‹ Dahomey et dépendances (volume 2)Chapitre 4 sur 70 · TRAITE DU 19 MAI · texte numérisé non relu

TRAITE DU 19 MAI

Cession à la France du territoire de Koionoa.

L*an mil huit cent soixante-huit, le dix-neuf du mois de mai, les soussignés Jean-Baptiste Bonnaud, agent vice-consul de France au Dahomey et à Porto-Novo, assisté de Pierre Delay, négociant français à Whydah, et de Daba, yavoghan-gouverneur de Whydah, agissant au nom et par les ordres du roi de Dahomey, assisté de Chautadon, grand cabécère de Whydah, en présence de tous leurs moces*,dos envoyés ordinaires et extraordinaires du roi de Dahoraev et des moccs des grands cabécères du rovaume absents de Whvdah, se sont réunis dans la maison du Yavoghan, siège du gouvernement du roi de Dahomey à Whydah, à Teffet de convenir de ce qui suit:

Le Yavoghan ayant pris la parole s'est exprimé ainsi :

<( Le roi de Dahomey, dans son désir de donner une preuve d'amitié à S. M. Tempereur des Français, et reconnaître les relations amicales qui ont existé de tout temps entre la France et le Dahomey, avait, vers la fin de Tannée 1864, fait cession à la France de la plage de Kolonou. Le 9 mars dernier, il a envoyé h Whvdah un messager spécial nommé Kokopé, porteur de son bâton royal, à TefTet de renouveler cette cession entre les mains du vice-consul de France, avec toute la solennité en usage dans le Dahomey.

« Dans ces circonstances, il a été jugé nécessaire tant par le roi de Dahomey que par le vice-consul de France, qu'un acte écnl constatât la confirmation de la cession faite antérieurement par le roi de Dahomey de la plage de Kotonou et l'acceptation par 1^ Franco de cotte cession.

u I/agont vice-consul a répondu au nom du gouvernement de rKjuporeur, on exprimmt toute sa gratitude au roi de Dahomey pour cotte nouvelle preuve (raniitié.

« 11 a ajouté qu'il acce[)tait cotte cession dans la pensée quel»*^ favoriseiait Textension dos relations commerciales existant entre 1<^^ doux pavs ol serait ainsi prr)(ital)lo à tous les deux ; mais que ^^ quoi (jiio fût lo (I 'sir du roi do Dahomey de voir Kotonou oceup*-* militaiiMMiiont [)ar la l'ranco, lo gouvornemont de rKmpercur n avaii

1, Doinostiriiios (lo coiitianoo.

pas cru devoir, jusqu*à présent, réaliser cette occupation el qu'il ne la réaliserait qu'autant que cela conviendrait à ses intérêts ; que, jusqu'à ce moment, rien ne devait être changé à Tétat de choses actuel, en ce qui concerne les indigènes du pays et la perception des droits de douane.

Le yavoghan, les grands cabécères, les envoyés du roi de Dahomey et les moces présents de tous les grands cabécères du royaume, ayant manifesté leur adhésion aux paroles prononcées par M. l'Agent vice-consul, les articles suivants ont été rédigés d'un commun accord entre toutes les parties contractantes.

Art. 1. — Le roi de Dahomev, en confirmation de la cession faite antérieurement, déclare céder gratuitement à S. M. l'Empereur des Français le territoire de Kotonou avec tous les droits qui lui appartiennent sur ce territoire, sans aucune exception ni réserve et suivant les limites qui vont être déterminées :

Au sud, par la mer; à l'est, par la limite naturelle des deux royaumes de Dahomey et de Porto-Novo ; à l'ouest, à une distance de 6 kilomètres de la factorerie Hégis aîné, sise à Kotonou, sur le bord de la mer ; au nord, à une distance de (> kilomètres de la mer, mesurés perpendiculairement à la direction du rivage.

Art. 2. — Les autorités établies par le roi de Dahomey à Kotonou continueront d'administrer le territoire actuellement cédé, jusqu'à ce que la France eu ail pris eireclivcmciit poNsession.

