‹ D'une rive à l'autre du SaharaChapitre 41 sur 65 · XII 0 lOVOI lov · texte numérisé non relu

XII 0 lOVOI lov

1 , Nek akarar a neier ietVaf ;

2. Eholalcr' ar d ierlek a net't'af ; 'A, Rhir' kcnid'ol. nar'il nfzzaf ; •4. Tikra uur iii tiaker. il lekcliai ; 5. Diran desklaren as ndlaf.

Seiis :

M J'ai vu un homme h la barbe noire.

« J'en ai été dislraitc aii point de lais^îcr lomhor co qiif j'avais en inaiOi M Au point de nie croire nue, étant viHuc de trois v«Heinents. (1) « Le voler, je ne le volerai pas. car c'est un déilionnear; (2) « Mon sottUait : je souhaite d*6tre répudiée. »

Le mari de cette femme, ayant connu ces vers, la répudia et elle épousa Thomme pour qui elle les avait composés.

L'adultère est regardé comme honteui chez les Ifor*as. Il ne se commet qu'en cachette et, dit-on, rarement (?); il [>araltrait que les femmes considèrent comme une question d'honneur de ne point tromper leur époux (?).

Z. — Veuvage.

Lors»juc meurt un Imrniuf mai-ié de la tiibu des Ifor as, sa femme reste trois mois et <lix jouis sans jxjuvoir s(> rein.irifr. Pendaut ce deuil, la femme se couvre entièremeut les cheveux

1 . Il lui scinblail que se^ vôtemeats étaient trop peu pour plaire k eet homme ; elle eût voulu des parures superbes.

2. On appelle l'adultère : vol (en tam. : tikra) et commettre l'adallère se dit voler.

LIS IFOK^AS DE L'aDe'ab'

et se mef autour de la tt-te un bandeau qui masque Ii* front, les oreilles, le bas du monton, le cou et la gorge. Elle se couvre également les pieds de babouches. La veuve ne sort de sa tente que pour les bourses indispensables, telles que les changement! de campement ; elle y reste tout le jour, ne revêt que des habits sans beauté, ne reçoit que de courtes visites et ne fréquente pas l'ahai.

La croyance populaire veut qo*apereevoir les cheveux d'une veuve soit cause de mahidies.

Les trois mois et dis jours écoulés, la veuve revêt à nouveau de beaux vêtements, retQume à Tahal, mène la vie assez lieenicieuse des femmes non mariées et s'il y a lieu se remarie.

». — Mort,

Lorsqu'une femme ou un homme des Ifor'as est sur le point

de mourir, son conjoint et ses enfants ne le quittent pas ; les parents et les voisins viennent j\ sa tente et eluKjne jour ceux qui sont campés à quelque distance visitent le inoriliond.

La mort étant proche, les assistants disent : « Tcqqimed tesar'efared » (Mets-toi à demander pardon à Dieu), ou « Tourna our teiiecjq » (la maladie ne tue pas, c'est-i\-dire c'est Dieu et non la maladie qui fait mourirj ou v £chebed » (Fais ta profession de foi).

Au moment de l'agonie, le marabout du campement pose le doigt sur le front du moribond en récitant des versets du

Coran.

Si le mort a les yeux ouverts après avoir rendu l'àme, un dea assistants dit ; « Err fcit't'aouin nek, aneslem ! » (Ferme tes yeux, musulman). On répète cette phrase par trois fois. Si le mort fut un bon musulman il doit de lui-même fermer alors les yeux ; s'il les garde cependant ouverts, on lui dit : « Tfou ! s ig'itan nek iobchad'ehin i meller' » (Fi ! avec tes mauvaises aetioni, homme vicieux). Alors bon gré, mal gré, on lui ferme les yeux.

Au moment de la mort, la femme, les filles et toutes les assistantes poussent, pendant une heure, de grands cris et gémisse-

LES IP0lt*A8 DE l'aDB'ab'

F. — Coi'iluyes.

Les Ifor'as utilisent quatre espèbes de cordes :

1*> Des cordes en poils de chameau, très nombreuses, et servant à tous les usages ;

2* Des cordes rn peau miiico de gazelle, de chèvre ou de mouton pour faire des brides, des sangles de selle, e(e. ;

3° Des cordrs en peau l'oi te de Ixeuf ou d'antilope dont sont faits les c.'ihles sei-vant à puiser <le l'eau dans les puits profonds elles entraves de chameau (till'art. en arabe gld) :

•i" Des cordes faites avec les tibres du cœur des gommiers ; celles-ci sont très grossières et de peu de valeur ; elles servent à puiser Teau dans les centres de culture, k attacher les menus objets ou les bestÎHUx et à tous les usages où une forte corde n'est pas indispensable.

, G. — Commerce,

Les transactions commerciales de TAdr'ar' avec les pays voiflinssont très faibles : les Ifor as trouvent chez eux leur nourriture, Udt et graines et n'achètent guère que du ris ou du mil, des étoffes et quelques objets de luxe.

Des oasis dû Touat et du Tidikeit ils reçoivent de la guînée bleue ou blanche, du tabac, des dattes en très petite quantité, des verroteries. Os échangent ces objets contre des moutons ou des chameaux.

Au Niger les Ifor^as vont chercher du riz, du -mil, quelquefois du for, du cuivre.

Dans l'Air ils vont chercher des peaux, des cuirs ouvragés, des selles.

Enfin de R'at et R'adamès par Tintermédiaire des Kel-Ahag-

gar, ils reçoivent quelques objets de luxe, tapis, selles, broderies.

Les caravanes des Ifor'as (jui vont au Niger (le Niger est connu sous le nom de (•L'^'eriou. la n;ei i ne sont jamais (jiie de petits groupes do trois on (juatrc hommes emmenant avec eux huit ou dix chameaux ; elles vont parfois à Bourcni, plus souvent à Gogo (ou Gao).

