CINQUIÈME CARACTÈRE. — DES MIRACLES
La cinquième preuve de la vérité de notre foi sera tirée des miracles. Les miracles, comme les prophéties, ne peuvent être attribués qu'à la puissance divine. Un véritable miracle doit être au-dessus des forces de la nature; il ne peut provenir par conséquent que de l'auteur même de la nature, qui est au-dessus d'elle. Il suit de là que la religion qui confirme sa doctrine par de véritables miracles ne peut pas ne pas être vraie, parce que Dieu ne peut pas appuyer par le témoignage des miracles une doctrine qui serait fausse, vu surtout que de tels miracles surpassent les forces de la nature angélique et de la nature humaine.
Or, on ne peut pas douter de la vérité dos miracles opérés par Jésus-Christ, puisqu'ils ont été faits publiquement et devant dos millions de personnes. Ils ont été écrits par les évangélistes avec toutes leurs circonstances les plus particulières, ils no peuvent donc en aucune façon être entachés de fausseté. Par exemple, on lit dans saint Marc (c. VIII) qu'avec sept pains et quelques poissons, le Seigneur a rassasié une multitude d'enviroa quatre mille personnes; saint Jean (c. XI), rapporte la résurrection de Lazare qui était mort et enseveli depuis quatre jours , et qui fut rendu à la vie en présence d'un grand nombre de Juifs ; on sait encore qu'au moment de la mort du Rédempteur, des ténèbres se répandirent sur toute la terre, depuis six jusqu'à neuf heures ; si ces miracles, ^ pour ne parler que de ceux-là, écrits par les ' évangélistes peu d'années après qu'ils ont été opérés, avaient été faux ou falsifiés, comment les apôtres auraient-ils pu se détermi- ' ner à quitter leurs parents et leur patrie, et ' à tout abandonner pour suivre Jésus-Christ? Comment auraient-ils pu les raconter et les soutenir, et comment auraient-ils pu être crus de tant de peuples et des Juifs eux-mêmes qui avaient été témoins des faits ? Les apôtres n'auraient-ils pas été confondus et
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traités d'imposteurs ? bien loin de là , les princes mêmes des prêtres en confessent la Térilc : Quid facimus? quia hic homo multa signa facit {Jean, XI, 47). Los Juifs eux-mêmes, convaincus de la vérité de ces miracles, «e convertirent par milliers , et reconnurent pour Dieu cet homme qu'ils avaient injustement condamné et mis en croix comme un malfaiteur et un séducteur. Il faut ajouter que les Juifs mêmes qui ne se convertirent point n'ont pu nier celle vérité , et ont reconnu pour vrais les miracles de Jésus-Christ. Voici ce qu'a écrit Josèphe , historien juif : Endcm tempore fuit Jésus, vir iapiens, si tamen virum eum fus est dicere; erat enim mirabilium operum patrator, et doctor eorwn qui libenter vera suscipiunt {Joseph., lib. XVIII Antiq.. c. 4 ). H ajoute ensuite après avoir rapporté sa mort : Apparuit terlia die vivus, ita ut de eo vates hoc et alia milita miranda prœdixerint.
