C. — Animaux indéterminés de fAdr^ar
Trois espèces d'animaux, vivant dans TAdrW, n'ont pu être déterminées par les explications des indigènes, et malgré des primes offertes, aucune peau ne m'en a été apportée.
Ces uuimaax sont :
Les tirrs, singulier tiressi.
Les tacliotiri.
Les aridel.
Voici les indications reciieillies à leur sujet :
7V/Y'\ — « Un jour ) il Ihiis à un puits et j'ai vu des tires. Elles étaient se{)t. Lciii' peuii est zcljiée de noir et do ,^ris, It'ur taille est celle d'un chien onlinaiie. leurs poils sont lonijs La (|ueuo est irrosse et coui tn, tr< s loiirnie de [)oils. On ne peut les confondre avec des hyènes que je connais bien et qui sont [jIus grandes. Leur pelai^e n'est pas celui de la hyène. Les tires attaquent Thomme, lànc, les brebis, les chèvres; leurs oreilles sont dressées, courtes et rondes comme les oreilles du chameau. Lorsque les tires m'ont aperçu, je me suis mis à crier ; elles se sont enfuies dans la montagne où elles demeurent en assez grand nombre. »
— (c Les traces des tires ressemblent à celles du chien, mais la terre est projetée en. avant. »
— (t Cri des tires : haou, l^aou (comme le chien). » Tachouri, — Les Arabes appellent cet animal chertat et il
y a beaucoup de chances pour que ce soit la hyène. *
« JUn jour je marchais, cherchant à rassembler mes ânes dans la vallée ; j'ai vu une tachouri ; elle était noire, ses poils étaient très longs, sa démarche lourde. Klle va en secouant ses poils, la tète en bas touchant presque le sol, le dos voûté comme un . •vieillard. Lorsque je vis la tachouri, j'étais déjà très prés des Anes \ers lescpiels elle marchait. Je sautai sur une nnesse et je partis au grand galup vers les tentes. La tachuun ne me suivit
LES IFOR'as DK l'aDR AR'
pas. En arrivant je m'écriais : c J'ai vu une bète noire qui a de très longs poils ». Les gens du campement me répondirent : Cest une tachouri ;• as-tu eu envie de crier pour la faire sauver? ». Je répondis : « Oui, mais je ne l'ai pas fait ». « — Gardetoi bien de le faire ; (juiconqne crie à càlé iKune tachouri est aussitôt attaqué ». J'ai vu la trace de la tachouri dans la boue d'un oued, voici sa. l'oriiie :
Il y ;i, (lit on, des tachouri dans l'Adr'ar', le pays do Atuuaj et siu toul à proximité «lu Nifçer ».
— « La lacliouri ost de lu taille du lion, mais plus longue. »
— « (^ri de la taciioini : lii hi hi ! »
Aritlel. — (ienre j^m'osso liyéiio, plus grande que les lires, fortes cuisses et épaules, n'a pas de cri.
D. — Chasses.
Les Ifor'as ne sont pas de grands chasseurs ; ils se défendent contre les fauves, prennent à la course ou au piège les antilopes* Leurs chiens de race médiocre ne chassent pas et il n'y a pas de lévriers sloughis. Les oiseaux ne, sont pas non plus dressés pour
la chasse, comme on fait du faucon en Al.i.'^érie.
Lion. — L<s lions <lii Soudan sont loin d'être les aniiiiauv redoutables qu'on s'iiiiiiiiinc ; les Iforas l'atLaquent parfois k l'rpéo et au bouclier. Voici un r<'cil de cette chasse : ,
« .1 étais avec d(>s niaichandises a comniercer à la tente de Mokhamuied l'crzou, futur aniéiionkal des Ifor'as. Il campait A une journée de Afurag' n illi, en un aftlueul de l'oued Tar'lit, avec quelques tentes d'imr ad.
« Un de ses esclaves vint lui dire : Voici un lion qui vient de tuer un *de tes chameaux ». Mokhamuied Ferzon me dit : « Viens, allons à lui ». Je lui dis : « Je ne puis pas, j'ai peur ». Il me répondit : « Viens, n'aies pas peur, tu n'approcheras pas du lion ; c'est moi qui irai le tuer, tu ne feras que regarder ».
