‹ D'une Application Nouvelle Des Scarifications Linéaires Dans les Édèmes Chroniques ScrofuleuxChapitre 15 sur 18 · GIRAUD · texte numérisé non relu

GIRAUD

LEE BR a.

Le regard est immédéatement frappé par l'aspect de cette enfant. Sa lèvre est énorme et déversée en dehors par le refoulement que provoque un œdème développé surtout aux dépens dela muqueuse. 2

Elle déborde linférieure d’un bon travers le doigt et on ne peut mieux la comparer qu’à la lèvre porcine. Elle tranche d’ailleurs d'autant plus singulièrement que le vi- : sage de Penfantest plutôt maigre et OsSeux. Ÿ

On voit et on sent un gonflement plus manifeste à la partie médiane de la lèvre ; à la pression, cette dernière CR estgénéralement dure tendue.,et d'unerésistance élastique, plus marquée au centre. ie a |

De plus l'enfant présente un léger bobo du si maxillaire supérieur qui contribue à repousser la lèvre, . sur laquelle sont marquées les empreintes des deux inci-

‘ sives médianes fort développé chez cette fillette. "E é ne partie cutanée de la lèvre est. d’une coloration (a | blanc-sale, bistrée (moustache chlorotique) tranchant SUT à À DE sui de la joue. NPC

#2 3 3 X 4 c £ L RE M TN =

Voici les renseignements complémentaires. La mère, femme < . grande et maigre. n’a jamais été. malade, mais (62 "est une ner- a. FOR veuse. arte PAR Ne te NUS RAC pere e8b. mort à 42 ans, d accident. Il svait toujours été : * bien portant et n'était pas buveur. Tout le monde se porte bien dans cette famille, et le frère et la sœur delenfant n’ont jamais

RS CEA ARE malades, 478 DU RS TT PES :

Leila et nn détail important dans l'espèce. on ne on dec gon- RON RS à flement de la lèvre chez aucun des membres de la branche | directe ou colatérale, et personne, à commencer par l'enfant, n’est sujet aux engelures. :

Gette'famille habite Paris, dans un appartement suffisam- “4 ment large et aéré.

% . Les antécédents personnels de l'enfant sont intéressants, en ce sens qu’on voit se dessiner graduellement, les diverses manifestations de la strume.

- Après un accouchement normal, elle a été élevée au sein jus-

a. __ qu'à 15 mois, a eu sa première dent à 4. mois et a marché à -# 10 mois.

‘HSE 1) Rougeole à 2 ans 1/2, et à la suite, pendant plusieurs Eu __… années, légères poussées de gourme derrière les oreilles.

‘a 2) A3 ans, sans cause connue (elle aurait des oxyures d’une

façon presque constante) un matin, ses parents s’apercoivent qu’elle présente un léger degré de strahisme interne.Ce dernier est intermittent et plus ou moins accentué suivant les jours. +753) À 6 ans conjonctivite palpébrale (traitée au sublimé et à JL LE jaune) survenant par périodes, exagérée par le vent et .. 7 le froid.

A)--AT 1 ans lohptalmie disparait, mais l'enfant se plaint de D uses et en même temps on voit sa lèvre supérieure aug- menter lentement de volume et s’entourer d’un liseré violacé.

la éyéérine et pansements boriqués sans résultats).

leurs elle n ‘est pas sujette au coryza ni aux engelures. Au commencement de janvier 1898 ; par un froid plus vif et

et en même temps apparaît sur la joue gauche, au voisinage de la marine une plaque rouge développée en quelques Jours dit la mère, et atteignant les dimensions d’ane pièce de D) francs. Cette plaque est érythémateuse, et télangiectasique. En certains points se voient de très petits nodules lupiques.

: La lévre supérieure, reste absolument normale (Onctions à.

- Or — point essentiel — l'enfant portait, depuis 2 mois déjà, : sur la lèvre supérieure des gerçures parallèles, plus dévelop- pées pendant l'hiver, disparaissant presque durant l'été. D’ailk

Es

plus humide ; l’ædème labial augmente rapidement de volume,

engin

La mère ayant inutilement conduit son enfant à plusieurs consultations du quartier, se décide à venir consulter à l’hôpital,

29 janvier 1898 -— Tenfant est de taille moyenne et ne présente rien de particulier à noter, en dehors de son strabisme et de son caractère très difficile, au dire de sa mère.

