SUPERSTITIONS
« Mais, parmi ceux qui jurent ainsi que cette doctrine de lEg.ise de Roiue est une idolâtrie et une superstition, combien peu ont pris la peine des eu assurer! Je demande la permission de faire connaître dans quelques lignes cette doctrine de l'Eglise cath©-»
375 DLMONSTUATION liVANGELIQUE. BUTLER
lique, d'après des autorités irrécusables. « Elle a été ainsi définie dons le concile de
Trente, par le p;ipe cl p<ir près de trois cents
prélats catholiques romains assemblés de
toutes les parties du monde catholique: —
Les saints régnant avec le Christ, offrent leurs
prières à Dieu pour les hommes; il est bon et
utile de les invoquer avec supplications, et
d'avoir recours à leurs prières, à leur aide et
à leur assistance, afin d'obtenir les faveurs de
Dieu, par les mérites de son Fils Jésus-Christ
Notre-Seigneur, qui est noire seul rédempteur
et sauveur.
« En conformité de cette doctrine, le Catéchisme de Pie V enseigne que /Heu et les
saints ne doivent pas être invoqués de la même
manière; car nous prions Dieu lui-même pour
qu'il nous donne les biens et nous délivre des
maux ; mais nous prions seulement les saints
{parce qu'ils sont agréables à Dieu] qu'ils soient
nos avocats, et qu'ils nous obtiennent de Dieu
ce dont nous avons besoin. Voilà ce qui est
très-explicitement enseigné dans tous nos
cathéchismos. On fait aux enfants des catholiques romains, dans leurpremier catéchisme,
les questions suivantes, auxquelles ils répondent également comme il suit :
« Q. Le second commandement ne défendil pas les images? — R. 11 les défend autant
qu'on les adorerait; c'est-à-dire qu'il nous
défend d'en faire nos dieux. — Q. Ce commandement défend-il de rendre toute espèce
d'honneur et toute vénération aux saints et
aux anges? — R. Non ; nous devons les honorer comme les amis elles serviteurs particuliers de Dieu; mais non pas leur rendre cette espèce d'honneur qui n'appartient qu'à Dieu. » — Les catéchismes pour les adultes expriment la même doctrine, mais dans des termes encore plus forts. Le Sommaire de la Doctrine chrétienne, par le docteur Challonncr, dont on a fait précéder /e Jnr(/m de l'Ame, le livre de prières le plus populaire parmi les catholiques romains , établit la même doctrine ; et dans le Papiste mal jugé et bien jugé, publié par le révérend M. Gother, le plus distingué de nos controversistes du dix-septième siècle, ouvrage qui a été réimprimé à plusieurs reprises (la dix-septièmecditionest actuellement sous mes yeux), l'anathème qui suit a été prononcé contre le culte idolâtreras saints : — Maudit celui qui croit que les saints sont dans le ciel ses rédempteurs ; qui les invoque comme tels ; ou qui leur rend, ou à toute autre créature quelconque, les honneurs dus à Dieu. Amen.
« Permettez-moi de vous demander ici, si après avoir lu ces passages (et l'on pourrait en montrer mille autres semblables, aucun protestant peut, honorablement et consciencieusemciit, mèrne en simple matière i!.- conversation , accuser d'idolâtrie la doctrine de rEglis(î catholique, si solennellement, si explicitement, si |)éreinptoirement professée et expliquée par eilc-iiiéme?
