HYGIENE A OBSERVER DANS LA COLONIE
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Les maladies et leurs remèdes. — Habitations. — Nourriture. —
Régime. — Equipement.
Les maladies et leurs remèdes.
Par son humidité constante et sa chaleur accablante, le climat du golfe de Bénin débilite fortement l'organisme et amène en peu de temps un aiîaiblissement général de la santé de TEuropéen. Son pouls bat alors plus vite, une moiteur continuelle couvre son corps, ses digestions, rapides et sans aucun profit, sont incomplètes, la production de sa bile est abondante, l'homme s'énerve peu à peu et devient irritable pour un rien.
L'anémie et la fièvre guettent sans cesse le blanc et aucun n'en est exempt ; mais on arrive par une hygiène bien comprise à mieux résister aux atteintes du climat.
L'anémie est due surtout îi la débilité de l'estomac; elle apparaît au bout de quelques mois de séjour à la côte, la peau devient jaune, les oreilles sont pâles et transparentes^ on citronne.
Pour combattre ranémie et en atténuer les effets, il est bon de prendre périodiquement des fortifiants, des toniques, du quinquina, du fer, etc.
Si Ton veut retarder Tapparition obligatoire de la fièvre due au paludisme du pays, il faut avant tout être très sobre car le moindre excès se paie tôt ou tard.
Ses premières atteintes se font généralement sentir au bout d un mois, rarement plus tard que trois ou quatre.
La fièvre débute d'abord par une courbature et une lassitude générales, des douleurs dans les articulations, un manque d'appétit, un dégoût de nourriture, un malaise qui va crois-, sant. Ces symptômes sont accompagnés parfois de fortes migraines, de coliques et môme de diarrhée très opiniâtre, mais l'indisposition ne se manifeste pas de la même façon chez les différents individus et tous les malades n'éprouvent pas les mômes prodromes.
La fièvre vient graduellement ; elle consiste d'abord en une sensation de froid, on grelotte puis Ton a chaud, Ton étouffe et finalement l'on rend de la bile. Les vomissements durent plusieurs heures, et plus ils sont abondants plus ils soulagent.
La violence des accès de fièvre dépend des tempéraments; leur durée est parfois de quelques heures seulement, comme elle peut être de plusieurs jours.
Pour atténuer les accès de iièvre il faut, dès que l'on éprouve un symptôme quelcomjue, prendre chaque jour, en deux fois, 80 centigrammes ou un gramme de sulfate de quinine délayé dans un demi-verre d'eau dans lecjuel on jette un crisUil d'acide tartrique. De cette façon, le médicament agit presque instantanément ; mais il faut l'absorber deux heures au moins avant le repas ou trois heures après, autrement il passe dans la digestion et reste sans effet.