‹ Dahomey et dépendances (volume 2)Chapitre 22 sur 70 · ORNEMENTS ET BIJOUX INDIGÈNES · texte numérisé non relu

ORNEMENTS ET BIJOUX INDIGÈNES

Au Dahomey aucun ornement n'est toléré, sauf pour le roi, les princes et les chefs qui portent des anneaux de fer au poignet et à la cheville.

Le torse du Dahoméen reste nu ; les autres indigènes portent autour du cou de petits sachets en cuir suspendus à un c45rdon, des dents de carnassiers, des morceaux de verre, de fer, de corail, etc..

Autour du biceps, ils ont des anneaux en verre bleu ou en ivoire ; autour du poignet, des cordelettes en cuir ou des chaînettes ; autour des reins, des lanières de cuir tressé entremêlé de perles; des anneaux en cuivre aux doigts, mais rarement aux oreilles.

Les femmes ont le cou, les bras, les poignets, les jarrets mêmes, entourés de colliers de corail, de bracelets, d'ambre jaune ou de verre bleu ou vert, des ceintures de perles fausses.

Dans le Yorouba, par coquetterie, les négresses se percent le lobe des oreilles pour y faire passer une rondelle de bois rouge du diamètre d'une tranche de bougie.

Aux Popos, les femmes ont des boucles d'oreilles en perles, en argent et en or; des colliers, des bracelets en cuivre ou en

même plusieurs fois par jour. La propreté et l'hygiène leur en font un devoir, car, par suite de la transpiration presque constante qu'ils subissent, ils sont très exposés aux maladies de la peau. Mais il est à remarquer que plus Ton s'éloigne de la mer ou des cours d'eau, les gens sont de moins en moins propres et ne se dérangeraient pas pour se procurer de l'eau, même à une faible distance.

C'est après le bain que les négresses s'enduisent d'huile, d'onguents et de cosmétique.

En temps de deuil, elles ne se lavent pas.

Habitations.

Sur la côte des Esclaves^ l'habitation indigène est encore très primitive, et, comme toutes les autres commodités de la vie, elle se réduit au strict nécessaire.

Sa construction est subordonnée aux matériaux que produit la région; dans tous les cas, Tliabitation actuelle est fort malsaine et incommode.

Dans la première zone, où le sable abonde, toutes les cases sont en terre tourbeuse mêlée de sable et en bambous entremêlés de paille de palmier.

Dans la deuxième et la troisième zone, celles de l'argile, les murs sont en terre rougeâtre, fort tenace; on lui donne le nom de terre de barre \ durcie sous Faction du soleil, elle acquiert une grande fermeté. Les nègres la pétrissent comme du mortier en la foulant avec les pieds.

Dans la quatrième zone, celle des forêts, les maisons sont en bois avec toitures en paille.

Dans Textrême nord du Dahomey, les montagnards vivent en grande partie dans les cavités naturelles des rochers.

Les maisons européennes sont ordinairement en briques avec couverture en zinc.

Les huttes indigènes sont rondes, rectangulaires ou carrées, suivant la fantaisie des noirs ; il en est de même pour les habitations lacustres, bâties sur pilotis.

Sur les bords du lleuve Ouémé et des lagunes, le sol intérieur des cases est formé d'un mélange de sable et de vase qui durcit très vite. Quelquefois même cette boue collante sert à tapisser les parois intérieures et donne ainsi Tillusion de murailles. Dans les cases somptueuses, les murs sont peints avec une décoction de certaines feuilles tinctoriales.

Les toitures en pente, k deux ou à quatre eaux, sont en feuilles de palmier reliées entre elles et aux bambous de la charpente par des liens de paille. Parfois existe sous le toit un plafonnage sommaire en bambous très serrés, badigeonnés de terre glaise.

La case indigène ne comporte habituellement qu'une pièce ; elle n'a d'autre ouverture que la porte, sans aucune fenêtre ni issue laissant pénétrer l'air ou la lumière.

Chaque habitation est pourvue d'une petite cour qui ouvre sur la rue. C'est dans cette cour que se font les travaux du ménage : cuisine, lavage, pilage du maïs, etc.. Elle est séparée de l'enclos voisin par une palissade en paille et en fauxbambou.

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