LES IFOR AS DE L AUR AR
résider quelque temps, apportent avec eux la provision de sel
des chameaux et la donnent le jour où ils atteignent un lieu où ils feront un séjour (i'tiii mois. Ils distribuent alors 2 kilos do sel gris « achara » on seulement 1 kilo et 1/2 s'ils ont en leur possession du sel hlanc « tisemt » «le Taodenni. Les Touareg disent que si I on faisait vovager un chameau moins d'un mois après lui avoir donné ilu sel, il pouriait en devenir malade.
Les Ifor'as ne donnent de sel qu'aux chameaux ; ils n'en donnent pas aux boeufs, moutons, chèvres, etc.
P. — Vols et voleurs
^ Le seul f^enre de vols assez commun dans l'Adr'ar est le vol
de bestiaux. On voit rarement les nobles s'en rendre coupable ; mais il arrive assez souvent que des imr ad ou des exclaves, en temps de famine, volent des chameaux, des bœufs ou des mon-
' , tons et les égorgent en cachette pour les manger. L*habileté des • nomades A suivre les traces et à reconnaître des animaux même maquillés rend très difficile tout autre écoulement des produits de ces voUi.
L^^u'un coupable, est découvert, un dès nobles du voisinage le fait saisir et lui fait administrer une forte bastonnade.
Q. — Feu
Pour allumer du feu. les Ifor'as se servent de briquets appelés « inefre<l » (l'une picrre-{\-feu : « abelal oua n timessi » ou par abréviation : « timessi » et d une matièie servant d'amadou et connue quelle qu'en soil la composition sous le nom de « tachp'ert ».
L'aniadoi^ se fait de plusieurs manières : le pins souvent il est tiré d'une certaine herbe (jui pousse dans les pierres, est garnie de piquants, a des feuilles basses qui s'écartent comme les rayons d'une roue, et au milieu des feuilles une tige analo- * gue à la tige d'oignon : cette herbe s'appelle : « ti n sennancn > . (celle des épines). Un frappe la tige avec un bâton pour éviter les pt<{uants, on comprime les feuilles et on les recouvre, dans
RERSnONBinifTS BCIENTIPIOVES
le foyor, de cendi es chaudes : Therbe desséchée est retirée, frappée entre des pierres et amenée ainsi à s'effiler commé de la laine. L'herbe « ti n sennanen » ne se trouve qn*au Ahaggar, Monydir» Adr'ar^, Ahnet (?)
On fait aussi de l'amadou avec un morceau d^étoffe treifapé en un liquide où Ton a pilé du natron (t) ; on en fait encore avec des chiflons enduits de kobal écrasé.
R. — Vûmde de boucherie
lies Touareg mangent peu de viande, non qu'ils la dédaignent, mais parce qu*en dehors des cérémonies ils se contentent de laitage et de grains et préfèrent la vendre plutôt que la consommer.
Aussi quand un méhari ou une chamelle est devenu vieux, les Ifor*as FeDgraissent pour la vendre aux gens du Tidikelt ; et s*il arrive quelque accident nécessitant Tabattage d*un méhari, la viande est dépecée, séchée au soleil, mise dans la peau même de l'animal et suspendue à un arbre jusqu'à l'arrivée d'un marchand étranger.
Pour les cérémonies ou pour l'arrivée d'un hôte, on égorge . généralement un ou plusieurs animaux ; et on mange aussi bien la chair d'un méhari que celle d'un chameau. Le bœuf est rarement s«'rvi ; les moutons cl les chèvres beaucoup plus fré(|ucmnu nt, mais sont surtout égorués les chevreaux et les agneaux, lors(ju ils attcit^iiciit trois mois. Le veau est aussi })arfois mangé à l 'occasion d une fête. Mais les vaches, brebis, chèvres sont toujours conservées, leur lait étant pour tous les iouareg un aiimeul indispensable et une richesse.