AGRICULTURE
Mode de culture indigène.
Avant roccupation française, Tagriculture était peu en honneur au Dahomey ; le sol ne manque cependant pas de fertilité.
La population guerrière tirait surtout sa subsistance du pillage fait dans l'expédition annuelle et dans l'échange des prisonniers contre les produits d'importation européenne.
Néanmoins, autour des villages, les femmes et les esclaves cultivaient quelques défrichements avec des instruments primitifs ; mais chaque fan[iille ne semait que la quantité de maïs, de manioc et de haricots qui lui était indispensable pour ses besoins d'une récolte à l'autre.
Le travail des champs était jugé indigne du maître et de l'homme libre, et la répugnance que l'indigène a toujours témoignée pour la culture est due en grande partie à cette considération. Le manque de voies de communication dans Tintérieur des terres et l'absence de moyens de transport ont beaucoup influé aussi sur la paresse du noir à exploiter sa terre, qu'il ne laissait jonchée de fruits tombés pourrissant sans emploi, que parce qu'il se voyait dans l'impossibilité d'en tirer profit.
La culture n'avait pris un essor appréciable que dans les localités voisines de la lagune ou de la mer, à cause de la facilité qu'on y avait d'écouler les produits du sol, soit en les vendant aux navires, soit en les transportant par pirogues aux marchés voisins.
Le matériel agricole des noirs s'est toujours réduit à une simple houe et leur procédé de culture était uniforme pour toutes les plantations, que ce soit du mais, du manioc, du mil, du riz, du coton ou du tabac.
En mars et avril, dès que le terrain est un peu humecté par les premières pluies, on s'occupe du défrichement. Après avoir détruit les mauvaises herbes par le feu, les indigènes, munis chacun d'une houe et tous rangés sur une ligne, partent en piochant d'une extrémité du champ et avancent d'un pas rapide en s'excitant et marquant la mesure de la voix. Ils amon-
AGRICULTURE — INDUSTRIE — œMMERCE 421
cellenl la terre avec leur outil, de façon à former une longue bande de terre taillée en arête.
Pour les semis, les noirs pratiquent, avec le talon du pied, une légère cavité dans cette bande ; y laissent tomber, adroitement et sans se baisser, un certain nombre de graines qu ils recouvrent de terre tassée légèrement soit avec la main, soit avec le côté du pied, afin qu'elles ne deviennent la pâture des oiseaux très nombreux qui s'abattent sur les champs cultivés.
L'écartement entre les trous ainsi obtenus et la distance entre les bandes de semis voisines sont variables suivant le genre de culture.
Quelques jours après Tensemencement, les graines commencent à germer ; on exécute alors un binage pour ameubler et nettoyer le sol durci par les pluies et le soleil.
Dès que les plants ont pris une certaine consistance, les indigènes éliminent ceux qui sont rachitiques, afin de permettre aux autres de se développer librement et avec vigueur.
Trois ou six mois après les semis, en juin ou en septembre, selon que les plantes sont annuelles ou bi-annuelles, ont lieu les récoltes.
Pour le riz, le mil, le maïs, etc. ^ les tiges sont coupées délicatement h une certaine distance du sol et mises en tas ; on les prend ensuite une à une et on imprime aux épis une légère secousse pour en faire tomber les graines. Après avoir été séchées au soleil, ces graines sont ramassées dans des sacs ou dans des calebasses pour être livrées au commerce, soit brutes, soit décortiquées au moyen d'un pilon en bois.
Aujourd'hui, le noir paraît avoir moins d'aversion pour le travail des champs ; il travaille toujours uniquement pour satisfaire ses besoins et ses fantaisies, mais au contact direct et prolongé avec l'Européen, la population du pays a contracté
des habitudes de bien-être et s'est créé de nombreux besoins auxquels elle ne renoncerait pas facilement. Pour ces motifs, l'indigène s'adonne donc plus volontiers maintenant à Tagriculture et au commerce, capables de lui procurer de sérieux bénéfices.