364 BENSEIfiNEMBNTB BCIKMTinQirBS
Nom mont&mes sur deux méhara, Mokhammed Ferzoa n'emportant que son épée et son bouclier. Arrivés à 3 ou 4 kilomètres dans l'oued, nous nous trouvâmes près d'une cuvette assez boisée où les gommiers étaient denses : c'était lA le repaire indiqué par l'esclave. A ce moment M. Fenou et moi mimes pied à terre et je gardai les deux montures pendant que le chef Ifor'as marchait vers le bois tenant d'une main son bouclier, de l'autre son épée nue. Tout en s'ap{)(H)chant des arbres M. Ferzoa A chaque pas frappait <.iu ^'cnou son bouclier et criait : /< erré, erré ! » En entendant ce cri et ce bruit, le lion sortit du fourre et s'élança vers son adversaite. Mais colui-ci s'arquebouta sur lo sol et tendit son bouclier au lion qui y cnfon<;a profondomont los griffes d'une de ses pattos. Profitant de cet instant. M. Ferzou, d'un cou[) d épée rapide jeté de côté coupa les deux jarrets des pattes d'arrière du lion. L'animal tomba; M. Fcr/ou. sans l'achever, retira son bouclier et m'appela pour contempler sa victime. Je vins, je regardai de près le lion qui se traînait sans pouvoir nuire ; tant (pi'il n^avait pas été blessé il avait rugi ; dès qu'il fut tombé il se tut et resta muet. Comme seul j'avais un fusil, ce fut moi qui l'achevai d'un coup de feu. J'avais vu tout le combat qui s'était passé non loin de moi, hors des arbres ».
« J'ai entendu dire que d'autres Ifor'as avaient aussi attaqué et tué le lion de cette façon : pour le faire, il faut être un homme î mais depuis quelque temps les gens de l'Adr ar' chassent souvent avec les fîisils*».
Il y a, paralt-il, beaucoup de lions dans le massif de Tachdait à une demi-journée de marche de Telia. Un esclave de Bal, Khammedin, en aurait tué un grand nombre au fusil Les' chasseurs de lions sont nombreux chez les Kounta : on cite Rat^ tari, un des compagnons de Hammoédi, et Najem, chef des Ouled-Mellouk.
Autre récit : « Je voyageais une fois de nuit tout près de Dourll ; il faisait clair de lune ; j'ai entendu la voix du lion qui rugissait dans la montai,'^uo. A co nioment j'avais l iiitention de ni 'arrêter ot de dormii' ; mais aussitôt, clianuoant didée, je mis mon chameau au yalop dans la direrfion d'un campement : j'apercevais le lion, mais indistinctement parmi les rochers.
• LES ifur'as de l'adr'ar' 365
J'ariivai aux tcutes et j'y passai la nuit ; au matin les Ifor'as cfl rayes d'avoir ce voisin «lécampèreut pour rejoindre des carapcinents plus nouihi oux. »
« Là, les Ifor'as nobles et inir a<l se groupèrent une trentaine et partirent à la chasse du lion ; étant pressé je dus continuer mon voyage, mais j'appris deux jours après que le lion avait été tué M. •
Au dire des indig^èues, on cominencerait A certaines époques à voir des lions à partir de In-Fefifiaii. A partir d'Akoumas ils seraient nombreux et surtout dans la grande vallée de Tekenkent. i*crsonnelIeineiit pendant mon voyage dans TAdrar' je n'en ai ni vu, ni même entendu.
Autruche. — Les Ifor^as cbawent Taulrucbe & courre en la poursuivant à mébari. Cette poursuite n a de chance de réussir que rété alors que la chaleur retire an volatile une partie de sa
résistance. Les autruches sont peu fréquentes dans l'Adr ar.
Antilofte mehor. — L'antilope mehor ou biclie Hobert se prend au moyen de piè^c ou << tind'erbat w. Ces pièg^cs ordinairement installes près des gommiers sont formés d'un cercle de bois où sont fixées vers l'intérieur de longues pointes en bois ; audessus du trou centrai on place un nœud coulant et le tout est dissimulé avec du sable ou des feuilles. L'animal place le pied sur la chausse-trappe et s'enfonce dans le trou ; le cercle de bois se fixe à la patte par ses pointes et empêche le nœud coulant de glisBer le long de la jambe ; la biche en se retirant serre donc le nœud. L'autre extrémité de la corde est parfois fixée à une pierre ou à un arbre qui arrête la bête ; parfois elle est attachée à un bAton qui est entraîné, vient battre dans les jambes et arrête la course.
