L..., àgé de 22 ans
A. H. — Ïnconnus.
A. P. — À 12 ans atteint d’une fièvre typhoïde grave. Jusque-là, bien que d’une constitution chétive, il ne faisait rien paraître d’anormal dans son état cérébral. Depuis lors, il n’en a plus été de même.
Il a continué ses études commencées, mais à 17 ans a dû abandonner le collège sans avoir achevé ses classes. À partir de ce moment, incapable de suivre aucune carrière. Conduite extravagante. Placé par son père, il s’éprend de cyclisme et achète à crédit une bicyclette, qu’il revend à vil prix au moment de l’échéance. Six mois après, il entre chez un entrepreneur de maçonnerie, s’empare de 300 francs et va à Versailles se livrer à sa passion pour la bicyclette, jusqu'à ce qu’il ait tout dépensé. Il reste alors chez son père. Un matin disparaît avec 2,700 francs et va s'installer à Melun chez des amis où il fait de la bicyclette avec frénésie. Devant un tel goût pour cet instrument, son père se décide à lui acheter une bicyclette de course ; au bout de trois semaines, il en a assez. À cette passion en succède une autre, celle de la musique. Il se livre à l'étude du violon. Son père consent volontiers à lui donner des maîtres. Cela dure deux ans. Il y à quinze jours, il quitte brusquement sa famille en emportant des bijoux. Il veut, dit-il, aller au Quartier-Latin. C’est là qu’il se fit arrêter dans les conditions suivantes : le 15 mars dernier, il rencontre un individu pris de boisson, dit-il, cherchant le chemin de la gare du Nord. L'inconnu ayant manqué son train lui offrit à diner, et L... pour le remercier offre à son compagnon de venir coucher chez lui. Celui-ci accepte. Une idée déplorable traverse alors l'esprit de L... En ce moment il est sans res-
(1) Communiquée par le Dr Dusuisson.
sources, et 1l s'empare du porte-monnaie de son hôte contenant 20 francs. A son réveil, celui-ci s’en aperçoit, et L... s’empresse de le lui restituer. Mais l’autre soutient alors que c’est 35 francs qui lui ont été volés. De là l'arrestation. Cet aveu, cette restitution, ne sont pas l'acte d’un voleur de profession. « Je n'ai jamais réfléchi qu'après », dit-il.
OBsERvATION IX (!)
Hérédité inconnue. — Maladie de l'enfance. — Faiblesse de la volonté. — Instabilité mentale. — Vagabondages. — Plusieurs condamnations. — Blésité.
H..., âgé de 93 ans.
A. H. — Inconnus.
A. P. — Enfance, méningite et fièvre typhoide, mis à l’école jusqu'à 15 ans, son instruction est restée plus que sommaire. Placé au sortir de l’école chez un forgeron, n’y reste que trois mois « la masse lui était trop dure à soulever », ditil. Pendant trois ans reste chez son père qui l’occupe tant bien que mal.
A 18 ans, s'engage et est admis comme ouvrier boulanger. Nombreuses punitions pour ivresse.
Son temps achevé, revient dans sa famille, mais refusant de travailler, son père le chasse et il gagne aussitôt Paris.
Depuis les quelques mois qu'il est à Paris, existence misérable, ramassant des bouts de cigares, ce qui lui rapporte 2, ou 8 francs par jour. « Il a fait tous ses efforts pour vivre d’un: travail régulier, mais sans succès. »
Homme de taille moyenne, il ne présente aucune malformation physique apparente, ne semble atteint d'aucune maladie constitutionnelle ou chronique. Insuffisant au point de vue mental et moral. Manque de mémoire et de jugement. Blésité. Ne peut donner les causes de ses dernières condamnations.
(1) Communiquée par le D' Dusursson.
Incapable de se conduire par lui-même. S'il a travaillé au régiment, c'est que là, il a eu une autorité directrice. Poursuivi pour vagabondage, sixième fois depuis un an.
Asile Sainte-Anne. — Service de M. MAGNAN.
OgservarTioN X (Personnelle)
Hérédité inconnue.— Débilité mentale. — Mauvais instincts. — Vagabondage. — Plusieurs inlernements el évasions. — Stigmates physiques de dégénérescence.
Er..., âgé de 98 ans.
ASH lhconnus.
A. P. — Premier internement à la Colonie de Vaucluse le 12 novembre 1884. — Certificat du D' Dagonet : « Manie
instinctive et faiblesse d'esprit. Menteur, mauvais instincts, a été trouvé couché dans la rue; placé d’abord à l’Orphelinat de Versailles, puis aux Enfants assistés ; il a quitté, dit-il, ce dernier endroit parce qu'il n’était pas bien, porte un autre vêtement que celui des enfants assistés; il sait écrire et compter, mais ne sait pas lire et calcule mal. » Il se battait simplement avec les camarades, il leur donnait des coups de pied et des coups de poing. Habitudes d’onanisme. Placé ensuite à l’Orphelinat d'El..., il s’en évade trois fois en un mois. Arrêté le 2 mars 1888 pour vagabondage, il est envoyé à Vaucluse, d’où il s’évade quelques jours après.
Envoyé à Bicètre le 3 avril, le D' Legras motive ainsi son certificat : « Tentative d’homicide, vols, nombreuses évasions, etc... » Transféré à Clermont, il s’en évade le 13 avril 1890... Arrêté à nouveau pour vagabondage, il est renvoyé à Bicêtre le 20 avril suivant, et de là à Clermont. Nouvelle évasion le 15 novembre 1894. Le certificat d'évasion le signalant comme dangereux, il est interné à Bicêtre le 12 décembre 1894, et ensuite à Clermont. Evasion le 7 septembre 1895. Il se rend au poste, déclarant s'être évadé et être sans domicile. Renvoyé à Clermont le 14 septembre. Evasion fin novembre 1896. Arrêté quelques jours après pour vagabondage, et renvoyé à Clermont le 12 décembre 1896. Evasion en novembre 1898.