Passons maintenant aux miracles dont toutes les sectes prétendent avoir été favorisées, et voyons s'il y en a un qui ait jamais pu soutenir un examen rigoureux, et qui ait été trouvé vrai. Nous lisons, à l'égard des païens, que Vespasien rendit la santé à deux infirmes ; mais Tacite, qui rapporte ces deux faits, affirme que les maux de ces doux malades avaient été jugés par les médecins de nature à pouvoir être guéris par les seules forces de la nature {Hislor., lib.lY). On peut ajouter que si ces guérisons pouvaient être l'effet des seuls efforts de la nature, à plus forte raison pouvaient-elles être opérées par la puissance des démons. On rapporte de plus qu'Adrien guérit un aveugle. C'est Marins Maxime qui l'écrit; mais d'autres auteurs regardent cela comme une fable inventée par Maxime, pour ffaltor Adrien. (Fotr Sahnasius, Ilistur. Augusti in Spartiun.) On dit encore qu'une vierge vestale enleva de l'eau dans un crible sans la répandre. Mais quand cela serait vrai, rien n'empêche de croire que Dieu, pour faire éclater l'innocence de celte vierge injustement accusée d'impudicilô . n'ait i)ermis ce miracle. Passons aux Hébreux. Il est certain que Dieu a opéré chez ce peuple quantité de véritables miracles pendant la durée de l'ancienne loi, parce qu'alors la véritable Eglise était chez eux. Mais depuis qu'ils l'ont perdue en rejetant la loi de grâce, à la venue du Sauveur, Dieu ne les a plus favorisés d'aucun miracle. A l'égard des mahomélaus, leur chef Mahomet avoue que Jésus-Christ l'emporte sur lui par les miracles, et que, quant à lui, il lui suffit de son épée pour faire reconnaître la vérité de sa religion. H est vrai qu'il se vante, au chapitre 64 de l'Alcoran, d'avoir fait un prodige. La lune était tumbée et s'était rompue en deux parties. Il réunit ces deux parties et la replaça dans le ciel. Voyez le cardinal Bellarmin : De nolis Ecclesiœ ( c. 14 ). C'est pour cela, d'après Cornélius a Lapide (m Apoc, XIII, 11), que les Turcs ont pris la lune pour emblème. Mais il n'est pas croyable qu'il y ait jamais au monde un hoinine d un esprit .sain qui puisse croire
comme miracle une fable si ridicule. Que toutes les autres sectes ensemble essaient de nous montrer quelque miracle. Lorsque leurs malheureux chefs se sont avisés d'imaginer quelque faux prestige pour fasciner les yeux des peuples, leurs impostures ont été aussitôt reconnues. C'est ce qui est arrivé particulièrement à Luther et à (îalvin, comme nous l'avons rapporté au chapitre IV.
Les hérétiques, qui ne peuvent se vanter d'aucun miracle opéré de Dieu pour confirmer leur doctrine, prétendent que les miraclos ne sont pas des preuves de la véritable religion. Ils disent que les mages de Pharaon firent des miracles, et que l'Antéchrist luimême, d'après saint Jean, doit en son temps faire des miracles; c'est Picennia qui parle ainsi. On répond premièrement qu'il est clair, par les divines Ecritures, que Dieu a fait des miracles pour manifester la vérité de sa loi. Ce fut en donnant à Moïse le pouvoir de faire des miracles, qu'il força les Hébreux à croire ce qu'il leur disait de sa part, comme on le voit dans l'Exode : Ut credant, inquit, quod apparuerit tibi Dominus, si non crediderint tibi, credant verbo signi sequentis {Ex., IV, 5 e< 8). C'est pour cela que ce même Calvin, maître du Picennia, en parlant des miracles opérés par Moïse, avoue que c'étaient autant de preuves de la vérité de la doctrine qu'il enseignait : Tôt insignia quœ rcfert miracula, lotidem sunt proditœ doctrines san~ ctiones {Inst., c. 8, 5). Ce fut aussi par des miracles que Jésus-Christ prouva aux disciples de saint Jean-Baptiste qu'il était le véritable Messie, et qu'il voulut persuader saint Jean. Ite, renuntiate Joanni quœ audi' slis et vidistis {Malt., XI, 6). C'est encore sur cette preuve des miracles qu'il se fonde, lorsqu'il reproche aux Juifs leur incrédulité. 