Gazelle. — Se chasse comme l'antilope mehor.
Onj.T, cuba. — Les oryx et les coba se chassent parfois au fusil, parfois à courre. Dans ce dernier cas, les Ifor'as montés sur de très bons méhara prennent la piste d'un animal et le poursuivent au petit trot. Le galop du gibier lui donne une certaine avance, mais le méhari rattrape toujours avant que l'oryx ou le coba soit reposé de sa course et l'oblige à repartir.
3to6 RENSEIGNEMEHTB SCIENTIFIQUES •
Après plusiflun galops entre lesquels elle n*a pas reprit baleine, Tantilope est exténuée et tombe. Il n'y a plas qu*à Tégorger.
E. — Sauterelles,
Il y u toujours quelques sauterelles dans l'Adr'ar' ; mais il en vient parfois de gros passages. Ceiix-ci, même considérables, ne causent jamais grands dommages aux pA tu rap-cs trop vastes, ni aux centres de cultin o trop petits et défendus par des cris, des feux et des battements de tambour.
Les Ifor'as nobles et ricbes ne mangent pas de sauterelles, car tous sont abondamment nourris de lait et de graines^ senjs les esclaves s'en régalent. On ne cherche pas à détruire les criquets.
I 8. ^ Flor«
Les caractères de la flore du pays Ifor'as, ont été indiqués dans le chapitre de rAdr'ar\ Je me bornerai A citer ici quelques-unes des plantes que j'ai pu reconuaitre :
• Arbres
Le teboraq (Balanites tchaichot, très fréquent dans
aegyptiaca), en arabe l'Adr'ar' et sur le Niger.
Le bois sert à .faire des ^ rahla, des poulies, des baiw bouchia«etc. •
Le tichaq (Salvadora per- iraq, rare et peu élevé dans
sica), » le Nord, devient dans l'A-
dr'ar' un arbre très fréquent.
Le gommier, » talha, en tamaehèque : ab<v
sar, gonniiier raùle, taimU, ^'^omuiier femelle.
L'Ag'ar, x» iatil.
LES IFOHAS bE L ADR AU
Le jiyubier ( Zizyphus
lotus), en tamaeh.
Le koroiinka (Calotropis »
proccra). Le f ad Mil. »
L'a/auua, L'aoa,
Le tahoDak,
en aral)e »
tadehant.
toucha : dit au Soudau euphorbe.
I lioscia sencgalensisj, fcrsicr.
asahaï (Leptaduuia pyro<
technica).
jedari (Rhus divica).
L'achelouat, Le touUoult,
Lo merkba, L'aselar,
L'adrylal, L*aUouminouz, L'iftezzen, Le tanekfeit, Tje tagerouft.
La coloquinte, Le takenhalt.
Les graines citées au Le taiiosmint, Le talicli, I/flcffcra, L'abedihf'd.
Le tebarimt,^ Le furfar.
Le tad lient, i/aiiiatilkliii\ Lokankan.
Lalesess, etc., etc.
Arbrisseaux ou graminées
en arabe jiijîr.
» drinn (Arthratherum pnngens).
(Scabiosa camelortim).
herbagfe de la catégorie de
l'acheb. ' \
tîralal.
de la famille du Nci et du Sfar.
chebreg.
harra.
(Cucninis piophetarum).
el fiisch (?)
parag^raphe : nourriture :
en arabe liemnud, w herdi. >» seniac.
» lahaiina.
» leilcklier i?)
cl foula (?) zeiiaïa (?) relafa (?)
khalkbab (?) « »
368 RENSEIGNBIIEIITB SUBNTVIQUI» '
§ 9. Vie littéraire dm Ifor'M
A. — Langue
La langue touarègue est un des dialectes les plus purs de la grande langue berbère qui se parle encore aujourd'hui de la Méditerranée [Syouab-Djebel-Nefoussa (Tripolitaine) Rif marocain] au Niger (loulliminden) et de TAtlantique (Maroc) à l*E|gypte (Syouah).
