‹ Dâemonstrations âevangâeliquesChapitre 106 sur 202 · ADRESSÉE AUX ARCHEVÊQUES ET ÉVÊQUES DU CLERGÉ DE FRANCE · texte numérisé non relu

ADRESSÉE AUX ARCHEVÊQUES ET ÉVÊQUES DU CLERGÉ DE FRANCE

Monsieur,

Nous avons, dès nos premières séances, porté aux pieds du trône les supplications les plus pressantes et les plus respectueuses contre cette multitude d'ouvrages irréligieux, que l'impiété produit depuis quelques années. Ces supplications ont été accueillies avec toute la bonté et l'attention que nous pouvions attendre d'un prince, digne héritier de la foi àe ses aïeux, et, comme l'écrivait le (1) pape Anaslase à l'évéque de Jérusalem , au sujet des erreurs d'Origène, nous avons à vous annoncer cet heureux événement, que le prince religieUT qui nous gouverne adonné les ordres les plus précis pour arrêter les progrès et les attentats de l'incrédulité.

Mais nous n'aurions satisfait (2) qu'imparfaitement à l'obligation que nous imposaient l'intérêt de la religion et l'exemple de nos prédécesseurs (3), si, contents de réclamer

(1) Iliudquoque, quod evenisse gaudeo, taccre non polui; healissimoium priiicipum raanasse responsa, quihus unusquisqne Deo serviens, abOrigenis loctionerevoceiurdamiianduu.que seiiteniia piinci|>um, qiieni lettio rcrurn prolaiia prodiderit {Ex Epiu. (il Atmlus. Pan. 1, ad Joan Uiciosol. Epi.cop. (on. t. H, p. il9.jl.

(2) Mitii cprle cura non deeril tvangelii fideui circa meos cuhlodn-i! pO|,ulos, |ianes(|ue poj uli niei [>t;r qua'que Spalia divprsa Icrraruiu diffusas, quaulum possiin, liUeris conveiiirt; ne qiia profanai inturprolaliimis ongo snbrcpat quaj devolas mentes inmiissa sui caligine labelaciare conetur {idem).

(5) Galllcana Lcclesia post apostolicam sedem est quodflain tolius chnstiamtaiis spéculum, et immotum lidei iun.

l'appui des lois et de l'autorité contre ceux qui veulent profaner la cité sainte ou la détruire, nous avions, à l'exemple des faux prophètes (1), balancé de combattre nousmêmes pour sa défense et pour sa gloire. C'est dans la vue de nous acquitter de ce devoir, qu'après avoir pris les mesures que nous avons jugé les |)lus efficaces pour suscitera la religion des défenseurs utiles, nous avons cru devoir profiler du temps auquel nous étions assemblés, pour faire entendre au peuple la voix de ses pasteurs ; et nous avons espéré que, si la durée de nos séances ne nous permettait pas une discussion plus étendue, 1( s considérations générales auxquelles nous étions forcés de nous restreindre acquerraient, de la réunion de nos suffrages, un nouveau degré de force et d'autorité.

C'est à vous, monsieur, qui connaissez les besoins de votrediocèse, àjuger s'il est nécessaire d'y répandre l'avertissement que nous avons l'honneur de vous adresser, soit par un mandement, comme se le proposent quelques-uns d'entre nous, soit simplement en le rendant commun par l'impression et en en facilitant ainsi la lecture à ceux à qui elle peut être avantageuse. Si Jésus-Chritl, selon la pensée d'un des premiers apologistes de la

daineiitinn, ulpote qure iu fnvore fjdci christianae non seqiialiir ;dias , .sed aiilocrdai {Crqor. l\, in Episl. ad Ar^ chiei). i.hemcns. irenv. dea Lib. t. I. p. 9).

(I) Non asceiidisiis ex adverso, neque opposuislis auniiu |iro douio Israël , ut siarelis in praelio iadie Domini {Ezecli., r. 13, v. S),

OBSERVATIONS SUK LES

religion ( Origène contre Celse, dans sa Préface), n'opposa que sa pationce et ses œuvres à la calomnie, ses disciples ne se crurent pas moins obligés de plaider sa cause devant les nations. Votre zèle nous répond que vous seconderez celui qui nous a animés, et que vous n'oinetlrez aucun moyen pour préserver les peuples qui vous sont conGés du poison fi-nesle de l'incrédulité, cl pour ranimer dans tous les cœurs le goût des choses saintes et cette foi pure et agissante { Fides quœ per charitatem operatur. Ad Galat. ,111, 6) qui opère par la charité.

Nous sommes, monsieur,

SAVANTS INCRÉDULES. 7ôO

vos très-humbles et très-affectionnés serviteurs et confrères, les archevêques, évoques et autres ecclésiastiques députas à l'assemblée générale du clergé de France.

Cq. Ant., archev. duc de Reims,

président.

Par nosseigneurs de l'assemblée, l'abbé de Caulaincourt,

secrétaire.

A Paris, le 17 août 1T70.

Wm

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