CHAPITRE IV
découvert à Genève une conspiration contre Vef et Janot, que leurs vies étoient menacées. On a trouvé une personne nantie d’un poignard et le fabricant desdits poignards ; qu’à la mort des chefs on devoit crier € Vive la République françoise ! » On a trouvé aussi chez une femme, à Rive, un drapeau françois. Vous voyez, chère amie, que cela ne va pas au mieux. Les nouveaux syndies et Conseil ont, dit-on, écrit aux Cantons pour se faire reconnoître. — On vous aura sûrement parlé des divers costumes; c’est à faire gémir, quand on pense aux déprédations des revenus de Genève; simplement les bâtons de syndic coûtent vingt-cinq louis pièce !
La duchesse (de Tiancourt) est tout à fait émigrée: elle demeure à Prangins. $es deux fils cadets doivent aller en Angleterre joindre leur père. La Nation s’est saisie de la maison. Ao(za) est fou, dit-on. Il a loué deux chambres à Viersoix), où il est avec sa fille. Il ne vouloit pas que son amie prit le parti qu’elle a pris, mais qu’elle tentât de se rendre à Grex avec les autres nobles qui sont détenus dans les prisons.
On écrivoit de Londres, en date du 8, que les puissances coalisées étoient fort d'accord, que le roi de Prusse ne se retire point. Le plan est, dit-on, enfin de marcher sur Paris. En attendant, ils ne cessent de s’entredétruire à Paris, les exécutions vont grand train; Robespierre, en attendant son tour, est toujours le maître. Dans le nombre des morts, nous avons vu Simon, qui étoit du Mont-Blanc. On disoit que les François avoient été repoussés près d’Oneille, mais qu’ils veulent tenter d'entrer dans le Piémont. Æülliet-Plantamour, le cadet, se meurt de la poitrine. On pense à le mener en Portugal. »
À l'inverse de ce qui se passe en ville, il est rare que les principaux démocrates de la campagne n’appartiennent pas à la classe des cultivateurs aisés, surtout lorsqu'ils ont pour voi-
sins quelques familles notables. Ce .J.-Z. Baud, dont il sera encore question, nous semble avoir appartenu à cette catégorie de «libéraux.» Au reste, il ne s’était pas borné à insulter le citoyen administrateur Roch, il paraît qu’il lui avait fait entendre & que si l’on s’avisait de toucher aux propriétés communales de Céligny, ce village pourrait compter sur un secours de quatre mille Suisses, et que ses habitants se feraient suisses eux-mêmes au besoin. » Le citoyen Futio, juge de paix de l’endroit, ajoutait qu’ils avaient menacé d’abattre tous les arbres de la Liberté (Reg. du Comité d’ Admin., 17 avril 1794). L'un de ces arbres servait de cible aux tireurs suisses. En général, les autorités révolutionnaires de la ville se louaient peu des citoyens du territoire rural, et surtout de ceux des deux anciens Mandements de Peney et de Jussy; à les entendre, Con n’y trouvoit aucun esprit public, mais au contraire beaucoup d’égoïsme et de défiance. » On se plaignait aussi que la campagne était toujours arriérée dans ses contributions. — Quant à l’affaire assez équivoque des poignards, les principaux inculpés furent acquittés et le résident Soulavie se transporta aussitôt à leur club des Montagnards pour leur donner
«Paccolade fraternelle, » (Reg., 18 juin 1794.)
De Mademoiselle Anne de G'allatin à la même, à Préverenges; de Genève ou Bel-Air, fin d'avril 1794.
€ . . . . . On peut manquer notre société du Jeudi sans grands scrupules. À force de recrues, on y voit souvent quatre parties: Mademoiselle Piodati, M. et Madame Cazenove-Martin tous les quinze jours; MM. Sarasin, Jaquet- Hubert, Jenny Plantamour très-assidue ; aussi je t’assure qu'on ne s’y entend pas quelquefois. Cependant, comme il ya quelques personnes que je suis charmée d’y voir, j'y ai été
encore assez régulièrement, TE MERE