C'est à nous de diriger et d'utiliser ses bonnes et nouvelles dispositions.
Mise en valeur de la colonie.
L'administration n'a rien négligé pour mettre en valeur les richesses agricoles de la colonie et elle ne cesse de seconder et d'encourager les efforts des Européens et des indigènes qui voudraient entreprendre des plantations.
Divers essais de cultures riches (café, cacao, caoutchouc) ont été entrepris dans la banlieue même de Porto-Novo par un certain nombre de créoles brésiliens ou portugais fixés depuis longtemps dans le pays. Quelques notables indigènes se lancent également dans cette voie. Tout le monde prévoit en effet le moment prochain où le produit du palmier, dont la valeur a déjà beaucoup baissé sur les marchés d'Europe, ne donnera plus que des bénéfices restreints. On a donc créé des exploitations agricoles, et cola dans des conditions exceptionnellement avantageuses, puis([ue ceux qui les ont entreprises étaient déjà pro})riétaires du sol, qu'ils résident sur place et, enfin, qu'il leur a été fiicile de se procurer dans leur entourage immédiat la main-d'œuvre nécessaire à la création et à l'entretien des plantations nouvelles.
Les résultats déjà obtenus ont été très satisfaisants et permettent de bien au|^^i:rer de l'avenir.
La région de Porlo-Xovo est si fertile et la production du sol si abondante, (jue le surplus est exporté à Lagos dont
A Âbomey-Calavi, la mission catholique a fondé des établissements agricoles donnant de belles espérances.
Dans le nord, la région de Savalou, ravagée pendant deux siècles par les Dahoméens, s'est repeuplée ; un grand nombre de ses habitants qui s'étaient réfugiés sur les territoires anglais et allemands sont peu à peu revenus habiter leurs anciens villages et ont repris leurs travaux de culture.
La situation agricole du Dahomey est donc excellente, et les populations, quoique indolentes, ne sont nullement réfractaires aux travaux de la terre ; si on sait les stimuler, elles travaillent de plus en plus pour se procurer un bien-être qu'elles apprécient.
La race dahoméenne est surtout une race de paysans, suffisamment intelligente pour s'initier à nos procédés de culture.
Pour cela, il importe de créer dans la colonie des écoles pratiques d'agriculture où il serait fourni aux indigènes des notions de culture usuelle et où on leur enseignerait à manier nos différents instruments de travail.
11 fcîut aussi fournir aux indigènes un outillage agricole moderne, et introduire de nouvelles plantations au fur et à mesure des défrichements. Ce n'est que par ce moyen que Ton arrivera à favoriser l'agriculture au Dahomey.
De ce qui précède, il résulte donc clairement que le Dahomey paraît être, dès à présent, entré d'une lavon définitive dans la voie du développement économi([ue.
Jardin d'essai et ferme du service locaL
Pour favoriser l'élevage du bétail et le développement des cultures au Dahoniev, il a été créé en ISÎ^ÎI. dans la banlieue de Porto-Xovo, un jardin d'essai et une ferme du service local, situés sur un terrain de 2^)0 hectares cédé à titre gra-
AGRICULTTRE — INDUSTRIE — COMMERCE 425
cieux par le roi Toffa et placés sous la direction et le contrôle directs de F Administration.
Cet établissement a pour but :
1® De recevoir, garder ou vendre au profit du service local les divers produits provenant de Timpôt indigène perçu ou à percevoir, ainsi que les produits résultant de Télevage ; de rechercher et d'améliorer les variétés chevalines, bovines, ovines, caprines, porcines, etc., existant déjà dans la colonie;
2® De rechercher les perfectionnements à apporter aux systèmes de culture suivis jusqu'à ce jour au Dahomey; de tenter la culture de toutes les plantes, indigènes ou non, dont les produits peuvent donner lieu à un commercfe quelconque et de fournir, à un prix aussi minime que possible, aux particuliers, aux colons européens et indigènes dont il convient d'encourager les efforts, les plants, boutures, graines, etc.