« Quelques passages dans un petit nombre de livres catholiques de dévotion ; quelques pratiques d'un petit nombre de catholiques peu instruits, où la dévotion envers les saints
a été portée trop loin, et par conséquent mérite justement d'être blâmée , peuvent nous être cités : j'en conviens. Mais ces passages et ces pratiques sont condamnés par les autorités de l'Eglise catholique , autant qu'ils peuvent l'être par aucun protestant. Les théologiens des Eglises réformées n'auraient-ils pas un juste sujet de se plaindre, si les rêveries de Jacob Behmer, de Swedenborg ou de Joanna Southeat , étaient imputées a leurs Eglises? Voyez nos articles de foi, nos homélies, nos livres de prières , diraient-ils avec raison. Les catholiques en disent autant: Voyez nos conciles, nos catéchismes autorisés et nos livres de prières , jugez-nous d'après ces actes ; et jugés ainsi , j)ouvez-vous sérieusement avancer que notre doctrine, d l'égard de l'invocation des saints, est idolâtre? Pouvez-vous même dire qu'elle est déraisonnable ?
«VI. Plusieurs des théologiens protestants les plus éminents ont écarté l'accusation d'idolâtrie. Le docteur Luther a justifié la doctrine catholique -.l'archevêque Sheldon , les évêques Blandford , Gunning , Montagne , et beaucoup d'autres des flambeaux les plus radieux de l'Eglise établie, l'ont également justifiée.— L'évéque Montagne, en particulier, avoue que les bienheureux qui sont dans le ciel peuvent recommander à Dieu, dans leurs prières leurs parents, leurs amis et ceux de leurs connaissance qui sont sur la terre. C'est, dit le savant prc\ai, la voix commune appuyée sans contradiction , par le témoignage de la vénérable antiquité , si jamais j'ai rien su lire ou comprendre ; et je ne vois ni pourquoi ni pour quelle raison on différerait des catholiques à l'égard d'une intercession de cette espèce (1). « La faculté de théologie de l'université luthérienne de Helmslaëdl a justifié les catholiques du reproche d'idolâtrie. Lors du mariage de la princesse Christine de Wolfenbutt('l,qui était luthérienne, avec l'archiduc d'Autriche, cette cour consulta la faculté, pour savoir si une princesse protestante, destinée à épouser un prince catholique, pouvait, sans blesser sa conscience, embrasser la religion catholique romaine. La faculté répondit que : elle ne pouvait pas décider la question proposée, sans avoir auparavant décidé si les catholiques étaient ou non engagés dans des erreurs fondamentales ou opposées au salut; ou, ce qui était la même chose, sans savoir si l'état de l'Eglise catholique était tel qu'on pût pratiquer dans son sens le vrai culte du Seigneur , et arriver à son salut. La question ainsi posée , les théologiens de Helmstaëdt discutèrent longuement, et conclurent en ces termes : Après avoir ainsi démontré que le fondement de la religion subsiste dans l'Eglise catholique romaine . en sorte qu'une personne peut-être orthodoxe en la suivant , y bien vivre , y bien mourir , et y faire son salut , la décision de la question proposée est facile : Nous :;ommes d'opinion que la sérénissime princesse de W olfcnbuttel peut , en faveur de
(1) Pour cette amoriié e.l pour toutes les autres aux- (luclles ou reuvoic ; voyez l'Essai déjà cité, c. 5.
DÉFENSE DE L'ÉGLISE ROMAINE
son mariage, embrasser la religion catholique. Celte opinion porto la date du 28 avril l'687, et fut imprimée à Cologne dans la même année. Or, si les doctrines de la transsubslanliation et de la messe, ou de l'invocation des saints, comme elles sont reçues dans l'Eglise de Rome, étaient idolâtres et superstitieuses, on ne pourrait pas pratiquer dans cclteEglise le vrai culte de Dieu , ou y faire son salut; on ne pourrait pas y être orthodoxe, y bien vivre , y bien mourir. Mais , en opposition directe avec ce serment théologique exigé par la législation anglaise, les théologiens luthériens d Helmstacdl , ayant été spécialement et solennellement consultés, déclarèrent que les doctrines de la transsubstantiation, de la messe et de l'invocation des saints, comme elles sont reçues dans l'Eglise de Rome, ne sont ni idolâtres ni superstitieuses, et donnèrent l'assurance à l'illustre Brunswickoise que, dans l'Eglise qui les professe , elle pouvait vivre et mourir sans danger pour son âme?
