‹ Dahomey et dépendances (volume 2)Chapitre 64 sur 70 · HYGIÈNE A OBSERVER DANS LA COLONIE · texte numérisé non relu

HYGIÈNE A OBSERVER DANS LA COLONIE

Lorsque les indices de iîèvre diminuent, on doit réduire la dose de quinine de 1 S centigrammes par jour pendant plu sieurs jours encore. Si, au contraire, les symptômes continuent, on portera la dose jusqu'à un gramme et demi, en deux fois, et on prendra au réveil un bon purgatif de sulfate de soude (30 grammes délayés dans deleau).

Il est inutile de prendre la quinine pendant Tattaque de (îèvre ; elle ne doit être prise que comme remède préventif ou bien après laccès, pour en prévenir le retour. Il est prudent de continuer à en absorber pendant plusieurs jours encore, mais en diminuant chaque fois la dose.

Pour mesurer la dose de quinine, les habitués savent que le contenu d'une feuille de papier à cigarette repliée à ses extrémités équivaut à un gramme.

Si la fièvre n'est pas trop fréquente, il est préférable de la laisser suivre son cours, car elle préserve d'autres maladies. Les vomissements et la transpiration qui en résultent soulagent toujours ; il est vrai qu'on reste un peu aifaibli, mais Tappétit revient ainsi que le sommeil et l'on est tranquille pour quelque temps.

Plus l'anémie augmente, et moins Ton a de force pour résister aux atteintes de la fièvre, mais à la longue, la maladie n'apparaît plus (jue rarement; c'est le cas des vieux côtiers qui, complètement anémiés, n'ont même plus la force d'être fiévreux.

Bien souvent aussi, il est bon de ne pas dédaigner les remèdes indigènes qui donnent parfois d'excellents résultats, au contraire des drogues d'Europe souvent avariées par l'humidité et la chaleur.

Les insomnies persistantes se combattent avec un peu de chloral.

Les infusions d'herbes du pays sont très curatives dans les

lui LK DAHOMEY

cascréruptions cutanôivs très fréquentes, résultant de l'excèssive thali'ur dos Inipuiiios.

Pciiir (''viter K*s insointions, il est indispensable de porterai toulos (.'Irconstnnci's lo cas(iuc en liège. Une insolation ta très niaiivaise, et souvent elle est aecompa^^née d'un aoeis pi' ru il' il' ux de lièvre.

Dans ce cas, outre la ((uinine que Ton fait absorber au nialailc, il faut cnc(»re lui envelopper la tète de compresses froides l'onstamnient renouvelées pour arriver h faire diminuer la fièvre.

Lc^i accès Mlieux lièniaturiques sont combattus par de Tanlipvrini' altsorhéc à très haute dose ; les cas en sont assez frc([ui'nts au Dalionu'v ainsi qu'à Lagos, c'est lo mal du pays. I/alc(M»lisiiu* prédispose à cette maladie, généralement mortelle.

Oaiis tous les |)i»slrs IVant^'ais. les Kuropéens sont assurés de trouv«'r une IhiîUmIc nu'ulicaments périodiquement renouvelés, et les instructions nécessaires pour soijii'ner les maladies ordinaires (lu pa\ s.

Habitations.

L«'s lj;ilMl,iliinis iiirn|)«"'iMiiies doivent élre isolées des t-ascs iiMlii:«''ii<'>- ri «.MiinjMilt'r un l'IîiLrc nu un iv/.-dc-chausséi' suréli'N i'*, auhml jxiur r\ ili-r 1rs rluunalisnies et les di)uhturs prDven;inf (I«* riiuinidili'. i|\i«' li's rais, les scrpenis et les insocles «pii |)ulliil<'nl dans 1«' j».ivs.

< hi"»i«ju«' 1«'S volriirs Mf siiit-nl pas à craindre, la maison tloil rlr«' i'iil(»m-(':' iTum* fnrli- {Kilissadc ou «l'un nuir; néanmoins il est l)«»n (le ne janiJiis rini l;iisscr (rainer.

(!«)jiiin«' il e.sl 1res innlsain île eoiieher dans une cliainhi'e ilnsr. il i';Mil dnrnùr jvee feuêlie^ el jiorlos «uivertes la nuil : les louranls d'air auxcpiels Ton peut êtie exposé sont lucn

atténués par la moustiquaire dont Tusage est indispensable aux colonies.

11 faut surtout éviter de faire de la lumière dans la chambre où Ton repose à cause des moustiques et autres insectes qui y seraient vite attirés et dont le bourdonnement seul est déjà désagréable.

