‹ Dahomé, Niger, TouaregChapitre 21 sur 66 · XXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVIII INTRODUCTION

daire de la Méditerranée; c'est encore un magasin à munitions bien abritées, et, au point de vue des combats, un champ de bataille préparé. Mais l'Angleterre ne peut y compter sur la victoire qu'à condition de s'y présenter avec des forces supérieures à celles de l'ennemi; c'est-à-dire qu'on se trouvera devant Gibraltar, exactement comme partout ailleurs, à deux de jeu, au plus fort et au plus brave.

Et, comme on ne peut passer en vue de ce rocher hérissé de canons sans que la conversation s'engage aussitôt sur cette monstruosité de géographie politique, affront permanent infligé à une nation grande et fière, quelqu'un remet sur le tapis la question d'un échange proposé, paraît-il, par l'Angleterre, qui désirerait avoir les Canaries au lieu et place de Gibraltar. Certes Gibraltar vaut encore quelque chose, mais, même au point de vue unique des dépôts de charbon et des ravitaillements militaires, les îles Fortunées, placées à moitié chemin de Liverpool au Gap, rendraient autrement de services à l'Angleterre ; et si on tient compte de la valeur intrinsèque de ce délicieux archipel, on voit que, pour la Grande-Bretagne, il s'agit, tout simplement et une fois de plus, de donner un œuf pour avoir un bœuf.

Déjà nous avons dépassé la ligne continue d'écume blanche qu'on retrouve ici, comme à l'embouchure d'un fleuve, et qui sépare les eaux de la Méditerranée de celles de l'Océan : à peine les oscillations cadencées du navire ont-elles commencé à épouser les grandes houles venues du Nouveau-Monde, que nous

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