Cette ferme est dirigée par un fonctionnaire européen qui remplit les fonctions d'agent comptable et reçoit de ce chef une remise de 5 ®/o sur les recettes provenant de la vente, pour le compte de l'administration, du bétail et des produits divers.
Les résultats de Tannée 1899 ont été bons en ce sens qu'il a pu être vendu au profit du service local pour environ 20.000 francs de bétail provenant de l'impôt indigène.
Cet établissement s'est mis en relations avec les jardins botaniques de Saigon et de Libreville pour faire des échanges de graines, notamment en ce qui concerne le riz dont la culture réussirait probablement dans les terrains marécageux du Bas Dahomey où des essais ont été entrepris.
Le jardin d'essai de F^orto-Novo est également en relations avec le jardin colonial de Nogent-sur-Marne (Seine) qui lui fournit des boutures et semis des plantes tropicales dont il a besoin.
AGRICCLTLRE — INDUSTRIE COMMERCE 427
d'un intérêt tout particulier. Ces pays présentent différentes zones de culture permettant d'obtenir une diversité de production excessivement précieuse.
Ses produits ne servent actuellement qu'à la consommation locale, mais dans un avenir assez rapproché, et grâce à Técoulement rapide des récoltes par le chemin de fer du Niger, le pays arrivera sans difficulté à tripler sa production actuelle.
Ses bestiaux sont nombreux et de race excellente ; ils sont bien soignés par les indigènes peulhs, qui sont des bergers parfaits. Sa population dense et soumise est aussi portée vers les travaux agricoles.
La propriété.
Le régime de la propriété repose sur des bases très simples : d'après la coutume du pays, la terre appartient en totalité au roi, mais il Taccorde à celui qui la défriche et la met en valeur ; elle reste ensuite dans la famille^ à moins que le roi n'en décide autrement. Il y a deux siècles environ, les premiers conquérants dahoméens £)nt petit à petit acquis le sol en se substituant aux anciens habitants ; plus tard des parcelles ont été concédées à des indigènes ou à des Européens moyennant le simple paiement d'un droit d'entrée en jouissance, mais l'exploitation du sol était obligatoire sous peine de dépossession ; dans ce dernier cas la terre revenait au roi. Par suite des exactions des princes et des principaux chefs habiles à profiter du bon plaisir, petit à petit l'indigène se contenta du produit du palmier, n'osant fonder, et pour cause, un établissement durable.
Telle était la situation au moment de la conquête.
Après l'expédition militaire, le partage des plantations s'est effectiré ci Tamiable entre les différents chefs de villages.
Les anciennes concessions appartenant soit à des nations, soit à des maisons de commerce européennes, ont été maintenues ; diverses concessions sur des terrains vacants ont été accordées à des particuliers, et ce mode d'aliénation du domaine colonial, qui n'a porté d'ailleurs que sur des surfaces restreintes, n'a donné lieu jusqu'ici à aucune difficulté sérieuse.
Mais il a fallu se préoccuper de rechercher et de régulariser les droits de propriété des indigènes ainsi que des métis brésiliens ou portugais installés dans le pays; une commission réunie à cet eifet en 1893 n'a pu aboutir à des résultats définitifs et il est devenu nécessaire pour régler des réclamations ou apaiser des différends qui se sont élevés de tous côtés, sauf pour quelques propriétés notoirement connues, de renoncer à faire la preuve certaine des droits antérieurs.
Aujourd'hui, ^conformément aux usages séculaires du pays, à la loi naturelle et aux exigences de la colonisation, tout terrain réellement abandonné ou inexploité est, après enquête administrative régulière, considéré comme faisant partie du domaine local.
