‹ Dâemonstrations âevangâeliquesChapitre 78 sur 202 · CONTRE LES RAILLERIES SUR LA RELIGION · texte numérisé non relu

CONTRE LES RAILLERIES SUR LA RELIGION

Dans les derniers jours il viendra des moqueurs. [Saint Pierre, 'i, m, â.)

La religion chrétienne, en déclarant que ses préceptes ne peuvent s'allier avec les penchants vicieux, et qu'elle ne cessera jamais de proscrire les passions désordonnées, a dû trouver et trouvera toujours pour ennemis ceux d'entre les hommes qui cherchent leur bonheur au milieu des égarements et des excès de la corruption. Le vain espoir d'échapper aux punitions dont elle menace le crime, et le désir de s'en venger, ont porté la violence et la persécution à réunir contre elle tous les efforts de leur rage. L'esprit humain, sans s'effrayer de son insuffisance, s'est efforcé d'obscurcir les vérités éternelles par ses raisonnements les plus subtils ; mais les ennemis de la religion, après avoir reconnu l'inutilité de leurs moyens, ont espéré s'assurer des succès plus certains en l'attaquant avec les armes du ridicule. Des hommes lé-

; gers et frivoles, dont l'intelligence était incapable de comprendre ce qui est grand, et

; dont le jugement était vide de la solidité nécessaire pour décider de la vérité, se sont arrogé le droit de mépriser la religion chrétienne, et d'assurer qu'elle n'était d'aucune importance pour le monde. Ainsi l'ouvrage de la Divinité, depuis si longtemps objet de tous les respects de l'univers, le monument auguste que la sagesse et la science de tous les siècles n'ont jamais cessé d'admirer, a été représenté par eux comme n'étant fondé que sur l'extravagante imagination d'une vision fanatique. Tels sont tes moqueurs annoncés par l'Apôtre, comme devanti^araiire aux der-

niers jours ; prédiction qui ne s'est que trop souvent accomplie. Pour empêcher l'imprudence et la faiblesse de se méprendre, et de voir la religion sous les fausses couleurs avec lesquelles les impies s'efforcent de la peindre, nous allons examiner attentivement sur quels fondements ils s'appuient. Leurs attaqués ne peuvent se diriger que contre sa doctrine et contre ses préceptes, il sera facile de les combattre.

La doctrine de la religion chrétienne est conforme à la raison; elle est toujours pure. Tout ce que la révélation nous apprend sur les perfections de Dieu, sur la manière dont il gouverne l'univers, sur la fin de l'homme, sur les récompenses et les punitions de la vie future, est parfaitement d'accord avec la rai son la plus éclairée: mais dans les points qui s'élèvent au-dessus des bornes de nos facultés présentes, dans l'essence de Dieu, dans la chute du genre humain, dans sa rédemption par Jésus-Christ, la doctrine chrétienne s'enveloppe de mystères. C'est contre ces voiles sacrés que la raillerie dirige ses attaques, et dans son insolence elle range au nombre des absurdités tout ce que sa faible raison ne peut expliquer.

Il n'est point nécessaire de recourir à tous les moyens capables de défendre les mystères de la doctrine chrétienne contre les insultes des impies; une seule observation, mûrement pesée, suffira pour les confondre et les réduire au silence. Leur raison peut-elle mieux que leurs regards écarter les voiles qui leur cachent l'ordre, la marche et le système entier de la natui-eî De quel droit de

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mandent-ils que la doctrine de la révélalion, qui procède du nncme auteur, soit sans obscurité pour eux? Tout ce que l'homme doit connaître dans la religion et dans la nature, pour régler sa conduite pendant qu'il vit, la sagesse divine le lui laisse voir avec la clarté de l'évidence. La nature l'instruit à distinguer tout ce qui peut servir à sa nourriture, à son bien-être, à sa sûreté. De même la religion l'instruit pleinement de ce qu'il doit à Dieu, de ce qu'il doit à ses semblables. Notre curiosité n'est en défaut, les ténèbres ne nous environnent de toutes parts qu'au moment où nos yeux veulent se fixer sur les objets qui s'élèvent au-dessus de la sphère au milieu de laquelle nous agissons. Quelle est l'essence de ces corps matériels que nous voyons et que nous touchons? Comment une graine légère se transforme-t-elle en un grand arbre? Les efforts et les recherches de la science nous expliquent-ils les secrets de la formation et de l'accroissement de l'homme? Nous ne pénétrons pas plus avant dans ces mystères que dans ceux de la révélation; I et cependant, quoique nous ne puissions expliquer les faits dont nous sommes sans cesse les témoins, nous sommes forcés d'avouer leur existence.

La religion naturelle est mystérieuse, la Création du monde formé de rien ; l'accord de la prescience divine avec la liberté conservée à l'homme, l'origine du mal sous le gouvernement de l'Etre le plus parfait , sont des questions non moins impénétrables et non moins impossibles à résoudre que celles qui se présentent dans la doctrine chrétienne. Il nous est pleinement démontré que nous ne sommes pas plus admis dans les secrets du gouvernement de la Providence, que nous ne sommes habiles à pénétrer les mystères de la Divinité. Dans toutes ses voies le Très-Haut est un Dieu qui se cache ; des ténèbres il fait sonpavillon. Il couvre la surface de son trône, et V enveloppe d'un voile épais.

Loin de regarder les mystères que renferme la doctrine chrétienne comme une objection raisonnable contre la révélation, il faudrait s'étonner s'ils ne lui servaient pas de fondements. Si tout ce qu'elle contient ne s'élevait point au-dessus de notre pénétration, nous pourrions, avec quelque justice, soupçonner qu'elle ne procède point de Dieu; car il nous paraîtrait étrange de pouvoir comprendre le système entier de la religion, tandis que nous n'aurions pas la facullé d'expliquer celui do l'univers. Mais les enseignemenls de l'Evangile répondent d'une manière victorieuse à ces difficultés; ils ont la clarté de l'évidence dans tout ce qui se rapporte à la pratique, et la plus imposante majesté du mystère couvre les objets de spéculation et de foi. Les railleries des impies ne servent donc qu'à leur propre honte; elles prouvent leur ignorance et la petitesse de leurs vues. Fixons à présent notre attention sur la pratique et sur les préceptes de la religion; les . devoirs envers Dieu qu'elles nous imposent, sont devenus principalement l'objet de la raillerie des méchants; ils s'efforcent de les

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