L'aspect de sa lèvre a été décrit au début de cette observation.

ire séance de scarification, portant uniquement et légèrement, pour habituer l’enfant,sur la face cutanée.

Pommade à l’oxyde de zinc. Huile de foie de morue.

2 février 1898. La modification est à peine sensible à l'œil ; mais le doigt, en palpant la lèvre, percoit une sensation de souplesse qui tranche nettement avec la dureté d'autrefois.

2e Séance de scarifications, plus complète, portant sur les deux faces dela lèvre ; en même temps que sur la plaque douteuse que l’enfant porte sur la joue.

On lui confectionne, en outre, une sangle de caoutchouc qui doit comprimer la lèvre durant chaque nuit

27 avril 1898. L'enfant a subi, depuis le début du traitement, une dizaine de séances, et l’état de sa lèvre est considérablement amélioré. Elle est réduite de plus de moitié, elle est souple et élastique, les fissures ont presque disparu et la moustache chlorotique s’est évanouie.

La plaque érythémateuse qui n’a été scarifiée que 2 ou 3 fois pâlit de jour en jour et's’efface graduellement.

: 18 mai 1898. L’enfantrévient, conduite par sa mèrefortsatisfaite du résultat ; afin de subir de nouvelles scarifications. Mais elle présente aujourd'hui sur la joue gauche, une plaque symétrique et en tout semblable à celle qu'elle porte sur la joue droite, elle est même plus étendue.

Or il fait depuis 8 jours, un temps froid et humide et il soufîle un vent continu qui suffisent peut-être à l'expliquer.

Scarification de la lèvre et des deux plaques.

2 juin 1898. L'amélioration est des plus remarquables et va S'accentuant, même en dehors des scaribications. Cependant il semble plus que probable, que la lèvre ne reviendra jamais à un état absolument normal, vu le prognathisme du maxillaire supérieur, que nous avons déjà signalé. Malgré tout, la mère et l'enfant sont enchantées du résultat, et disent que tout le monde en réste étonné autour d'elles.

Les deux plaques érythémateuses sont également à peine

. visibles, et il n’est pas douteux qu'elles ne disparaissent bien-

tôt totalement.

6 juillet. Mme J... revient parce que la moitié gauche de sa lèvre est de nouveau tuméfiée : avec cette particularité, que le gonflement s'arrête exactement sur la ligne médiane sans toucher l’autre moitié. Nul coryza pour l'expliquer, mais on découvre sur la paroi gauche de la eloison, un petit bouton dont l'enfant se plaint. On le cautérise au galvanocautère.

Cette observation nous paraît remarquable à plusieurs points de vue. )

Tout d’abord on peut voir chez une enfant qui ne semblait pas particulièrement prédisposée et qui vivait dans de bonnes conditions hygiéniques ; se développer lentement et successivement divers attributs de la scrofule, d'abord légers, puis plus sérieux, pour aboutir à l'œdème typique de la lèvre et peut-être au lupus.

Chez cette enfant nous suivons donc, pas à pas, l’évolution de la cause primordiale, essentielle, qui nous permet d'expliquer l'état de sa lèvre. Car pour cette explication, nous sommes obligés de faire intervenir deux facteurs; importants au même titre; puisque, si l’un prépare de longue date le terrain, c'est l'autre qui devient

des lèvres qui sont si fréquents chez les strumeux et qui

cependant la cause déterminante; et qu'ils sont impuissants à produire séparément de tels effets.

Malgré qu’on en ait dit, et malgré l'impossibilité de prouver scientifiquement la réalité du tempérament scrofuleux (1), ce dernier n’en reste pas moius entier au point de vue clinique, et son existence constitue la véritable étiologie de l’affection dont nous parlons. é Comment sans lui, concevoir de telles différences entre les individus, et comment trouver une explication satisfaisante aux effets étonnants produits par la cause la plus insignifiante, la source d’irritation la plus minime. La surprise de cette découverte ne peat avoir d’égale que la stupéfaction de voir cette affection infime persister avec une tenacité incroyable. ‘54 C’est que cette dernière, en même temps qu'elle se révèle comme cause déterminante de l’œdème chronique, | existe aussi comme manifestation d’un tempérament sans lequel n’existerait ni la lésion primitive, ni surtout la complication secondaire : témoins manifestes d’une prédisposition dont elles sont à la fois la conséquence et le F2 signe. ne | nr .