« Je citerai encore deux autorités protestantes, qui s'appliquent également à latransubstanlialion, à la messe et à l'invocation des saints. Leibnilz (qui est certainement l'un des plus grands caractères littéraires que jamais le monde ait produits) a, dans son Syslema theologicum, discuté avec une admirable candeur tous les dogmes controversés de la foi catholique, et a prononcé que les doctrines catholiques dont il a été question ne sont pas idolâtres.
« Je n'importunerai plus mes lecteurs que d'une seule autorité (1).
M Boswell. Que pensez-vous de l'idolâtrie de la messe ?
« Johnson. Monsieur, il n'y a pas la d'idolatrie; ils croient que Dieu y est présent, et ils l'y adorent.
« Boswell. Et de l'invocation des saints?
« Johnson. Ils n'adorent pas les saints; ils les invoquent ; ils ne font que solliciter leurs prières. »
« VIL Permettez-moi encore une question. Les catholiques romains ne sont-ils pas mariés par les ministres protestants ? Ne se marient-ils pas dans les églises protestantes? Les évêques protestants ne les marient-ils pas souvent ? Cela pourrait-il se faire , si les catholiques étaient des idolâtres? Les pairs , ou leurs tils, ou leurs filles, qui ont épousé des catholiques, pensent-ils qu'ils aient épousé des idolâtres ?
« Arrêtons-nous ici. — Nous le répétons, loin de nous le désir de discuter , ni même d'affirmer ici la vérité des doctrines des catholiques sur les points dont nous avons parlé. — Mais , que cette doctrine soit
VRAIE, que cette DOCRRINE SOIT FAUSSE, y a-
t-il quelqu'un qui puisse de sang-froid , et en y réfléchissant, dire que la législation du Royaume-Uni peut, avec honneur et sagesse, exiger d'aucun des sujets de Sa Majesté, qu'ils nient ou affirment, sous la foi du serment,
(I) Vie tlu docteur Johnsou, par M. Boswel, v. 1, p. 5GJ. S» édil.
une doctrine, à l'égard de laquelle les plus grandes autorités, même de l'Eglise étal)lie, ont été, sont encore, et probablement seront toujours divisées?
«Assurément, la sainteté d'un serment, qui jamais ne devrait être prête', quand la vérité de ce qui est juré admet un doute raisonnable ; — le bon sens , qui est choqué par le langage de la déclaration ; — les liens d'amitié qui subsistent entre le Royaume-Uni et un grand nombre d Elats catholiques, et qui font de la déclaration un papier d'Etat trèsimpoiitique; — la faiblesse de blesser sans nécessité les affections de cette portion de la société qui est catholique ( car un protestant n'est pus plus offensé d'être appelé par un turc chien de chrétien, qu'un calltolique ne l'est quand un protestant l'appelle idolâtre) ; — l'imprudence de maintenir sans nécessite une cause d'irritation et d'animosité; — la sagesse reconnue et la convenance de toute mesure législative ou ministérielle qui peut favoriser une réciprocité de bienveillance et de conciliation, — et par-dessus tout, liîs mérites, oui, nous le disons avec confiance, LES mérites des CATHOLIQUES, indiquent assez combien il serait opportun de rapporter cette déclaration aussi vicieuse que malveillante. »
V. Complot d'Oates. — Vous dites que ce que vous désignez sous le nom de complot catholique est une affaire infâme ; — c'est ainsi que Hume, c'est ainsi que M. Fox, c'est ainsi que tous les gens d'honneur et de talent l'appellent; alors donc, pourquoi les serments auxquels il a donnélieu et sous lesquels tant de catholiques souffrent actuellement, sontils maintenus?