5» mihi non vultis credere , operibus crédite {Jean, X, 38). Il les déclare indignes d'excuse de n'avoir pas voulu croire aux miracles qu'ils ont vus. Si opéra non fecissem in eis, quœ nemo alius fecit, peccatum non haberent, nunc autem et viderunt, et oderunt me et Pair em meum {Jean, XV, 24). Si ces miracles n'eussent pas été des preuves de la vérité de ses paroles, Jésus-Christ n'aurait pas dit que les véritables fidèles seraient ceux qui opéreraient des miracles en son nom : Signa autem eos qui crediderint hœc sequentur : m nomine meo dœmonia ejicient, linguis loquentur novis, serpentes toUenl, etc., etc. {Marc, XVI, 17). Saint Paul aurait eu tort de parler des miracles qu'il avait faits pour prouver la vérité de sa mission : Signa apostolalus mei facto sunt super vos, in omni patientia, in signis e< ;;rod«^ùs (II Cor., XII). Or maintenant, comment Picennia peut-il dire que les miracles ne sont pas des preuves de la véritable religion ? A l'égard des miracles opérés par les mages de Pharaon, ce n'étaient point des miracles, c'étaient de vains prestiges, des illusions qu'il était possible aux démons de produire. Il en sera de même des prodiges que doit opérer l'Antéchrist, et afin que les hommes ne se laissent pas surprendre par ces prestiges, Dieu a pris la précaution de les prévenir d'à*
VÉRITÉ DE LA FOI
vance de ce qui doit arriver, et de leur annonrer que ce qu'ils verront ne sera que l'effet des artifices et des ruses du démon. Au reste, Dieu peut donner à un pécheur même et à un infidèle, le pouvoir de faire des miracles, comme il a donné autrefois l'esprit de prophétie à Balaara et à Caïfassc, parce que ce sont des faveurs toutes gratuites qu'il communique à qui il lui plaît, et selon les desseins de sa divine providence. Mais, comme dit saint Thomas . quoiqu'un impie, en prêchant la véritable foi et invoquant le nom de Jésus-Christ, puisse faire de véritables miracles, il cessera d'avoir ce pouvoir s'il annonce une fausse doctrine, parce que Dieu qui le lui donnait, ne peut permettre qu'il donne de la force, par des miracles, au mensonp;e et à l'imposture. C'est pour cela, dit TertuUien {Apolog., c. 23), que les miracles, ou pour mieux dire, les prestiges qui s'opéraient chez les païens ont disparu, et que leurs prêtres ont cessé d'éblouir par leurs artifices, parce que ces miracles ne tendaient qu'à affermir des superstitions qui devaient tomber devant la véritable religion qu'a prêchée Jésus-Christ, et à laquelle les gentils ont été appelés. Un seul véritable miracle, au contraire, fait pour établir la vérité de notre foi, suffisait pour prouver qu'elle est vraie. Pour ce qui est des temps qui ont suivi , les miracles que Dieu a opérés par ses serviteurs dans l'Eglise catholique sont innombrables, et la promesse faite par Jésus-Christ est vérifiée : Qui crédit in me opéra quœ ego facio et ipse faciet , et majora horum fnciet {Jean, XIV). Il est vrai que Dieu faisait plus souvent cette faveur dans les premiers siècles de l'Eglise que dans ces derniers temps, parce qu'alors ils étaient plus nécessaires pour propager la foi. Les miracles sont aujourd'hui moins fréquents. Cependant le Seigneur n'a pas voulu qu'ils cessassent entièrement dans son Eglise, parce qu'ils sont encore nécessaires pour la conversion des nouveaux peuples qui n'ont pas embrassé la foi; et dans ces derniers temps, saint François Xavier, saint Louis Bertrand et d'autres prédicateurs, en prêchant l'Evangile dans les Indes, y ont opéré d'innombrables miracles. Parmi les chrétiens mêmes les miracles sont encore utiles pour affirmer la foi des fidèles et les exciter à vivre saintement ; ils servent d'ailleurs àrelever la gloire des saints que Dieu veut faire honorer dans ce monde même.
Si quelqu'un veut nier la vérité des faits miraculeux qu'on trouve dans les annales de l'Eglise et dans les vies des saints, je lui demanderai : Pourquoi croirez-vous plutôt un Tacite, un Suétone, un Pline, que ces autres historiens ? Quoi ! vous refuserez d'ajouter foi aux affirmations d'un saint Athanase, d'un saint Basile , d'un saint Jérôme, d'un saint Grégoire, et de tant d'autres auteurs pieux qt\i attestent des miracles opérés par des sainte ? Si ces hommes avaient pu croire que mentv. sur cette matière n'était pas commettre une faute, ou n'était qu'une faute légère, on pourrait douter de ce qu'ils disent;
mais ils regardaient comme nous cette sorte d'imposture comme un péché digne de la damnation éternelle : c'est donc une témérité de supposer que tant de saints, tant'cl'auteurs pieux ont ainsi voulu mentir pour le seul motif de flatter quelques hommes ou pour tromper les peuples , d'autant plus que les faits qu'ils racontaient avaient encore, au temps oîi ils donnaient leurs livres au public, des témoins qui pouvaient les démentir et les convaincre de fausseté.
