AVANT-PRO POS
On a qualifié la biographie « l’œil de l’histoire, comme met-
tant notre esprit plus directementen rapport avec les faits géné-
raux, > et l’on a ajouté « que ce qui était vrai de la vie de certains
personnages isolés pouvait, à plus forte raison, s’appliquer à l’histoire des groupes d’individus, liés entre eux par le sang ou par d’autres circonstances. » Aussi plusieurs écrivains se sont-ils évertués à créer de toutes pièces, sans trop faire tort à l’histoire, le groupe qui leur faisait besoin. Nous ne voulons pas Tes imiter; mais nous avons à citer quelques précédents au genre beaucoup plus modeste en soi, plus présomptueux peut-être à d’autres égards, que nous tentons ici.
Dans la préface du livre que notre savant et original coneitoyen, le baron Grenus, a fait sur quelques membres de sa propre famille, il dit: « Mon ouvrage deviendra peut-être classique dans deux mille ans; car aujourd’hui on regarderait comme d’un prix inestimable la découverte d’un pareil travail écrit au commencement de l’ère chrétienne, sur une famille grecque ou romaine. > À propos de quoi feu le prof. Gaullieur observait, dans sa notice sur ledit baron: « Certainement, si nous possédions le livre de raison de Caton l’ancien, ou tel autre registre domestique écrit par un vieux Romain, au moment où les Scipions opéraient une transformation dans les mœurs de la République, bien des choses s’éclairciraient qui sont aujourd’hui lettre morte pour nous. »