‹ D'une rive à l'autre du SaharaChapitre 38 sur 65 · V. — Règles de poiUeste · texte numérisé non relu

V. — Règles de poiUeste

Le principal signé extérieur du respect que les hommes ont vis-à-vis de leurs semblables ou vis-à-vis des femmes est le port du voile (tameng^out*), soit de celui de la bouche, soit de celui des yenk : plus on respecte la personne devant laquelle on se - trouve et plus on se masque complètement la figure, baissant le voile des yeux et relevant le voile de bouche. A des gens de peu, esclaves des deux sexes, ou à des personnes avec qui ils sont en g^raiide familiarité, père, mère, sœurs, frères, hommes du même âge, les Ifor*as montrent le visage presque à découvert. Aux personnes dignes d'une considération moyenne ou à des parents avec lesquels tout en étant familier, on Test moins cependant qu'au cas précédent, oncle, cousin, cousine, on masque la bouche et le front, mais on montre assez largement le nez et les yeux. l*ar contre le front t la hnuche sont (Milit-i'cmeiil couverts, le nez et les yeux sont [)res(jiie entit'iement voilés devant les gens (lignes crun gi'and res|)<'ct, ticvaiit des femmes étrangères ot à l'alial. l'^ii cas de deuil, 1(" voile du front est laljaltu . * sur le nez de façon à ce (jue la ligure soit eritièrement couverte

et <jue le rcgar-d ne puisse [)ass«'r (ju'au travers de réloffe. Lorsqu'un Afar'is s'approche d une assemblée de jeunes tilles, le voile se rabat comme en cas de deuil ; cette position du tarneng'out' * est égulemcat de règle quand uu homme est à côté d'un tré-

passé. A l'abal ta position du voile rabattu est conservée tant que rabal dure ; cependant si la nuit est obscure et sans lune, l'usage autorise de découvrir les yeux du voile qui rend impossible de regarder les femmes.

Le fiait de se présenter le visage couvert doit donc tovyours être considéré comme une marque de respect et jamais comme • un manque de confiance ou de franchise.

Les lfor*as, comme aussi les Touareg louUiminden, ne doivent jamais prononcer le nom d'un mort devant une personne qui lui touofae de près Parler de son père décédé devant un fils serait une injure grave ; aussi l'usage estait de ne jamais demander à uu homme de qui il est le descendant, dans la crainte

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que M père ne soit décédé : il est d*eUleiin facile de tourner la ^ difficulté en s'adreseant à ua tiers. Gel nsage est particulier aux Touar^ du sud, car clies les Ahaggar et les Taltoq il ii*existe pas. Le premier résultat de cette coutume e|t que les Ifor*as ne foat jamais suivre le nom d*un homme de celui de son père : on • dit lUi, Fenna, mais jamais Moussa ag-Amastan, Sidi-ag-Kéradji : il n'y aurait d'exception que si le père était Arabe marabout, car cette coutume n'existe pas chez les Arabes du voisinage de TAdr'ar'. Le second résultat est que l'tiistoire du pays des Ifor as s'oublie plu.s vile que partout ailleurs [)uis(jne les noms des ancêtres ne sont jamais prononcés par ceux (pii semblent chargés de les transmeltre et que les généalogies jamais remémorées s'y perdent rapidement.

Les enfants des deux sexes conservent toute leur vie un grand respect pour leur père. Devant bii, comme aussi devant leurs oncles, ils s'abstiennent de toute parole tant soit peu légère ; ainsi jamais un jeune homme ne dira même h son père : c J'ai été A i'ahal » ou : < J'ai vu telle ou telle jeune fille-». S'il entend devant son père ou son oncle ou un autre homme Agé, un tiers employer une expression libre ou grossière ou simplement par- ' 1er d'une femme, il se lève de suite et se retii*e.

Au contraire, en présence des femmes, un jeune homme ou une jeune fille jouissent d'une plus fraude liberté. Ainsi un jeune homme dira très bien À sa mère : « Irai-je à 1 ahal aujourd'hui ?» et la mère répondra : c Oni, vas y ». Le même jeune homme dira encore à sa mère : « Jai été aujourd'hui à I'ahal ; . J y étais assis à côté d'une jolie fille » et la mère dira : ** Bien »* Enfin la mère pourra encore dire à son fils : « Tu n'es pas allé à I'ahal aujourd'hui ? Est-ce que tu hais les jeunes filles ? Je ne te reconnais pas pour mon fils ». Vis-à-vis de ses sœurs le jeune Afar is a le même langage.

Lorsque les Européens vont chez les Ifor as ou chez les Kel Ahag^ar les femmes généralement se cachent ou se couvrent tout le visa.ire de façon à ne pas les voir. Il semble que ce soit surtout [)arce »pie les blancs moalrent leur bouche et leur ligure comme les lemmes et elles ne veulent pas assiâter à pareille indécence.

