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CHAPITRE II

pour l’occasion les principaux autres magistrats et les étrangers de distinction en séjour à Genève. Il était également d'usage que la Seigneurie prit à sa charge la moitié des frais de ces festins quasi-officiels. Mais cette fois, peut-être à cause des plaintes croissantes du peuple sur l’augmentation des impôts, la Chambre des comptes jugea convenable de mettre fin à un abus qui, une fois ou l’autre, aurait pu être interprété comme le fut en 1789 le repas donné à Versailles au régiment de Flandre par les Gardes du corps. Par conséquent, les deux nouveaux syndics durent supporter en entier les frais de ce banquet qui montèrent à 1068 florins, 8 sols, non compris le dessert fourni par le sieur Puesch, et les plats doux, qui alors beaucoup plus usités que de nos jours, durent l’élever à 1150 florins au moins, c’est-à-dire environ à la somme de 540 francs, qu’il faut (comme celle du compte précédent) tripler ou quadrupler pour se faire une idée quelque peu juste de cette dépense selon la valeur actuelle de largent. — Les convives étaient au nombre de cinquante-deux, répartis à trois tables, servies par autant de traiteurs différents (les sieurs Payant, Jaubert et La Motte). Le détail du menu, sans doute moins copieux pour un souper que pour un dîner, fait défaut dans la note que nous avons sous les yeux. On y voit cependant que le sieur Sarran, boulanger, avait fourni 30 pains d’une livre et 84 petits pains de trois à la livre, à six sols la livre, total 29 florins; il y avait aussi trois truites, proportionnées au nombre des couverts de chaque table et pesant ensemble 51 livres, apprêtées de trois manières différentes; le souper proprement dit revenant sans le vin, le pain et le dessert, à 10 fl. 6 s. par tête. On est plus explicite sur la partie liquide du festin. En fait de vins dits « communs, » les 52 convives avaient consommé 20 quarterons à 16 s. le quarteron, 25 bouteilles à 15 s. et 6 à 1 ., fournies par le sieur Metral. De son côté, le trésorier avait livré 18 bouteilles de

Bourgogne qui avait coûté 78 fl. 9s., et autant de demi-bouteilles de Xerès et de Pacarès à 12 s. 6 deniers pièce, et la Seigneurie y avait ajouté 20 bouteilles de vin Cote (La Côte?) à 1 fl. la bouteille, sur lesquelles il en était resté 6 que le trésorier avait reprises, — ce qui prouve que nos autorités tenaient des approvisionnements de vin autres que celui destiné à la communion. On avait pris en outre, sans doute en guise de liqueurs, 4 bouteilles d’eau cordiale provenant de chez M. Colladon, pharmacien ; enfin M. le Sautier, qui comme concierge de la Maison de ville tenait une sorte de caférestaurant à l’usage de létablissement, avait fourni pour 94 f. 6s. de café et de chocolat. Les frais de service et de vacation se montaient à environ 50 f., et il avait fallu payer 10.98. à Alle et Borel pour dix verres, une carafe et quelques gobelets cassés. — Le même jour ou le lendemain matin, les mêmes nouveaux syndics avaient dû donner un déjeuner à raison d’un écu par tête pour 34 personnes, que nous présumons avoir été en majeure partie des employés ou habitants de la Maison de ville. Ce repas était composé d’un grand plat de chaudelets, d’une langue de bœuf, de quatre de cochon, d’un plat de « sec,» d’un plat de saucisses et d’un autre de pieds de cochons.

Du naturaliste et philosophe Charles Bonnet à M. Claparède-Calandrini (ensuite premier syndic}, relativement à un éloge du professeur et syndic Jean-Louis-Calandrini,' auquel il travaillait avec M. Langes de Lubières, du 7 mars 1759.

€ Envoyés, mon cher Monsieur, à M. de Lubières tous les Papiers de ? Homme Illustre que nous pleurons. Il s’est chargé

1 J.-L. Calandrini mourut le 30 ou le 31 décembre 1758. Comme nous l'avons dit plus haut, le célèbre Charles Bonnet était disciple, parent et ami du défunt, avec qui il avait travaillé à son livre sur l'Usage des feuilles, et qu’il allait maintenant aider à biographier. Nous respectons la curieuse orthographe de Bonnet, différente à quelques égards de celle de ses contemporains. Gaullicura faitlaremarqueque son écriture avait quelque chose de monumental.

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