Qu'il me soit permis de transcrire les observations de M. Fox sur ce complol. Voici les propres paroles de ce grand homme : Quoique d'après un examen de cette afjaire véritablement révoltante, nous puissions être facilement justifiés d'adopter l'alternative la plus douce, et d'imputer à la plus grande partie de ceux qui y ont été impliqués , plutôt un degré extraordinaire d'aveugle crédulité, que lu noirceur réfléchie d'avoir fait le plan et d'avoir exécuté un meurtre légal; cependant la procédure relative au complot dit pupisle doit toujours être considérée comme une tache indélébile pour la nation anglaise ; procédure dans laquelle le roi, le parlement, les juges, les jurés, les témoins, ont chacun une part, quoique assurément bien inégale. Des hommes d'un tel caractère, qu'ils ne méritaient pus d'être crus sur les faits les plus insignifiants, ont rendu un témoignage si incroyable, ou, pour parler plus convenablement, qu'il était tellement impossible d'admettre comme vrai, qu'il n'aurait pas fallu y ajouter foi, quand bien même il serait sorti de la bouche de Caton , et d'après un tel témoignage , provenant de tels témoins, des hommes innocents ont été condamnés à mort et exécutés! Les persécuteurs, soit avocats, ou solliciteurs généraux, ou directeurs de l'accusation, agirent dans une telle circonstance avec la fureur qu'on pouvait en attendre ; les jurés participèrent assez na-
DÉMONSTRATION ÉVANGÉLIOUE. BUTLER
turellcment à la fermentation de l'esprit de la nation; et les juges, dont le devoir aurait cté de les prémunir contre de pareilles impressions, mirent une scandaleuse activité en les confirmant dans leurs préjugés, et en enflammant leurs passions. — Le lord grand-juge Scroggs, à co qu'observe avec raison lo docleur Milner, se rangea avec les autres, et soutint le sj/stème du complot comme un démoni'igue, ahatlanl Irpapisme comme Scanderbcrg aurait fiil des Turcs. L'avocat général niait coutume de dire, dans les jugements pour meurtres : Si l'homme est un papiste , il est coupable, car il est de l'intérêt des papistes de nous égorger tous (1).
Je sois que le nombre de ceux qui périrent dans l'alTiirc du complot d'Oatcs n'est pas beaucoup au-dessous de celui des hommes que vous appelez l's martyrs de Marie : mais vous m" demandez de s'inj^-froid , et après y avoir bien réfléchi, quel était le plus mauvais jçénie.de celui qui envoyait au gibet les victimes des subornations d'Oatcs, ou de celui qui faisait jeter aux flammes les martyrs de I^larie? Assurément, si l'on nous disait de tenir la balance entre les persécutions de Marie et les meurtres judiciaires à l'occasion du complot d'Oatcs, nous avouons que nous jugerions que ces derniers sont beaucoup plus honteux pour la nation anglaise (2).
Je dois ajouter que vous ne devez pas estimer les souffrances des catholiques romains, à l'occasion du complot d'Oalos, unicjuemcnt par le nombre de ceux (]ui périrent sur léchafaud. Toutes les lois passées coitre eux furent, depuis le moment où l'on parla pour la première fois du complot, jusqu'à la fin du règne de Charles II, exécutées avec la plus horrible sévérité. Il existe encore des individus à qui leurs pères ont appris ce que leurs ancêtres avaient coutume de raconter du malheur et de la misère du corps général des catholiques tant que l'erreur sui)sisla. Même après un aussi long espace de (emps, peu d'entre eux pouvaient en parler sans un mouvement d'horreur : ils seniblaienl frémir encore au seul souvenir de ces cruautés.
Prévenus d'une participation supposée à ce complot, dix laïques et sept prêtres ( dont un était âgé de soixante-dix ans et un autre
(1) Examen do Vnrili, p. lôO ; scpiièmo lo.ltrc du docteur Milner au docteur Siurp;cs, p. ôOl, 7" tklil.
