‹ D'une rive à l'autre du SaharaChapitre 39 sur 65 · X. — Uoipitalité · texte numérisé non relu

X. — Uoipitalité

Par la vallée^ un homme am?e qui vient demander Tbospilalité an campement. S'il est familier, il arrête son méhari près de la porte de la tente ; s'il est inconnu ou timide, il se tient à récart. Il dit : <i Salamou relikoum, ma ttoulam, ma n eouen naonen. » (Le saint sur vous, ({uo vales>vous? o'est'^dire coffi*' ment ailes- vous? qnoi de l'état de vous?) Le maître et la maltresse de la tente tendent la main à l'arrivant sans lui dire une seule parole : car ce serait un manque d'éducation que de répondre au salut de l'arrivanl et de lui parler avant qu'il ait fait suivre ses salut^itiuiis du mol : « Fsalau ? » (nouvelles ?) Sitrtt (juo rai'fi\ aiit a (lit : « Isalau ? » le uialli e lui lieuiaude en quelques mois des nouvelles des siens ; l'épouse se lait. Si le chef de la tènte est l'oncle jialeruel ou maternel du nouveau venu ou si l'épouse est sa sieur, 1 liote descend alors de sa rahla, place ses bagages dans la lente mOme et s'y installe. Dans tous les autres cas, il dépose sa selle, ses ba,&-a?es hors de la lente et à peu de distance. 11 pénètre ensuite dans le campement, retire ses amulettes les plus encombrantes, ainsi que les gros cordons de soie qu'il porte sur la poitrine et se met à causer avec ses hôtes, assis et tout en buvant du lait. On a soin de pendre aux piquets qui soutiennent le cuir de la tente, les ceintures, cordonnets, gris-gris et les jolis vêtements dont l'arrivant s'est débar* rasié afin que ces richesses soient vues par les jolies jeunes filles qui bientôt vont venir rendre visite. Lui-même n'a gardé que ré[)éc et trois grandes amulettes de tête placées au milieu et sur les côtés du turban, amulettes ({ui pour les hommes riches sont dans des étuis d'argent. Cependant, tandis que l'hôte cause sous la tente, sont venus les jolies jeunes filles du campement ; elles arrivent dès qu'elles ont appris la venue d'un étranger, surtout si ce dernier n'esl pas marie. La maîtresse de la tente a prévenu l'arrivanl : « Les jeunes filles viennent, prépare-loi. » Aussitôt celui-ci ramène enlièremenl son voile sur la lii-Mire et au momeul où les femmes enli'enl. il se lève et leur donne à chacune la maiu saus que s'cchau^e aucune parole. L'hôte

LIS ifor'as ds l'aor^ar' ^9

i'étant assis, parle le pi'emier : € Quelles nourelles, jeunes filles? » — < C'est toi qui a des nouvelles à dire, non pas nous* »

— GeUes que j'ai, je vais vous les donner tout de suite, n

« Et nous aussi, celles que nous avons nous te les donnerons, n

— H Les paroles de iéte à tète, laisses-les entre moi et vous jusqu'à la nuit. » La convet^ation s'enm:a^c ; on ne fait ni musique ni cluuit; la eaiisoric dure une hoiine heure, puis les jeunes filles se retirent. L ai iivant les aeconi[»aijne jusqu'à leur tente ou l)ien s'asseoit avrc elles sous (|uel(|ue arhi'e et badine avec elles. Au moment où l'iiùte a (juitlé la tente [)our act onipairner les visiteuses, eelles-ci disent i\ la niuitresse de la tente :

« Donne-nous un peu de tabac. » — « Je n'en ai pas vu cher •

lui et moi je n'en ai pas. » Si l'hôte n'a pas à se gêner avec les

propriétaires de la tente, il distribue de suite quelques pincées ;

mais si le maître est son oncle ou quelque personne qu'il doive

respecter, il ne donne rien en sa présence* Toutefois après avoir

reconduit les jeunes flUes, au moment de se séparer, il leur fait

alors la distribution de tabac. Puis le nouveau venu revient à

la tente qui lui a offert Thospitalité et y reçoit ses repas qu*il

prend toujours seul s'il n'est un familier, et dans le cas contn|iref

avec la maîtresse de la tente ou un des fils déjà grand, mais en

aucun cas avec le maître de la tente.