Rien ne sera changé à létat des choses existant actuellement : les impôts et les droits de douane continueront comme par le passé à être perçus au profit du roi de Dahomey.

Art. 3. — Le présent traité sera soumis à Tapprohalion du gouvernemenl de S. M. l'empereur des Fraiivais, mais la cession du territoire de Kotonou est considérée d'ores et déjà comme délinitive et irrévocable, sauf la non ratilieation du |)réscnt traité par l'I^mpereur des Français.

Fait et signé par les parties contractaiiles à W'hydah, les jour, mois et an que dessus.

Ont signé : 130NN.\l.'D, agent consulaire

de France à Whydah.

DABA, yévoghan.

86 LR DAHOMEY

Pendant que nous traitions avec le Dahomey, notre influen( 8*étenilsiit aussi sur divers comptoirs de la Côte des Escfevei c'est ainsi que nous acquérions successivement Grand-Po| (Pla) ([ue les Minas nous vendent en 1857; Petit-Popo < 1861; A<çoué (Ajipo) et Porto-Seguro en 1868.

Mais de ces possessions nous ne conservâmes que Gran Popo et Agoué, sur lesquelles la France aflirma oflîcielleme son protectorat le 19 juillet 1883.

Petit-Popo et Porto-Seguro furent, le 24 décembre suivai cédi'es à T Allemagne, en échange de quelques points du litl rai sur les Rivières du Sud.

A la suite du conllit survenu entre le Dahomev et YXnz terre (voir : règne deGlé-GIé) et qui avait provoqué une inti ventit)n de notre part, M. Paul Serval, capitaine de fréga et ciief d\Hat-major de Tamiral commandant en chef de division navale de l'Atlantique sud, reçut mission de négoc un "nouveau traité avec le Dahomey. Par suite des grai sacrilicos que les négociants français s'étaient imposés [m tirer le roi de sa fâcheuse situation, Glé-Glé accueillit favo hlenieiit U\ demande de la France et consentit à une nouvt convention aux termes de lacpielie il renonçait aux droits douane sur Kotonou.

Ce fut h' traité <lii 10 avril 1878.

THAlTl': PA>SI-: KNTIli: I.A FRANCE KT I.E DAIIDMEY

(^essKui de Kotonou,

Au nom (le la Hépiibliqne IVaiiçaise,

l^ulrc le i-apitaino de fré^^ale Paul Serval, chef (rélat-niaj^^'' contre-amiral Allemand, commandant en chef de la division na\ de rA(lanli(|ue sud, au nom du Président de la République Ir vaise, d'une pari ;

I']l le vavo'dian de W'hvdali el le cahéeèrc Chautadon, au noir

Sa Majesté Glé-Glé, roi de Dahomey, lequel a préalablement pris coaaaissance du projet de traité et lui a donné son approbation, d^autre part,

Il a été convenu ce qui suit :

Art. 1. — La paix et Tamitié qui régnent et n'ont cessé de régner entre la France et le Dahomey, depuis le traité de 1868, sont confirmées par la présente convention, qui a pour objet d'élargir les bases de 1 accord entre les deux pays.

Art. 2. — Les sujets français auront plein droit de s'établir dans tous les ports et villes faisant partie des possessions de S. M. (jlé- Glé, et d'y commercer librement, d'y occuper et posséder des propriétés, maisons et magasins pour l'exercice de leur industrie ; ils jouiront de la plus entière et de la plus complète sécurité de la part du roi du Dahomey, de ses agents et de son peuple.

Art. 3. — Les sujets français, résidant ou commerçant dans le Dahomey, recevront une protection spéciale pour l'exercice plein et entier de leurs diverses occupations, de la part de tous les sujets de S. M. Glé-Glé et des étrangers résidant au Dahomey.