(2) En 1U80, iiendanl que la iiiém.'i'.p, de celle affaire êtail encore fraîdie , une jiisii(ic;Hio;i éloquenle et raisonnée dos vicliuu's tut pul)Iié:' s jus le litre de « Pliiidoyer p",ur les papistes. » l'"lie a été i lus tard iinprimfu; dans les frasmeiils de lord F.jiner. — Une délciise encore plus puissante des calholicpics est « rA()nlo;,'ie pour les catholiques contre les Caussclés el les calouviics d';iii livre intitulé 11 Politique du cleri;é de Fra.ire , fait prcuiièrement onl'iauce,ei puis traduit en Flamanid ; à l.iéi^'o, 1G8I, 2 vol. iii-8'. » Le célèbre Arnaud était rniitfur de cet ouvrage : il a rarement été cj;alé , soit pour la puissance du raisonnement, ou pour l'éflat de réloi|ucnce. Mais le récit le plus rompu t et le meilleur du eomploi se trouve dans « la Narration h'sinriiiMe de i'iiorrilile coaiplot et de la consijiration (h: Titus Oates, appelé complot pap ste, dans ses diverses branches et dans ses prOJ,'r^s, cojiipilée d'après les hislorioiis protestants les plus aulhentiqu'^s, h laquelle soiii ajoulé'S ipielques oliservations raiiides sur le test act, par M. William Éuscbius Andrews, 1818, 1 v. ln-8",»
de quatre-vingts) furent exécutés. Huit autres prêtres furent pendus et éventrés sous le règne de Charles II, pour l'exercice de leurs fonctions, sans aucune participation au complot.
Avec le règne de Charles II finit la partie sanguinaire du Code pénal contre les catholiques romains.
Le nombre total de ceux qui ont souffert la mort en Angleterre, pour l'exercice de la religion catholique, depuis la réformalion, peut être estimé ainsi qu'il suit :
Sous le règne de Henry VIII. ... 59
— De la reine Elisabeth. 204
— De Jacques I" 2a
— De Charles I", et pendant la ré-
bellion 23
— De Charles II 8
Total 319
Je suis persuadé que ce nombre n'est pas exagéré: toutes les recherches quej'ai faites touchant les souffrances des catholiques romains d'Angleterre, jusqu'à l'accession de feue Sa Majesté au trône, m'ont convaincu que le notnbrc total n'est pas connu.
Ce sont des sujets biiMi ingrats. Puisse le Livre de l'Eglise être le dernier ouvrage qui rend," nécessaire d'en parler I /*utssc (pcrmcltez-moi de mécricr avec; Fénélon ) le royaume de la vérité, ou il n'y a ni erreur, ni scandale, ni division, où Dieu nous communi guernla paix universelle, noies arriver promptemrnl!
Vî. Jacgues JI. Bill des droits. Actes of :etllement. — Dans les Mémoires historigues des catholiques anglais , irlandais et écossais, j'ai exprime mes sentiments sur la conduite de Jacques II. — Mon opinion est que, en théorie, son projet, pour parvenir à une tolérance religieuse générale, était digne d'éloges ; mais que, les esprits n'étant pas préparés à le recevoir favorablement, c'était en praticjue un plan qui n'était pas sage ; etquc les moyens qu'il adopta pour le faire exécuter étaient inconstitutionnels. J'ajouterai seulement maintenant, que personne plus que les catholiques ne désapprouva ses mesures : « Toutes les personnes judicieuses de la communion catholique, dit Hume, les virent avec crainte, et en jugèrent les conséquences. Les lords Arundell, Powis et Bcllasr syse, firent des remontrances contre, et proposèrent des conseils plus modérés. Quand lord Tyrconnel vit le plan de Jacques pour catholiser rirlande. il déclara que Sa Majesté était assez sotte et assez folle pour bouleverser dix royaumes. »
Quant au bill of rights et aux actes de seulement, il n'y a aucun sujet de Sa Majesté qui s'y soumette plus constilutionn Hement que les catholiques romains : ils demandent seulct.'ieiit qu'aucune interprétalion du bill of righis et aucune induction qu'on en pouvait lircr, ne leur soit Oj)posée, à moins qu'elL; ne soit une juste conséquence des termes des actes. //* pro»
