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CHAPITRE IV

club de la localité voulaient garder à tout prix, tandis que ceux de Russin et de Peney s’agitaient au profit d’un troisième, le pasteur Bourrit. Un quatrième ecclésiastique, le pasteur Humbert-Dufour, envoyé sur les lieux comme délégué de l’ancien pasteur Bourdillon, et très-mal reçu par les paroissiens, qui avaient même enlevé les battants des cloches, dut faire enfoncer les portes pour pouvoir officier. ! Ce qui est assez caractéristique, c’est que la faveur populaire se portait alors sur les ecclésiastiques les plus orthodoxes: on sait le rôle que le pasteur Moulinié joua plus tard dans le « réveil religieux » de Genève, de même que son collègue Demelleyer qui, dans des circonstances analogues, était réclamé par les paroissiens de Genthod. Nous avons sous les yeux une requête du 16 décembre 1794, adressée aux Syndics et Conseil, au nom de tous les citoyens et citoyennes de ce district & qui ont du discernement, » par le juge de paix, Louis Galopin, disant entre autres: € Qu’étant tous bien persuadés que la

1 C’est ce qu’il raconte lui-même dans une lettre humoristique à la famille Galiffe, dans laquelle il avait été précepteur. — A propos de Russin, il n’est pas sans intérêt de rappeler que les conditions anormales imposées à ce village par le traité de 1749, relatives au caractère catholique de son église, continuaient à subsister (v. p. 62-63); sans doute le « fanatique » curé avait dû vider les lieux, à la demande de Soulavie,etle temple, rendu au culte national en juillet 1793, servait également au Club del’endroit. Mais les propriétés attachées à l’église et à la cure continuaient, sous les auspices du résident de France, à être périodiquement amodiées pour plus de mille florins, au « catholique unique de Russin, » le citoyen Merme. — Une autre remarque à faire, en contradiction avec tout ce qui à été dit sur ce sujet, c’est que pendant toute l'époque révolutionnaire, le Gouvernement continua à racheter, au fur et à mesure que l’occasion s’en présentait, des ci-devant seigneurs et propriétaires de fiefs du territoire genevois, les « dimes, franchises, paies mortes, » etc., dont ils jouissaient. Ainsi, de 1794 à 95, de la famille Horngacher, pour la seigneurie de Dardagny ; des Deonna, pour leur domaine de Russin; des Bossier, pour la terre de Ruth; de M. Labat- Thellusson, pour Jussy, La Gara, etc. (23,129 florins), ete. Encore en 1798, le citoyen .-B. de Saussure transigeait avec l'Etat, en dégrèvement de sa taxe révolutionnaire, pour le rachat des dîmes de son domaine de Conches. — Une autre question dont on s’occupait beaucoup alors avec les autorités françaises, était celle du désenclavement des parcelles du territoire genevois et de leur réunion à la banlieue de la ville,

science de la religion et le culte rendu à l’Être Suprême sont les bases de l’honnête homme et du bon citoyen, ils requièrent qu’on leur laisse, comme pasteur fixe, le citoyen Demelleyer, possédant toute la capacité requise d’un vertueux prédicateur, reconnu par la beauté et l’énergie de ses sermons, de ses prières et de ses catéchismes, par son caractère magnanime, convenable à un docteur qui instruit un peuple libre, ses

frères et ses concitoyens, etc. »

Liste alphabétique des Cercles et Clubs genevois mentionnés dans les registres officiels de 1792 à 1795.

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