VIE DE DUHAMEL
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DUHAMEL (Jean-Baptiste ),néen 1624, à Vire en Normandie, d'un père avocat, enlra chez les pères de l'Oratoire à dix-neuf ans , et en sortit dix ans après pour être curé de Neuilly-sur-Marne. En 1663, il quitta sa cure pour la dignité de chancelier de l'Eglise de Bayeux. Alors il se livra entièrement à son goût pour la physiiiue. Le grand Colbert le choisit en 1666 pour être secrétaire de l'Académie des sciences. Deux ans après, Colbert de Croissi , plénipotentiaire pour la paix d'Aix-la-Chapelle, l'y mena avec lui. Duhamel l'accompagna encore en Angleterre. Il flt ce voyage en philosophe : sa principale curiosité lut de voir les savants , surtout l'illustre Boyle, qui lui ouvrit , dit Fonlenelle , tous les trésors de la physique expérimentale. De Londres, il passa à Amsterdam, et y porta le même esprit. Il recueillit dans ces deux voyages des richesses dont il orna ses livres. De retour en France , il ne cessa detravailler jusqu'à samort, arrivée on 1706, à quatre-vingt-deuxans. Il fut pendant toute sa vie dans une extrême considéralionauprèsdes plus grands prélats. Cependant il n'a jamais possédé que de très-petits bénélicos, et il n'en a point possédé dont il ne se soil dépouillé en faveur de quelqu'un. Les principaux fruits de sa plume sont : Astronomia physica , et un traité de Meteoris et Fossilibus, imprimés l'un et l'autre en 1660, in-î". A la forme de dialogue qu'ont ces deux ouvrages, et à celte manière de traiter la philosophie, on reconnaît, dit Fontenelle, que Cicéron a servi de modèle ; mais on le reconnaît encore à une latinité pure , et à un grand nombre d'expressions ingénieuses et fines. Son imagination fleurie et ornée a répandu ses agréments sur la sécheresse de la matière. De corporum affectio-
nibus ; De mente humana ; De corpore animato ; ces trois ouvrages, fruits de la réflexion et de l'expérience, sont profonds. De consensu vetcris et novœ philosophiœ , in-i», Rouen 1675. On y trouve une espèce de physique générale , ou plutôt un traité des premiers principes. Il y fait voir que les idées des anciens physiciens ne sont pas si étranges que l'on pense, et rentrent dans le résultat des plus modernes. L'Histoire de l'Académie des Sciences , dont la dernière édition est celle de 1701 , in-4° ; Opéra philosophica et os^ronomica, Nuremberg, 1681, 4° tom. in-4"; Philosophia vêtus et nova , ad usum scholœ accommodata, 1700, 6 vol. in-12. II y combine avec impartialité les idées anciennes avec les nouvelles. Theologia speculatrix et practica. 1691, 7 vol. in-8" , en très beau-latin ; Theologiœ clericorum seminariis accommodatœ summarium, en 5 vol. C'est un abrégé du cours précédent, augmenté et corrigé. JnstUutiones Biblicœ , seu Scripturœ sacrée Prolegomma, una cum selectis annotationihus in Penlateuchum. Cet ouvrage fut l'avant-coureur d'une grande Bible, Paris 1706, in-l'ol., et Louvain , 1740, in-fol., et avec des notes, dont une partie par M. Guyaux.
Richard Simon et dom Calmet en font peu de cas , mais ces deux commentateurs ne sont pas juges compétents en cette matière. Il est bien vrai que les notes de Duhamel ne présentent rien de bien saillant et de neuf; mais laBible n'est pas un fonds sur lequel on doive travailler avec l'esprit de nouveauté ; il serait à souhaiter que Richard Simon se se fût réglé sur cette maxime. Il ne faut pas le confondre avec un Duaamel, curé de Saint- Méry , à Paris, prétendu saint du parti janséniste, dont M Treuvé (voyez ce nom) nous a donné la Vie,