CHAPITRE IV
De J.-A. G'aliffe, pendant son voyage à Hambourg (avec un jeune Maior de Molens, Vaudois), à ses parents; juin 1796.
€ . . . . . La manière dont nous voyageons n’est rien moins qu'agréable et instructive; le postwagen ( espèce de chariot très-mauvais et très-incommode ) va quelquefois assez vite, mais plus souvent au pas, il s'arrête à toutes les stations assez longtemps, quelquefois jusqu’à trois heures de suite. Malgré ces pauses, on n’a pas le temps de voir et s’informer, parce que, moulu par le cahotement, on préfère se reposer, et que d’ailleurs il faut se tenir longtemps d’avance auprès de la voiture pour ne pas la manquer. Depuis Bâle, nous avons toujours eu compagnie; d’abord l'abbé de Muzières, de Montpellier, M. de Pontgibaud, d’une bonne famille d’Auvergne et qui fait maintenant un petit commerce, deux paysans, une Françoise, Madame de Sevin, puis une demoiselle allemande, etc. 5
Il y a beaucoup de troupes dans tout ce pays. Nous avons vu plusieurs camps à 1/4 ou 1}, lieue du grand chemin. A Mulheim, quartier général de l’armée du prince de Condé, où il loge lui-même avec ses fils et ceux du comte d’ Artois, j'ai vu plusieurs soldats du régiment de Châteauvieux, qui avoient connu mon frère. M. Mallet-Butini étoit auprès des princes, mais je n’eus pas le temps de le voir. . . . . »
Du même, de Hambourg, 3 septembre 1795.— «€ . . . Mon frère a passé huit jours à Hambourg en allant rejoindre à
Là
Brême les princes d'Orange, au service desquels il est placé
un large tribut aux pillages organisés, de la crise de 1794. Cette fois, 24 août 1795, la demeure du professeur W. fut envahie et pillée à fond par cinq inconnus armés, se présentant au nom de la Loi, pour rechercher une fabrique de faux assignats; leur premier soin avait été d’enfermer toute la famille et les domestiques dans la cave. L'affaire fit d'autant plus de bruit qu’on se croyait enfin à l'abri de pareilles violences, et le résident Desportes s’employa trèsactivement à rechercher les coupables et les effets volés.
comme capitaine de hussards, avec l'espérance d’un grand avancement que lui donne la protection particulière des princes, auxquels il est recommandé par le général qui a beaucoup d’amitié pour lui. Etant très-occupé, parce qu’il est aussi leur aide de camp, il n’a pu vous communiquer plus tôt cetteimportante nouvelle. Si l'expédition des princes d'Orange vient à manquer, il est assuré d’une compagnie à la Jamaïque que M. Pitt lui a positivement promise. J’aurois pu avoir une lieutenance dans le même régiment. . . . . mais pour ne pas influer sur votre décision, je ne vous dirai pas même de quel côté seroient mes sympathies. »
De M. de Manoel de Végobre (juge d’appel après la Restaura-
tion) à M. Colladon, pour Madame Galiffe, à Coppet ; de Bossey, 14 septembre 1795.
« M. de Végobre reçoit dans cet instant une lettre de M. d’ Yvernois (sir Francis), datée de Londres, 25 août, qui contient le morceau suivant :
« Si vous êtes dans le voisinage de M. l’ancien trésorier « Galiffe, faites-moi le plaisir de lui faire savoir que les minis- &« tres m'ont promis ce matin une place de capitaine pour son « fils dans le régiment de nègres qu’on lève aux Isles. Ce mot « de nègre ne sonnera peut-être pas bien à ses oreilles; mais « c’est un corps pour lequel on ne fait pas de différence des « autres, et qui donne aux officiers leur rang dans tout le « reste de l’armée. Comme il n’y a pas eu d’exemple d’un € Capitaine fait sans avoir passé par les grades intermédiaires, € je vais m'occuper des moyens de l’y faire passer très-rapi- « dement, et l’on m'a promis que s’il ne pouvoit pas partir « avec le brevet de capitaine, il partiroïit avec la promesse de « la première place vacante; en sorte que s’il l’obtient et qu’il
Tr