La langue que parlent les différentes tribus touarègues est sensiblement la même : Kel-Ahaggar, Ajjeur, Taltoq emploient le même dialecte ; les Ifor^as ont un langage très peu différent des précédents ; les loulliminden se comprennent plus difficilement avec les Aliaggar ; ils ont des mots particuliers qui néces* sitent pour être connus un séjour dans le pays.
D'une façon générale, les Touareg du \ord ont une prononci.ilioii rude et aspirent les mots , les lloi' as intermédiaires les chuintent, selon l'expression de M. (juutliier, les loulliminden du Sud les adoucissent et les zézaient.
Voici un exemple ; Les bracelets de bras des l ouareg sont appelés :
Ahhey' par les Alia,i:i:ar, Ajjeur cl TuUoq.
Achheij par les Il'or as.
Azbeg' par les loulliminden.
D*autres mots différent complètement : ainsi le poignard se dit chez les Abaggar et les Ifor'as : a tileq », et chez les loulliminden, « gozma » — maintenant se dit « amarada », et chez les loulliminden : « agodda >.
Il existe actuellement un excellent lexique des mots des Touareg du Nord (1) ; il serait très intéressant que le luèdie trayail put être fait pour les Ifor as et les loulliminden. De cette comparaison résulterait peut-être la connaissance du plus pur dialecte herlu'i c, dont les autres lant:nes touarègues sont les dérivés. Tar Ui l'étude des origines serait singulièrement facilitée.
(Ij Cuiiipuse (mais cncure iiiedil) par lu i*. do l uucuuld.
LES IFUH AS DE L ADH AR* 360
Nous îivons (Irjà reinajqu»' la [>résence dans la langue berhorc de mots d'origine clin tienno ; il en existe qui OQt une origioc latine, mais pcut-ètie jms chrétienne, ainsi :
L'autore se dit : « urora ».
L'or se dit : « ora ».
Ce ne sont là que des indications peu précises; l'étude comparée de tous ces dialectes Ahaggar, Ifor'as, loulliminden peut seule permettre de formuler des règles et de préciser des hypothèses qui, faute de documents, ont peu de valeur scientifique.
Un des points les plus curieux à remarquer dans la langue des Touareg c'est Textréme précision des termes et partant leur nombre parfois considérable pour désigner un objet que nous enveloppons dans un vocable vague.
Cette abondance de mots existe particulièrement lorsqu'il s'agit de nommer les accidents du sol, et toutes les choses géographiques. Ainsi rcx{)ression française : « montagne » se traduit généralement en tan)acliè(jne par >« adr'ar' ». ( )r adr'ar' siguilfe plul«*)t massif, et à côté de lui il y a plus de vingt niots poui^ désigner toutes les formes de montagnes. Ainsi « tadrak » siunifie une montagne spéciale, l'équivalent de « glira »en arabe; un piton, un pic, une aiguille, une hauteur tabulaire, une hauteur abrupte, une hauteur 'rocheuse, etc., etc., ont chacun^ un nom s[)écial, toujours employé par les Touareg.
Ces derniers ne diront jamais : ceci est une montagne (idée générale), mais toiyours : « ceci est one tadrak (idée particulière). De telle sorte que l'étranger pourra toujours, au seul nom d'un accident de terrain, se faire *une idée très exacte de sa forme.
Cette décentralisation et cette précision des termes se retrouve dans tous les objets de la vie courante des Ifor'as.
Comme tons les Touareg, les Ifor'as en utilisant des mots arabes changent les aine en raine et font par exemple de a'ii r'ali. Ils transforment également tous les h' en kh et font de Moh'amme:! Mokhanuned, et^insi de suite.
870 aKNSBIONEMENTB SCIENTIFIQUES
B. — LUtérature
Il n'existe cbee les Ifor'as aucun livre écrit en tamachèqne. Les seuls textes fixes sont les poésies. •
Chose remarquable, bien que les mœurs et la culture des Touareg soient assez peu raffinées, la poésie est chex eux en grand honneur ; tout le monde compose des vers, certains ont un réel I talent et j'ai connu en particulier chez les Ahaggar des morceaux
d'une très réelle beauté.
