change, tout entre les mains de la Nation qui, dit-on, veut prendre la maison pour des casernes et s'approprier les biens et les papiers de cette maison; le fils caché, risquant sa vie s’il est découvert; vraiment ses parents sont bien à plaindre ! J’ai trouvé M. Fazy affaissé sous le poids de ses infortunes, Madame fort agitée, ne pouvant plus dormir.

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