Il leur sera permis d'arborer sur leurs maisons et factoreries le drapeau du Dahomey seul ou associé au pavillon français, et le roi Glé-Glé s'engage à faire comiaîtrc à ses sujets et à tous les étrangers qui habitent ses domaines, qu'ils aient à respecter les personnes et les propriétés des Français, sous peine d'un sévère châtiment.

Art. 1. — Les sujets français jouiront, pour l'admission et la circulation des marchandises et produits introduits par eux et par leurs soins au Dahomey, du traitement de la nation la plus favorisée.

Art. 5. — Aucun sujet français ne pourra désormais être tenu d'assister à aucune coutume du rovaume de Dahomey où seraient faits des sacriiices humains.

Art. 6, — Toutes les servitudes imposées aux Français résidant au Dahomey, et particulièrement aux habitants de W'hydah, sont et demeurent supprimées.

Art. 7. — En confirmation de la cession faite antérieurement, S. M. le roi Glé-Glé abandonne en toute souveraineté à la Franco le territoire de Kotonou avec tous les droits qui lui appartiennent.

sans aucune exception ni réserve et suivant les limites déterminées:

Au sud, parla mer;

ATest, parla limite actuelle des deux royaumes de Porto-Xovo et de Dahomey ;

A Touest, à une distance de 6 kilomètres de la factorerie Régis aîné, sise à Kotonou sur le bord de la mer;

Au nord, à une distance de 6 kâlomètres de la mer, mesurée perpendiculairement à la direction du rivage.

Fait à Whydah, en double expédition, le 19 avril 1878.

Signé : P. Serval.

Suivent les marques du yévoghan de Whydah et du cabécère Chautadon et les signatures des témoins :

B. CoLONNA DE Lecca, agent en chef

de Régis aîné et C'® Francisco F. SorzA [chacha], G. Fehrat, lieutenant de vaisseau, commandant le Bruat,

Pendant une dizaine d'années, aucun incident ne trouble le pays et aucune difficulté ne surgit quant h l'application des clauses de ce document.

C'est sans opposition, qu'en septembre 1883, on mettait une petite garnison à Kotonou, en même temps que Ton installait quelques miliciens à Porto-Novo, pour protéger notre résident, M. le colonel d'infanterie de marine Disnematin-Dorat, ainsi que nos nationaux.

(^ette prise de possession des pays soumis à notre protectorat était la conséquence de l'acte général de Berlin du 26 février 1883 qui, dans son article 33, stipulait l'occupation effective des établissements de la côte d'Afrique.

Nos droits sur la Côte des Esclaves ne furent contestés qu'en 1805 par les Anglais h Porto-Novo et en 1883 par les Portugais.

HISTORIQUE DU DAHOl^EY 91

Après que Glé-Glé eut accepté le protectorat du Portuj^al, le pavillon de cette nation fut hissé sur les points principaux du littoral, Whydah, Godomé et Kotonou. La garnison du fort portugais de Whydah fut renforcée, et, comme son premier prédécesseur, le chacha en fut nommé lieutenant-colonel gouverneur.

Mais le 10 septembre 1883, M. Roget, lieutenant d'infanterie de marine, notre résident à Porto-Novo, proteste énergiquement contre le déploiement du pavillon portugais h Kotonou, en invoquant la teneur des traités de 1868 et 1878.

Pour sa justification, le Portugal prétexte n'avoir pas connaissance de ces traités et ({ue le territoire de Kotonou se trouvait bien compris sur sa convention avec le Dahomey. Mais l'affaire s'arrangea vite, les Portugais se retirèrent et le pavillon français fut hissé pour la première fois à Kotonou le 14 septembre 1883, car nous avions négligé de le faire après la signature du premier traité.

A partir de ce moment, toutes les nations s'accordèrent à reconnaître notre suzeraineté sur toute la cote, entre Lagos et les établissements allemands du Togo.

Mais la convention que le roi de Dahomey avait signée avec le Portugal devait donner lieu k bien des désaccords. Ce traité, extorqué au roi par le chacha ([ui trompa adroitement en cette circonstance les diuix parties contractantes, donnait aux Portugais des droits inq)ortants sur le Dahomey ; il leur accordait l'administration des villes du littoral et une foule de concessions au désavantage de Glé-Glé.