11 peut donc à ce titre être concédé à toute personne susceptible (le le mettre en voleur. Ce système a l'avantage considérable de donner dans le présent et pour l'avenir une hase certaine à la propriété, d'éviter les inconvénients résultant de l'abus immodéré des actes de notoriété éta])lis par le notariat de la colonie et qui étaient la plupart du temps contradictcùres, et enfin de favoriser la création d'établissements a^^rieoles en assurant aux travailleurs la propriété définitive du sol (ju'ils auront défriché et qu'ils cultivent.
AGRICULTURK — INDUSTRIE — COMMERCE 429
Concessions territoriales.
Par application de ce qui précède, tous les occupants de terrains, anciens ou récents, ont dû, par suite de l'occupation française, faire régulariser leurs titres de possession lors du règlement du régime de la propriété immobilière au Dahomey.
Pour se mettre en règle avec l'Administration coloniale, ils avaient à déposer d'abord une demande de concession. Cette demande donnait lieu à Touverture d'une enquête publique, d'une durée de huit jours, pour permettre aux revendications de se produire. Si le prétendu occupant utilisait effectivement souterrain ou s'il justifiait des moyens d'exploitation, un titre de concession provisoire lui était aussitôt délivré. Mais ce titre ne devenait définitif qu'au bout de cinq ans, lorsque le bénéficiaire avait réellement mis sa terre en valeur.
Ces actes de propriété étaient ensuite enregistrés au Domaine de la colonie et un plan des surfaces concédées y était annexé parle service des Travaux Publics, de façon à éviter toute contestation ultérieure avec l'Administration ou les concessionnaires voisins.
Aujourd'hui encore on procède de même pour toutes les demandes de concessions gratuites, auxquelles il n'est donné suite que si le demandeur justifie des ressources nécessaires pour pouvoir exploiter le terrain concédé.
En distribuant ainsi les terres disponibles par petites surfaces à des personnes ayant l'intention sincère de mettre leurs concessions en valeur, l'Administration veut éviter de favoriser des spéculateurs qui n'auraient d'autre, but que de réaliser de faciles bénéfices en cédant à d'autres des terrains qui ne leur ont rien coûté.
Au Dahomev, neuf dixièmes des terres sont encore en friche et cependant peu de concessions ont été accordées jusqu'ici dans Tintérieur de la colonie. Il est vrai que le pays est encore trop peu connu pour qu'il ait pu y avoir afiluence de colons.
On a cru devoir aussi réserver la question des concessions pour la lier intimement h celle du chemin de fer.
On veut, en effet, permettre h la Compagnie ou à la Société qui se chargera de l'exploitation et de Tentretien de la voie ferrée, de couvrir en partie ses frais généraux par le rendement de terrains non cultivés qui lui seront concédés dans une large mesure.
Ce système est très avantageux parce qu'il n'engage en rien le budget de la colonie et qu'il assure la mise en valeur du pays, concurremment avec la construction des chemins de fer qui doit permettre cette mise en valeur.
Les concessions doivent porter en majorité sur les parties boisées ou couvertes de hautes herbes à défricher et qui, depuis la côte jusqu'à Allada et même Abomey, sont éminemment propres à la culture du palmier.
Le défrichement se fait simplement en coupant les arbres au mois de novembre; ils se dessèchent rapidement pendant la saison chaude, de décenil)re à février. Au mois de mars on v met le feu, et au coniniencenient de la saison des pluies, c'est-à-dire en avril ou mai, on y repique de petits palmiers (jui, au bout de sept ans, sont arrivés à maturité.
Le défrichement coûte environ lOi) francs l'hectare, et, en pleine production, les palmiers rapportent facilement de 3 à ii)() francs par hectare.
Plus loin, dans les régions de Paouignan, Savé, Tchaourou, on pourra, au fur et à mesure de l'état cravancement de la ligne, faire entreprendre des cultures plus riches comme le caoutchouc, café, cacao, coton, tabac, etc.
sionnaires acquittent une somme calculée sur le pied de 10 centimes par mètre carré pour les terrains situés sur le littoral, et de 1 centime par mètre carré pour les autres terrains (arrêté du 18 février 1890).