330 RENSMGBtBMBltTS SCIfiNTlFtQOES

Voici ]c récit d'un voyage commercial exécuté par uibimporteur touatien chez les Ifor'as.

« Je partis de Tit (Tidikelt) avec deux chameaux portant sur des bats pour cinq cents francs de marchandises. J'avais de la cotonade bleue, de la percale blanche, quatre doukkali, du checb blanc, quinze kilos de tabac, pas du gros tabac en feuilles du Touat, mais du petit tabac vert coupé en petits morceaux (i)f vingt ou trente petites glaces,^ dix ou vingt peignes et une demicharge de dattes pour ma nourriture et pour faire de petits cadeaux.

c J*étaisavec cinq autres commerçants de Ht ayant chacnn (j>i(>I<|ues chameaux. Nous ne primes avec nous ni guide ni protccteur touareg. Nous passAmes aux points suivants : Ain-oulad*

el-Haj, Tirechchoumin. In-R'elal, Tag'erp'era, Tikedebbatin,

In-Sakaii, Iii-lliaou (In-Zize). Ticliaranialt (ap'elniam permanent situé dans la inontaL-nc ot d'aWord si dillicik' (ju'on est oMIiré dV'U a[>[)(>ilei' aux cliaiiieaux (jui ne jMHivrnI I atteindre, I t-au dajis des outres) Tiniissao, l irck petite source dans la inoulagno), In-Ouzel et Timiaouin.

(< Dès lois jr me tminais dans 1 Adr ai " et je coiiiiMcnrai A vciidi o dans los ( an)])('inonls inos niarchaiidiscs. I<'s écliaii^rratil contio (les moutons ou des esclaves. C était en liivcc ; d ailleui*» les voyajt^es de eoinnieree se font toujours à (•ctle épocjiie. la seule où il soit possible de faire traverser aux montons le tanezrouft. Kn deux mois^ j'eus écoulé toutes mes iiiar' chandises.

« Quelquefois il faut plus de temps pour vendre sa pacotille ; et si l'on se laisse surprendre par Tété avant d*avoir tout échangé, on se trouve obligé de passer toute la saison dans TAdr'ar* faute de pouvoir faire passer les moutons au toord^ 9! donc on tient à revenir rapidement, on vend tout au comptant ; ce n'est qu'en cas de long séjour qu on peut vendre à crédit. Le

I. Ce tabac vert est coupé frais, laissé A séch«r k terre et haché. Le tabac du Tooal au contraire se coupe mûr, est enlas*«o jusi|u'h t'eniicntnlion ot à ce nioniciit relitr et nu*; à s*Vlipr en i^'rarule-; t»')iil!(»s ciiliiTes. Os leuilics sont alors In's friai»lcs, |ieii(iuiil k-s \oya.L'os t-lles se rotluiseul en pousMere el se |>erdcnt; le ui>ac vert au contraire i>e conserve et voyage fort bien.

IFUU AS DE l'aDH'AR 351

prix èeê ventes au comptaot ou à crédit est d'ailleurs le même

chez les Ifor'as, tandis que chez les Kel-Ahaggar ce dernier prix

est accru du fiers ou du quart.

« Poui" revenir au Tidikcll avec mes moutons ou mes esclaves, je m'entendis avec d'aulres eomniercants et (|uclques Touareg, nous forinAnu's une [X'tite caravane de ç'\m\ on si\ méharisfes, car i\ ne serait [)as prudent de voyai^er entièrement seul. Nous connaissions le clH'niin, donc nous ne [irimes pas de guide, et nous ne [►rimes pas de caravaniers, car partout les abreuvoirs soat fuuiles et les puits .peu profonds. »

H, Unités de poids et de mesttres.

La monnaie commerciale pour les achats et les ventes est la pi^ce de cotonnade, d'origine européenne, écrue ou bleue foncce« et appelée en arabe cliegga, en tamaclièque tchouoqqit. La petite pièce (en arabe bisa, en tamachèque labourit) a tantôt quarante coudées de 50 centimètres, tantôt seulement trente coudées; elle se détaille par coudées de 50 centimètres (en arabe dra, en tam. ar il). Il n'y a pas dans TAdr'ar* de monnaie métallique ou de cauris ; outre la pièce ou la coudée de chegga, les Ifor'as entre eux comptent souvent par tète de bétail, chameau ou mouton.

Il n'y a pas d'unité de mesure de volume flxe ; les grains, le beurre se vendent par approximation de leur quantité.

Il n'y a pas non plus d'unité de poids : les objets tels que sucre, tbé^ tabac se vendent aussi en appréciant à l'œil leur poids.

L'unité de longueur est la coudée (ar'il, <lra) de V}{) centimètres. Les longueurs assez importantes, telles ijnc la profondeur des [)uits. le péiimètre des jardins, se mesurent a la taille d homme tihcddi. en ai-ahe oua(]efa = 1 coudées ou '2 nu'tres).

Poiii' les longues dislances, les Ifoi-'as comptent par nuit de inarche i la nuit de marche étant en \aleur pai-eille A une journée). Ils distinguent entre nuit de eaia\aiie, nuit courte de méhari et nuit longiu' de méhari, .\insi de 1* lia à In-Salah par In-Ouzei, Timissao, la-Uibuou (en langage des kd-Ahaggar

RENSEIGNEMENTS SaElJTlPlQqES

la-Zizaou, on arabe ia-Ziza), TikelebiMitm, £l-Mouil&b, on compte trente jours de marche de caravane, quinze jours de marche de méhari à allure moyenne, et dix jours de marche de méliari k allure pressée. La distance de Telia h In-Salah • est d'environ 800 kilomètres.

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