Les fonctions d'interprète ofliciel du chacha ainsi que d'intermédiaire pour la signature du traité, lui permirent de tromper les uns sur le conq^te des autres. Il sut persuader aux Portugais que le roi consentait aux moindres détails contenus dans le traité, et il fit croire à Glé-Glé que le pavillon portugais arboré sur la côte n'était (junn insigne de commerce.

Il espérait bien avoir le temps de mettre sa personne et ses biens à Tabri du danger, avant que les Portugais réclamassent Texécution des clauses épineuses de leur traité. Le traité lut ' donc conclu et le chacha toucha, pour son habile intervention, une forte commission.

Tout alla bien entre le Dahomey et le Portugal jusquen 1887, époque à laquelle le gouverneur général de San-Thomé vint solliciter une entrevue avec le roi afin de régler avec loi des points importants du traité. Mais Glé-Glé ne daigna pas le recevoir et le (it attendre près de trois mois à Whydah.

Pour excuser son maître, Julian da Souza prétextait toujours que le roi était malade ou à la guerre, chaque fois que le gouverneur de San-Thomé demandait une audience.

De son côté, Glé-Glé crut ce que le chacha voulait bien lui raconter au sujet de la visite inattendue du gouverneur portugais.

Ce fonctionnaire partit fort mécontent, et alla rendre compte à Lisbonne de Taccueil qu'il avait reçu au Dahomey.

Kn mars 1887, une mission portugaise vint demandera iVboniey des explications au roi sur sa conduite.

Uetenu à Whydah par ordre du roi, le chacha ne put l'accompagner et c'est ainsi que sa duperie fut découverte.

Le roi, qui avait ses projets, ajourna sa réponse au Portugal, et congédia la mission qui s'éloigna assez satisfaite de son entrevue. (îlé-Glé méditait une punition sévère pour son conseiller, qu'après un assez long intervalle et pour un motif futile il lit demander à Abomev, comme cela lui arrivait fré- (jucmment.

Croyant avoir endormi la méiiance du roi, le chacha parti! très confiant, en j^^rando pompe, mais il ne reparut plus jamais à ^Vhy(lah et ])i'rsonnc ne sut jamais ce qu'il devint, même Jcs Portnj^ais qui le réclamèrent au titre de lieutenant-colonel

honoraire de leur infanterie de marine. On suppose qu'il mourut empoisonné dans sa prison.

Il en fut de même de tous les membres de sa famille, qui furent peu à peu attirés dans la capitale par de prétendus messages dâ Julian et qui disparurent également. Tous les biens de cette famille furent confisqués par le roi, leurs amis ou protégés tombèrent en disgrâce, et c'est ainsi que lînit le cinquième et dernier des chachas de Whydah.

Dès que le roi se fut vengé, il avisa le gouvernement portugais que son représentant à Whydah l'avait trompé d'une façon indigne, et que jamais il n'avait accepté ni accepterait le protectorat d'aucune nation européenne.

Il reconnaissait bien aux Européens le droit de déployer leur drapeau sur le littoral, en vue de leur commerce, mais si le traité qu'on lui avait fait signer en 1885 contenait autre chose, il le considérait comme nul. 11 ajoutait que le chacha avait été sévèrement puni pour avoir osé outrepasser ses droits.

Comprenant un peu tard qu'il avait été joué, et les frais de garnison et de protectorat étant une charge inutile pour la colonie de San-Thonié, le cabinet de Lisbonne nolifia à la fin de la même année (1887) aux puissances européennes, que le Portugal retirait son protectorat des cotes du Dahomey.

Après l'Angleterre et le Portugal, ce fut la France qui eut maille à partir avec le roi Glé-Glé.

Sous l'influence de notre protectorat de 1882 qui peu à peu se changea en colonie, Porto-Novo prenait de plus on plus d'importance; son roi TolFa, très dévoué ix notre cause, favorisait de son mieux nos intérêts.