L*hdte partage désormais son temps entre le campement oft il a été reçu, les assemblées des hommes du voisinage et la société des jeunes filles. Ces dernières ne vont plus lui rendre visite ; elles y sont allées une fois pour voir comment il était et pour lui faire voir leur beauté afin qu'il les connaisse la nuit h l'ahal ; niais toute nouvelle visite de leur part serait contraire aux conveuaiice.-. : c'est l'hAte qui désormais se rend chez elles, autant qu'il le veut et quaud il le veut. — L'accès des ahal lui est ouvert.

.\ussi lonirtemps (ju'il le veut, l IwUe reste A la tente où le maître lui doit aide et protection ; ce serait une inconvenance ' de lui dire <1<' s'en aller.

Lorsque de lui-même, l'hôte veut reprendre son voyage, il remercie vivement le maître et la maltresse de la tente. Au premier il ne fait aucun cadeau ; à la seconde il ofl're soit une

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certaine quantité de tabac, soit ua ikerchei en cotonnade du Soudan, soit dix ou vingt coudées de cotonnade blanche ou bleu foncé. Ceux qui ont reçu l'hôte ne lui font à son départ aucun cadeau.

Chez tous les Touareg Thospitalîté est de tradition et quiconque manquerait à ses devoirs serait déshonoré.

Y. — Divorce

Si les jeûnes hommes Ifor'as viennent trop fréquemment rendre visite à une femme mariée, Tépoux parfois ne fait aucune observation ; mais parfois aussi il invité sa femme à mieux se conduire. Le plus souvent celle-ci lui répond : « Si tu veux me répudier, répudies- moi ; je préf»^re la société de ces hommes à la tienne! » Malgré cette réponse et surtout si la femme est jolie, le mnri lui pijrdoune et la laisse libre ; quelque fois aussi il la répudie.

Inversement si l'époux est volage, s'il ne donne pas à sa femme des vêtements convenables, s'il montre enfin un mauvais caractère, 1 épouse se dispute avec lui et lui dit : <« Hépudies-moi. »

Pour ces motifs ou encore si le mari désire épouser une autre femme ou si Tépouse a commis quelque faute, la répudiation peut avoir lieu. Elle n'a pas de formes spéciales ; il suffit que le mari dise : « Je te répudie », même une seule fois, pour que l'eiFet soit accompli.

Dans le cas où le mari refuserait de répudier sa femme et si celle-ci a de justes motifs de plainte, elle divorce d'elle-même et retourne dans la tente de sa famille. Et si la mauvaise conduite du mari est notoire, elle peut au bout de 3 mois et 10 jours se remarier comme après une répudiation régulière.

Dans tous cas, ce délai de 3 mois et 10 jours est exigé pour un nouveau mariage après répudiation et durant ce stage la femme mène la vie ordinaire des femmes non mariées, va à Tahal, etc.

tjue la répudiation soit régulière de la part du mari ou que

U» IFOR'aS de L*Allil*AB*

réponse soil partie d elle-mème, elle emporte tous ses biens, tant ce qu elle a apporté en entrant en niénaso, chamelles, négresses, etc., que lescacleau\ du mari au nioiiioiit du mariage : chameaux, doukkali, etc. Ce serait une honte pour I homme que son épouse quitte, de conserver par devers lui quoi que ce aoit lui appartenant.

Illi, aménoukai des Ifor'as, a une fille très belle, Lalla, mariée à T'ioub. Or beaucoup de jeunes gens venaient fréquemment rendre visite à Lalla, et parmi ceux-ci, Moussa-ag-A.maslan, depuis aménoukal du Abaggar, alors fort jeune, était assidu entre tous. Tioub fil à sa femme des observations *au sujet des assiduités de Moussa. Lalla y répondit par les einq vent sui* ▼ants :

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