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HISTORIQUE DES MISSIONS RELIGIEUSES

Avant de clore le chapitre des missions civiles et militaires, il nous paraîtrait injuste de ne pas faire Thistorique des missions religieuses qui, bien longtemps avant nos soldats, ont tant contribué a notre établissement sur la côte des Esclaves.

V Missions catholiques.

Les missions catholiques du Dahomey sont divisées en trois groupes :

1® Les missions situées au nord du 10*^ parallèle, qui appartiennent aux Pères blancs du Sahara et qui sont dirigées par Mgr Hacquard, vicaire apostolique du Sahara ;

2® Les missions situées au sud du 10*^ parallèle et à l'ouest de rOuémé qui relèvent de Tautorité de Tévéque de Lagos, vicaire apostolique du Bénin ;

Et 3*^, celles qui sont situées à Test de TOuémé, toujours au sud du 10° parallèle, qui relèvent de l'autorité du préfet apostolique du Dahomey dont la résidence est Agoué.

Certains inconvénients résultant parfois de la dualité de direction des missions du Bas-Dahomey, il serait préférable qu'elles fussent réunies sous l'autorité d'un chef unique qui résiderait à Porto-No vo.

L'arrivée de missionnaires catholiques sur la cote des Esclaves remonte au xvu^ siècle.

Venus à la suite des commerçants, ils tentèrent sans succès d'évangéliser les noirs.

En 1GG7, deux moines prêcheurs se présentèrent dans le royaume de Juila. Ils avaient déjà converti le roi lorsque les

marchands d*esclaves, par crainte pour leur ignoble trafic, soulevèrent les féticheurs contre les religieux. Le peuple ameuté fit chasser les missionnaires qui pendant leur retour à la côte moururent empoisonnés.

Quelques années plus tard, deux Jacobins subirent le même sort.

Dès lors, les Français qui avaient appelé ces prêtres dans leurs comptoirs renoncèrent à en appeler d'autres.

Cependant, en 1G99, un religieux Augustin essaya encore d'évangéliser les gens du royaume de Juda, mais il se rembarqua presque aussitôt, découragé de ce que la parole sainte ne trouvait aucun écho dans le cœur des païens endurcis dans l'erreur et le vice.

C*est seulement en avril 1801 que les missionnaires catholiques reparurent à la côte des Esclaves.

Un bref pontifical, en date du 28 août 1800, venait d'ériger le vicariat apostolique du DahomcA' et le conlia « aux élèves du séminaire des missions africaines de Lvon. »

Trois missionnaires s'embarquèrent à Toulon le *i janvier 1861 pour se rendre au Dahomey. L'un d'eux mourut en mer, et les deux autres débarquèrent à Whydah le 18 avril 1861.

La maison Régis, de Marseille, déjà établie dans le pays, les reçut avec bienveillance et facilita leur installation.

Ils furent d'abord bien vus des autorités indigènes et purent commencer immédiatement leur œuvre d'évangéllsation en s'appuyant sur un noyau d'anciens esclaves revenus du Brésil où ils avaient reçu le baptême et qui avaient des habitudes chrétiennes.

Malheureusement cette période de tranquillité dura peu. Les missionnaires v subirent des tracasseries nombreuses de la part des autorités locales, à l'instigation de certains blancs. On s'en prenait surtout à leur argent.

Le Dahomey. ^^

par le roi Glé-Glé, se dispersa, et ses membres se réfugièrent en grande partie dans celles d'Agoué et de Grand-Popo,

Actuellement il y a au Dahomey trois stations principales et plusieurs stations secondaires. Elles sont sous la direction cl*un pasteur français assisté de quatre pasteurs indigènes. Elles relèvent du synode de Lagos.

S"" Missions musulmanes.

Les Peulhs ont été les propagateurs actifs de Tislam parmi les nègres. Si les missionnaires protestants et catholiques arrivent par le littoral, Tislamisme pénètre au Dahomey par l'intérieur.

Depuis une quinzaine d'années il a pris un certain développement dans le nord de nos possessions dahoméennes. Les adeptes du Coran sont très estimés ; ils y ont plusieurs mosquées et font de la propagande. Ils forment en général Télément intelligent de la population. Cette infiltration s'accentue malgré les efforts de l'administration et des missions catholiques et protestantes.

L'islamisme a surtout été propagé par le recrutement du bataillon de tiniilleurs liaoussas, pres([ue tous originaires de ribadan, du Yorouba et du Niger.

L'halloufa est prêtre et maître d'école tout à la fois. Sa religion plaît aux nègres païens parce que la loi du prophète ne supprime ni la polygamie, ni la circoncision. Les imans n'interdisent pas l'usage des alcools et donnent eux-mêmes l'exemple de rintcmpérance, La couleur du professeur étant la même que celle de l'élève, les concrètes prescriptions du Coran exercent beaucoup d'attraction sur des esprits simples, dont rintelligence est très éveillée jusqu'à 14 ou liJ ans, IVige de puberté.

