INTRODUCTION XXVII
machine mililaire la plus vulnérable à l'incendie, un port de guerre ne peut remplir son double rôle de ravitaillement et de réfection que s'il ofTre aux matières emmagasinées une sécurité absolue contre l'incendie. On cherche et on obtient cette sécurité par la distance à laquelle on tient éloignés les canons des navires ennemis (exemple : Porstmouth, qui a toute l'île de Wight comme rempart) ou par des dispositions qui dérobent, sinon aux coups, du moins aux vues du large, les parties vitales de l'arsenal, comme cela a lieu dans certains de nos ports.
A Gibraltar, tout est exposé aux vues et aux coups du large. Tout, excepté les célèbres cavernes de la montagne, où les munitions sont emmagasinées. C'est là, certes, une protection d'une haute valeur, mais on n'a pas encore imaginé de bassins de radoub en caverne, ni trouvé le moyen de faire gravir les vaisseaux jusqu'à des chantiers de construction établis sous casemate à flanc de coteau.
Toute la partie flottante ou nécessairement liée au rivage est exposée directement aux projectiles d'un ennemi, qui, invulnérable grâce à la dislance, passerait à dix kilomètres en tirant sur la ville — dans le tas — des obus incendiaires.
Pour se garantir d'une semblable . éventualité, Gibraltar doit entretenir sur place une défense mobile au moins aussi forte que l'ennemi qui voudra tenter le passage.
De sorte qu'en serrant la question d'un peu près, on n aperçoit plus dans cette forteresse la clef légen-