‹ Dahomey et dépendances (volume 2)Chapitre 1 sur 70 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Quoif/ue In conquête (lu Dahomoff ne dnie que de quelques /innées^ ce pays a pris depuis l'occupai uni française un drvelop- /H?rnenl et une vitalité extraordinaires.

Ces résultats nierveilleux -sont non seulement dus aux richesses naturelles du sol, mais aussi à r intell i (/en te fidminisi ration des pays placés sous notre protectorat ej surtout à Vhahiletv et à V activité de leur éminent (Gouverneur.

^ous avQns donc pensé (jue le Dahomey méritait une large part dans les ouvrayos puhliés à F occasion de l Exposition l'nirersellc, et nous n(tus sommes r /forcés, dans les /taf/es (/ui vont suivre, d intéresser le pnhlir ii tinire nmirel/r (Udonie et de faire apprécier à nos ctnn patriotes tous les éh'menfs de fortune de ces contrées nouvellement ouvertes à notre tommerce.

Les ma'urs et coutumes hizarres^ parfois même harltares, tt(*s diverses peuplatles (jui les liahitent, ont été relatées avec uti soin tout particulier, car sous rinpuencc de notre civilisation cites ne tetidront (/u*à se modifier de plus en plus pour hienttU itisparaitre,

Pour notre rédaction, n(Uis avons ctnn puisé attentivement tous les documents puldiés Jusquici sur le Dahomey , tant par U'is missionnaires et nos explorateurs (/ue pav nos officiers et

neur est considérable; rélablissement de la voie ferrée exigera la mise en valeur d'immenses territoires et créera un très grand mouvement d'affaires qu'il faudra diriger.

Le palmier à huile donnera toujours sa prodigieuse production, mais il sera nécessaire de faire autre chose.

M. Liotard connaît à merveille les cultures qui conviennent au Dahomey, et, sous son administration, le caoutchouc notamment, deviendra la seconde richesse de la Colonie.

Explorateur énergique, excellent administrateur et diplomate habile, M. Liotard a montré qu'il était tout cela depuis qu'il est entré dans la carrière coloniale ; le passé répond de l'avenir. L'œuvre accomplie par M. Liotard, en Afrique, est connue de tous; nous ne ferons que résumer les services du nouveau gouverneur du Dahomey.

M. Liotard, Victor-Théophile, est un enfant de nos colonies, né à Chandernagor, le 17 juillet 1858.

En 1883, après de brillantes études, il débute comme pharmacien de la Marine et fait, en celte qualité, des séjours successifs à la Guadeloupe, à la Guyane, au Soudan français et au Gabon.

M. Liotard devint ensuite un des principaux collaborateurs de M. de Brazza qui l'envoya, en 1891, en mission d'exploration sur rOubangui.

Cette mission, en dehors de son but primitif, a surtout consisté à établir Tinfluence française fortement combattue par les belges qui avaient envahi nos territoires au nord du M'Bomou. Le résultat politique de la mission fut le traité du li août, réglant défmitivement nos frontières au cours du M'Bomou, juscju'à ses sources.

La même année, M. Liotard est nommé Commissaire du (louvernement sur l'Oubangui, puis Gouverneur de 4** classe et chargé d'occuper elTeclivement les territoires situés au nord du M'Bonou.

L'Oubangui organisé, ^L Liotard put songer h mettre à exécution le grand projet qu'il avait conçu depuis longtemps : de l'Atlantique à la Mer Bouge.

11 se mil couraL^eusement à l'cruvre pour en assurer la réussite et

poi

préparer la marche des français vers le Bar-el-Ghazal et le Nil,

dans le but de relier notre colonie du Congo à la côte de Somalis.

Prenant le M'Bonou comme base, M. Liotard entre dans le Bar-

ol-GhazaI, presque seul, employant les moyens les plus pacifiques et, grâce à son énergie et à sa patience, parvient à s'installer à Dem-Ziber, à 1.500 kilomètres de Bangui et à 700 kilomètres seulement de Fachoda.

A Dem-Ziber, M. Liotard, par son seul ascendant moral, conquiert et s'attache les Dinkas, considérés jusqu'alors comme irréductibles; il gagne rapidement les sympathies des sultans, ses voisins, et son influence s'étend sur toutes les régions environnantes. I^ moment est venu de continuer la marche en avant, mais le Commissaire du Gouvernement dans le Haut-Oubangui ne dispose que de très modestes ressources, et de plus forts elFectifs sont nécessaires pour mener à bien l'exécution de son projet. C'est seulement en 1896 qu'il obtient un renfort de deux cents tirailleurs, commandés par le capitaine Marchand.

Avant Tarrivée de la colonne Marchand, destinée à franchir l'espace qui sépare Dem-Ziber du Nil, M. Liotard, aidé de l'Administrateur Bobichon, son dévoué collaborateur, réunit à Bangui près de quatre mille charges, une flottille de deux cents pirogues et de très nombreux porteurs.

Quand Marchand le rejoint, en 1897, M. Liotard le fait partir par les voies fluviales jusqu'à Tamboura, sur le Soueh.

C'est dans ce poste, créé en 1896 par M. Liotard, qu'il fait parvenir, par M. Bobichon, et remet délinitivement à Marchand les innombrables charges de la colonne, sa flottille, composée de chalands et du « Faidherbe ».

Marchand se met alors en route et, après les péri[)éties que l'on connaît, arrive à Fachoda le 10 juillet 1898.

M. Liotard qui voit le succès de sa mission et la réussite de son projet assurés, se décide alors à rentrer en France après un séjour de cinq ans dans TOubangui.

M. Liotard est Gouverneur de 3* classe et Oflicier de la Légion d'honneur depuis 1898.

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