DÉFENSE DE L'EGLISE ROMAINE
testent contre loute interprétation de ces actes qui cquivmidrnit à une législation. Ils savent que la législ.iliire a bien le droit d'interpréter ses actes, et qu'il est du devoir des sujets de se souiiieltre à relie inlerprétalion; mais ils conçoivent que ce droit législatif d'interprétation est toujours excossii', quand l'interprétation des acles législatifs est étendue à des cas ou à des dispositions que la législature qui les a décrétés n'avait jDas en vue. Le seul cas qu'aient eu en vue les législateurs du bill des droits et des acles de soltleiiient était la possibilité de l'accession d'un caîboliiiue romain au trône : le seul moyen qu'il y eût de l'empêcher, selon eux, avilit été de décréter une incapacité réelle de succéder en la personne de tous les c.ilholiques romains et de leurs héritiers. II s'ensuit évidemment que la concession faiîe aux catholiques romains d'une faveur quelconque, qui n'équivaut pas au rapport de cette disp;)sition (iincapacilé, n'a rien de commun avec le bill des droits ou avec les actes de seulement, et qu'il est peu convenable de les leur opposer.
Sur ce point important, je vous prie de me permettre de vous renvoyer aux discours imprimés de M. Canning et de M. Plunkett, auxquels on n'a [las répondu, et auxquels il est in:possible de répondre. Pouvcz-vous trouver du plaisir à penser, sur la religion et les mérites des catholiques romains, d'une manière difl'ércnte de ces grands hommes; ou différemment que M. Pitt, M. Fox et M.Burke, qui, bien que divisés partout ailleurs, se rapprochaient pour défeiulre les catholiques romains, dans le panégyrique de leur conduite, et en se faisant'les avocals zélés de .leur émancipation? Aucun de ces hommes cmiiienîs aurait-il approuvé le Livre de l'Eglise ou l'esprit qui par.iît l'avoir diclé?
Conclusion. — VII. Accusalion répétée du docteur Southey contre les catholiques romains, auxquels il impute de lu superstition et de l'idukUrie. — Les mots, superstition ET IDOLATRIE sout le grand argument du Livre de V Eglise; dans la page de ce li\re que j'ai actuellement sous les yeux, ils reviennent encore une fois. A l'oreilie d'un catholique romain, quand ils sont appliqués à sa religion, ce sont les mots les plus offensants de la langue.
1. Vous avez vu dans une page précédente, que les théologiens de Tunivcrsiléd' H elmstaedt avaient déclaré, dans une grave occasion, et d'une manière solennelle, que le fondement cle la religion subsiste dans V Eglise calholi-
' que romaine ; en sorte qu'on peut être orthodoxe dans cette Eglise, y bien vivre, y bien mourir, et y faire son snlut. Très-assuréiuent donc les théologiens d'Helmslaedt ne voyaient pis dans l'Eglise de Rome li superstition lîT l'idolâtrie ?
2. Vous savez combien Bossuet et Leibnilz, . et Moianus, l'abbé luthérien de Lockhum (1),
ont fait d'avances pour parvenir à une rc-
(1) Oii'ivres de Bossuet, vol. 1. — Nouvelle; édition des rriivres ile.Kossucl , vol. li ; Loibiiiizii opeia Sliid. Liid puieiis , vol. 1 , ch.ip. b ; et les Pensées de Leibnilz, 1 y,
conciliation. Vabbé, dit Bossuet, a actuellement concilié les points si essentiels de la justification et de C eucharistie ; rien ne lui manque de ce côté, si ce n'est d'être avoué. Pourquoi n'aurions-nous pas l'espoir de terminer de la même manière des disputes moins difficiles et de moindre importance? Très -assurément, alors, M()lanu.= , le savant abbé prolestant de Lockhuin, ne voyait pas, dans l'Eglise de
llome, DE LA SUPEÎISTITION ET DE l'iDOI.ATKIE.