Nourriture.

Dans les pays chauds, une nourriture substantielle est la base de la santé. Il faut surtout varier son ordinaire et prendre des aliments frais. Mais la sobriété est indispensable, aussi bien sous le rapport des aliments que de la boisson. L'on doit boire le moins possible et manger modérément. Se lever de table avec une pointe d'appétit est une excellente recommandation, car en ne surchargeant pas son estomac les digestions sont plus régulières, et, par suite, plus profitables.

(]omnie viande, l'Européen au Dahomey peut facilement se procurer du bd'uf, du mouton, du chevreau et même du gibier s'il h' conunande aux indi*^èiies.

domine volailles, il trouve des poules, des canards, et, par suite, dos (l'uTs.

(Juant au laitagc\ on consomme du lait concentré en boîte, dans les postes où Ton n'en trouve pas d'autre.

Les lé'^umes européens sont communs sur la cote; dans toutes les localités, on trouve des plantes comestibles indij^t'ues.

l'in outiv, le juiys ollVe à l'étranger une diversité de plats dont plusieurs ne sont pas dédaignés des gourmets.

On mange le cochon dehiit, l'agouti, le jeune singe rôti, la ([Ui'ue du crocodile à la daube aux carottes, l'iguane (jui a le goût du lîipin, Tccurcuil ou rat-palmiste, le rat d'amandes de

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e, les roussettes, énormes ckaare-soiins fiructiTores. des fàtmmses sautereUes rôties, des escargots éa pays. etc.. etc. python est un manger déUcîeux^ fort prisé des mabo-

Les conserves alimentaires importées dans la colonie i^^ichètent partout, mais il faut se méfier des boites avariées i sont facilement reconnaissables à leur fond déformé, qui convexe au lieu d'être plat, et dont le bombement provient gaz qui se sont accumulés à l'intérieur.

Malgré la chaleur qui règne aux colonies et Tanémie ti vous mine, il faut éviter de dormir après le repas du ^■ttatm.

La sieste est une mauvaise habitude, contraire à la santé, et ^ exercice à Tombre est indispensable après manger pour obtenir ^^e bonne digestion. On doit absolument réagir contre la sora- *^olence qui vous gagne, car, autrement, on risque de n'avoir I^lus d'appétit pour le soir, et cependant il faut se nourrir si "* On veut résister au climat. Du reste, dès que la digestion est ^^mmencée, Fenvie de dormir disparait.

Celui qui se laisse aller au sommeil se réveille avec la ^uche pâteuse, la tête lourde, des aigreurs d'estomac, et il ^este indisposé pour toute la soirée.

Il est toujours très dangereux de sortir sans casque et surtout de séjourner au soleil pendant les heures les plus chaudes de la journée. Dès que Ion éprouve le moindre malaise après une sortie, avoir bien soin d'avaler un peu de quinine à titre de préventif contre la fièvre.

Quand on le peut, il est bon de se doucher au réveil, avant de prendre le café noir ou le thé chauds du déjeuner.

Le Dahomey. «^2

Six OU sept heures de sommeil doivent être sufRsantes ; Ton doit se coucher une ou deux heures après le repas du soir et se lever avec le jour ; c'est le moment le plus agréable, car Tair est alors d'une fraîcheur délicieuse.

En observant un pareil régime et les précautions sanitaires indispensables, on a beaucoup de chance de bien se porter au Dahomey, surtout si Ton conserve sa gaité et que Ton sait se procurer quelques distractions. Mais il ne faut jamais avoir la nostalgie du pays, autrement Ton est perdu.

Après chaque séjour de deux ou trois années dans la colonie, il est prudent de venir se refaire la santé quelques mois en Europe. Une fois Tanémie disparue, on peut y retourner pour une nouvelle période de même durée.

Équipement.

L'essentiel, au Dahomey, est d'avoir de fortes chaussures, un peu de linge, des gilets de flanelle, des chaussettes.

Les tailleurs indigènes confectionnent à bon compte des habits avec les étoffes du pays.

Comme arme, un simple revolver suffît.

Un bon conseil à ceux qui seraient tentés de chercher la fortune au Dahomey, c'est de s'assurer au préalable d'une position quelconque, sinon ils s'exposeraient à la misère et ^i la maladie dès leur arrivée.

En se conformant à ce qui précède, ils reviendront un jour dans la mère patrie, satisfaits d'eux-mêmes et de l'emploi de leur temps.

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