Dieu a voulu qu'il continuât d'être opéré des miracles dans l'Eglise pour confondre l'audace des incrédules qui osent lui contester cet avantage. Dans le royaume de Naples seulement que de prodiges ne voit-on pas pendant tout le cours de l'année ?Nous avons la manne de saint Nicolas qui sort continuellement des ossements de ce saint à Barri. Nous avons le monastère de Saint-Liguoro et deRomite àNaples, où chaque année, le jour où l'on célèbre la décollation de saint Jean-Baptiste pendant la messe , et au moment où se lit l'Evangile, on voit le sang de ce saint se liquéfier. Nous avons le monastère de Saint- Gaude, où le jour de la fête du patron on voit pareillement le sang de saint Etienne d'abord se durcir et devenir un corps compacte , et ensuite se liquéfier. On voit encore dans la ville de Ravelle, le jour de la fête de saint Pantaléon, le sang de ce saint qui devient liquide de même.
On connaît dans tout le monde chrétien le miracle du sang de saint Janvier, qui, chaque année, coule plusieurs fois pendant deux octaves entières à la présence de la tête de ce saint et en présence de tout le peuple. Il convient de nous arrêter ici un peu pour parler plus au long de ce miracle si étonnant d'un saint de ma patrie, qui est contesté avec tant de fureur par les hérétiques. Je dis pre^ mièrement que, jusqu'à ces hérétiques, il ne s'est trouvé aucun auteur qui en ait contesté la vérité, depuis le dixième siècle où l'on suppose qu'il a commencé ; et il y a des auteurs qui croient qu'il a commencé immédiatement après la mort de saint Janvier, c'est-à-dire au troisième siècle. Les seuls maîtres de l'Eglise prétendue réformée se sont efl'orcés , par tous les moyens imaginables, comme je l'ai marqué, de le discréditer. Il faut repousser leurs efforts. D'abord, le calviniste Pierre Molineo prétend que c'est une fraude, et que c'est de la chaux que nous jetons dans le sang, qui le fait bouillir. Mais , comme par merveille, un autre hérétique , un certain luthérien ne craint pas, dans une dissertation, de réfuter le calviniste précité , et le traite de sot et de téméraire. Nous rapportons ici ses paroles, qui suffiraient pour repousser toutes les autres difficultés que nous font nos adversaires, et dont il sera question ci-après : Corne mai per tanti anni si è potuta tener nascola una tal frode in mezzo ad una città cosi colta. « Comment se peut-il, dit cet auteur, qu'une telle fraude ait pu être cachée si longtemps au milieu d'une ville si éclairée?» Outre qu'il est prouvé - par l'expérience , comme le dit Benoit XlV,
dans son ouvrage de canoniz. [Lib. IV, pari. 1, cap. 1 ), que la chaux n'a pas la propriété de faire bouillir le sang et bien moins encore de le faire liquéfier quand il est figé.
