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CHAPITRE IV

Capitale. Mais au printemps 1797, un aristocrate pur sang, le colonel Michel Micheli-de Châteauvieux, avait réuni les suffrages de ses concitoyens et ceux du Directoire, auquel il lui avait suffi de donner sa parole € qu’en sa qualité d’ancien offcier suisse, il n’avait pas figuré le 10 août 1792 à la défense des Tuileries.» Des lettres prouvent qu’il était alors au mieux

avec Delacroix, avec son successeur Talleyrand et même avec le résident de France à Genève.1 Micheli lui-même exprima plus tard l’opinion que, s’il avait été plus régulièrement et plus promptement informé, et surtout plus habilement secondé par ses commettants de Genève, la catastrophe d’avril 1798 aurait pu être évitée, malgré l’invasion de la Suisse par les troupes françaises. Mais, hélas ! on était déjà loin de l'époque où les noms, la réputation et les alliances de l’aristocratie et des illustrations genevoises couvraient Genève comme d’une égide! Tout ce qu’on peut dire, c’est que la ville, pacifiée à ) ) l’intérieur et fatiguée du régime révolutionnaire, offrait réellement alors plus de sécurité à ses émigrés, qui y rentraient de toute part, que la Suisse et surtout que le pays de Vaud, où la révolution ne faisait que commencer. Les pièces suivantes achèveront de caractériser cette dernière phase de l’ancienne République.

l Dans une lettre des plus amicales, du 30 prairial an V, Desportes félicite Micheli «du très-beau discours qu’il a prononcé à sa réception à Paris, de la réponse si flatteuse que lui a faite le président du Directoire, de la joie des Genevois et de leurs magistrats. Depuis lors, l’honnête visage du professeur Pictet était rayonnant de satisfaction, et son allégresse était partagée par toutes les belles républicaines du Casino. Les Rues basses, aussi bien que les hautes, avaient fait éclater les mêmes transports. Il n’y avait plus de haut ni de bas, 1à où le cœur était entraîné; ses rivaux mêmes applaudissaient à son triomphe.» « Puissiez-vous, ajoutait-il, n’avancer toujours que sur des roses dans la carrière épineuse où votre civique dévouement vous a contraint à vous lancer! j'en écarterai soigneusement toutes les ronces, et je jouirai pour le moins

autant que vous du succès qui doit couronner la sagesse et l’aménité de vos démarches. »

De l’ancien syndic I.-L. Naville à sa sœur, Madame Galiffe- Naville, à Préverenges; de Céligny, 17 février 1798.

La date seule de cette lettre te dit déjà, je pense, chère sœur, ce que j'ai à t’annoncer. Nous voici tous réunis dans nos anciens foyers. Yverdon n’était plus un séjour de paix. Si la guerre commençoit une fois, il deviendroit même très-dangereux. Je ne connois pas dans toute l’Europe un seul coin où il soit possible d’assurer qu’on jouira de six mois de calme. Il ne faut donc plus songer à chercher un asile, mais revenir à son gîte, prendre toutes les précautions que la sagesse et la prudence peuvent indiquer, et attendre avec patience et résignation ce qu’il plaira à Dieu d’ordonner de nous. Il vaut mieux périr sur son fumier que de s’exposer à tous les maux d’une vie errante; et la vie, après tout, n’est plus un bien si grand qu'il faille tant s’en mettre en peine. — On m'assure qu’à Grenève, la crainte de perdre l’indépendance a réuni tous les esprits, et qu’on n’est plus qu’un cœur et qu’une âme ! Une foule de gens très-marquants y rentrent; je pourrois (dit-on) y aller sans le moindre inconvénient. . . . ;le résident, dont on m'a procuré la protection spéciale, m’a témoigné beaucoup de bienveillance. . . . . »

S. M. le roi de Prusse Frédéric- Guillaume III aux Syndices

et Conseil de la République de Genève; de Berlin, 3 janvier

& Messieurs,

Je suis très-sensible à la part que, suivant votre lettre du 16 décembre 1797, vous prenés à la perte que J’ai faite par le décès du feu Roi Mon père, ainsi qu'aux félicitations que Vous M’adressés sur Mon avénement au throne. Vous pouvez être persuadé que Je serai, à l’exemple de Mes prédécesseurs, constamment disposés à Vous témoigner l'intérêt que de

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