Malheureusement nos résidents manquèrent toujours de movens; nos établissenie its de Porto-Novo et de Kotonou, rattachés depuis le i mai IS70 à l'administration du Gabon,

94 L1-: DAilOMKY

confiée elle-même à un capitaine de frégate, furent (»nsuite réunis le 16 juin 1880 à la colonie du Sénégal, et confondus avec les Rivières du Sud, dont le lieutenant-gouverneur résidait à Gorée, sous le nom de Séncffal et dépendances.

Le Sénégal n'aida pas plus Porto-No vo que le Gabon ; le décret du l*"" août 1889 sépara nos établissements du Bénin du Sénégal, et ce ne fut guère qu'à partir de cette date que notre petite colonie commenva h se développer.

Le 1*^"* janvier 1890, les Rivières du Sud et les établissements de la Côte de Guinée formèrent un groupe de colonies possédant une certaine autonomie et placées sous l'autorité d'un lieutenant-gouverneur.

Plus tard, enfin, le 10 mars 1893, un décret sépara le Dahomey de la Guinée fran<^aise proprement dite, pour lui donner une autonomie comj)lète.

Entre 1880 et 1889, Porlo-Novo eut de fréquentes querelles avec les Anglais qui violaient les traités, pour occujjer sur son territoire une foule de points dans le but de ruiner son commerce.

Porto-Novo se trouva j)eu à peu bloqué par les Anglais qui avaient même l'intention d'y imposer des droits. Quelques coups de feu furent échangés j)arfois entre nos tirailleui*s sénégalais et les haoussas anglais, mais la situation ne se modifia point pendant fort longtemps, malgré les nombreuses protestations de nos résidents aux gouverneurs de Lagos.

L'ordre ne fut délînilivement rétabli entre les Anglais et nous que par la convention signée en janvier 1890, et par laquelle nous renoncions à toute tentative sur le territoire voisin d'Abéokouta; de son coté, l'Angleterre s'engageait à ne pas entraver notre intervention au Dahomey.

nement fi-ançais songeait à lui servir une rente à titre d indemnité.

Après des explications non satisfaisantes reçues parle roi de M. Bontemps, agent consulaire de France à Whydah, Glé-Glé fit savoir à M. le baron de Beeckman, alors résident par intérim à Porto-Novo, qu'il s'opposait à l'imposition par la France de droits à Kotonou, qu'il refusait d'accepter quoi que ce fût en échange ; il menaçait de fermer les factoreries, d'arrêter le commerce si on ne lui donnait pas satisfaction; finalement, il ne reconnaissait pas la validité du traité de 1878 et nous sommait d'avoir à renoncer, non seulement à l'occupation de Kotonou, mais encore à notre protectorat sur le royaume de Porto- No vo.

Aucune réponse ne fut faite à cette lettre.

Considérant, sans doute, notre silence comme une faiblesse, le roi du Dahomev réitéra ses sommations et ses menaces en mors 188!); puis, pour les appuyer, réunit son armée et marcha sur le Nord du rovaume de Porto-Novo dont il détruisit les villages de Dano et d'Ida.

Pressé [)ar les circoiislances et surtout par les commerçants aiVolés à 1 idée ([ue l'armée dahoméenne pouvait venir attaquer Porto-Novo, notre résident se décida, le l avril, à demander du secours ii l'amiral Hrowii de Colstoun, commandant ea chef de la division navale de l'Atlantique. Une compagnie dt dél)ar([uenu'nt {'ournie j)ar [Arvfhuse et le Sane\ descend * IN)rlo-Novo t't la tranc|uillité fut facilement rétahlie.

Les Dalioinérns s'étaient repliés sur l'Ouémé peu apV< leur imursioii.

