I. — MerctirkUe de tAdr'ar
La pièce de guinée de iO coudfes, danS l'Adr'ar' vaut vingt à vingt-cinq francs ; à Tombouctou elle vaut en moyenne huit à dix francs.
Un chamean de charge de quatre ans ou un méhari ordinaire du même âge vaut huit pièces.
. Un très beau méhari, en bel état, de seize & vingt pièces.
Un vieux chameau engraissé pour la boucherie, trois à quatre pièces.
Un très beau mouton, dix coudées.
Une brebis, six A huit coudées.
Une chèvre, six à sept coudées.
Un &ne, une à deux pièces.
Une vache, deux pièces à trois et demie.
Un bœuf gras, trois à quatre pièces.
Une outre on i?Jiorl»a (en tanj. abaior), liuis à cinq coudées.
Une outre tasoulVa [)i)ur le lait, une poiirnéc de tabac.
Une selle à inchari, rallia (^en tant, tank n talak), vingt à vingtcinq coudées.
Une selle bai bouchia (en luni. labiast), dix coudées.
Un b.-U iiaouia ^cn tam. takhaouilj fabriqué au Tidikelt, dix ù vingt condccs.
Line charge à chameau de riz, trois à cinq pièces scion saison et stock.
Une charge d'aouzzaq. deux à trois pièces.
Une charge de bechna, trois à(|uatre pièces. * Une doukkali de Gourara, dix beaux moutons.
Une couverture blanche et indigo de Tombouctou (en tam. kella, en arabe seramlj^), trois moutons.
La vente du sucre et du thé est très limitée : les Ifor'as ne
LES ifuu'as de l'adh'au'
eonnaiMent pas le café et appellent le thé « aman en elhennet, Tean da eiel ».
' Une mezoued de sel, vinfçt coudées.
On trouve dans TAdr'ar* deux sortes de sel : le sel blanc eu barre venant de Taodenni et appelé c tisemt » (11 n'y a ^^uèrc que Bal qui en reçoive par des caravanes Koiinta, les Ifop'as
n on achètent pas) et le sel i;ris « achara » provonaiit des salines situ«''es à cinq jours à l'est de l'Adr'ar* an nord du pays des lonlliminden (?). Ce sel ,j;ris ne fait pas l'objet de commerce ; tous ceux qui en désirent vont le chercher eux-mêmes et le trouvent à tleur de teire. ('/est ce sel gris qn on tlistribue aux chameaux de l'Adr'ar' plusieurs fois par au, surtout aux époques où il y a de Thcrbe fraîche en abondance.
L'eiistence de salines de sel gris n'a rien d'étonnant dans des régions situées très à Test de I Adr'ar' ; il est probable qu'elles sont analogues à celles de Téguidda-les-Salines, point situé à 150 kilomètres au nord- ouest de Agadès.
J. — Migrations
Toute fraction d'ifor'as, hoble ou iror'ad, possède en propre une ou plusieunf vallées, avec les puits, eaux, pâturages qui s'y trouvent, et généralement chaque tribu campe dans les oued qui lui appartiepnent. Cependant bien que tous les oued aient ainsi leurs tribus propriétaires, les autres tribus ont toiyours le droit d'y amener paître leurs troupeaux et de les y abreuver. Si donc les pâturages de certaines zones sont insuffisants, les tribus propriétaires se déplacent vers un pâturage étranger meilleur; mais il est rare qu'elles aillent dans ce cas à plus d'un ou deux jours de leurs vallées habituelles. Jamais les Ifor'as d'ailleurs n envoient une partie de leurs troupeaux au loin de leurs tentes sous la seule garde de bergers comme le font fréquemment les k( l-Aliai,''gar et les Taïloq qui expédient leur bétail à 400 ou oUO kil. jusque dans l'Adr'ar ou le Timé- Irin (l).
1. Timélr'in (sens : région d'nrbusles persistants, de laîlte étevée et dense) pays situé à l'ouest de l'Adr'ar*.
3M rInSEIOMEXENTS SCIDITmQIIES
Cette stabilité des Ifor as a pour principale cause l abondance des eaux et des pâturages de leurs pays : les pluies y sont lou* jours si régnlit ros que fie mémoire d'homme on n'a entendu dire qu*il y eiU eu sécheresse persistante, de sorte que les habitants, ayant toujours des pâturages à proximité, ne sont pas obligés d'aller les chercher au loin. Aussi quand les tribus de TAdr'ar' jogetit utile de se déplacer, elles vont à quelques heures de distanee, généralement à une demi-journée, rarement plus loin.