Le même pontife dit, à ce sujet, dans l'ouvrage cité, qu'un médecin hérétique, nomme Gaspard Neumann, étant un jour dans sa maison avec ses amis, posa sur une table trois carafes d'une liqueur figée qui était couleur de sang, et qu'il fit liquéfier à la vue de tout le monde, cherchant ainsi à tourner en dérision le miracle de saint Janvier. Mais la réponse est claire. Premièrement, ce n'était pas du sang qu il y avait dans ces carafes , mais probablement quelque mélange de liqueurs et d'ingrédients qui, ayant fermenté quelque temps, s'était condensé ; ensuite cette composition ne se liquéfia qu'une seule fois. L'a-ton vue demeurant toujours la même, passer plusieurs fois de l'état de coagulation à l'état de liquide, et réciproquement, comme il arrive au sang de notre saint? C'était un mélange préparé par ce charlatan, peu de temps auparavant, pour être exposé aux yeux de ses amis; et le sang de saint Janvier se conserve depuis tant de siècles dans le même état I
D'autres prétendent que cela arrive par une force naturelle de sympathie. De même, disent-ils , qu'on voit quelquefois le sang d'un homme assassiné , bouillir , par antipathie, à la vue de son meurtrier, de même que l'aiguille aimantée se tourne par instinct vers le pôle, et que l'ambre attire la paille; de même le sang de saint Janvier , par sympathie, se liquéfie à la vue de sa propre tête. Je réponds que toutes les aiguilles aimantées se tournent vers le pôle, que tous les morceaux d'ambre attirent la paille; mais il n'y a que le sang de saint Janvier qui devient liquide à la vue de sa tête. Le sang de tous les autres morts demeure figé et coagulé. De plus, l'aiguille se tourne toujours vers le pôle, l'ambre attire toujours à soi la paille, mais les effets de la mutation du sang de saint Janvier sont bien plus divers. Quelquefois , en présence delà tête, il demeure coagulé; quelquefois il devient liquide loin de la lêle; quelquefois il se liquéfie en peu de minutes ; d'autrefois il lui faut beaucoup de temps ; quelquefois il devient si liquide , qu'il remplit toule la carafe ; d'autre fois non; quelquefois il se résout tout entier, d'autres fois en partie seulement. A l'égard de ce qu'on dit que le sang d'un homme assassiné bout à la vue du meurtrier, il y en a beaucoup qui croient que cela est une fable. Dans tous les cas, cela ne peut être arrivé que quelquefois et rarement; mais la liquéfaction du sang de saint Janvier, à la vue de sa tête, arrive plusieurs fois chaque année. De plus , lorsqu'on a vu bouillir le sang d'un homme assassiné , les blessures étaient encore récentes , le sang était encore liquide ; mais qui a jamais vu bouillir le sang d'un homme assassiné, plusieurs années après sa mort ? Le sang de saint Janvier se résout et bout après avoir été figé, et 1,400 uns après avoir été séparé de la tête l chose merveilleuse , disent les hérétiques ,
DEMONSTRATION EVANGELIQUE. LIGIIORI.
que cette liquéfaction du sang de saint Janvier, qui arrive comme celles du sang de tant d'autres saints , par l'efiet de la sympathie 1 Mjis pourquoi ces effets sympathiques n'arrivent-ils (luechez les catholiques, et jamais chez les hérétiques?
Le calviniste Picennia donne une autre explication; il prétend que le sang de saint Janvier devient liquide par l'elTcl de la chaleur des cierges, augmentée par celle de la foule qui environne. On répond premièrement que l'expérience a fait voir que les carafes où est renfermé le sang, ne prennent qu'une (rès-faible chaleur; comme celle de l'eau tiède. Secondement, si cela arrivait par l'effet de la chaleur des cierges ou de la foule environnante, la liquéfaction serait plus facile l'été (]uc l'hiver et cela aurait été remarqué; tandis qu'on a remarqué plusieurs fois l'effet contraire, lin effet, en 1662, dans le cœur do l'hiver , la liquéfaction eut lieu , et dans l'été de 1702, elle ne put s'opérer avant la seconde messe. Kn troisième lieu, où a-ton jamais vu du sang figé se liquéfier par la chaleur? D'autres prétendent que ce n'est pas du sang, mais un liquide congelé qui se résout peu à peu entre les mains de ceux qui le tiennent. On répond qu'on n'a jamais vu une matière congelée se liquéfier dans l'hiver et redevenir solide dans l'été. D'autres disent que cette liquéfaction a lieu par le choc des carafes que ceux qui les tiennent savent faire frapper avec art. Mais combien de fois n'at-elle pas lieu dans l'armoire? D'autres imaginent de dire qu'elle est produite par les exhalaisons du Vésuve. Mais ces exhalaisons sont à plusieurs milles , souvent i! n'y en a point, et la liquéfaction ne laisse pas d'avoir lieu. En résumé , plus les hérétiques s'efforcent de trouver de moyens pour détruire la foi de ce miracle, plus ils la confirment.