‹ D'une Application Nouvelle Des Scarifications Linéaires Dans les Édèmes Chroniques ScrofuleuxChapitre 11 sur 18 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

CGOUPEROSE

Si l'acné fluente est le tourment de la femme dans sa jeunesse, l’âge mûr lui réserve d’autres soucis et l’acné rosacée vient à son tour menacer sa beauté,

Nous n’entrerons pas dans la description des huit espèces différenciées par Bazin, lesquelles à vrai dire ne constituent que des stades diverses de cette affection. Nous n’en ferons pas non plus le tableau ; chacun la connaît pour l'avoir vue cent fois, non sans l’avoir accompagnée peut-être d’un blâme tacite, car dans l'esprit de beaucoup, la couperose marque le visage comme d’un stigmate, signe révélateur d’un vice qu’il est superflu de nommer.

Bien mieux, on a pu établir toute une gamme, depuis le « rubis jusqu’à l’'améthyste » comme le chantait déjà au xvI‘ siècle. le poëte du Val-de-Vire, et à la couleur du nez reconnaître la boisson favorite.

Chez les buveurs de vin, on observerait, en général, des nodosités d’un rouge vif ; chez les buveurs de bière, c'est plutôt le rhinophyma cyanorique ou violet ; chez les buveurs d’eau-de-vie, la peau du nez est surtout d’un bleu foncé, lisse, en même temps qu’elle est souple et doublée d’une épaisse couche graisseuse. Il est même un fait plus

extraordinaire, c’est l'apparition de l'acné rosée chez les personnes qui abusent des cures hydrothérapiques (1).

Il nest pas douteux que l'alcoolisme soit l’une des sources principales de cette affection, mais il n’est pas la seule, comme le voudraitjun préjugé malheareusement trop répandu,qui ajoute aux désagréments,aux souffrances même de la couperose, une honte morale à laquelle reste difficilement indifférente une conscience sans reproche. Ce préjugé est antique, et Lorry (2) dans son vaste traité; l’attribue aux progrès du luxe et de la débauche, ainsi qu'en témoigne l'étymologie même, du mot : Rose de Cypris.

A côté de l'alcoolisme qui malgré tout, reste une cause fréquente de la couperose, il faut tenir grand compte aussi de l’action des agents extérieurs : changements de température ; vent, pluie, etc.; mais surtout accorder Ja plus large part aux causes générales et internes qui donnent à l'acné rosée, ses caractères d'intensité, de gravité et de persistance, qui sont marqués principalement chez les arthritiques. sh

Mais s’il est vrai que l’hérédité maternelle directe se rencontre fréquemment; si les troubles utérins sont souvent incriminés; siles céphalées, le froid aux pieds:et tous les petits malaises, inhérents au fonctionnement défectueux, d’un organisme héréditairement taré, lui font cortège ; la grande cause, la principale source, l’étiologie véritable parait résider dans les troubles gastriques dont la plupart souffrent depuis des années.

(4) Kaposi. Leçons sur les mal. de la peau.T. II, p. 28. (2). Lorrv. Tractatus de morbis cutaneis. Paris, 1777.

| Se On a prétendu que la localisation cutanée était une manifestation diathésique relevant de l'arthritisme comme la dyspepsie à laquelle elle ne se rattacherait que par des liens de PATES mais non de filiation. | … IL nous semble qu'on y doive voir quelque chose de plus. Quand on suit en effet leur marche, quand on voit la couperose évoluer parallèlement avec l'affection gastrique, subir des poussées nouvelles à chaque recrudes- cence de cette deniers, et s'apaiser quand celle à se calme, il est difficile de ne pas établir entre ques da relations de cause à effet. | er Or ce n’est point là une » pure affaire de théoniés une simple question d'appréciation individuelle; non, Car -imbus de cette idée, nous en tirerons le R une : ligne de conduite rationnelle pour le traitement. Nous donnerons une importance capitale au régime, et remettant l’état. général au mieux, par une sage hygiène, nous transformerons aisément l’état local par les scarifications : ou, dans les cas extrêmes, par da décortication, ainsi que l'a fait M. Le Dentu, dans un cas -de rhinophyma- ‘ exubérant. ÿ Cantal il n’est pas inutile, a être, d'être étant que dans certains cas, quoique l'on fasse, les efforts se | ‘trouvent déjoués, et que la coUpStass nous “haute encore par bien des puiteu pt |

de biologie générale et s’ils sont analogues aux taches que présente la robe des animaux ; il semble qu'une étude poursuivie avec patience et curiosité, et sans parti pris, pourrait conduire à des conclusions nouvelles et intéressantes.

