‹ D'un siecle à l'autreChapitre 34 sur 253 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DeM. Samuel Engel, bailli d’Aarberg, ci-devant premier biblio- . thécaire à Berne, savant auteur de quelques traités, « à M. Calan- drini, très-célèbre professeur de l'Académie de Genève », d’Aar- berg, du 14 février 1750.

&« Monsieur,

Je dois une réponse à deux de vos lettres: sçavoir celle du 15 janvier dernier, et si je ne me trompe, encore une du commencement de l’année passée; pour la dernière, comme vous m’y faisiez espérer la connoissance d’un connoisseur de médailles, j'attendois son arrivée; mais ne l’ayant point vu, je n’ay osé attendre plus longtemps. — Je répète ce que j’ay eu l’honneur de vous dire, sçavoir, que si j’ay un Constantinus, Constantius et Constans en or, cela pourra me suffire, à ce que je crois. — Au reste, M. de Muralt assurant toujours avoir perdu ma dissertation sur le passage du N. E. de la Nouvelle-Zemble, et autres sujets qui y ont rapport, et des Anglois, qui en ont entendu parler, souhaitant avec passion de la voir, je tâcheray, malgré mes occupations accablantes, de trouver quelques moments pour y travailler de nouveau, n'ayant par malheur gardé aucune copie de ma pièce; mais M. de Muralt m'a assuré depuis peu, qu’il avoit appris des nouvelles intéressantes et sûres à ce sujet: sçavoir, qu’un vaisseau Moscovite étoit parti d’Archangel et arrivé en peu de temps au Kamtschatka, et qu’un autre étant parti de ce dernier pays avoit été jeté assez fort peu de temps après sur les côtes de Californie; de sorte que cecy prouveroït mon système incontestablement; M. de Muralt m’a dit qu’il recevra dans peu les relations là-dessus, de même qu’une carte fort curieuse, copiée d’après une originale, qu'on tenoit fort secrète en Russie et qu'il me communiquera le tout; mais j'avoue, que je crains de ne pas voir sitôt l'exécution de ces promesses; ainsi je vous aurois une obligation infinie si vous vouliez vous en informer à Genève, d’où il prétend tirer tout cecy; et je crois que, sinon

le tout, du moins le principal doit venir de la part de M. de Carro! dont le fils, lorsqu'il se trouva au pays, doit avoir eu bien des conférences avec M. de Muralt; en ce cas, il est impossible que des curieux de votre ville n’en soyent instruits. — J’attendray l’honneur de votre réponse et ay celuy d’être

avec une estime toute distinguée, Monsieur, Votre très-humble et très-obéissant serviteur

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