INTRODUCTION XV
l'autre à l'Angleterre en bas, séparés par une zone immense et infranchissable. Il n'y avait plus lieu dès lors de chercher à établir de régime commun le long d'un pareil cours d'eau.
De sorte qu'on ne saurait dire, au sujet de l'innavigabilité du moyen Niger affirmée par l'honorable plénipotentiaire, s'il y croyait plus sûrement, ou s'il la désirait plus ardemment.
Ses collègues, qui, ne la désiraient nullement, n'y crurent pas absolument, et ils établirent en conséquence, d'accord avec lui, d'ailleurs, l'acte final de la conférence, stipulant la liberté de navigation sur le Niger, avec la charge pour chacune des deux nations riveraines de faire un règlement pour assurer cette liberté dans les limites de leurs territoires respectifs.
Est-ce le doute sur la réalité de l'obstacle? est-ce le désir d'utiliser une faculté qui ne devait pas rester lettre morte? est-ce l'embarras croissant des communications entre la côte sénégalienne et le Soudan français, progressivement prolongé vers l'aval du fleuve? sont-ce ces trois raisons réunies qui déterminèrent le ministre des colonies à faire examiner la question sur les lieux? Toujours est-il que je reçus l'ordre de l'étudier et d'établir, le cas échéant, un programme de reconnaissance du fleuve.
L'étude ne fut pas longue. Le mémoire déjà mentionné ayant pris soin de citer ses autorités, je m'y reportai. Tout d'abord on y rappelait les voyages et la mort de Mungo Park. Or justement la fin tragique du grand voyageur écossais était placée par sir Edward
XVI rlNTROnUQTlON ,
lui-même dansiles chutes «de Boussa, c'estrà-dire tout près dé Textrémité. inférieur© du prétendu bief innavi> ^ble'déjà.meniion|ié,eeiiil fallait inraiment bes^ucoup de bonne volonté pour trouver- dans ce. naufrage la preuve que depuis il SôOlkilomètres Mungo Parkavait cessé demaviguer-
M. Malet citetensrore Barth parmi rke .auteuts qui ont contribué à éclairer sa religion. Onle docteur,. le seul IblanC' qui jusqu?alorse11t*vu!le Niger^u-dessous de Tombouctou, n'a fait que Je «traverser à Gao^Garo et à Saye. ILétait'è peu près aussi bien qualifié.pjour ^parler de la navigabilité du {fleuve entre ces deux ^points, que le serait dm voyageur après un 'trajet en dhemin de fer ^de ;Pont*fiur-Seine au tHavve, pour parler du tirant < d'eau - de ila Seine. Toutefois ce quîil «avait de la batellerie du ffteuvei L'autorisait à dire au roi de Saye « qu'il espérait qu'avecil'aidei de Dieu, un -bateau à vapeur viendiait bientôt appointer rjusqu» • dans sa capitale tous les produits de lIEurope ».
Enfin on ne saurait résister au -plaisir de. rappelfir que le document soumis ; à ila conférence mvoque comme un titre pour U' Angleterre iè la souveraineté -sur lestbords du Niger, la.mott de^Vogel, explorateur allemand, « qui» périt dans le voisinage de ce fleuve ». Assassiné dans le Wadaï, qui est .plus loin du. Niger que le Portugal ne l'est de :1a îVistille, Vogel -serait ; assurément! bien surpris de cethommageinattendu.
^En dehors des assertions du mémoire, d'autees indications m'étaient fournies. par les connaissances qu'on possédait survie faailt etile bas Niger. Sansidoute
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lenaoyen Niger était mal connu. eritre GacnGaro et 6aye, et absolument inconnu^ entre .Saye et Gombf^, massion savait. queiPaltiintle de jTombouctou était de ^20 mètres, et que celle de di.okodja était de JIO maires. Dèsdors, étant<donné lie .développement (2ë00.k.) du il6u;iBe entre < ces \deux points, ila pente moyenne. était
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;2;5U0.000 ""SEkBOD " lÔTÔôS "" "'"^'"^' soit de six centièmes de millrmètrepar mètre; elle i» •pouvaitdonc faireprévoir que le Niger, entre; oes deux points, etlt ou bien des chutes verticales* très importantes, ou bien des rapides très étendus, ou bien un eouradt 'général très^vif. Je répondes donc à M. Delcassé quela reconnaissance ' du tfleuve en bateau^me paraissait ipossible — «auf à iprévoir des portages rares et peu étendus — dt^que dans'ces conditions je m'en chargeais.
Je demandais ponr :cek deuxiFrançais,)un offîcier et un sous-officier, «eize niatéljois «et deux charpentiers noirs à prendre ^u Sénégal. jIIs me furent accordés et je commençai immédiatement la fabrication des engins debatellerie qui m'étaient nécessaires.
'Ces préparatifs, ^commencés vers la fin de septenibre, après 'les grandes manœuvres, étaient terminés *vers le !•' novembre. Le 10, ije faisais partir pour Dakar M. le lieutenant d'artillerie Targe, qui m'avait HÔté adjoint.
II devait recruter dans ce «port les marins noies ainsi quelles ouisinieret^ domestiques noirs dont la 'mission àllait^avoirrbesoin.
XVIIl INTRODUCTION
A peine était-il parti qu'à la suite des négociations entre le département des colonies et celui ée la marine, j'obtenais de M. Félix Faure, alors ministre de la marine, que mon personnel de laptots fût prélevé sur Téquipage même de V Héroïne y de la station navale du Sénégal. Dès lors il n'y avait plus à faire à proprement parler d'opérations de recrutement, mais simplement à choisir dans un personnel déjà enrôlé, sinon instruit et discipliné.
Le département de la marine me donnait en outre un canot démontable en toile (Berthon), celui de la guerre y ajoutait les armes (mousquetons modèle 92), les munitions, pourvues d'un emballage spécial, plus quarante fusils de traite, quelques caisses de poudre de chasse et les instruments de topographie. Enfin le ministère de Tinstruction publique me chargeait également d'une mission d'ordre scientifique. Le programme pour la partie géographique en était établi par le service géographique de l'armée.
L'achat de la pacotille et la confection des caisses étaient à peu près terminés lorsque des difficultés d'ordre diplomatique vinrent empêcher M. Hanotaux de nous autoriser à emprunter la voie du bas Niger. En même temps on apprenait que nos efforts pour la pénétration dans le haut Dahomé subissaient un certain retard.
En conséquence mon itinéraire et mes instructions étaient changés comme il suit.
Renonçant à utiliser la voie fluviale dans le bassin du bas Niger, la mission devait prendre côte au