Or aucune affection n’est aussi répandue ; et quand Depaul disait que plus d'un tiers des nouveaux-nés présentaient des nævi, il faisait sans doute allusion à ces taches, qui par leur étendue ou leur disposition forcent d’elles-mêmes l'attention. Car s’il en faut croire M. Besnier (1) ilest peu d’hommies qui ne portent une tache sanguine à la partie la plus élevée de la nuque; et M. Fileaudeau (2) reprenant la question ; sur 250 personnes prises au hasard en trouvait 225 marquées de signes ;

On sait que les femmes surfout en sont la victime préférée, aussi s’est-on ingénié de touttemps à venir en aide à leur coquetterie. Les poudres, les crêmes et les fards des parfumeurs ou des charlatans furent d’abord seules mises en usage ; puis les hommes de l'art s'en occupèrent et imaginèrent une foule de traitements, tels que : tatouages, vésicatoires ou caustiques, qui furent, les uns insuffisants ; les autres exagérés dans leurs effets.

C'est encore Balmanno-Squire (3) qui imagina d’appliquer les scarifications au traitement des nævi, et qui eût

(A4) In Kgposi. loç. cit. T. II. p. 227.

(2) An. de derm. et syph. an. 1895, T. IV.

(3) B. SouiRE. On port-wine-mark audits obliteration without star. Fourth, edit. London, 1880. |

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le mérite de modifier le manuel opératoire, afin d’écarter toute possibilité d'accident. Il faut en effet avant tout, éviter les cicatrices ; aussi l’auteur anglais fait-il remarquer fort justement, qu’on doit se garder de couvrir le nœvus de hachures quadrillées ; sous peine de voir les lambeaux ainsi formés et privés de leurs vaisseaux, s’ulcérer, en laissant des traces ineffacables.

Il reste bien entendu, que ces soins minutieux, visent surtout les nævi plans, car les tumeurs érectiles réclament d'autres interventions, et cela pour plusieurs raisons.

D'abord parce que le traitement par les scarifications est beaucoup trop lent dans ce cas, et qu’il en existe d'autres plus énergiques, tels que : l’électrolyse ou le procédé de Sherwel (1), consistant en cautérisations produités par les piqüres d’une aiguille trempée dans une solution saturée de phénol ou d'acide chromique à 40 °/;.

Puis aussi, parce que les nævi hypertrophiquss présentent ; d'après les intéressantes recherches de M. Fileaudeau (2), des modifications importantes de structure. On y trouve desamas de cellules épithéliales très analogues à ceux de l’épithélioma tubulé à petites cellules, qui donnent l’idée d'un processus latent, qui n'attend qu'une cause pour s'éveiller, Aussi est-il plus sûr de les détruire au lieu de les exciter. k

Il est encore recommandé de ne point pratiquer les - scarifications dans la première enfance, à moins d’indications spéciales qu’on tirera de l'extension progressive

(4) SLOCKER, ?n Cronica medica Valence, an, 4 p: 4) (@) An. de derm. loco. cit.

du nœvus. Car il faut savoir que bon nombre de ces . taches de naissance marchent d’elles-mêmes à la régression et finissent par s'évanouir naturellement.

De plus l'enfant est indocile par tournure de caractère et en manière de protestation; car il n’est pas de son âge, de fsubir stoïquement une douleur dont il n’apprécie nullement les avantages. ESS

Or, nul n’ignore combien les téguments de la face sont 1 S sensibles, et d'autant plus sensibles qu'ils sont plus | jeunes. Aussi l’on conçoit aisément l’'appréhension et la crainte qui sontles fatales compagnes d’une DISRBere F séance de scarifications. |

‘Outre ce grave inconvénient, il en est un d’un autre genre, qui met à l'épreuve l’une des facultés les moins tolérantes de l'homme: je veux parler de la patience.

Les résultats sensibles sont lents à $e montrer ; il faut compter parfois huit ou dix séances, avant de voir les taches sanguines s'atténuer, en passant lentement par des teintes décroissantes. Il est naturel que ce soientles moins colorées qui s ‘effacent les premières et.le plus ja complètement ; mais les nævi, même les plus foncés et. Re

| … les plus importants s'éclaicissent peu à peu, et,s ils n ‘ar- NE rivent pas à disparaitre totalement. pour la plupart ils Ÿ s’effacent assez pour ne plus choquer ] Je regard. PART Ne MATE NE vient témoigner à l’œildu travail de: régression | PR et de sclérose qu'ont provoqué les scarifications ; et s’il est « audacieux de dire qu'il n'ya pas de cicatrice » (1), ES be rien ne le révèle, sauf une certaine dureté qu on sent. au

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