On compte dans la colonie près de 6.000 musulmans qui vivent en très bons termes avec les fétichistes.

José Marcos, très riche négociant créole décédé Tan dernier, était le supérieur de la congrégation d'Islam, de Porto-Novo.

En résumé, les missions européennes ont eu au Dahomey une action bienfaisante en propageant notre langue et en nous faisant connaître dans ce pays où elles ont pénétré longtemps avant que la France y eût commencé son œuvre de paix et de civilisation.

Ce sont elles qui ont provoqué en 1863 la nomination de notre premier consul à Whydah, et depuis cette époque elles n'ont jamais cessé de mettre à notre service l'influence qu'elles avaient su acquérir sur les indigènes.

2iâ LE DAHOMEY

Il en est de même pour les militaires et marins avant pris part aux opérations effectuées dans le Haut-Dahomey, du ^"décembre 1896 au I"janvier 1898, sous les ordres du capitaine d'infanterie de marine Baud et du lieutenant de vaisseau Breton ne t.

con-

I,a médaille culodiiilevientd'ôtroaccordùo dans lof ililioiiR au persoimel des arniw's de terre et ile nier (europiîens et indifiinifs) ayant pris pari aux opt'iations eirectuf'-es sous la direction du ehef de balailKm d'infanlerie de marine HicourI, dans le llaut-nalioiiiey, pendant la période comprise entre le 8 novembre 1897 et le- :; févrii^r KS!t!t.

Ordre de l'Étoile noire du

Par reconnaissance pour la France, Toffa qui s'intitule, par la volonté de l'Etre suprême et la protection de la France, roi de Porto-Novo, institua, le 1*^** décembre 1889, l'ordre de rÉtoile noire.

Le ruban de cette décoration était primitivement bleu clair à laides liserés roufi^es.

Le gouvernement français ne reconnut pas d'abord cette décoration, pour plusieurs raisons dont la principale était motivée par la couleur rouge du ruban.

La guerre du Dahomey fît ajourner aussi la reconnaissance de cet ordre.

Le 30 août 1892, le roi Toffa en modifia les statuts et la couleur du ruban.

En même temps, le gouverneur du Dahomey demanda la reconnaissance par le gouvernement de cette distinction honorifique destinée h récompenser les fonctionnaires et autres Français ([ui travaillent au développement de rinfluence française à la côte occidentale d'Afri(iue.

Ces motifs lii\Mit approuver et reconnaître Tordre de TEtoile Noire, par une décision du Président du (Conseil des Ministres en date du lU) juillet I89i.

Les règlements de Tordre furent ceux établis par Tolla, le 30 août 1892, en son palais de Hékon.

But. — Hécompenser les services des sujets du royaume de Porto-Xovo et ceux des Kuropéens qui, par leur concours, ont donné au roi des gages de leur dévouement.

(liasses, — L'ordre est civil et militaire, et comprend :

Des chevaliers, en nombre illimité ;

Des olliciers, au nombre de 3.000 ;

La monture et les rayons de la croix sont en argent pour les chevaliers, en or pour les grades supérieurs.

Le diamètre est de 45 millimètres pour les chevaliers et officiers, et de 62 millimètres pour les commandeurs et les grands-croix.

Ruban, — Le ruban est moiré bleu clair de 40 millimètres de largeur pour les chevaliers et les officiers, de 43 millimètres pour les commandeurs, de 1 1 centimètres pour les grands-croix.

Manière de porter la décoration.

Les Chevaliers portent la décoration, attachée par un ruban, sur le côté gauche de la poitrine.

Les Officiers la portent à la même place et avec le mome ruban, mais en forme de rosette.

Les Commandeurs portent la décoration en sautoir attachée au cou par un ruban de 45 millimètres.

Les Commandeurs avec plaque portent, en outre, sur le côté droit de la poitrine une plaque diamantée tout argent, du diamètre do 90 millimètres, dont le centre représente une étoile d'émail noir.

Les Grands-croix portent un ruban moiré bleu clair de il centimètres de largeur, en écharpe passant sur l'épaule droite, au bas duquel est attachée la croix. De plus, ils portent la croix sur le côté gauche de la poitrine.

Brevets. — Des brevets revêtus du sceau du roi, enregistrés au gouvernement de Porto-Novo et contresignés par le chef de la colonie française du Dahomey, sont délivrés à tous les membres de Tordre nommés ou promus.

L'ancien brevet était une belle chromolithographie, d'une exécution artistique soignée, comportant les armoiries du roi

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