Pcndîint ((uc Knirs l)an(U's dévastaient le Nord du territoire Porto-Novo, le représentant (le (ilé-(ilé, à Kotonou, mandai la cour de justice iCi'Me) les gérants des factoreries et le chet la station teli'graj)lii(|iu'. 11 les y faisait rester debout, téten'^

taire, M. Angot, et M. X. Béraud, interprète, raccompagnaient, ainsi qu'une ambassade envoyée au devant de lui par Glé-Glé.

Les instructions données à M. Bayol étaient toutes pacifiques, et, malgré la gravité des attentats commis par le monarque noir, notre ambassadeur était porteur de nombreux cadeaux pour Glé-Glé. Il espérait que Tappât d'une forte rente déciderait le roi à reconnaître les traités conclus en 1868 et 1878 ; mais il n'en fut rien.

Le roi Glé-Glé et son fils, le prince héritier Kondo, ne consentirent à aucune des propositions du représentant de la France, et, tout en lui rendant beaucoup d'honneurs ainsi qu'à ses compagnons, ils eurent plutôt l'air de se moquer d'eux. Dans leurs réponses violentes et insolentes, ils demandaient sans cesse la tête du roi Toffa et l'évacuation de Kotonou.

A toutes les propositions de M. Bayol, ils opposèrent un refus catégorique, et nos compatriotes craignirent bien souvent d'être retenus prisonniers par leurs entêtés adversaires.

Celait l'époque des fêles annuelles qui devaient inaugurer les grandes coutumes du Dahomey.

Sachant combien les cruautés ^répugnent aux Européens, Glé-Glé força plusieurs fois M. Bayol à assister à des sacrifices humains. Pour nous narguer plus complètement, c'étaient précisément des gens de Porlo-Novo, faits prisonniers dans la dernière campagne, que l'on immolait devant lui.

Ecœuré de ce spectacle, M. Bayol tomba gravement malade le 6 décembre et resta alité pendant quinze jours.

Comme Glé-Glé était malade aussi à ce moment et, qu'en raison de son ùge (75 ans), un dénouement fatal était possible, M. Bayol, dans la crainte que la superstition du peuple ne vienne à accuser les blancs de cette mort et pour éviter que les jours des membres de la mission ne soient en danger, jugea prudent de hâter les négociations qu'il continua avec le prince héritier.

HISTOKIQUE DU DAHOMEY 101

Mais pour pouvoir quitter Abomcy, il lui fallait auparavant apposer sa signature au bas des volontés que lui dicterait le roi dans une lettre au Président de la République. II était dit dans ce document que les chefs de Porto-No vo sont vassaux du Dahomey, que les navires français ne devaient pas circuler dans les eaux de TOuémé, que la France était gouvernée par des jeunes gens et qu'elle devait abolir la République. Tout ce qui s'était passé de mal entre les deux pays venait du manque d'un roi sur le trône de France, et que son père engageait fortement les Français à rappeler un descendant de leurs anciens souverains, afin que les deux nations puissent bien vivre d'accord.

M. Bayol apposa sa signature au bas de cette singulière pièce, et, dès le lendemain, il s'empressait de quitter Abomey ; il était temps, car deux jours après, Glé-(jlé mourait après trente et un ans de règne (décembre 1889). Lesgens indulgents attribuèrent sa mort à l'alcoolisnio, mais ceux plus au courant des secrets de la cour d' Abomey prétendirent qu'elle fut le résultat des soins que son fils lui prodiguait Ce dernier n'a du reste jamais protesté contre cette accusation.

Après une marche rapide, la mission rentrait saine et sauve à Kotonou, le »*M décembre au soir.

Le prince Kondo succéda à son père sur le trône du Dahomey, sous le nom de Gbedàssé (Behanzini dit le ref/uin.

Dès son arrivée au pouvoir, Béhanzin se prépara à une action énergique contre nous, en réunissant de nombreux contingents et en faisant maltraiter nos tirailleurs par les autorités de Kotonou.

Il était urgent de prendre une décision immédiate. M. Bayol adressa au sous-secrétaire d'Etat aux colonies un rapport énergique sur les incidents de sa mission et sur ces nouveaux

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