Ces poésies ont pour auteurs souvent des hommes, mais surtout les femmes. Ces dernières sont plus cultivées et plus distinguées que les hommes et la composition poétique est un des passe-temps préférés des jeunes femmes nobles, j yuehpies-uiics de ces pièces sont aneieuues et 1 aiiteut' en est
inconnu; souvent elles sont niodeiiies: les anteui-s vivent encore. Les sujets pi ini ij)an\ sont ranioui- et l«'s coinliats et il y est lieaueoup pai'le des nit-liar;). i nniine il ost [larlé des chcvaux dans |fi poésie des peM|»li'> cavalici s [u iniitifs.
r>liez les ll'itr'.is la [)lu.> cél»'hre coniposiliice est Lalla, tille * d llli anit iioukal. l']lle a composé un très grand nombre de
I morceaux, odes et épigranunes, et presque tous sont connus
t dans tout le pays, (lar les Touareg ont pour les vers une mémoire
. surj^renante ; t<uis, nobles, imr ad, même les esclaves savent et se transmettent des pièces entières (|u'il leur a suffi d'entendre une fois pour retenir. Tant cette poésie touarègue est issue de l'essence même de la race, tant elle est populaire 1
Ces textes bien que fixes présentent un grand nombre de variantes par suite de la façon dont ils se transmettent. Chacun ajoute, retranche, transpose, confond une pièce avec l'autre. Tels qu'ils sont cependant, ils ont une grande importance d'abord parce qu'ils nous font pénétier au fond du caractère des Touareg, et ensuite parce qu'ils contiennent un grand nombre de mots anciens, sortant du vocabulaire usuel, utilisés seulement dans les vers, mais parmi lesquels il sera peut-être possible de trouver la clef de nombi^ux [)i oblèmes de linguistique berbère.
Les poésies louarègues sont toutes riméeë et rythmées* Cha-
Les iroH As dk l'aur'ak' 371
que vers doit avoir un certain nombre de mots, généralement trois par vers, le mot désiirnaiit tantôt un mot un peu \ong, tant(^t plusieurs mots courts qui sont alors regardés comme n'en formant qu'un. Ainsi dans le vers suivant ;
Enn as i Khammedln : en^aoa aner*,
la cadence se répartit ainsi :
(£nn as i) (Khammedln; : (endaou aner )
. chaque exprension entre parenthèBes comptant pour an moi.
En général la même rime continue pendant toute une pièce ; souvent cependant elle dure pendant un certain nombre de vers, puis est remplacée par nne autre. Tous ces vers sont faits de fa^n à être chantés.
ns le sont généralement aux séances de Tahal de nuit, à condition toutefob que ces pièces soient d'une certaine importance, d'un style délicat, excluant toute grossièreté et toute indécence.
Le chant est accompagné parfois par l'imzad, plus souvent par les battements de mains des femmes. Le chanteur commence un vçrs et aussitôt un autre chanteur ou le chœur répète; et ainsi de suite, ciwKjue vers étant répété deux fois.
Aux ahal du jour on récite les vn s, mais sans les chanter, et ceux ci sont alors licencieux et grossiers, car les assistants y sont généralement entre gens de même i^ge.
11 est à remanjuer que les Ifor'as, en vrais méridionaux, sont souvent excessifs en paroles. Yoici des exemples :
J'ai froid, se dit dans TAdr'ar' : je meurs de firoid. J'ai faim, se dit dans TAdr ar* : je meurs de faim. J^aîme, se dit dans TAdr'ar" : je meurs d*amour. Je m*ennuie d*être seul, se dit dans l'Adr^ar : la solitude me tue.
« Quelques exemples de poésies
1° £nn as i Khammedln : auteur, Lalla oult llli (Lalla fille dm).
St^et : A Khammedln qui aimait Ëizahera, tante de Lalla,
372 EE:<iSLlG>'EME.NTS SCiE.XTIFIVttkS
qu'il aépouBée depuis. Euabera montait un méhari blanc et demeoiait dans Toued Tahourin.
*• î' :vi ivD:: o i