Pour ces déplacements les hommes nobles ou imr'ad montent à méhari, les femmes sur des ânes. L'àne est la* monture habi* tuelle des femmes ; seules montent à méhari la femme dllU et sa fille et quelques autres, A l'imitation des usages du Ahaggar. Les bagages sont généralemeht aussi transportés à dos d'toes, quelquefois, s'ik sont considérables, à dos de chameaux ou de bœufs porteurs. Cçs derniers animaux sont très rares dans l'Adr'ar'.
L'habitude qu'ont les femmes nobles de l'Adr'ar' de monter
sur des ànos csl une dilic reiu e d ès nette avec les usngos du Ahaggar. i/iuigiiH' en osl <jue les (l<'|>l;i( t*m(Mits des lf(»i'as sont toujours de coiirls vojugcs; mais cela vient aiis^i dt> oc les femmes du Ahaggar, maigres, élancées, très aihoiles à tous les exercices et menant une vie active, ont riiahitude (h's longs dé[)hicements tandis (jue les fenlnl«•^ ilor as cantonnées dans les tentes deviennent ti'ès giasscs et incapables de voyages pénibles. « Si Tune d'elles, disait l'informateur, iie couchait sur. toi, elle te casserait ! m
K. — Oueef interdits
Bien que l'usage universellement admis soit que tout homme . à le droit de f^ire pâturer ses bêles même dans les oued dont sa tribu n'est pas propriétaire, le chef de fraction propriétaire d'une vallée a le droit aussi d'interdire à qui que ce soit de s'y arrêter même pour quelques heures.
Chez les Ifor'as ces interdictions sont rares et ont pour but de laisser le drinn et le merkba produire les graines qui, récoltées.
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serviront de nourriture aux habitants, et cela sans que le bétail puiss'e y toucher.
Chez les Ahaggar on les pAt tirages et les g-rains sont moins abondants, cos inléi'diclinns plus fréquentes jx'inifttont de laisser les graines se [troduire, etauiisidc laisser les herbages grandir aprr's les pluies.
^ L. — l'urage des puits
Le système de construction des puits a été étudié dans le chapitre sur l'Âdr'ar. Il n'y a pas chez les ifor'as de gens dont ce soit le métier de forer ou d'entretenir les puits; tout esctaYe ou imr ad pauvre est susceptible d'exécuter ce travail que le peu de profondeur des puits rend peu difficultueux.
■ M. — Qualités des méhara
Voici les qualités et les indices d'un bon méhari : haut sur jambes ; mince et élancé ; la bosse en hauteur mais non en largeur, avec une ligne de poils au sommet ; le poil plus long aux épaules ; la téte petite^ allongée et fine ; les oreilles dressées et tines ; l'encolure lonirue ; le poitrail long, profond et peu large. L'animai doit être tout eu longueur, pas eu largeur.
Aux bons méhara, quand ils ont un an ou deux, les Ifor'as font généralement sur le elianfi ein trois incisions qu'on lie de manière à faire de petites boules, ils leui' n)etteiit au cou iiu cordon épais comme le pouce auquel est suspendu une amulette de cuivre.
l^s animaux, qui ont les qualités ci-dessus indiquées, sont très ainiés des Ifor'as qui ne les vendent jamais.
Les ifor'as ont la réputation de très bien dresser leurs animaux ; toutefois il est à signaler que les chameaux de rAdr*ar\ peu habitués aux rochers, ont les pieds sensibles, ce qui les rend impropres k voyager longtemps en pays de montagnes.
BEN8BIGNEMEIIT8 SVlENTIFiuULS
iN. -^Marques des méhara
Tous les chameaux îles Ifor'as sont marqués; ces marques s'appellent en arabe : taba, on (ani. : échouel. Les animaux des Kel-Afella portent :
O sur le cou et + sar la joue droite.
Ceux des Kel-Tar'iit :
loi sur la joue droite.
Ceux des Kcl-Ouz/ein et des Ifergoumesscu ont les mêmes marques que ceux des Kei-.Vfella.
Les méhara des TaraUMellet ont :
n sur la joue droite.
Ceux des Idenan ont sur le cou, côté droit :
IP ou lY
Les Ibottenaten ont les marques des Kel-Afella. Les Irreganaten incrivent un 1 sur l'avant-bras droit. Les Atouaj mettent sur le cou, côté droit : >- J.