OBSERVATION II (INÉDITE
Extraite des registres cliniques de la Maternité de Lariboisière.
Présention du siège décomplété mode des fesses. S.I.G.A. — Deux applications de forceps. — Extraction par un lacs dans le pliinguinal. — Enfant mort.
La nommée D..., âgée de 42 ans, couturière, entre le 2 janvier 1883, salle Ste-Anne, service de M. le D" Pinard, lit n° 11.
Réglée à 14 ans, régulièrement jusqu’à 22 ans, puis menstruation irrégulière ; première grossesse en 1883. Pas de fausses couches. Époque des dernières règles 16 février 1882.
Les six premiers mois de la grossesse se sont très bien passés. Douleurs très vives pendant les trois derniers mois. Le 29 décembre la poche des eaux est rompue spontanément, sans douleurs. La malade reste dans cet état jusqu’au 31 et fait appeler un médecin qui administre le seigle ergoté.
L'accouchement n'avançant pas, les douleurs n’étant pas très vives, on transporte la malade à l'hôpital le ? janvier.
Fond de l'utérus à droite, dur et très saillant dans lequel on trouve la tête accompagnée des petites extrémités. Au toucher, col complètement dilaté, mais rigide, tendu.
Le fœtus est en S.I.G.A , le siège est engagé, la dilatation est complète. Le fœtus est vivant, mais non mobilisable, les bruits du cœur bien frappés s'entendent à trois travers de doigt au-dessus de la symphyse, absence de liquide amniotique.
On essaye d'aller chercher les petites extrémités mais en
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raison de leur élévation et de l’état de tétanisation de l'utérus, la main est serrée et pénètre difficilement au fond de l’utérus.
À 4 heures, dans la journée, l'engagement ne faisant point de progrès, les contractions utérines étant rares et peu soutenues, on fait une application de forceps sur lé siège. Le forceps ayant dérapé, on est obligé de faire une deuxième application sans plus de succès. On passe alors un lacs dans le pli de l'aine et on arrive à extraire le siège, on dégage le tronc mais la tête est retenue, et les bras relevés. En dégageant le siège on entend se produire un craquement sec dans la cavité utérine.
Ou dégage les extrémités supérieures puis on extrait la tête l’occiput en avant.
Fœtus de 3600, mort malgré l'insufflation et la respiration artificielle.
Il présente une fracture des 2 os de l’avant-bras droit, au niveau du poignet.
La délivrance se fait attendre plus d’une heure. Survient une perte, on est obligé de pratiquer la délivrance artificielle, le placenta est adhérent dans toute sonétendue, on le retire presque entièrement, mais ilreste une petite portion de la face interne du placenta.
3 janvier. Douleurs abdominales ; 10 ventouses scarifiées. 15694
Injections antiseptiques. Sulfate de quinine.
Le 6. 10 sangsues. La malade sort bien portante.
OBsERVATION III (INÉDITE)
Extraite des registres cliniques de la Maternité de Lariboisière.
Présentation du siège. — Longueur du travail. — Décollement du placenta pendant l'accouchement. — Mort de l'enfant.
CI. B...., âgée de 23 ans, entre dans le service du D' Pinard le 8 mars 1884.
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Cette femme, primipare, a toujours été bien portante pendant sa grossesse. Pas de renseignements précis sur l'enfance, pas de traces de rachitisme. £
Les dernières règles ont apparu à la fin de mai 1883 (un seul coït le 16 juin suivant). Grossesse normale sans aucun incident."
Les douleurs ont débuté à cinq heures du matin. À 8h. 1/2, l'examen de la femme permet de constater les détails suivants :
Au palper, on trouve le siège dans la fosse iliaque gauche à peine engagé et les pieds à la même hauteur un peu à droite de la ligne médiane. La tête est dans l'hypochondre droit, les bras défléchis. Au-dessus de la tête, le sillon de la nuque très nettement dessiné, même à la vue.
A l’auscultation le foyer des bruits ducœurse trouveà 2? cent. au-dessous de l’ombilic, sur la ligne médiane plutôt à droite qu’à gauche.
Au toucher, l’orifice est dilaté comme une pièce de ? francs, la poche des eaux très tendue. On arrive assez difficilement sur une fesse et sur le coccyx, la présentation est à peine engagée au niveau du détroit supérieur.
Diagnostic. — S.I.G.A. siège complet. Deux heures plus tard, l'engagement se prononce et la Gilatation est égale à une pièce de 5 francs.
La continuité des douleurs, la tension du ventre et l’engagement de la partie fœtale empêchent M. Pinard de faire la version par manœuvres externes,
Dans la journée, le travail avance lentement, la poche des eaux se rompt à 3 heures à la dilatation complète. La position est encore la même, mais les membres inférieurs se sont défléchis. À 4 heures la position devient transversale et le scrotum apparaît à la vulve, tuméfié par la base séro-sanguine. Malgré les douleurs fréquentes et énergiques, le travail avance à peine, le méconium s'écoule et les battements du cœur, commencent à faiblir. À 5 heures, il s'écoule un peu de sang par la vulve et cet écoulement continue. À 8 heures, les battements du cœur devenant plus faibles, et plus intermittents, la sage-femme
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de service place un lacs au-dessus du pli de l’aine gauche, et après quelques tractions, attire au dehors le siège et les membres inférieurs. M. Pinard arrive à ce moment, il dégage assez facilement le bras postérieur, mais le dégagement du bras antérieur (le gauche) serré entre le tronc et le pubis exige, plusieurs tentatives, pendant lesquelles on entend un craquement sec (fracture de l’humérus). Enfin le dégagement s'opère et M. Pinard amène au dehors la tête suivie immédiament du placenta et des membranes intactes.
On essaie en vain de ranimer l'enfant qui sans doute a succombé à la suite du décollement du placenta, décollement qui s’est fait pendant le travail, on vérifie le diagnostic porté pendant les manœuvres opératoires : fracture de l'humérus gauche.
Le-périnée est largement déchiré jusqu'au sphincter exclusivemen!, M. Pinard fait la périnéorrhaphie en appliquant 5 sutures au crin de Florence.
Les 8, 9, et 10 mars l’état de la femme est tout à fait satisfaisant, un peu de gonflement au niveau des sutures.
Le 11. L’œdème des lèvres de la suture à beaucoup diminué.
Les jours suivants, la cicatrisation fait des progrès. Le 22 au soir on enlève les points de suture. La cicatrisation est presque complète, à peine existe-il une petite plaie superficielle.
Le 28. La malade sort complètement guérie.