La main-d'œuvre.
La question de la main-d'œuvre peut être facilement résolue au Dahomey, car elle est tout entière à la disposition des rois et des chefs de villages qui nous sont complètement soumis, et dont les indigènes reconnaissent et redoutent Tautorité.
La population est assez dense dans le Bas-Dahomey, mais rindigène est paresseux et versatile, il n'a jamais eu jusqu'ici l'habitude de travailler par instinct ou par devoir ; la force seule a pu, au temps des rois du Dahomey, l'obliger à produire d'une manière suivie. Les anciennes coutumes dahoméennes ne sont certes pas à regretter, mais il est avéré que depuis la libération des esclaves, le noir ne cultive plus que ce qui lui est absolument nécessaire pour vivre ; il jouit sans remords et sans impatience d'une liberté que d'autres lui ont conquise ; de temps en temps, il veut bien récoller les produits du palmier, travail ({ui n'exige aucune })eine. Auprès de certaines familles seulement, auxquelles sont restés attachés par insouciance ou intérêt les anciens esclaves devenus aujourd'hui Iil)res, on peut trouver de la main-d'œuvre. 11 ne faut pas cependant désespérer de l'avenir, car depuis la conquête les indi<^ènes ont pris des habitudes nouvelles. Un certain nombre d'entre eux qui, aussitôt après la su])j)ression de l'esclavage, élaienl relournés dans leurs villages n'y ont pas trouvé, par suile de changements de personnes ou de situation, l'accueil qu ils espéraient. Plusieurs sont revenus à la côte où le bienêtre est plus grand et ils commencent à s'intéresser aux essais
de cultures nouvelles. La main-d'œuvre indigène est peu coûteuse.
Le travailleur est payé de 10 à 15 francs par mois, plus une parcelle de terrain ou une petite part dans les récoltes de plantes alimentaires. Dès maintenant ce salaire est compensé par les récoltes de maïs, manioc, haricots, patates, etc.. C'est de cette manière seulement que la question de la main-d'œuvre pourra être résolue.
Il est facile, en temps ordinaire, de recruter dans la population dahoméenne, douce et soumise, les travailleurs dont on a besoin, à la condition toutefois que leur nombre ne soit pas tl'op élevé. Dans le cas contraire, il faut avoir recours aux chefs de village qui désignent des corvées ; c'est ce qui a Heu pour la construction de la voie ferrée qui a été confiée au génie militaire plus à même de conduire les 2.200 terrassiers nécessaires à la bonne marche des travaux.
L'ouverture de la ligne aura pour effet de supprimer les nombreux porteurs indigènes employés jusqu'ici aux transports de la côte à Tintérieur et réciproquement, ce qui augmentera encore le nombre de bras disponibles.
Malgré sa médiocre activité, la main-d'œuvre indigène suffît à tous les besoins et ne réserve rien à la main-d'œuvre européenne.
En général, le climat du Dahomey ne permet pas à l'Européen de travailler par lui-même. Il le confine dans un rôle de direction et lui interdit l'exploitation personnelle.
Le travail de la terre, formé d'un humus séculaire, serait malsain pour les blancs qui doivent toujours recourir aux cultivateurs indigènes.
Des immigrants isolés qui ne viendraient au Dahomey qu'avec leurs deux bras et leur seule énergie pour tout capital n'y trouveraient aucun travail rémunérateur, et leur pauvreté les
Le Dahomey, 28
ce
ce
CD
ce
•si
te • •
aC
.irt Ji
■iSi
Sx
tA
ii *". ^'
feO • '
c «c tj
.ft
Cï •.t
•fî
fl
grf
.f CM
tT.
ss
.— kft
tt, . .
.-2fe^'
§îS
»ft «
W «iB
M Si
rî
rt "T-
QB -
îf. • •
xr
uc ''. —.
ce