3. Vous savez que Leibnilz fut un des hommes les plus savants et des philosophes les plus profonds que le monde ait jamais vus : — lisez son Systema Iheologicum. 11 y discute et y défend, article par arlicli' , le symbole entier de l'Eglise catholique romaine : assurément alors Leibnilz ne) oy !iti)as dans l'Eglise deI\omcDE lasupeustitionetde l'idolatuie.
k. Vous savez dans quels termes respectueux d'autres proleslanls ont parlé de lEglise de R(mie. J'ai renvoyé à quelques-ims de ceux-là dans l'article précédent. Permettez-moi actuellement de vous renvoyer à la leflredeMe7r/r)c/i//io?i au cardinal Campegio, publiée par Beausobre, dans son eslimable Histoire de la réformation : elle fait voir combien, à une certaine époque, les choses ont été près de s'arranger entre l'Eglise catholiqtîO et les luthériens : — permettez-moi aussi de vous renvoyer au mémoire qui accompagnait la Confession d'Ausbourq, quand elle fut présentée à Charles V, et dans lequel on demandait, premièrement , que le pape eût la bonté d'accorder aux protestants la communion sous les deux espèces, particulièrement puisque les protestants ne blâmaient pas ceux qui ne communiaient que sous une seule espèce; dans lequel ils confessaient que le corps de .Ïésus-Christ tout entier, avec son sang, était récusons la seule espèce du pain;deuxièmement, que sa sainteté accordât le mariage des prêtres; — troisièmement, qu'il voulût permettre, ou au moins tolérer les mariages dcjèi contractés par les prêtres, ou autres personnes religieuses et les dispenser de leurs vœux. — Quant à lamesse, dit l'écrivain du mémoire, nous en retenons les principales cérémonies. La distinction des mets et les autres jeûnes , Mélanchthon les traite comme des points secondaires, faciles àarranger.
Beausobre considère l'aulhenlicilé de la lettre et du mémoire comme à l'abri de lout doute. Nous ne devons pas, dit Beausobre, rendre Mélanchthon seul responsable de ce relâchement, puisqu'il paraît que les princes protestants déclarèrent aux médiateurs que, s'ils voulaient permettre la communion sous les deux espèces, le mariage des prêtres, et la célébration de la messe suivant la réforme qui y avait été introdtdte, et cela seulement jusqu'à ce qu'on pût obtenir zme décision du concile sur ces points divers, ils obéiraient volontiers à tout le reste. Beausobre donne aussi de fortes raisons pour faire voir que CCS propositions n'avaient pas été suggérées à l'insu de Luther. Assurément, alors, Mélanchthon, et les théologiens qui coopéraient avec lui ne voyaient pas dans l'Eglise de
Rome UK LA SUPERSTITION ET VE L'iDOLATBIB
383 DEMOiNSTRATlOiN EVANGELIQUE. BUTLER
5. Je vous invite à lire le Christinnismc de Bacon, on deux petits volumes : après les avoir lus, vous ne direz pas que, dans l'Eglise de Rome, Bacon vit dk la superstition
ET DE l'idolâtrie.
6. Comparez ceux qui outragent la cause catholique à ceux qui en sont les avocats. — J'ai parlé du langage poli ei plein de dignité avec lequel le comte de Livcrpool a repoussé les injures qu'on voudrait nous adresser, et de la manière très-honorable dont M. Windham avait exprimé ses sentiments à notre égard.
7. Demandez-vous à vous-nîênie de quelle manière, quand vous vous trouvez parmi les grands ou les sages, vous entendez parier de nous ? combien les hommes décents et polis sont toujours soigneux de consulter nos affections i
En face de tous les illustres morts, et de tous les illustres vivants dont j'ai fait mention, serait-il possible que vous continuassiez de nous injurier? que vous continuassiez ù nous traiter de superstitieux et didola-