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Quand un hôte se prcseate, k moins qu'il soit très familier et pénètre dans la tente, il mange seul ; c'est par politesse, car nn , Ifor'as ne mang'e pas devant un supérieur, sauf le cas d'extrême familiarité. Ainsi, pour ce dernier motif, un homme prendra ses repas avec son père ou son oncle ; il ne le fera ni avec son beaapère ni avec sa belle- mère. La jeune femme, elle, pourra manger avec sa belle mère, mais non avec son beau-père. Les enfants prennent les repas avec les parents, ondes, tantes, etc. Dans les repas offerts A Toccasion de cérémonie, on ne banquette pas tous ensemble ; chacun reçoit sa part et la mange avec ses égaux.

A Tabal du matin ou de Taprès-midi, s'il n'y a pas de femme Agée, on peui dire n'importe quelle parole si légère, parfois si grossière soit elle. Le soir, à Tahal, comme il vient toujours plus de monde et qu'on y est en cérémonie, les Ifor'as font grande attenliou ati.v expressions eniployé<'s. La £rrossi«M'eté est bannie et les clioses légères doivent être exprimées en termes choisis et raffinés.

Lorsqu'un Afar'is reroit un cadeau il doit dire merci (en tamachéque « tannemirt »).

Lorsque s'abordent hommes ou femmes ou bien homme et femme, les salutations doivent être très longues, plus lougues que celles des Kel-Ahaggar; ne les pas faire très longues serait signe de mécontentement ou d'impolitesse. Les expressions employées sont à peu près les mêmes que celles des Kel-Ahàggar et comm0ncent aussi par a Saiamou relikoum »■.. Chaque interlocuteur demande à son tour des nouvelles de toute la famille, des animaux, des. objets inanimés même.

Ne pas recevoir un don offert par un Afar'is serait signe da mépris ou impolitesse. A Tarrivée dans un campement, il faut accepter l'offre du lait et en boire, à peine de paraître méprisant et iqipelir Lorsqu'on campe à protimité d'une tente, il faut accepter de même le mouton ou le chameau amené en don d'hospitalité ; il n'est pis indispensable de l'égorger de suite et de le manger, mais il faut l'emmener avec soi. Quelles que soient les bonnes paroles qui l'accompagneraient, un refus serait mal vu et blessant. Lorsqu'un reçoit un cadeau, il est du meil-

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leur usage de faire un don en échange ; cependant U est de bon goûl de laisser un certain temps entre la réception du cadeau et l'envoi d*un cadeau en échange, afin que ce dernier n*ait point l'air d'un paiement : s*il est amené un chameau le soir, le cadeau est fait le lendemain matin. Pour les petits dons, tels que le lait offert souvent aux étrangers, il n*cst rien que les Ifor*as reçoivent plus volontiers en remerciement qu un peu de tabac du Touat» ou encore (picUiues aiguilles à coudre. Entre enx>mèmes, c'est le tabac que les Iforas s'olTrent le plus volontiers.

S'il arrive cpi'iiiH' pci-sonne (h; passaîiT, Afar'is ou dt ang-er, entre un uionicut dans une tente, pendant h? jour, pour s'y reposer ou s'y mettre à l'omhrc, il y sera toujours l>icn l'oçu, môme s'il ne tlcinandc [)as l'iiospitalit»' et si le séjoui- y ost trop court pour qu'il puisse y prondi-e un i o[)as ; il |)(miI i aus<>i' avec les liommes et les femmes de lu teide et rci^rirdor ces (le^nicres comme si elles étaient des liommes. Il est tenu, s'il v a des fcmmes, d'aller les saluer et de causer avec elles; si, entrant dans une tente où sont réunis hommes et femmes, l'étranger ne s'adressait qu'aux hommes sans regarder les femmes, il serait considéré comme grossier et fort mal vu.

En se saluant, la poignée de mains s'échange toujours soit entre hommes ou femmes, soit entre homme et femme. Chez les Ifor'as la poignée de mains ne consiste pas comme chea les Ahaggar à se toucher une seule fois la main ; on se frôle la main intérieurement par trois fois et la dernière fois on fait un claquement de doigts. Si un voyageur rencontre chemin faisant un autre homme, il lui serre la main en faisant les salutations d*usage commençant par : « Sala mou relikoum ». S'il rencontre une femme, il la salue et lui donne la main, mais sans prononcer le « salamou relikoum » qui ne se dit que lors(pic la femme est dans sa tente.

Entre hommes ou femmes, on se tend la main des deux côtés en s'approchent, sans que ce soit l'inférieur ou le supérieur, l'homme ou la femme, qui ly^ tende le premier*

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