Ainsi préparée, cette Suans était livrée à la première ns cause d’irritation venue. Or ici; et ce point est encore intéressant; on ne retrouve ni le COTYZa, ni l'impétigo

sont le point de départ de l'œdème chronique. L' enfant à n’en à pas trace et n’en a jamais eu, car l’examen de ses fosses nasales les montre normales. La cause est plus minime, si C 8 posipie

) ©. LEBERT. Maladies scrofuleuses et tuberculeuses ; | GRANCHER @r . scrofule “a une ee SC; MES |

SU

- Elle consiste en deux fissures symétriques etlatérales, qui labourent dans toute sa hauteur la muqueuse de la lèvres, et en une série de petites érosions qui viennent se grouper autour des deux premières. Du jour où ces ger- ‘5 cures ont apparu, la lèvre a commencé à enfler. et la tu- 4 +. méfaction allait en s’accentuant toujours, jusqu’au mons ment où la mère inquiète, vint consulter. 3 DRASS DA ES avait: cependant essayé un traitement externe, fort = anodin il est vrai; mais elle avait aussi tenté un traitement interne des ee complets, puisqu'il comprenait, … Phuile de foie de morue, l'arsenic et le fer. Il est probable Rerqua la longue ce Ha Docu aurait réussi, Comme il

À “mieux, puisque sans attendre les modifications impri- # mées par l’âge, elles ont amélioré considérablement l'état ï local, en faisant disparaître les fissures. . Car c'est bien ainsi qu il faut concevoir la question, et ES dans cetie source d'irritation constante que nous trouvons la seule explication plausible d’un état pareil. Ces fissures en effet; qui préexistaient à l’œdème, et qui ne sont apparues, el surtout n'ont persisté que parce ; que le terrain le. permettait ; ont provoqué un travail d'in-

-ment. Puis, du jour où la tuméfaction de la lèvre fut.

assez marquée pour retentir à son tour sur les fissures,

Henshit souvent par le fait, mais les scarifications ont fait

flammation chronique. qui, s’est d’abord manifesté lente-

e 7. distendant et en ne toute as de à

Li YU

Or c'est à ce moment que les scarifications sont intervenues et ont transformé l’état des choses. Leur mode d'action a sans doute été multiple. Et s’il est téméraire, en l'absence d'examen microscopique de vouloir affirmer la facon dont elles agissent, il est du moins vraisemblable que c’est de plusieurs manières.

Tout d’abord, par la légère saignée qu'elles provoquent, elles produisent un dégorgement des tissus infiltrés ; puis elles substituent à une congestion passive, une congestion active, qui peut transmettre de procheen proche son excitation; cette double cause, à son tour, modifie favorablement l’état des tissus voisins et suractive la vie cel. lulaire qui s'opposent à la formation d’une stase passive. La lèvre devenant moins tendue, ses éléments reprenant une vie nouvelle, on conçoit aisément que les fissures diminuent rapidement et se transforment en tissu sain. A ce moment, la cause initiale d’irritation ayant disparu, l'affection locale qui était déjà fortaméliorée, marche rapidement à la guérison. |

Dans d’autres cas, comme dans le lupus, outre l’action substitutive et révulsive, on peut admettre la formation d'un tissu de sclérose rétractile; et très probablement, l'oblitération d’un certain nombre de vaisseaux qui, en diminuant l’apport sanguin, permet bien aux tissus sains, dé vivre, mais non à ceux dont la vitalité est atteinte ou compromise.

Il est juste et important de noter que cette cure a été faite dans une polyclinique, c’est-à-dire dans les conditions les plus défectueuses pour assurer un bon succès. En effet, on sait combien il est difficile de suivre les ma-

| Ut Ce

| lades : régulièrement, de les surveiller, et d'agir au mieux se les indications qui se présentent.

Re URe” résultat que nous apportons est donc un véritable succès tout à l honneur du traitement employé.

: Pour terminer ce chapitre, il n ’est sans doute pas inutile d'exposer le manuel opératoire, ee (0 ss ri pre: mière fois qu'on l’'emploie.

Voici comment il faut procéder : F Ée se Fe derrière l'enfant Dis aura guère à.

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